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ISBN : 2266178180
Éditeur : Pocket (02/10/2008)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 16 notes)
Résumé :
4° de couverture :
(Edition source : Belfond - 09/2006)


Le 16 octobre 1984, le capitaine de gendarmerie Étienne Sesmat se trouve sur les bords de la Vologne, dans les Vosges, alors qu'on retire des eaux le corps du petit Grégory Villemin. Il ne se doute pas en cet instant que ce drame va devenir l'une des plus grandes dérives judiciaires des vingt années à venir…

Très vite, « l'affaire Grégory » défraie la chronique et d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
DODONONO
  29 juin 2018
« Mes commentaires personnels sur ce livre et sur cette enquête »
Si je ne me souviens pas avec exactitude ce que je faisais le 14 Octobre 1984, je peux dire en revanche, que ce jour- là, j'apprenais comme la France entière, la disparition d'un petit enfant de 4 ans à Lépange sur Vologne dans les Vosges, puis, très rapidement sa découverte pieds et poings liés dans la rivière, un petit bonnet de laine enfoncé sur les yeux.
Cette mort atroce, brutale, incompréhensible pour tout à chacun a été le début de ce que l'on appelle aujourd'hui encore l'Affaire Grégory.
Si cet assassinat hors normes a ému tous les Français et bien au-delà, il a aussi déclenché un incroyable déferlement médiatico-judiciaire, qui s'est transformé en un véritable et total fiasco, car plus de trente années plus tard, on ne connait toujours pas avec certitude le nom de l'assassin du petit Gregory Villemin.
le Colonel Sesmat, nous livre sa vérité, celle d'un gendarme qui s'est retrouvé au coeur de cette tumultueuse enquête, qui l'a mené très vite au sein d'une famille de la « France profonde ». Car dès le début, la mort du petit Grégory apparaît comme étant le fruit d'une haine farouche à l'encontre du père de l'enfant, Jean-Marie Villemin. Une haine qui s'exprimait depuis des années par une voix rauque, celle d'un corbeau qui harcelait certains membres de la famille, surtout les grands parents, par de nombreux coups de fil, et qui n'hésitait pas non plus à les inonder de lettres anonymes.
La dernière de ces lettres, postée le jour de la mort du petit garçon, revendiquera très clairement l'assassinat en des termes vengeurs et injurieux qui font froid dans le dos.
Très vite, les gendarmes découvrent que le corbeau (peut-être les corbeaux !) est très bien renseigné des faits et gestes de la famille Villemin et consorts et qu'il ne peut donc s'agir d'une personne étrangère à ce cercle.
Qui pouvait vouer à ce père une jalousie et une haine aussi terrible pour le conduire à assassiner son enfant ?
le Colonel Sesmat nous entraine au coeur de cette enquête, qui sous la responsabilité d'un petit juge d'instruction totalement irresponsable est rapidement tombée dans un tourbillon médiatique sans fin ou les journalistes les plus sérieux ont failli perdre la boule. Quant aux autres que je qualifierais de charognards, ils ont tirés des ficelles de plus en plus grosses jusqu'à trouver une coupable idéale, à la hauteur de leurs ambitions, celles de faire vendre du scandale, de l'odieux, de l'impensable et surtout, surtout, un maximum de leurs torchons.
Peu de temps après l'assassinat, un premier suspect, Bernard Laroche, avait déjà été appréhendé par les gendarmes. Les experts en écritures avaient alors trouvé dans ses dictées de fortes ressemblances avec celle du corbeau, et aussi une trace de foulage avec les initiales BL, imprimée sur une des lettres. Mais d'autres constats sont venus appuyer les convictions des gendarmes. Un alibi pas franchement établi pour l'heure présumée du crime, et sa propre belle- soeur qui lors d'une garde à vue leur livre en détail un scénario qu'elle n'a visiblement pas pu inventer.
Oui, mais, l'intime conviction des gendarmes qui ont enquêté est très vite mis à mal par le juge Jean Michel Lambert lui-même, qui n'hésite pas à révéler au grand public des secrets de l'instruction via des conférences de presse. Malheureusement qui ne connait pas la suite. Pressée par sa famille, Murielle Bolle, la belle- soeur revient sur sa déposition. Bernard Laroche est relâché, puis tué par son cousin, Jean-Marie Villemin, père de la petite victime qui veut venger son fils. Celui que les gendarmes soupçonnaient fortement est mort, toutes actions en justice ce sont donc éteintes avec lui, la vérité est peut-être aussi morte ce jour- là.
