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Arthur Thomas Quiller-Couch (Préfacier, etc.)Marcelle Sibon (Traducteur)
ISBN : 2080707434
Éditeur : Flammarion (25/03/1993)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 108 notes)
Résumé :
Petruchio Good morrow, Kate - for that's your name, I hear. Katharina Well have you heard, but something hard of hearing ; They call me Katharine that do talk of me. Petruchio You lie, in faith, for you are called plain Kate, And bonny Kate, and sometimes Kate the curst : But Kate, the prettiest Kate in Christendom, Kate of Kate Hall, my super-dainty Kate, ...

Petruchio Bonjour, Cateau... car c'est là votre nom, ai-je entendu dire. Catarina Vous n'êt... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
BazaR
  28 août 2016
Bon, il va falloir faire preuve de tact en écrivant cette critique.
Affirmons-le d'emblée : oui, j'ai aimé cette pièce, et non, je ne suis pas un infâme misogyne !
La mégère (ou la sauvage, comme l'écrit le traducteur que j'ai lu : François-Victor Hugo) apprivoisée est une comédie qui tape juste. Elle est fraîche, amusante, bourrée de farces plus ou moins grossières et d'interprétations des phrases de l'interlocuteur dans les dialogues qui génèrent la confusion et le rire.
Shakespeare nous emmène encore une fois en Italie où le père d'une jeune fille très courtisée impose que pour la marier, il faudra avant que son ainée trouve époux. Or Catharina l'ainée est particulièrement revêche à l'idée et à ceux qui lui font gentiment des avances : elle n'hésite pas à leur mettre la main dans la gueule. L'un des amoureux de la cadette trouve cependant un ami, Petruchio, prêt à tenter l'aventure. Petruchio va employer ses techniques de dressage d'animaux pour apprivoiser Catharina. En parallèle, les amoureux de Bianca la cadette vont se faire passer pour des professeurs pour approcher leur belle et lui faire leur cour.
Shakespeare manie magnifiquement les codes de la comédie populaire. Il y a ici de quoi rire assez fin et assez gras. Les combines des uns et des autres sont savoureuses. J'ai eu cependant quelques difficultés à différencier tous ces personnages aux noms italiens, sachant de plus que certains s'amusent à changer d'identité. Ce doit être plus simple en scène, où l'on identifie les visages.
Mais la partie qui ne passe plus de nos jours sous nos latitudes (espérons que ça dure) tient évidemment dans le comportement de Petruchio décidé à « dresser » littéralement Catharina : il l'affame ; il l'empêche de dormir ; il l'oblige à tenir pour vrai n'importe quelle ânerie qu'il profère (genre c'est la lune que je vois briller, alors qu'il s'agit du soleil). de nos jours, on associerait son comportement à de la torture physique et mentale. La conclusion de la pièce elle-même enfonce le clou en acceptant la méthode et en relayant la place éternelle de la femme, douce, aimante, et surtout obéissante au côté de son seigneur et maître. Disons-le, lu aujourd'hui c'est abject.
Cependant, en lisant je me suis forcé à me rappeler que Shakespeare s'adressait au bon peuple d'Angleterre de la fin du 16ème siècle (et du début du 17ème). Remis dans son contexte, la morale tient la route (argh ! j'ai du mal à écrire ça). Je suis malheureusement sûr qu'elle tient la route encore aujourd'hui dans de nombreux endroits de notre planète.
Cette pièce présente un prologue qui enserre l'histoire dans une autre histoire comme une mise en abîme : un Lord décide de s'amuser d'un clochard aviné en l'emmenant chez lui, l'habillant comme lui et le persuadant qu'il est lui. Sly, le clochard, est vite convaincu. Et voilà que son « épouse » (un valet déguisé) lui propose de voir une pièce donnée par une troupe de passage. Et l'histoire de Petruchio et Catharina commence.
