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ISBN : 2714479812
Éditeur : Belfond (20/02/2020)

Note moyenne : 4/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Un peu partout dans le monde, de nos jours.

Alors que son meilleur ami décide de l'exclure de sa vie, une artiste tente de récupérer le cadeau démesuré qu'elle lui avait offert ; un couple entreprend de bouter hors de chez lui leur fils de trente ans qui, comme tout bon Millenials, va mettre en scène cet « abandon » sur les réseaux et devenir une star du net ; un business man détourne l'argent de son entreprise avant de partir mener une vie déprimant... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
latina
  24 février 2020
Si vous n'êtes pas SDF, alors vous comprendrez Lionel Shriver qui, dans ce recueil de nouvelles, nous parle de propriété, de location, de quitter notre nid, d'en retrouver un autre qui ne veut pas de nous, de déloger des hôtes indésirables – fussent-ils nos enfants - , de partir pour mieux revenir, d'entrer en conflit avec nos voisins à cause d'un arbre tentaculaire, et j'en passe.
Toutes ces nouvelles d'une vingtaine de pages chacune (sauf la première et la dernière, des « novellas » de cent pages) ont donc un point commun : le sentiment de posséder quelque chose, de l'immobilier en l'occurrence, et son corollaire, tous les ennuis possibles et imaginables qui accompagnent ce sens de la propriété.
Mais elles ne se limitent pas à cet aspect matérialiste, loin de là ! Lionel Shriver est pour moi une experte en psychologie, et tel un médecin des âmes, elle analyse, psychanalyse, décortique, soulève le sparadrap des bonnes manières et découvre le pus de toute relation.
Tout y passe : les couples, les parents vieillissants, les enfants déjà adultes ; le divorce, les pique-assiettes, le veuvage, le célibat, les jeunes autocentrés, les trop riches, les sous-locataires sans-gêne, les douaniers pointilleux des aéroports, le train de la vie qui passe et ne revient pas…

Un style un brin sophistiqué aux phrases plantureuses et aux mots recherchés nous force à examiner tous les problèmes engendrés par la possession ou tout simplement l'attachement.
De cette auteure américaine, j'avais lu l'excellent « Big Brother ». « Il faut qu'on parle de Kevin » patiente dans mon pense-bête. Il deviendra bientôt ma propriété. Privée, cela va sans dire.
Merci à Babelio pour cette occasion de tester mon instinct de propriétaire à l'occasion d'une Masse Critique spéciale, et aussi aux éditions Belfond, bien entendu !
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Biblioroz
  24 février 2020
Une couverture aux couleurs du sens interdit, comme une défense d'entrer. Une serrure pour verrouiller sa ou ses propriétés, mais où l'oeil peut se glisser pour voir ce qui se cache derrière !
Sandwichées entre deux longues nouvelles, une dizaine d'anecdotes pimentées, à l'humour décapant, répandent des arômes piquants pour exposer des réactions multiples et variées vis-à-vis du sentiment de possession. Que ce soit dans la vie de famille, de couple, dans les relations de voisinage animal ou humain, dans le registre amical ou amoureux, dans le besoin de reconnaissance ou dans le domaine financier, ces douze nouvelles puisent leur force et leur réalisme dans la vie actuelle.
– On y rencontre Jullian qui exaspère son entourage avec ses tenues vestimentaires, sa voix, ses rires, ses attitudes n'attirant qu'antipathie voire aversion. Alors, lorsque son meilleur ami décide de se marier, sa future femme est loin de faire exception et éprouve une jalousie doublée d'une haine viscérale contre la pauvre Jullian. Besoin de possession exclusive de l'homme, la finalité de cette histoire est absolument ignoble.
– On y croisera Liam, un trentenaire qui n'a aucun besoin, ni aucune envie, de quitter le foyer familial où il se complait tout à fait dans l'assistanat domestique. Quelle ligne d'attaque s'offre aux parents pour le faire quitter ce nid si douillet ?
– Plus loin, dans un jardin londonien, ce sera un sycomore envahissant et invasif qui empiétera sur la quiétude du petit bout de terrain de la voisine. Pourtant, avant le décès de son mari, elle ne s'intéressait pas du tout au jardinage et sa haine à l'encontre du sycomore va la réveiller subitement et l'aider à faire son deuil.
– Une maison ne se laissera pas apprivoiser par sa nouvelle propriétaire et s'opposera fermement à la peinture de ses murs, au ponçage de son parquet…
L'analyse des personnages, qu'ils soient égocentriques, avares, jaloux, mesquins, profiteurs ou intéressés est pointilleuse, même dans les plus brèves nouvelles.
Le caractère moqueur de l'auteure vise et développe avec délectation, et très justement, toutes les dérives de ce besoin de posséder.