Mais les médias ne lâchent pas l'affaire Grégory pour autant et certains journalistes soufflent désormais sur les braises d'une nouvelle culpabilité, celle de la mère de Grégory, Christine Villemin. le Colonel Sesmat l'affirme, un infanticide, ça fait vendre. Et ils vont vendre, mais pas seulement. Je reconnais qu'à l'époque, j'ai certainement été, aussi, une victime de leur manipulation. Tous était calculé et dirigé contre cette pauvre femme ; des photos ou elle souriait et apparaissait comme indifférente à la mort de son fils, une nouvelle grossesse tant et tant reprochée, ses collègues qui affirmaient l'avoir vu poster la fameuse lettre de revendication, et de nouveaux experts en graphologie qui la désignent comme étant « le corbeau »
Les gendarmes ayant été destitué de l'enquête par le juge, le SRPJ de Nancy largement aidé par un certain journaliste (Jean-Michel Bezinna de RTL), conduit Christine Villemin jusqu'à l'inculpation. le déchainement est en marche, la vindicte populaire s'abat sur cette mère. Partout on entend :
- C'est elle, c'est sûr, vous avez vu sa froideur, est-ce que l'on fait un autre gamin dans ces circonstances, mais vous avez vu elle rit sur les photos, pourquoi a- t-elle laissé son gosse jouer seul dehors ? Pourquoi ses volets étaient fermés ? etc….etc…etc…Bravo les journaleux, la première manche est gagnée, vous avez vendu et vendu votre sale presse et cerise sur le gâteau, « la Villemin » est en prison. le juge Lambert exulte, il est enfin célèbre.
Après la mise en détention de Jean-Marie Villemin pour l'assassinat de son cousin, Christine se trouve incarcérée à son tour. Mais, ni la vox populi de l'époque, ni la pression médiatique, ni le petit juge, ni les flics ne feront craquée cette mère soutenue dans l'épreuve par l'amour sans faille de son mari.
En mars 1987, l'instruction de cet épineux dossier est renvoyée devant la chambre d'accusation de la cour d'appel de Dijon. le juge Simon, président de cette chambre reprend personnellement cette affaire depuis le début. Il mène une enquête particulièrement minutieuse. Il réinterroge tous les protagonistes, reprend une à une toutes les expertises et ne se contente pas de faire innocenter Christine Villemin mais veut découvrir la vérité. Il obtient gain de cause pour la maman de Grégory, mais ses soupçons quant à la culpabilité de Bernard Laroche, resterons sans suite. Car ce juge intègre qui avait réussi à garder secrète toute son instruction se fera piéger à son tour par un journaliste du « nouveau détective » lors d'un rendez- vous informel, ou il sera enregistré à son insu. La presse continue à faire obstruction à la vérité, contrainte au silence pendant un long moment par ce juge discret, elle se déchaine à nouveau.
L'avocat de la famille Laroche s'engouffre dans la brèche et demande des dommages et intérêts, incroyable mais vrai !
le juge Simon victime d'un infarctus sera remplacé par un troisième juge Jean-Paul Martin qui poursuit, fort de son expérience et avec sérieux l'instruction du dossier.
le 3 février 1993 un non-lieu sera prononcé en faveur de Christine Villemin. Elle était libre depuis le 16 juillet 1985, Jean-Marie quant à lui à été libéré en décembre 1987.
le livre du colonel Sesmat à renforcé mon intime conviction. J'ai découvert dans cette lecture, l'affaire Grégory, au travers du récit d'un homme honnête qui sait aussi reconnaître quelques erreurs dans le déroulement de l'enquête des gendarmes, et qui parle également du travail non suffisamment abouti des médecins légistes en charge de l'autopsie du petit corps.
Chacun porte une part de responsabilité plus ou moins grande dans le fait que cet assassinat demeure aujourd'hui encore, non élucidé. Certains ont eu le courage de reconnaître leurs erreurs, d'autre pas. le juge Lambert, lui, fait partie de cette deuxième catégorie de personnes. Alors qu'il porte une énorme responsabilité dans le capotage de cette enquête, il va jusqu'à parler dans son livre « le petit juge » de son asthénie sexuelle à l'époque….édifiant !!!! Il y a des choses qui se passent de commentaires.