Selon François-Victor Hugo, Shakespeare souhaitait par-là inviter tout le peuple de Londres pour voir cette pièce. Why not. Ce que je comprends moins, c'est pourquoi on n'a pas droit à un épilogue qui nous montre la réaction de Sly à la pièce. J'ai eu l'impression qu'il manquait une conclusion à la première poupée russe.
Lisez la pièce pour vous amuser donc, mais surtout, oubliez sa morale.
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LiliGalipette
  06 février 2012
Christopher Sly, bien aviné, s'endort au bord de la route. Un Lord de passage, décidé à s'amuser à ses dépends, le fait transporter dans ses appartements et l'entoure de mille richesses. À son réveil, Sly se croit en plein délire et les domestiques lui affirment qu'il est Lord et qu'il se relève d'une grave maladie. « Suis-je un lord ? Est-il vrai que je possède une telle femme ? Ou bien est-ce un rêve que je fais ? Ou ai-je rêvé jusqu'à ce jour ? Je ne dors pas ; je vois, j'entends, je parle ; je sens ces suaves odeurs, et mes mains sont sensibles à la douceur de ce toucher. Sur ma vie, je suis un lord en effet, et non pas un chaudronnier, ni Christophe Sly. Allons amenez-nous notre femme, que nous la voyions ; et encore un coup, un pot de petite bière. »
Pour poursuivre son étrange plaisir, le Lord a engagé une troupe de comédiens et offre à Sly le spectacle d'une pièce de théâtre. « Les comédiens de Votre Honneur ayant été informés de votre rétablissement sont venus pour vous régaler d'une fort jolie comédie, car nos docteurs sont d'avis que ce divertissement est très bon à votre santé, voyant que c'était un amas de mélancolie qui avait épaissi votre sang, et la mélancolie est mère de la frénésie : ainsi ils vous conseillent d'assister à la représentation d'une pièce, et d'accoutumer votre âme à la gaieté et au plaisir ; remède qui prévient mille maux et prolonge la vie. »
Voici la pièce dans la pièce : Baptista, vieil aristocrate de la ville de Padoue, voudrait marier sa cadette, la douce Bianca, que courtisent déjà deux hommes, mais il doit d'abord trouver un époux à Catherine, son aînée au caractère insupportable. Arrivent deux hommes : Petruchio de Vérone qui ne pense qu'à épouser une fille riche et Lucentio de Pise qui tombe immédiatement amoureux de Bianca. le premier persuade le vieux Baptista de lui donner son aînée en mariage et le second échange sa place avec son valet pour approcher la belle Bianca sans affronter les deux prétendants en titre. Ne reste qu'à Petruchio à mater son irascible épouse et à Lucentio à séduire et épouser Bianca.
Shakespeare présente un bel exemple de mise en abîme : les premiers personnages, Sly et le Lord, deviennent spectateurs d'une autre pièce de théâtre, ce qui met le vrai spectateur à la marge de la représentation et le force à dédoubler son attention puisque la première pièce continue subrepticement. La tromperie est à l'honneur dans cette pièce : le Lord se joue de Sly et Lucentio prend la place de son valet pour mieux arriver à ses fins. Et la pièce toute entière se joue du spectateur et des repères classiques.
Pour ce qui est de la mégère que l'on apprivoise, le titre français est un peu édulcoré. Petruchio ne prend pas de pincettes pour rendre Catherine docile : privée d'eau, de nourriture et de beaux vêtements, pas étonnant qu'elle devienne rapidement une épouse obéissante. Et quel contraste avec Bianca présentée comme la femme parfaite, douce, tendre et forcément soumise. le rêve de tout homme ? Mouais. Carrément misogyne le Shakespeare !
La pièce est drôle et facile à lire, mais elle gagne sans aucun doute à être vue sur les planches, surtout pour faire la différence entre les deux pièces qui se jouent plus ou moins simultanément.
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Folfaerie
  29 février 2012
Au contraire d'autres lectrices, moi c'est la pièce dans la pièce qui m'a intéressée. J'ai d'abord connu le face à face Katherina/Petruchio grâce à la TV il y a bien des années, avant de lire enfin la pièce, en français puis en anglais.
