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ISBN : 2246678617
Éditeur : Grasset (30/03/2006)

Note moyenne : 3.1/5 (sur 52 notes)
Résumé :
Vingt ans après l'assassinat de Gregory Villemin, Philippe Besson revient, dans ce roman très personnel, sur cette affaire mythologique.

En alternance avec la narration des faits, le romancier imagine le récit de Christine Villemin. Il incarne ainsi, de manière bouleversante, une mère à jamais meurtrie.

Un soir d'octobre 1984, le cadavre du petit Gregory Villemin, quatre ans, est repêché dans les eaux glacées de la Vologne, dans les V... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
jujuramp
  18 juin 2017
C'est en poursuivant ma découverte des écrits de Philippe Besson que je tombe sur cet ouvrage, une lecture qui colle à l'actualité puisqu'après 30 ans , l'affaire du petit Grégory rebondit aujourd'hui.
En effet, Besson écrit un roman sur cette affaire qui a ébranlé la France. Oui, je dis bien un roman car revendiqué comme tel.
Pourtant, il va raconter « l'histoire » telle qu'elle s'est déroulée. Seulement, un peu comme dans son ouvrage retraçant la vie de James Dean, VIVRE VITE, il fera parler Christine Villemin, lui prêtant des propos qu'elle n'a pas tenu, d'où le choix de l'appellation de roman.
Si on peut craindre que le livre soit racoleur, ce n'est pas le cas. Mais l'exercice reste périlleux, écrire une fiction basée sur des faits réels qui font partie de notre inconscient collectif. Sans changer les noms des protagonistes alors qu'on leur invente des propos et des situations.
A tel point que Philippe Besson se verra condamner par la justice à une amende pour atteinte à la vie privée et diffamation.
« Je sais, écrit Christine Villemin, vous allez vous défendre en disant que c'est un roman, mais, monsieur Besson, mon fils Grégory n'est pas un simple prénom couché sur une feuille blanche. C'est un enfant qui aujourd'hui irait sur ses 26 ans et nous nous devons de faire éclater toute la vérité sur son assassinat. »
Après avoir lu le livre, je trouve que Besson aurait dû rester dans la fiction en s'inspirant de l'affaire, sans en utiliser les vrais acteurs. le propos n'est pas dénué d'intérêt. Ce portrait d'une femme dans la tempête reste fort. Mais l'affaire fut trop retentissante, trop bouleversante pour la romancer.
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marina53
  08 avril 2014
L'enfant d'octobre, c'est ce petit garçon prénommé Grégory, retrouvé mort dans les eaux glacées de la Vologne. C'est ce petit garçon de 4 ans, enjoué, rieur, tendre, précoce, aux jolis cheveux bouclés.
L'enfant d'octobre n'est plus. Une mauvaise rencontre aura eu raison de lui et par là-même de la vie de ses parents.
L'enfant d'octobre fera la une des magasines et des journaux des années durant. Un tapage médiatique sans précédent.
L'histoire du petit Grégory, c'est aussi l'histoire d'une mère éplorée, en proie à un chagrin incommensurable, qui de victime passera à meurtrière, qui subira les ragots et les regards lourds de sens.
C'est l'histoire d'un père rageur, à l'esprit de vengeance et qui abattra froidement son cousin, soupçonné alors d'être le meurtrier.
C'est l'histoire d'un corbeau qui sévira pendant quelques années, qui le jour même postera la lettre annonçant la mort du garçon.
C'est l'histoire d'une province grise, du travail à l'usine, de familles déchirées, de jalousies, de soupçons et de dénonciations.
C''est l'histoire d'un juge dépassé, d'indices mal exploités, de suspects trop vite trouvés, des médias omniprésents, d'erreurs grotesques, de coups de théâtre, d'années de procédure sans résultat.
Philippe Besson relate cette sordide histoire d'une façon si prenante, reprenant les faits avec tant de précision, que l'on ressort de cette lecture avec un goût amer en bouche. Comment peut-on en arriver là? Comment peut-on commettre de telles erreurs? Ce roman qui alterne les propos de l'auteur d'une manière neutre et ceux de la mère dénonce, décrit les faits sans porter de jugement. Au lecteur de se faire sa propre opinion. 30 ans après ce drame qui aura marqué les esprits, les questions restent toujours sans réponse. Un roman énigmatique particulièrement dramatique et émouvant...
Christine Villemin, profondément blessée par ce roman, portera plainte contre Philippe Besson et les éditions Grasset.
L'enfant d'octobre... de tous les octobres...
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Herve-Lionel
  13 août 2014
N°785 – Août 2014.
L'ENFANT D'OCTOBRE - Philippe Besson-Grasset.(2006)
Les gens de ma génération ne peuvent oublier « l'affaire Grégory », ce petit garçon de 4 ans retrouvé noyé dans la Vologne au soir du 16 octobre 1984, qui est toujours et sans doute pour toujours inexpliquée et ce crime impuni. La photo de garçonnet, rieur et les cheveux bouclés est dans toutes les mémoires. Cette affaire qui a tenu la France entière en haleine n'est pas officiellement terminée puisque relancée en 2013, mais les chances d'aboutir sont de plus en plus minces. Il y a eu ce meurtre atroce puisqu'il a été commis sur la personne d'un enfant sans défense mais il y eu aussi des indices mal exploités ou effacés, l'amateurisme dans l'enquête de gendarmerie puis des hésitations dans celle de la police, un juge trop jeune, sans expérience, complètement dépassé, un dysfonctionnement de la justice, des coupables trop vite trouvés puis relâchés ou exécuté pour l'un d'entre eux, des rebondissements nombreux, des jalousies familiales, de vieilles querelles, la vie difficile dans cette contrée des Vosges, une parentèle qui se déchire, un « corbeau » menaçant mais invisible, la pression médiatique et au bout du compte un constat d'échec, l'impossibilité de connaître la vérité ! de reconstitutions en annulations de procédure, de dénonciations en rétractations, de trahisons en lynchage médiatique, d'incarcérations en libérations, d'expertises accusatoires en en conclusions contradictoires, de maladresses des enquêteurs en pièces à conviction, de « crime parfait » en absence de mobile, d'intime conviction du juge en absence de preuves, d'obligation de résultats en oubli des principes élémentaires du droit, de nominations successives de magistrats instructeurs en jugement de non-lieu, cette affaire va de plus en plus à vau-l'eau entre cadavres et enfants à naître.Tout et le contraire de tout !