Jean-Marie et Christine Villemin ont quitté les Vosges. Ils ont commencés, ensemble, dans la région parisienne une autre vie, loin de cette famille éclatée, des rumeurs, des tumultes et des curiosités malsaines. Ils n'ont pour autant pas cessés de rechercher la vérité. Les immenses progrès de la police scientifique leur laissaient espérer qu'ils pourraient un jour mettre un nom avec certitude sur l'assassin de leur enfant. Des analyses ADN ont donc été effectuées. D'abord sur les timbres des lettres du corbeau, mais cela n'a rien donné. Puis ce fut le tour des cordelettes ayant servies à entraver l'enfant et enfin ses vêtements. Pas d'avantage de résultats probants. Les scellés sont toujours conservés, mais à l'époque, les recherches en matière d'ADN n'existaient pas, et fort malheureusement, les lettres, enveloppes timbres ont été manipulées par des dizaines de personnes, gendarmes, policiers, experts, rendant pratiquement impossible l'identification d'un ADN particulier. Seul l'arrière du timbre, ayant été en contact avec la salive de l'assassin aurait pu parler, mais celui-ci n'était plus sur l'enveloppe.
Pour Christine et Jean-Marie Villemin, j'espère qu'un jour, de nouveaux progrès scientifiques leurs permettront enfin de savoir la vérité.
En attendant je me pose bien des questions.
- La première concerne les enregistrements de la voix du corbeau. Certes, cette voix est emprisonnée à jamais dans des cassettes audio de très mauvaise qualité réalisées à partir des appels téléphoniques qui harcelaient une partie de la famille à l'époque. Cette voix, je l'ai écoutée et réécoutée, certes la qualité du son est très médiocre. Mais, les laboratoires de police scientifique possèdent aujourd'hui des appareils susceptibles d'analyser les voix et de faire ressortir des courbes qui déterminent des spectres bien particuliers, même en cas de voix déguisées ce qui était le cas. Alors pourquoi ne pas y croire. Cette voix, elle fait froid dans le dos, surtout lorsque l'on connait la suite dramatique.
- Ma deuxième question porte encore sur cette voix qui à maintes reprise à été entendues par plusieurs personnes de la famille. Même en étant déguisée, comment imaginée que nul dans cette famille ne l'ai ou ne les ai reconnues. Car d'aucun s'accorde à dire qu'il y avait deux voix différentes et aussi deux écritures, l'une en majuscule bâton et l'autre en lettres cursives. Il y a-t-il eu au début deux corbeaux, et peut-être un homme et une femme ?
Comment imaginer que dans cette famille, dont certains se réunissaient chaque dimanche autour d'un repas chez les grands-parents Villemin, personne ne sache qui est ce corbeau, donc qui est cet assassin ? Dans ses lettres, ce corbeau était pourtant particulièrement bien renseigné sur les faits et gestes de chacun, sur leur vie, il ne pouvait donc s'agir que de quelqu'un qui gravitait autour de la sphère familiale Villemin, et de surcroit bien renseigné par un proche. Un être qui nourrissait une jalousie incroyable à l'encontre de Jean-Marie Villemin et de sa réussite professionnelle et familiale. Jalousie qui s'est transformée en une haine monstrueuse qui l'a conduit à jeter un enfant de 4 ans dans la Vologne, par simple vengeance.
Aujourd'hui encore, et plus que jamais après avoir lu le livre du colonel Sesmat, je suis intimement persuadée que des personnes connaissent la vérité et se taisent depuis toutes ses années. Alors peut-être qu'un jour, à l'heure du jugement dernier, ces personnes souhaiteront soulager leurs consciences, mais pas seulement devant dieu, mais devant la justice des hommes, et qu'elles diront enfin la vérité.
Car plus de trente ans après le 14 octobre 1984 seul le petit ange Grégory qui est partie au ciel bien trop tôt à vu son ravisseur….je n'ai pas dit son assassin, car celui-ci par un geste de lâcheté suprême lui a enfoncé son bonnet sur les yeux, lui faisant certainement croire à un jeux avant de le jeter dans la Vologne comme un vulgaire sac poubelle.
