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Dominique Laure Miermont (Traducteur)Aurélia Grandin (Illustrateur)Didier Raymond (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
ISBN : 284205301X
Éditeur : 1001 Nuits (19/05/2003)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.6/5 (sur 331 notes)
Résumé :
38 ficelles, tours et autres passes pour garder raison à tout prix en ayant objectivement tort ou comment terrasser son adversaire en étant de plus mauvaise foi que lui. Un court traité à l'usage de quiconque croit sincèrement aux dividendes de la pensée. Rédigé à Berlin en 1830-31, ce traité fut publié pour la première fois en 1864. Il est suivi dans la présente édition d'une postface de Franco Volpi.
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Perdre-son-temps
  09 mars 2011
Voilà plusieurs jours que je ruminais les péripéties énervantes d'un conflit de voisinage bien stupide. Et puis je mets la main sur cet opuscule. "L'Art d'avoir toujours raison", voilà le livre qu'il me faut me suis-je dit. Ce soir je vais philosopher "utile", venez-y voir.
Ce petit livre m'aura quand même éclairé sur la raison première de bien des tourments qu'endurent les idéalistes dans mon genre. Voyez-vous, les gens, dans une grande majorité, cherchent à avoir le dernier mot. Ils veulent avoir raison. Et moi aussi je veux avoir raison. Mais je me trompe de chemin car pour avoir raison je cherche le chemin de la Vérité.
Je vous entends rire bande d'animaux sociaux. Mais oui, vous aviez bien compris qu'une vérité mal argumentée prend toujours l'eau dans un océan de mauvaise foi. Avoir raison est étranger à la Vérité, on appelle ça la dialectique et c'est un sport.
Je vais vous dire, le pire ennemi de la Vérité c'est bien l'esprit de compétition !
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colimasson
  30 juin 2015
Aristote, dans ses Topiques, n'avait écrit « presque que des choses allant de soi et que le bon sens prend en considération de lui-même » et Cicéron, dans un ouvrage du même titre, n'avait rien commis de mieux qu'une imitation « faite de mémoire, extrêmement superficielle et pauvre ». Arthur Schopenhauer s'inscrit donc en critique sévère de ses prédécesseurs : comment de tels timorés ont-ils pu réellement analyser la dialectique ? Avec leur gaucherie pleine de bonnes intentions, ils semblent avoir oublié le motif principal de toute controverse : le triomphe. C'est ce qui fonde la dialectique éristique dont la conclusion sonne comme une victoire, et peu importe que les thèses et la matière n'aient aucun rapport avec l'exactitude. On se trouve près de la dialectique sophistique, si ce n'est que cette dernière atteint un degré d'infamie un peu plus élevé car si celle-ci méprise également toute éthique dans sa démarche, elle cherche en plus à s'octroyer un gain financier ou mondain. Mais Schopenhauer n'en est pas encore là…

Avec son cynisme légendaire et outrancier, Arthur Schopenhauer déploie une liste de stratagèmes tous plus immoraux les uns que les autres : faire semblant de ne pas comprendre les arguments de son adversaire et les retourner contre lui, postuler ce qui n'a pas été dit, fâcher l'adversaire, parier sur son idiotie, son manque d'assurance ou du peu de crédit dont il bénéficie vis-à-vis de l'auditoire, raconter n'importe quoi, paraître intelligent en utilisant des grands mots, en inventant des références ou des théories d'autorité, faire diversion ou détourner la conversation –tous stratagèmes qui se foutent de la raison pour mieux dénigrer la bassesse des motivations qui incitent les hommes à jouer aux intellos. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la publication de ce traité hautement pédagogique survint à une période où la philosophie s'encanaillait de sciences. Depuis Port-Royal, Frege et Kant, aucune analyse dialectique ne semblait digne d'être étudiée si elle n'avait pas le moindre rapport avec le modèle mathématique. Mais tout cela sera toujours basé sur du vent, tant que n'aura pas encore été élucidée la nature même, triviale et bestiale, des intentions secrètes des hommes. Schopenhauer procède à la démystification dans ce faux traité pédagogique, moins hypocrite que les autres en raison même de son irrationalisme.

Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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Laura94
  23 septembre 2015
Ce livre aurait pu avoir plusieurs titres: "L'Art d'être sophiste", ou pourquoi pas "L'Art de la mauvaise fois". Je ne vais pas être tendre dans cette critique, il faut dire qu'à bien des égards cette œuvre m'a révoltée. Que l'homme ne cherche dans les débats qu'à assujettir son adversaire, quitte à omettre la Vérité, soit. Mais est-ce une raison pour que Schopenhauer se livre à une énumération de tous les procédés de mauvaise fois (son dernier stratagème invite sans vergogne à insulter son interlocuteur, en cas d'échec inévitable, afin de le faire sortir de ses gonds ... ), est-ce donc une raison pour inviter ses lecteurs à utiliser des stratagèmes médiocres et trompeurs ? Plutôt que d'avilir l'homme et la pensée, la philosophie ne devrait-elle pas au contraire tenter de le grandir et de le ramener à la raison? Sans parler du style pompeux voire incompréhensible du livre (même si ici je n'incriminerai pas Schopenhauer, n'ayant lu qu'une traduction et non l'œuvre dans sa langue originale). Bref, je n'ai pas du tout aimé ce livre. Mais après tout peut-être ne suis-je qu'une idéaliste utopiste refusant d'accepter la médiocrité de notre espèce...
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Jackiedream
  14 novembre 2016
Un très court livre à l'usage de ceux qui aimeraient remporter des débats, améliorer leur rhétorique et leur éloquence. Il est remplit de stratégèmes amusants, appuyés d'exemple, pour triompher d'un adversaire lors d'un débat.
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ElGatoMalo
  05 mars 2012
Titre alléchant mais : les premiers feuillets sont encombrés de notes de bas de pages. Peut-être utiles quand on veut préciser sa pensée ou la situer plus justement. Mais là, c'est un vrai raz-de-marée. Elles occupent les trois quarts de l'espace et dans le fil de la lecture, on s'aperçoit, un peu plus loin, que l'idée (ne parlons même pas de pensée) est de nouveau développée mais dans le corps du texte cette fois-ci. Devant ce désordre, j'ai laissé tombé étant donné que "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire viennent facilement". Si l'auteur lui-même n'est pas en état de composer sa pensée de manière claire et ordonnée quelle chance y a-t-il que moi, pauvre néophyte, je puisse la saisir.
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Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   05 septembre 2012
La vanité innée, particulièrement susceptible en tout ce qui concerne les facultés intellectuelles, ne veut pas admettre que notre affirmation originelle est fausse, ni que celle de l'adversaire apparaisse juste. Par conséquent, chacun, sans doute, ne devrait rien chercher d'autre que de formuler des jugements justes : pour en arriver-là, il devrait commencer par réfléchir, et ensuite ouvrir la bouche. Mais, chez la plupart des hommes, la vanité innée est accompagnée d'incontinence de langage et d'une malhonnêteté native.
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FaeruneFaerune   16 février 2015
Ce que l’on appelle l’opinion générale est, somme toute, l’opinion de deux ou trois personnes et il est aisé de s’en convaincre lorsque l’on comprend comment l’opinion générale se développe. C’est deux ou trois personnes qui formulent la première instance, l’acceptent et la développent ou la maintiennent et qui se sont persuadées de l’avoir suffisamment éprouvée. Puis quelques autres personnes, persuadées que ces premières personnes avaient les capacités nécessaires, ont également accepté ces opinions. Puis, là encore, acceptées par beaucoup d’autres dont la paresse a tôt fait de convaincre qu’il valait mieux y croire plutôt que de fatiguer à éprouver eux-mêmes la théorie.

Ainsi, le nombre de ces adhérents paresseux et crédules grossit de jour en jour, car ceux-ci n’allaient guère au-delà du fait que les autres n’ont pu être que convaincus par la pertinence des arguments. Le reste ne pouvait alors que prendre pour acquis ce qui était universellement accepté afin de ne pas passer pour des révoltés résistant aux opinions que tout le monde avait accepté, soit des personnes se croyant plus intelligentes que le reste du monde.

Lorsque l’opinion a atteint ce stade, y adhérer devient un devoir, et le peu de personnes capables de former un jugement doivent rester silencieux : ceux qui parlent sont incapables de former leurs propres opinions et ne se font que l’écho des opinions d’autres personnes, et pourtant, sont capables de les défendre avec une ferveur et une intolérance immenses.

Ce que l’on déteste dans les personnes qui pensent différemment n’est pas leurs opinions, mais leur présomption de vouloir formuler leur propre jugement, une présomption dont eux -mêmes ne se croient pas coupables, ce dont ils ont secrètement conscience. Pour résumer, peu de personnes savent réfléchir, mais tout le monde veut avoir une opinion et que reste t'-il sinon prendre celle des autres plutôt que de se forger la sienne? Et comme c’est ce qui arrive, quelle valeur peut-on donc donner à cette opinion, quand bien même cent millions de personnes la supportent ? C’est comme un fait historique rapporté par des centaines d’historiens qui se seraient plagié les uns les autres : au final, on remonte qu’à un seul individu.
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colimassoncolimasson   09 février 2016
[Stratagème 10 – Prendre avantage de l’antithèse]

Si vous vous rendez compte que votre adversaire répond par la négative à une question à laquelle vous avez besoin qu’il réponde par la positive dans votre argumentation, interrogez-le sur l’opposé de votre thèse, comme si c’était cela que vous vouliez lui faire approuver, ou donnez-lui le choix de choisir entre les deux afin qu’il ne sache pas à laquelle des deux propositions vous voulez qu’il adhère.
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colimassoncolimasson   19 février 2016
[Stratagème 12- Choisir des métaphores favorables]

Si la conversation porte autour d’une conception générale qui ne porte pas de nom mais requiert une désignation métaphorique, il faut choisir une métaphore favorable à votre thèse. Par exemple, les mots serviles et libérales utilisés pour désigner les partis politiques espagnols furent manifestement choisis par ces derniers.
Le terme protestant fut choisi par les protestants, ainsi que le terme évangéliste par les évangélistes, mais les catholiques les appellent des hérétiques.
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colimassoncolimasson   20 février 2016
Il est un piège effronté que vous pouvez poser contre votre adversaire : lorsque votre adversaire aura répondu à plusieurs questions, sans qu’aucune des réponses ne se soient montrées favorables quant à la conclusion que vous défendez, présentez quand même votre conclusion triomphalement comme si votre adversaire l’avait prouvée pour vous. Si votre adversaire est timide, ou stupide, et que vous vous montrez suffisamment audacieux et parlez suffisamment fort, cette astuce pourrait facilement réussir.
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Videos de Arthur Schopenhauer (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Arthur Schopenhauer
"Arthur Schopenhauer, franc-tireur de la Philosophie", une émission de radio diffusée sur France Culture, en 1988, dans la série "Une vie, une œuvre".
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