C'est un roman et l'auteur imagine comment Jean-Marie et Christine se sont rencontrés, ont bâti leur vie. Il écrit sa fiction en y mêlant la réalité des informations qu'il détient. Il donne la parole à Christine, comme si elle était invitée à se confier à la feuille blanche, des pages imaginaires en quelque sorte. A travers son témoignage, le lecteur sent l'évolution de cette affaire où elle passe de la situation de mère éplorée ayant perdu son enfant unique à celle de coupable d'infanticide contre qui les experts et la presse vont se déchaîner pour enfin recouvrer la liberté. Elle doit maintenant faire face à l'opinion publique qui voit en elle une criminelle très présentable, d'autant que son mari vient de désigner et d'exécuter celui qui, à ses yeux, est le vrai coupable, et chacun de se faire sa propre opinion, subjective évidemment !
Je n'ai malheureusement pas retrouvé le style agréable que j'avais apprécié dans les précédents romans de Besson. Ce livre est écrit avec une certaine froideur, comme une chronique judiciaire, à cause sans doute du sujet choisi. Il apporte un éclairage personnel sur l'enquête ce qui, immanquablement, amène le lecteur à se faire sa propre opinion. Pourquoi Philippe Besson, qui est un bon romancier, s'est-il dédié à une affaire criminelle en s'en faisant le chroniqueur ? J'ai personnellement du mal à voir ici un roman ordinaire et j'ai ressenti un véritable malaise à sa lecture. D'ailleurs une plainte a été déposée par les époux Villemin et l'auteur et l'éditeur ont été condamnés pour diffamation à 40 000 € d'amende. Il a peut-être voulu mettre en lumière les travers de l'espèce humaine, mais pourquoi l'avoir fait dans ce cadre là et surtout de cette manière ?
Cette affaire est de celles qui ont bouleversé la France entière, de la même veine que d'affaire Dreyfus, toutes proportions gardées, ou que celle de Bruay en Artois. Ces deux crimes de sang, deux véritables tragédies modernes, resteront probablement à jamais non élucidés. Demeureront le chagrin des Villemin d'avoir perdu leur fils et le calvaire qu'ils ont dû subir, comme si la perte d'un enfant ne suffisait pas, un enfant assassiné mais sans assassin, une absence et une tombe pour le reste de leur vie.
Je n'ai pas aimé ce livre abusivement appelé « roman ».
©Hervé GAUTIER – Août 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Malaura
  19 juin 2011
L'Affaire Grégory, le fait divers le plus connu de France...
Le meurtre du petit garçon repêché dans les eaux de la Vologne un soir de 1984 a marqué les consciences.
L'affaire Grégory c'est un emballement médiatique sans précédent et une incompétence de la police et des juges manifeste.
C'est avant tout le drame d'une mère malmenée par le destin qui devra surmonter l'emprisonnement de son mari et l'accusation effroyable de sa propre culpabilité avant son non-lieu en 1993.
Philippe Besson reprend les thèmes qui lui sont chers, la disparition d'un être aimé, le deuil, la solitude, pour revisiter ce drame qu'est l'Affaire Villemin.
Un roman alterné, avec d'un côté la description brute des faits, détachée et froide comme un rapport de police ou un article journalistique et de l'autre, sous forme de journal intime, la position d'une mère brisée, meurtrie, figure quasi emblématique d'une tragédie grecque.
Baigné de la mélancolie propre à l'auteur, un livre à la fois sobre et fort.
Cette collection des éditions Grasset où les écrivains écrivent de manière romancée sur les faits divers qui les ont touchés, est vraiment une réussite !
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zabeth55
  17 avril 2017
Quelle surprise en débutant ma lecture. Je m'attendais à une pure fiction, il s'agit en fait de « l'affaire du petit Grégory » dont la presse en général et L'Est Républicain en particulier ont fait leurs choux gras pendant des années.
Affaire non élucidée que refait régulièrement surface.
Je ne comprends pas l'intérêt du livre de Philippe Besson.
Tout a été dit, écrit, retransmis sur cette affaire. Il n'apporte rien de nouveau, relate simplement, chronologiquement, en donnant la parole à Christine Villemin, à tel point que j'ai d'abord cru qu'il l'avait rencontrée, ou alors qu'il avait recueilli tous les documents réels. Or il semble qu'il n'en soit rien, qu'il ait tout imaginé de ses propos.
Une lecture déception qui ne m'a rien apporté, pas même dans la qualité d'écriture.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
mandarine43mandarine43   25 mars 2011
[Incipit.]