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Woland
  26 février 2009
Les plus âgés ici s'en souviennent certainement, les plus jeunes en ont sans doute entendu parler : l'Affaire Gregory a remué et même divisé la France entière pendant près d'une décennie. C'est aussi, après l'affaire de Bruay-en-Artois, dans les années soixante-dix, l'une des toutes premières affaires modernes où se distingue un juge d'instruction qui va prêter à polémique tant son parti-pris sera grand. C'est enfin une affaire où les médias ont joué un rôle tel qu'on peut leur reprocher en partie non seulement le meurtre de Bernard Laroche mais aussi et surtout le lynchage orchestré de Christine Villemin, la mère de la petite victime.
Le principal mérite de l'ouvrage, en tous points remarquable, que le colonel (en retraite) de gendarmerie Etienne Sesmat consacre à cette affaire où il fut l'un des tous premiers intervenants, est de remettre les faits, qu'il s'agisse du crime ou des enquêtes (car il y en eut deux), dans leur contexte. Ce qui est primordial pour un lecteur qui, sur l'affaire Grégory, a souvent entendu et lu tout - et n'importe quoi.
Au départ, le corps d'un petit garçon de quatre ans et deux mois, Grégory Villemin, retrouvé mort dans la Vologne, la rivière qui passe dans le village de Lépanges où vivent ses parents, Christine et Jean-Marie. Quand les sauveteurs le récupère, il semble avéré que la mort remonte à trois heures, que l'enfant n'a subi aucune violence même s'il est pieds et poings liés avec l'arrière de la cordelette enserrant son cou et que la responsable du décès est la noyade. Par l'un de ces hasards qui font L Histoire, grande ou petite, un photographe professionnel se trouve présent et prend la photographie qui fera dès le lendemain la une des journaux locaux, puis nationaux, celle de la petite silhouette ramenée dans les bras d'un sauveteur visiblement très ému.
Très vite, tout le monde comprend la complexité de l'affaire : un ou plutôt deux corbeaux (un homme et une femme) qui sévissaient déjà autour de la famille Villemin tout entière mais en visant tout particulièrement Jean-Marie, dont la réussite sociale, pourtant bien modeste, semblait déchaîner les jalousies ; des voisins qui affirment n'avoir rien vu ; des experts qui désignent un cousin des Villemin, Bernard Laroche, comme l'auteur plus que vraisemblable de certaines lettres parmi lesquelles celle qui revendique l'assassinat ; puis la déposition de la belle-soeur de Laroche, alors âgée de 15 ans, qui déclarera, tant aux gendarmes qu'au juge Lambert, être montée dans la voiture de son beau-frère ce jour-là et y avoir vu le petit Grégory ; enfin, au bout de plusieurs jours, la rétractation éclatante de la même belle-soeur, Murielle Bolle, que le juge Lambert n'a pas pris la peine de placer à l'écart de ses parents, proches et moins proches, ceci afin d'éviter les pressions.
Des pressions, justement, les avocats de Bernard Laroche vont en exercer sur le juge Lambert, que la presse appellera bientôt "le petit juge." Il faut dire que Lambert fait montre d'un caractère pour le moins curieux chez un juge appelé, par sa profession, à agir dans l'impartialité absolue. Il se définit lui-même comme un "anarchiste libertaire", écoute Léo Ferré quand il doit prendre une décision, omet de remplir toutes les paperasseries dont la Justice raffole et rompt le secret de l'instruction au bénéfice des journalistes. Certains diront en outre qu'il était toujours de l'avis du dernier qui avait parlé.
Contre l'avis du procureur, Lambert va dessaisir la gendarmerie pour ne plus travailler qu'avec la SRPJ de Nancy. Et dès le départ, le nom de l'assassin est donné : c'est "la Mère." Pourquoi ? Comment ? Peu importe, c'est elle, ça ne peut être qu'elle et Bernard Laroche est innocent. Qui, le premier, a eu cette certitude ? On peut penser à Jean-Michel Bezzina, qui a été dépêché à Lépanges par RTL (la station d'ailleurs, à un certain moment, sera prise de tels doutes quant à son collaborateur, qu'elle enverra un autre journaliste pour se faire une idée personnelle de l'affaire).