Elle m'a fortement amusée je dois l'avouer, même si au fil des années, mon plaisir s'est teinté d'un certain agacement.
William Shakeaspeare ne traite jamais vraiment bien les femmes dans ses pièces, soit elles ont peu de personnalité, ou sont dociles et se meurent d'amour pour leur prince, soit elles sont machiavéliques et poussent leurs amants au crime.
Le personnage de Katherina tranchait donc agréablement sur le reste de la troupe, jusque qu'à ce que, hélas, elle finisse par adopter le point de vue du mari.
Leurs affrontements me rappellent parfois ceux de Benedick et Beatrice (Beaucoup de bruit pour rien) mais en plus brutal et moins nuancé. Les répliques sont tout de même savoureuses, les deux protagonistes adoptant tout à tour un ton cinglant, ironique, mielleux ou insolent.
Ici, il s'agit davantage de grosse farce comme on pouvait en voir ou en lire au Moyen-Age. En effet, le mythe de la femme indomptable et revêche finalement domptée par son époux se rencontrait fréquemment (et là je tiens à préciser que le grand Will s'est montré plus "soft" que d'autres auteurs !).
Cette guerre des sexes qui relève du fantasme de domination masculine reste néanmoins fort drôle à lire et plus encore à voir sur scène. Il me reste à souligner que c'est l'une des rares pièces qui se finit bien (heu c'est à dire sans bains de sang, crime épouvantable, trahison, parricide et tutti quanti !), rien que pour ça, elle mérite donc d'être redécouverte...
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Satine
  13 juin 2012
Cette pièce parut pour la première fois en 1623, sept ans après la mort de Shakespeare. Mais on peut se poser des questions sur son origine. En effet, en 1594, un auteur anonyme publia à Londres une pièce intitulée « Une mégère apprivoisée ». le titre est quasiment identique, l'intrigue aussi mais les lieux, les prénoms et les relations entre les personnages diffèrent. Aussi peut-on faire des hypothèses : Shakespeare est-il cet auteur anonyme qui par la suite a amélioré sa pièce initiale en l'étoffant davantage ou bien est-ce qu'il s'est inspiré de cette pièce ?
C'est la seule fois que Shakespeare met en scène une femme acariâtre. Même si le titre de la pièce révèle le dénouement de l'histoire, on peut être surpris par cet écart. Par ailleurs, la pièce s'ouvre sur un prologue quelque peu étrange. le duc et ses serviteurs décident de faire passer un ivrogne pour le duc. Ainsi ils lui font croire qu'il a perdu la mémoire et lui proposent de regarder une pièce de théâtre qui n'est autre que la pièce que nous lisons.
Si les répliques de la mégère et de son prétendant Petruchio font parfois sourire, il est cependant regrettable que des phrases en italien ou en latin n'aient pas été traduites. On ne peut aussi s'empêcher de penser à « La belle au bois dormant » même si les raisons de l'isolement ne sont pas identiques. Les personnages sont attachants surtout les prétendants de Bianca qui se lancent sans hésitation dans un imbroglio pour la séduire.
Résumé : Baptista, un riche gentilhomme de Padoue, refuse de marier sa cadette Bianca avant son aînée Catharina. Malheureusement celle-ci n'a pas la langue dans sa poche et ne plaît à aucun homme. Ainsi les deux prétendants de Bianca Hortensio et Grumio décident d'unir leurs efforts pour trouver un mari à Catharina. Baptista enferme Bianca pour lui éviter toute rencontre et se met à la recherche de professeurs pour ses filles. Quand Vincentio entend cela, il met au point un stratagème : il se portera volontaire pour donner des leçons à la jolie Bianca afin de la séduire et il fait passer son valet Tranio pour lui. D'autres jeunes garçons dont Hortensio acceptent aussi d'être des professeurs.