Ici, ce sentiment de propriété transforme ironiquement les personnes et les destins. Les réactions des uns et des autres sont désopilantes, affligeantes, encourageantes ou déprimantes. Les fins sont tantôt heureuses, tantôt tragiques, parfois amères et d'autres fois romantiques. Il y en a pour tous les goûts.
La défense de son territoire, terrestre, humain ou social peut revêtir des formes ou des couleurs tout à fait inattendues !
Ni roman ni nouvelle, ces histoires tiennent souvent du récit tant elles sont criantes de vérité ; qui ne reconnaîtra pas un voisin, une amie, un parent ou soi-même dans ces personnages ?
Je ne connaissais pas la plume de Lionel Shriver. Elle utilise un vocabulaire riche, l'écriture, assez exigeante demande parfois concentration mais elle donne encore plus de piquant et de pertinence à cette vision critique du comportement humain.
Merci à Babelio et aux éditions Belfond pour cette découverte multicolore aux accents acidulés.
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Patsales
  22 février 2020
Ça pourrait être insupportable. Private jokes (« Elle préférait « Django unchained » à « Twelve years a slave », et pouvait élaborer avec beaucoup d'éloquence les raisons pour lesquelles les fantasmes de revanche constituaient pour sa communauté de bien meilleurs vecteurs d'autonomisation que les épisodes horrifiants de maltraitance à son encontre »), syntaxe et vocabulaire sophistiqués (« Mais elle n'était pas disposée à capituler. Sous peine, sinon, d'avoir à s'échiner, à mesure que les années passeraient et qu'elle serait moins vaillante, dans l'équivalent botanique d'une mine de sel afin d'arracher une à une ces stupides boutures bourgeonnant de leur espoir idiot, poussant tout leur saoul dans leur naïveté verdoyante et tape-à-l'oeil. »), inspiration puisée dans les sempiternelles histoires de familles et de couples.
Sauf que.
D'abord c'est souvent hilarant (« Il s'était autorisé un commentaire à voix haute, ponctué d'une esquisse de haussement de sourcils, quoique bref et nullement exagéré : - Oh, de grâce! Grossière erreur. La règle cardinale du voyage aérien était « Ne pas se faire remarquer ». C'était comme s'il avait survécu de justesse à un meurtre de masse, et qu'il était allongé, immobile parmi les victimes. Mais plutôt que de continuer à faire le mort, en exprimant ce « De grâce ! », c'est comme s'il s'était mis à faire des bonds en s'écriant : « Attendez! Ici! Vous en avez loupé un ! »).
Et surtout c'est brillant. On croirait lire du La Bruyère sous acide ou du Nathalie Sarraute sous amphétamines. La même capacité à ratiociner sur les plus petits détails de nos vies mesquines mais les haussant au rang d'oeuvres d'art de la médiocrité, heureuse ou tragique, comme une entomologiste à la fois distante et empathique - ce qui est normalement impossible. Comment cette femme me connaît-elle aussi bien?
Lionel Shiver nous tend un miroir sans complaisance qui nous pousse à serrer les fesses et relever le menton. Médiocres peut-être, mais dignes ! Morales du petit siècle, le nôtre.
(Merci à Masse critique et aux éditions Belfond pour cet envoi ô combien apprécié. )
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Shan_Ze
  27 février 2020
Ayant déjà lu plusieurs romans de Lionel Shriver dont le très connu, Il faut qu'on parle de Kevin, son dernier livre m'intéressait beaucoup. Propriétés privées est un recueil de nouvelles dont la première et dernière sont des novellas (nouvelle longue d'une centaine de pages). Je ne suis pas tellement portée sur les nouvelles mais avec Lionel Shriver, je voulais bien me laisser tenter. Je ne regrette pas du tout. Les novellas permettent de s'immerger un peu plus dans l'histoire, dans la personnalité complexe des protagonistes. Dans le lustre en pied, les relations entre « Baba », sa femme et Frisk sont compliquées et les tentatives de diplomatie déployées par « Baba » sont succulentes. La description répétée du lustre en pied donne un effet comique tout à fait cocasse. Comme la montée du ressentiment de Sara Moseley dans La sous-locataire.
L'auteur arrive à faire concis dans les autres nouvelles (environ une vingtaine de pages) tout en donnant une vraie dimension aux personnages. J'ai aimé chacune des histoires, peut-être un peu moins le baume à lèvres et Les nuisibles avec une chute trop rapide à mon goût. Terrorisme domestique est excellente, j'aurais aimé qu'elle dure un peu plus pour apprécier un peu plus cette « opposition ». Taux de change est aussi bien mené avec une belle conclusion. Repossession est la seule à amener une petite touche de fantastique.
Ces nouvelles font voyager un peu partout dans le monde (États-unis, Angleterre, Irlande, Kenya...) et le concept de propriété est assez varié (maison, objet, pays...) ainsi que le genre (achat, prêt, don...) et l'analyse psychologique des personnages est tout simplement parfaite. J'aime beaucoup le style très détaillé, notre côté possessif qui met en avant nos mauvais aspects. Un très bon recueil de nouvelles ! Merci à Babelio et à Belfond pour cette Masse Critique priviliégée.