Un matin d'octobre 1984, à la une des journaux, on découvre le visage d'un enfant, quatre ans peut-être, une espièglerie dans le regard, des boucles brunes, une bouille ronde et souriante. Immanquable, le sourire. Les titres au-dessus de la photo sont sans équivoque : «Un crime abject», «L'horreur, «Le drame», des mots comme ceux-là, des mots lourds de sens, l'annonce d'un malheur. Et c'est saisissant, ce contraste, l'écart insupportable entre la jovialité de l'enfant et la dureté des mots.

Oui, un matin d'octobre 1984, la France se réveille avec la mort d'un enfant, avec un cadavre retrouvé ligoté le long des eaux glacées d'une rivière des Vosges. Le meurtrier a visiblement agi avec calme et sang-froid, sans brutalité superflue. Tout de suite, le prénom de l'enfant s'inscrit dans la mémoire collective : Grégory.
Il y subsiste.

Pendant longtemps, plus aucune mère n'ose appeler son fils Grégory. Il y a cela, d'un coup, et pour des années, la désaffection pour ce prénom, parce que la peur l'emporte, parce qu'il est nécessaire de conjurer le mauvais sort, parce que c'est trop lourd à porter, une telle identité. Elles doivent penser, les mères, que leurs fils seraient menacés, maudits. Elles trouvent d'autres prénoms.

Le visage aussi les hante. C'est celui d'un garçonnet ordinaire, du leur peut-être. Comme si tous les enfants, dans l'âge le plus jeune, avaient le même visage. Cette beauté fragile, cette insouciance terrible.

Elles apprennent qu'il existe une rivière, la Vologne, envahie de feuilles pourries par l'automne, cernée par des bois sombres et des brumes rasantes, au pied d'une montagne hostile. Qu'on y a jeté un enfant. Qu'on peut donc jeter des enfants dans les rivières.

Ça commence en lisière de cette interminable forêt sépulcrale, qui peut être belle quand vient l'arrière-saison, quand le jaune paille et le pourpre se mélangent, quand la nature décide de ressembler à une toile de Monet, quand la rivière a l'allure d'un torrent. Et qui peut paraître si menaçante, si inquiétante dès que le jour tombe et que des ombres transportent le corps inanimé d'un angelot.

En réalité, ça commence bien avant ce jour d'octobre 1984, bien avant le cadavre de l'enfant au fil de l'eau. Quand au juste ?
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patatarte2001patatarte2001   21 août 2014
Dès le commencement, la presse, la télévision, la radio se sont intéressées à l'affaire. La mort tragique d'un enfant, cela frappe l'opinion qui communie aussitôt, par réflexe, avec la famille supliciée et, dans le même temps, entend en savoir davantage. Nous sommes ainsi faits : nous ralentissons sur le bord des routes lorsque vient de se produire un accident. Notre désir, en cet instant, est moins de secourir les victimes - il se trouvera toujours des gens formés à cela pour le faire - mais de voir la tête qu'elles ont, ces victimes, et espérer qu'un peu de sang ait coulé sur la chaussée, entre les bris de glace ou le long de la tôle froissée. Les médias se contentent, c'est bien connu, de satisfaire notre morbide curiosité, notre goût pour les histoires qui finissent mal, notre inclination pour le drame.
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marina53marina53   09 avril 2014
On ne remplace pas si facilement celui qui est parti, on n'en finit jamais avec ses morts.
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chardonettechardonette   22 janvier 2012
Si le malheur ressemble à quelque chose, c'est à cet écrasement, et aussi à cette perte de contrôle, l'impression de valdinguer, et de pouvoir rien faire pour que ça s'arrête. Je dénie aux gens qui ne sont pas capables d'approcher ce malheur-là le droit de me juger.
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marina53marina53   08 avril 2014
On peut vivre longtemps avec le chagrin. Il suffit de se forcer.
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