Outre le fait que Bezzina et l'inspecteur auquel l'enquête a été confiée, Jacques Corazzi, s'entendent comme larrons en foire, le journaliste dispose d'un véritable réseau médiatique qu'il va utiliser pour procéder au lynchage en règle de Christine Villemin : sous divers pseudos, il écrit en effet dans "Le Journal du Dimanche", "France-Soir", "Le Figaro." Sa femme, Marie-France, qui prendra elle aussi fait et cause contre Mme Villemin, travaille au "Parisien", au "Quotidien de Paris", à l'Associated Press et à l'Agence centrale de Presse. Qui dit mieux ? ...
Malgré tout, Christine Villemin ne "craquera" pas et, lorsque l'enquête sera enfin délocalisée et confiée à la cour de Dijon, le travail, extraordinaire d'impartialité et de sérieux, qu'effectuera le Président Simon avant de succomber à un infarctus, permettra à la Cour d'Appel de Dijon, le 3 février 1993, de "dire et juger qu'en l'état, il n'y a pas de charges contre Christine Blaise, épouse Villemin, d'avoir assassiné son fils, Grégory Gilbert Villemin."
L'arrêt fera jurisprudence : la cour d'Appel ne se contente pas en effet de renvoyer l'accusée faute de charges suffisantes, elle précise que, des charges, il n'y en a pas contre elle - ce qui revient à dire qu'elle a été amenée là sans aucune preuve valable.
Au-delà l'horreur de ce crime, de nos jours encore non-résolu, le lecteur garde l'image d'une presse et d'une télévision toutes puissantes et capables de raconter n'importe quoi en dépit du bon sens, pourvu que ce n'importe quoi soit porteur. Qu'on réfléchisse en effet un instant : un meurtre commis par un cousin jaloux, même sur un petit enfant, c'est tout de même moins "porteur" que le même, commis par la propre mère de la victime, qu'on s'acharne à dépeindre sous des traits littéralement diaboliques. Menteuse, hypocrite, calculatrice, préméditant le meurtre trois ans à l'avance, ne reculant devant rien, noyant elle-même son petit, tout cela par haine de son mari !
Quoi qu'il en soit, le livre du colonel Sesmat est, avec "Le Bûchers des Innocents", de Laurence Lacour, l'un des livres qu'il faut lire si l'on s'intéresse à l'affaire Grégory. A déconseiller, le "docu-fiction" rédigé par Corazzi en 2003 et qui ne tient aucun compte du jugement de la Cour d'Appel de Dijon. A déconseiller aussi, tous les délires de Marguerite Duras sur la question. ;o)
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LiseronDHiver
  08 janvier 2017
C'est une lecture si loin de ma zone de confort habituelle que je sais à peine par où commencer. En fait, j'ai lu ce livre un peu par hasard, mais ce fut l'occasion d'en apprendre plus sur une affaire que je n'ai pas connue dans le détail.
L'auteur résume plutôt bien els évènements et j'ai trouvé que son point de vue était très intéressant. En effet, le colonel Sesmat était au coeur de l'enquête et livre ici un témoignage très instructif. C'est l'occasion de voir et de comprendre le déroulement d'une enquête, d'observer le fonctionnement - et le dysfonctionnement ! - du système judiciaire. C'est un éclairage nouveau pour moi, qui a l'avantage de se concentrer sur des faits et des documents présentés en annexe. On sent que le témoignage de l'auteur est sérieux et étayé.
Bien sûr, on sent également que le colonel Sesmat est très impliqué dans son récit, que ce texte est aussi une sorte de règlement de compte avec les médias et certains journalistes en particulier. Cependant, son attachement aux faits et la rigueur avec laquelle il s'exprime permet à son propos de rester toujours relativement objectif. Il apporte également une vision très intéressante du le rôle des journalistes dans une enquête de cette envergure, en particulier sur le mal qu'ils peuvent faire. En gardant à l'esprit que les choses ont changé depuis cette époque, cela permet de comprendre à quel point la vision des enquêteurs et celle des journalistes ( et donc du public ) peuvent être différentes. On se rend compte à quel point l'ego d'un juge avide d'interviews peut entraver l'enquête ! le point du vue du colonel Sesmat est un témoignage extrêmement intéressant sur la façon dont les choses ont dégénéré.
