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EAN : 9782869598201
148 pages
Éditeur : Arléa (07/05/2008)
4.04/5   115 notes
Résumé :
Paris, 1944. Une petite fille de quatre ans vit dans l'insouciance de la guerre, seule avec sa mère fantasque qu'elle adore. Lorsque revient le père, qu'elle n'a jamais vu, prisonnier de guerre libéré, l'existence de celle qu'on appelle "la petite" est bouleversée. Pour cet intrus qui lui prend sa mère et entend imposer son autorité, elle éprouve d'abord de la haine, de l'effroi aussi devant sa dureté, sa violence, son étrangeté. Puis, avec tout l'excès dont est cap... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
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marina53
  10 septembre 2020
Paris, 1944. À quatre ans, France, que l'on appelle "la petite" vit seule avec sa maman, son papa, qu'elle n'a jamais connu, étant en captivité en Allemagne. À deux, elles se sont construites une vie faite d'habitudes, ponctuée parfois par les visites de la grand-mère. Une grand-mère qui critique bien souvent l'éducation donnée à sa petite-fille qui, selon elle, manque de rigueur et d'autorité. Mais la petite n'en a que faire, tout heureuse qu'elle est avec sa maman, qu'elle pense connaître par coeur. Mais, lorsqu'on lui annonce que ce papa, dont la petite regarde parfois la photo et qui n'est, pour elle, qu'une vague notion, va bientôt rentrer, elle ressent comme une vague menace et pressent que tout va changer. Parce que même si la guerre n'est pas finie, lui va rentrer plus tôt, dans un convoi spécial, avec d'autres prisonniers, malades eux aussi...
Si dehors, c'est la guerre, la petite, elle, ne se rend compte de rien. Sa petite vie dans l'appartement parisien qu'elle occupe avec sa maman, Li, lui convient parfaitement. Et même si cette horrible guerre lui a pris son père, parti peu après sa naissance, elle n'arrive pas à mettre des images sur celui-ci. Son "petit papa", comme sa maman l'appelle, ne lui manque pas. C'est le retour de celui-ci, malade, qui va très fortement perturber l'équilibre qu'elle formait avec sa maman, la complicité qu'elles entretenaient. Avec ses courts chapitres, ses phrases, la plupart du temps brèves mais très intenses, ce roman regorge d'émotions et d'intensité. Avec son regard d'enfant, la petite tente de percer le mystère de ce secret familial, de mettre des mots sur les drames, de donner sens aux messes basses, de se faire entendre pour elle que l'on traite de menteuse. Mettant en avant la place et le rôle du père dans une famille, questionnant sur la notion même de père, Marie Sizun nous offre un récit au style épuré et sensible, très émouvant, et empreint d'une certaine nostalgie...
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fanfanouche24
  02 mars 2017
Je viens de découvrir tout récemment , avec bonheur et délectation, la très belle écriture de Marie Sizun avec son dernier roman "La gouvernante suédoise". Dans la lancée de mon enthousiasme, je poursuis ma "connaissance" de cette écrivaine. Dans le présent, j'ai lu son premier roman , des plus bouleversants , " le Père de la petite", après avoir
lu avec une forte émotion, "Un jour par la forêt"...
Une admiration certaine pour l'art de Marie Sizun de décrire avec une intensité et infinie sensibilité les drames et séismes qui peuvent se passer dans la tête des enfants....
Dans ce texte, qui se situe dans les années 40, la "petite", France vit heureuse et toute légère dans une bulle , avec une maman des plus permissives et aimantes. le papa est absent, il est à la guerre. Elle ne l'a jamais vu... et puis un jour, la maman annonce à sa petite fille que "son petit papa" va revenir enfin... Et la petite, au lieu de se réjouir, sent comme une menace... où son quotidien, où elle vit en fusion avec sa maman
adorée...va être chamboulé....
Hormis sa grand-mère maternelle qu'elle n'apprécie guère, et qui accapare trop à son goût sa maman, avec des mots chuchotés, des bavardages qui semblent bien secrets !!
Le Papa rentre enfin, malade des poumons et surtout des nerfs... La maman adorée qui ne vivait que pour sa petite, change de comportement et ne s'occupe que de son mari... ce qui rend furieuse et complètement perdue , la petite France. Elle craint les colères et la sévérité paternelles, trouve que c'est un intrus insupportable qui a démoli son intimité exclusive et sa vie libre, légère, joyeuse avec une maman fantasque qui ne lui opposait aucune règle, au grand dam de la grand-mère qui trouve son unique petite fille, mal élevée !
Un mensonge, un secret mal dissimulé vécus de façon très incompréhensible par la petite va être le déclencheur d'un drame... et d'un renversement de situation: la petite se détache et en veut à sa mère, qui pour elle l'a abandonnée , et lui a , comme retiré son amour... En retour, elle se met à aduler, vénérer ce père qu'elle tente de connaître, de séduire..
d'apprivoiser !.

