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EAN : 9782226048295
209 pages
Éditeur : Albin Michel (11/09/1990)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Chaque âge de la vie exprime une nouvelle métamorphose et contient son propre “ pouvoir ”. Il possède sa beauté, ses ressources et sa magie. Il n'est surtout pas l'altération du précédent ! La décrépitude n'existe pas.
L'auteur de La Mort viennoise et de La Guerre des filles nous dit pourquoi en explorant chacune de ces grandes périodes de l'existence : la gestation, les premiers mois, la petite enfance, l'adolescence, la jeunesse, l'âge adulte et la vieil... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Danieljean
  26 décembre 2015
Un beau livre qui nous fait voyager à travers ce qui fut, ce qui est et ce qui sera en nous.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
claireogieclaireogie   19 décembre 2010
Dans une société où les uniques mesures d'évaluation sont celles d'un matérialisme courtaud et où le mercantilisme détermine les représentations des âges de la vie, il est clair que la vieillesse a peu d'atouts. N'est socialement admissible que celle qui continue activement de consommer : biens, cures, soins gériatriques, voyages organisés, distractions, culture, etc...
Économiquement faible, elle incarne le mal absolu. La royauté mendiante du brahmane est ici l'enfer de l'insignifiance et le rebut. Or ce n'est certes pas la vieillesse qui nous détruit mais l'image que nous nous en sommes faite.
L'idéologie contemporaine, qui dénie à l'esprit tout pouvoir, permet tout au plus, dans un tourbillon d'actions, de traverser, sain et sauf, l'âge adulte ; en aucun cas, la vieillesse.
Car dans ce dernier épisode de notre vie terrestre, deux violons mènent la danse : l'esprit et le pouvoir de l'imaginaire. Nous nous pencherons sur leur musique.
Attardons-nous d'abord à un premier constat. Pour qui s'attend à la déchéance, il n'y a pas d'illusion possible : elle sera au rendez-vous.
Celui qui, sa vie durant, a creusé le tombeau de son âme l'y couchera.
Rien d'heureux ni de malheureux ne nous advient jamais dont nous n'ayons en nous préparé le nid.

Peut-être un fait divers illustrera-t-il, mieux que des propos abstraits, la force de l'esprit dont il est question ici. Un employé des chemins de fer se trouva malencontreusement enfermé dans un wagon frigorifique. Lorsqu'on vint l'en "délivrer" douze heures après, il était mort. Sur la paroi de métal, on trouva ces mots griffonnés à la craie : "Le froid m'envahit. Je me meurt." Ce sort épouvantable ne prend sa signification que lorsqu'on y ajoute un détail : le système de réfrigération n'était pas branché. Son corps révéla à l'autopsie tous les symptômes d'une mort due au froid. Il n'en va pas autrement de la vieillesse. Une seule différence : ce n'est plus un fait divers mais un fait de civilisation aux conséquences généralisées et dévastatrices.
La représentation même de la déchéance entraîne irrévocablement sa venue. Nous venons et mourons de nos images.
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claireogieclaireogie   19 décembre 2010
Une sorte de licence carnavalesque est indispensable à la jeunesse pour expérimenter toute la pléthore des sentiments et des sensations qui déferlent sur elle, pour s'inventer peu à peu le contour d'un destin.
Mais, pour le moins aussi redoutable que l'intrusion inquisitoriale de cet espace de liberté, est l'extrême sollicitude de certains adultes rêvant d'épargner aux jeunes gens les brûlures de l'échec, les erreurs, les errances. Est-il pire égarement que de vouloir dispenser de vivre qui nous croyons aimer ?
Nous évoquions tantôt les effets salutaires de la maladie dont tant de nos contemporains ont perdu le bon usage. L'erreur, que nos systèmes de notation, nos lugubres palmarès sanctionnent, mérite semblable éloge et doit être réhabilité. Elle est le tremplin d'où s'élancent l'explication et le dialogue, le forum ou les questions nous interpellent. Elle met l'esprit en mouvement, le fouille, et l'éperonne. La psychose de la faute et de l'échec est l'éteignoir de nos cerveaux. Quel monde de baîllements ne nous ont-ils pas fait, ces décerneurs d'éloges et de blâmes, ces leveurs d'index, ces fesses-serrées de la couardise ! La vie mouchée, épouillée, peignée, torchée et livrée à domicile (et dont ils s'enorgueillissent encore), qui s'étonnerait qu'elle écoeure la jeunesse ? Qu'est une existence qui n'a pas été conquise à force d'erreurs, d'échecs, d'hésitations, de tâtonnements ? Quel est son prix ? Où est sa victoire ?

Chaque génération se fera elle-même ou ne se fera pas.
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DanieljeanDanieljean   26 décembre 2015
C'est pour cette raison que toute sensation vécue dans l'enfance,
lorsque le hasard par surprise nous en ramène une bribe
-odeur, grain d'étoffe, acidité d'un fruit -,
nous émeut si profondément.

Plus rien par la suite, autour de nous, si nous n'y prenons garde,
ne revêt l'impérieuse présence que nous lui avions connue alors.
.
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DanieljeanDanieljean   26 décembre 2015
Sans tri préalable, ses seuls yeux ouverts
livrent au petit enfant ce qui est ou ce qui peut être,
et non, comme plus tard,
dans le grand black-out de la raison civilisatrice,
la projection de ce qu'ils auront désormais à voir.
Il se meut encore dans l'espace magique d'avant la restriction :
il choisit seul parmi les innombrables possibilités que lui présente le réel.
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DanieljeanDanieljean   26 décembre 2015
Gobé par la contemplation d'une herbe, d'une irrégularité
dans le tissage du drap, d'un pépin ou d'un brin de laine,
il émerge de ses longues absences étrangement fortifié.
Il est le chien avec lequel il joue, l'écorce qu'il détache du tronc,
la miette qu'il récolte sous la table, la croûte de son genou couronné et...
dzzzz...la mouche sur la vitre.
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