Petruchio rejoint son ami Hortensio et lui dit qu'il veut faire un mariage d'argent. Hortensio compte alors lui présenter Catharina…
Acte I Scène 2 :
Petruchio : Signor Hortensio, entre des amis tels que nous, quelques mots suffisent ; si donc tu connais une personne assez riche pour être la femme de Petruchio, comme l'argent est le refrain de ma chanson matrimoniale, fût-elle aussi laide que l'amoureuse de Florent, aussi vieille que la Sibylle, aussi bourrue et aussi acariâtre que la Xantippe de Socrate, ou pire encore, fût-elle aussi rude que la mer Adriatique en fureur, elle n'altérera pas, elle n'émoussera pas en moi le tranchant de la passion ! Je viens à Padoue faire un riche mariage ; s'il est riche, il est heureux.
Grumio : Voyez vous monsieur, il vous dit tout bonnement ce qu'il pense. Donnez-lui de l'or suffisamment, et mariez-le à une poupée, à une figurine ou à une vieille stryge édentée, ayant autant d'infirmités que cinquante-deux chevaux ! Tout est bien, s'il y a apport d'argent.
[…]
Petruchio : Pourquoi suis-je venu ici, sinon dans ce but ? Croyez-vous qu'un peu de tapage puisse effaroucher mes oreilles ? Est-ce que je n'ai pas dans mon temps entendu les lions rugir ? Est-ce que je n'ai pas entendu la mer, soulevée par les vents, faire rage, toute suante d'écume, comme un sanglier furieux ? Est-ce que je n'ai pas entendu gronder les grandes batteries dans les plaines, et l'artillerie du ciel dans les nuages ? Est-ce que je n'ai pas, dans une bataille rangée, entendu les bruyantes alarmes, le hennissement des coursiers et le cri des trompettes ? Et vous venez me parler de la langue d'une femme, qui frappe bien moins l'oreille qu'une châtaigne éclatant dans l'âtre d'un fermier ! Bah ! Bah ! Gardez vos épouvantails pour faire peur aux enfants.
Acte II Scène 1 :
Hortensio (parlant de Catharina) : Certes, non ; car c'est elle qui a rompu le luth sur moi. Je lui disais simplement qu'elle se trompait de touches, et je lui pliais la main pour lui apprendre le doigté, quand, dans un accès d'impatience diabolique : Des touches, s'écrie-t-elle, vous appelez ça des touches ? Eh bien, je vais les faire jouer ! Et, à ces mots, elle m'a frappé si fort sur la tête que mon crâne a traversé l'instrument. Et ainsi, je suis resté quelque temps pétrifié, comme un homme au pilori, ayant un luth pour carcan, tandis qu'elle me traitait de misérable racleur, de musicien manqué, et de vingt autres noms injurieux, comme si elle avait appris une leçon pour mieux m'insulter.
[…]
Petruchio : Ayant entendu dans toutes les villes vanter ta douceur, célébrer tes vertus et chanter ta beauté, bien moins cependant qu'elles ne le méritent, j'ai été porté à te rechercher pour femme.
Catharina : Porté !... à merveille ! Eh bien, que le diable qui vous a porté vous remporte ! Vous m'avez tout de suite eu l'air d'un meuble transportable.
Petruchio : Qu'est-ce à dire, d'un meuble…
Catharina : Oui, d'une chaise percée !
Petruchio : Tu as dit juste : assieds-toi donc sur moi.
Catharina : Les ânes sont faits pour porter, et vous aussi.
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sylvaine
  11 février 2012
De mégère , Catharina devient agneau et matée par Petruchio ( privée de sommeil, de nourriture et de parures) se transforme et devient une jeune épousée docile et aimante, n'osant en aucune manière contrarier son époux !.....
Autres temps , autres moeurs , de nos jours Petrucchio serait condamner pour sévices et harcèlement moral mais là n'est pas le propos de cette pièce!
La lecture est plaisante , un peu compliquée avec ses personnages interchangeables , quelques scènes sont brillantes , drôles à souhait , le comique de situation est omniprésent et la duperie la règle de vie des personnages .de cette comédie .