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Verdure35
  24 février 2020
C'est toujours avec gourmandise que je lis un texte de L.Shriver, et je dois dire qu'ici le bonheur a été multiplié par 12 puisque ce livre de 450 pages contient 12 nouvelles.
Je n'ai plus d'autre roman du même auteur sous la main pour savoir si c'est toujours le même tandem écrivain-traducteur, parce qu'avec la gymnastique intellectuelle de L. Shriver, mieux vaut avoir le même état d'esprit, et pour faire court, un certain mauvais esprit (que j'adore) qu'il faut traduire avec le même art consommé de l'ironie souvent féroce.
Le sujet central est la propriété sous différentes formes; une maison, un mari, un compagnon, une vieille lampe etc sont pour leur "propriétaire" un bien précieux qui, dès qu'il leur échappe devient sujet à des soucis insurmontables, des calculs dérisoires, bref, difficile de s'arracher le coeur.
Ces nouvelles se terminent bien souvent d'une manière provocante, le ton est sarcastique, et toutes nos misérables petites mesquineries sont passées au crible.
Merci aux Edts Belfond et à Babelio pour ce bon moment de lecture.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
BibliorozBiblioroz   24 février 2020
Avant de faire lui-même directement l’expérience de la disparition parentale, Peter aurait imaginé un adoucissement, un arrondissement des angles, chez le parent comme chez l’enfant d’autrefois – comme si les deux parties étaient des boules de glace placées pour un moment béni au soleil, et que tous les plis, les creux et les bosses se trouvaient aplanis et lissés – parfaites boules de bienveillance. Au contraire : le grand âge semblait rigidifier plus encore les personnes dans une incarnation de qui et de ce qu’elles avaient toujours été – les plis étaient plus froissés, les creux plus profonds et les bosses plus proéminentes –, de sorte que, comparée à de la glace, c’était une variante si dure qu’on ne pouvait pas même y plonger une cuillère.
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BibliorozBiblioroz   21 février 2020
Pourtant, dans son jeune temps, les débrouilles les plus simples étaient exaltantes. À l'époque, les acquisitions fortuites s'accordaient comme par magie, trouvaient une place naturelle à laquelle la réflexion n'aurait jamais abouti. La vaisselle dépareillée se complétait dans une juxtaposition inédite, comme les parties d'un quatuor de Schoenberg. Une fausse assiette plate victorienne bleu et blanc formait un accord avec un bol de soupe bariolé à pois, créant des harmoniques inespérés.
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Shan_ZeShan_Ze   19 février 2020
Elle s'était parfois demandé, alors que cette propension à la circularité bouddhiste persistait à l'adolescence, s'il vivait sur un plan métaphysique plus élevé, avec un sens inné de la futilité de la vie, et la conscience que toute recherche n'a de finalité qu'en elle-même, que toute quête de satisfaction aboutit fatalement à un désir plus obsédant et plus vain encore.
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AllantversAllantvers   19 février 2020
Peter jeta un coup d'oeil à la pancarte - ni objets tranchants, ni explosifs, ni armes - pour vérifier qu'il était bien 'en conformité '. C'était un mot qui fichait la trouille, un mot fétiche quelles qu'elles soient partout dans le monde, qui cherissait l'atmosphère qu'il suscitait, faite de zèle aveugle, de courbettes serviles, de soumission rampante et de terreur énurétique. La conformité ne souffrait pas de résistance, c'était un truc mou, flasque, au ras du sol.
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ZilizZiliz   17 février 2020
- J'ai couché avec Sullivan vendredi. Ça ne s'est pas mal passé ni rien du tout, mais, au moment crucial, en plein coeur de l'action, il s'est mis à crier, à pleine voix : 'Ah, je suis excité !' Et il a continué à le répéter : 'Je suis excité !' Encore et encore : 'Je suis excité !' Non mais franchement, t'en connais, des gens qui disent des trucs pareils ?
- Les gens disent toutes sortes de choses pendant l'amour, avait concédé B. Et c'est bien de pouvoir le faire. Tu devrais peut-être te montrer un peu plus cool avec ce type.
- Non que je critique... mais quand même, c'est hyper abstrait. Distant. Comme s'il était en train de s'observer lui-même, ou... La plupart des gens prennent leur pied avec des tas de trucs, en général qui remontent à la puberté ou encore plus loin... Mais franchement, dire 'Je suis excité !', ça fait hyper-adulte. Rigide, formel, et presque comme s'il parlait à la troisième personne. 'Je suis excité' Tu trouves ça normal ?
- La normalité n'existe pas. (...) Hors de question que je couche avec toi, Frisk, s'il faut d'abord que tu approuves le script.
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