Ce que je retiens de cette lecture, c'est surtout d'en avoir beaucoup appris : sur cette affaire que je connaissais très peu, sur le fonctionnement du système judiciaire et sur le rôle et l'influence des acteurs dans ce type d'enquête. Cette lecture a été plus qu'un témoignage car elle m'a apporté de nouveaux éléments pour réfléchir et prendre du recul sur ce qui est montré au public. Il est important de toujours garder son sens critique, de recouper les sources, chercher les faits et de ne pas céder à l'émotion facile. C'était vrai dans les années 80 et c'est toujours vrai maintenant, que l'on parle d'affaires criminelles ou d'autres sujets.
Lien : http://liserondhiver.blogspo..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
WolandWoland   26 février 2009
Contrairement à la légende, nous n'avons pas tiré le nom de Bernard Laroche par hasard d'un képi pour l'affubler du profil de "suspect idéal", voire du "coupable", dont nous avions besoin. Ce n'est pas davantage parce que son épouse, Marie-Ange Laroche, serait venue apporter son témoignage de façon étonnante que nous nous sommes intéressés à lui ! Pour autant, Marie-Ange est effectivement l'un des rares témoins à s'être spontanément adressé à nous pour être entendu, et dans des conditions un peu bizarres. En effet, le 19 octobre au matin, bien qu'elle dispose d'un téléphone à son domicile, Marie-Ange Laroche décide de se rendre dans un café pour appeler la brigade de Bruyères. Elle prétend n'avoir pas voulu réveiller son mari qui dort encore car il travaille de nuit. Elle annonce qu'elle a quelque chose d'important à dire sur l'affaire de Lépanges. Invitée à se rendre à la gendarmerie, elle nous rapporte des propos que lui aurait tenus Bernard Laroche et qui orienteraient les soupçons vers Jacky et Liliane [demi-frère et belle-soeur de Jean-Marie Villemin], avant de nous confier ses doutes au sujet des Hollard, des cousins éloignés.
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WolandWoland   26 février 2009
Cette année 1981, si favorable à Jean-Marie, correspond à l'apparition du corbeau. Ou plutôt "des" corbeaux car ils sont nombreux à passer des coups de téléphone anonymes dès avril, provoquant un climat général très confus.

Jean-Marie et Christine Villemin emménagent dans leur pavillon en juin 1981. La ligne téléphonique est posée en juillet, et les premiers appels anonymes débutent chez eux le mois suivant. Ils ont lieu la nuit. D'abord muets, ils sont bientôt accompagnés de musiques et d'une voix qui fredonne en arrière-fond. Les époux Villemin entendront la chanson "Chef, un p'tit coup, on a soif ..." Très vite, les appels se concentrent sur les membres de la famille résidant à Aumontzey, en particulier les parents, Albert et Monique Villemin. Cette première cacophonie malveillante n'épargnera pratiquement personne dans la famille, mais ce sont bien eux qui seront les plus touchés. Après le crime, l'instruction permettra de dénombrer plus de mille appels, dont huit-cents adressés à Monique et Albert. Ces derniers en viendront même à tenir un cahier pour essayer de les recenser ! Le "registre des corbeaux" ...

Pendant près de deux ans, de l'été 81 au printemps 83, la vallée de la Vologne va bruire ainsi de centaines d'appels et de tous les commentaires, rumeurs et suspicions qu'ils font naître. Beaucoup de personnes se sont prêtées occasionnellement à ce jeu, soit par malveillance, soit pour riposter contre celui ou celle qu'elles imaginaient être leur corbeau, soit pour se défouler ou régler quelques comptes dans une ambiance des plus malsaines. Quelques uns reconnaîtront plus tard avoir cédé à la tentation, dont Jean-Marie et Christine Villemin. D'autres, et probablement ceux qui ont le plus de choses à se reprocher, ne l'avoueront jamais. Les personnes appelées relateront avoir entendu de multiples et divers bruits de fond attestant de la multiplicité des corbeaux : cliquetis d'un métier à tisser, coups de marteau clouant une caisse, sifflements de machin
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PROCES VILLEMIN
PROCES DE JEAN-MARIE VILLEMIN à la cour d'assises de Dijon. Jean marie VILLEMIN comparait pour le meurtre de son cousin, Bernard LAROCHE qu'il soupçonnait d'avoir tué son fils, Grégory (le petit Grégory Villemin, 4 ans, a été retrouvé assassiné dans la Vologne le 16 octobre 1984).C'était aujourd'hui au tour du capitaine de Gendarmerie Etienne SESMAT de comparaître devant la Justice. ...
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