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
BazaRBazaR   26 août 2016
[Catharina (à Baptista)]: Je vous le demande, monsieur, voulez-vous donc me prostituer à ces épouseurs ?
[Hortensio]: Épouseurs, ma belle ? Comment l'entendez-vous ? Pas d'épouseurs pour vous, tant que vous ne serez pas de plus aimable et plus douce humeur.
[Catharina]: Ma foi, monsieur, vous n'avez rien à craindre; vous n'êtes pas encore à mi-chemin de mon cœur; vous y seriez, que mon premier soin serait de vous étriller la caboche avec un escabeau à trois pieds, de vous barbouiller la figure et de vous berner !
[ Hortensio]: De pareilles diablesses, bon Dieu, délivrez-nous !
(Acte I, scène 1)
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BazaRBazaR   27 août 2016
[Bianca]: Où en étions-nous restés ?

[Lucentio]: Ici, Madame:
Hac ibat Simois; hic est Sigeia tellus;
Hic steterat Priami regia celsa senis.

[Bianca]: Traduisez.

[Lucentio]: "hac ibat", comme je vous l'ai dit, "Simois", je suis Lucentio, "hic est", fils de Vicentio de Pise, "Sigeia tellus", ainsi déguisé pour gagner votre amour, "hic steterat", et ce Lucentio qui est venu vous faire la cour, "Priami", est mon valet Tranio, "regia", qui a pris ma place, "celsa senis", afin de mieux tromper le vieux Pantalon.

(Acte III, scène 1)
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BazaRBazaR   28 août 2016
[Petruchio]
Allons, n'ayez pas l'air grognon, ne trépignez pas, ne vous effarez pas, ne vous irritez pas. Je veux être maître de ce qui m'appartient. Catharina est mon bien, ma chose, elle est ma maison, mon mobilier, mon champ, ma grange, mon cheval, mon bœuf, mon âne, mon tout.
(Acte III, scène 2)
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SatineSatine   13 juin 2012
Acte I Scène 2 :
Petruchio : Signor Hortensio, entre des amis tels que nous, quelques mots suffisent ; si donc tu connais une personne assez riche pour être la femme de Petruchio, comme l’argent est le refrain de ma chanson matrimoniale, fût-elle aussi laide que l’amoureuse de Florent, aussi vieille que la Sibylle, aussi bourrue et aussi acariâtre que la Xantippe de Socrate, ou pire encore, fût-elle aussi rude que la mer Adriatique en fureur, elle n’altérera pas, elle n’émoussera pas en moi le tranchant de la passion ! Je viens à Padoue faire un riche mariage ; s’il est riche, il est heureux.
Grumio : Voyez vous monsieur, il vous dit tout bonnement ce qu’il pense. Donnez-lui de l’or suffisamment, et mariez-le à une poupée, à une figurine ou à une vieille stryge édentée, ayant autant d’infirmités que cinquante-deux chevaux ! Tout est bien, s’il y a apport d’argent.
[…]
Petruchio : Pourquoi suis-je venu ici, sinon dans ce but ? Croyez-vous qu’un peu de tapage puisse effaroucher mes oreilles ? Est-ce que je n’ai pas dans mon temps entendu les lions rugir ? Est-ce que je n’ai pas entendu la mer, soulevée par les vents, faire rage, toute suante d’écume, comme un sanglier furieux ? Est-ce que je n’ai pas entendu gronder les grandes batteries dans les plaines, et l’artillerie du ciel dans les nuages ? Est-ce que je n’ai pas, dans une bataille rangée, entendu les bruyantes alarmes, le hennissement des coursiers et le cri des trompettes ? Et vous venez me parler de la langue d’une femme, qui frappe bien moins l’oreille qu’une châtaigne éclatant dans l’âtre d’un fermier ! Bah ! Bah ! Gardez vos épouvantails pour faire peur aux enfants.

Acte II Scène 1 :
Hortensio (parlant de Catharina) : Certes, non ; car c’est elle qui a rompu le luth sur moi. Je lui disais simplement qu’elle se trompait de touches, et je lui pliais la main pour lui apprendre le doigté, quand, dans un accès d’impatience diabolique : Des touches, s’écrie-t-elle, vous appelez ça des touches ? Eh bien, je vais les faire jouer ! Et, à ces mots, elle m’a frappé si fort sur la tête que mon crâne a traversé l’instrument. Et ainsi, je suis resté quelque temps pétrifié, comme un homme au pilori, ayant un luth pour carcan, tandis qu’elle me traitait de misérable racleur, de musicien manqué, et de vingt autres noms injurieux, comme si elle avait appris une leçon pour mieux m’insulter.
[…]
Petruchio : Ayant entendu dans toutes les villes vanter ta douceur, célébrer tes vertus et chanter ta beauté, bien moins cependant qu’elles ne le méritent, j’ai été porté à te rechercher pour femme.
Catharina : Porté !... à merveille ! Eh bien, que le diable qui vous a porté vous remporte ! Vous m’avez tout de suite eu l’air d’un meuble transportable.
Petruchio : Qu’est-ce à dire, d’un meuble…
Catharina : Oui, d’une chaise percée !
Petruchio : Tu as dit juste : assieds-toi donc sur moi.
Catharina : Les ânes sont faits pour porter, et vous aussi.
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LiliGalipetteLiliGalipette   06 février 2012
« Les comédiens de Votre Honneur ayant été informés de votre rétablissement sont venus pour vous régaler d'une fort jolie comédie, car nos docteurs sont d'avis que ce divertissement est très bon à votre santé, voyant que c'était un amas de mélancolie qui avait épaissi votre sang, et la mélancolie est mère de la frénésie : ainsi ils vous conseillent d'assister à la représentation d'une pièce, et d'accoutumer votre âme à la gaieté et au plaisir ; remède qui prévient mille maux et prolonge la vie. »
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Avec Gare à Lou ! Jean Teulé revient à la veine fantastique qui avait fait le succès du Magasin des suicides et laisse libre court à un imaginaire plus débridé que jamais. ? ? ? Comme le disaient Mozart et Shakespeare : « Il est très agréable de jouir d?un don exceptionnel, mais il ne faut pas oublier que c?est une source inépuisable d?embêtements. » À 12 ans, Lou partage absolument cette opinion. Au prétexte qu?elle est en mesure de faire tomber immédiatement les pires calamités sur la tête de tous ceux qui la contrarient, on l?enferme dans un endroit secret en compagnie de militaires haut gradés pour qu?elle devienne une arme absolue capable de mettre en échec les plans malveillants des ennemis du pays ou, pire, d?ourdir de méchantes et sournoises man?uvres afin de causer des torts effroyables à d?autres nations. de telles occupations n?offrent pas à une adolescente les satisfactions que la vie aurait pu lui promettre. D?autant que son super pouvoir, aussi extraordinaire soit-il, ne fonctionne pas toujours comme prévu. Rien ne pouvait mieux inspirer Jean Teulé que d?imaginer les horreurs qu?un être humain bien disposé peut infliger à ses contemporains. ? ? ? Jean Teulé a publié dix-huit romans, tous chez Julliard, parmi lesquels, Je, François Villon (prix du Récit biographique) ; le Montespan (prix Maison de la Presse et grand prix Palatine du roman historique) ; le Magasin des suicides (traduit en dix-neuf langues et adapté en 2012 par Patrice Leconte) ; Darling (également porté à l?écran avec Marina Foïs et Guillaume Canet) ; Mangez-le si vous voulez et Charly 9 (tous deux adaptés au théâtre) ; Les Lois de la gravité (adapté au cinéma en 2013 sous le titre Arrêtez-moi ! et joué au théâtre Hébertot) ; Fleur de tonnerre (dont l?adaptation cinématographique est sortie en salles en 2016).
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