Un très bel hommage d'une petite fille à un père, même "d'occasion", ayant vécu trop peu de temps ensemble... avec le drame de la guerre , des hommes, pères, fils, frères absents, qui reviennent plus ou moins abîmés , après les conflits... pendant que les femmes dans des solitudes difficiles, se débrouillent comme elles peuvent, pour travailler, élever leurs enfants...
Beaucoup d'amour dans ce texte mais aussi tant de tristesse, de gâchis provoqués par les traumatismes de la guerre et les dégâts des absences des pères....
"La petite attend son père. Elle l'attend comme on peut attendre dans l'enfance, comme on le fait aussi, plus tard, dans l'amour." (p. 89)

Qu'est-ce qu'un père ? La notion de paternité échappe à la petite. Et comment pourrait-il en être autrement ? Des pères par les temps qui courent, on en voit pas beaucoup."
Un premier roman lu en une soirée tour à tour avec de la joie et de la peine...
Sûrement dû au talent de l'auteure qui décrit avec un immense sensibilité les tourments et les questionnements d'une petite fille de quatre ans, qui découvre le monde des adultes... Ces derniers qui semblent tant compliquer les choses, et si souvent !!!
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jeunejane
  16 avril 2019
France, a quatre ans, elle vit avec sa mère Lilian à Paris.
L'ambiance entre elles est très joyeuse sauf quand la grand-mère vient leur rendre visite : une vieille dame toujours prête à critiquer les manières de la petite.
Sa mère lui parle souvent de son père, retenu en captivité en Allemagne.
France voit son retour comme une menace.
On comprend que la maman a des secrets envers la petite.
Chaque fois que la petite parle de ce qu'elle a vu, elle passe pour une menteuse lors d'un voyage.
Le père revient, malade des nerfs.
Finalement guéri, il reprend son travail.
Les relations père-fille s'améliorent mais pas celles du couple.
Dans ce très beau roman, ce ne sont pas les faits qui sont importants mais l'observation que la petite France nous livre ainsi que ses sentiments envers son entourage : son père, sa mère, sa grand-mère.
Marie Sizun écrit un tout petit livre très riche, intense, son premier roman.
Dans "La femme de l'allemand" écrit deux ans plus tard, on y retrouve également les sentiments d'une enfant cette fois aux prises avec une mère abîmée psychologiquement.
J'apprécie beaucoup les romans de Marie Sizun.
Challenge plumes féminines
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diablotin0
  03 mars 2018
Pendant 150 pages, nous sommes dans la tête de la petite, que d'émotions ! Marie Sizun nous fait vivre l'amour , le bien être que la petite ressent auprès de sa maman, mais aussi la crainte de perdre cet amour qu'elle pense et veut exclusif. Parce que oui, il y a un homme aussi dans la vie de sa maman et cet homme c'est son père qui doit revenir de la guerre. Viendra alors la peur, la jalousie, la déception, l'incompréhension, la quête d'amour, l'admiration, l'attente .
Ce petit livre est une boite à émotions, Marie Sizun, comme à son habitude, arrive à faire battre notre coeur au même rythme que celui de ses personnages. C'est un moment fort que cette lecture qui touche notre sensibilité au plus profond de notre être. Cela faisait longtemps que je voulais le lire, j'y pensais souvent, maintenant que c'est fait, il va rester dans mon coeur.
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slowlife
  02 décembre 2020

On est happé par l'émotion en lisant chaque page de ce roman qui se lit d'une traite tellement on a envie de savoir comment va se terminer cette histoire triste à pleurer.
Ce petit livre parle de ces secrets de famille qui détruisent; sur la place du père, sur ce moment particulier de notre Histoire qu'est l'occupation allemande. C'est un merveilleux livre sur l'amour maternelle, paternelle et d'une enfant pour ses parents et sur le monde enfantin peuplé de rêves et d'incompréhensions. C'est à travers le regard d'une fillette de cinq ans qu'on nous conte cette histoire.
C'est déchirant, plein de vérité, d'amour et de douleur. L'écriture de cet ouvrage est pudique, fine et douce. On ne peut être qu'admiratif face au style et à la profondeur d'écriture de Marie Sizun.
Une bulle d'émotion, à l'écriture délicate et sobre !
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   10 septembre 2020
Elle ne comprend pas ce qui se passe. Ne saisit pas ce qu'on veut qu'elle fasse. Ce que veut son père. Elle comprend seulement qu'elle n'est pas comme il faudrait qu'elle soit. Qu'elle dérange. Qu'elle déplaît. Oui, qu'elle déplaît. Et c'est bien la chose la plus difficile à admettre pour celle que sa mère appelait "sa bien aimée".
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fanfanouche24fanfanouche24   28 février 2017
Souvent la petite rêve, et parfois elle croit alors vivre quelque chose de réel. Il arrive que ce soit tellement beau, les rêves, tellement fort. (;;;) - Alors quand es-ce qu'on vit, quand est-ce qu'on rêve ?
C'est déjà bien compliqué. Mais la petite soupçonne les adultes d'embrouiller exprès les choses. (p. 29)
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jeunejanejeunejane   16 avril 2019
Son père lui donne la main, mais il ne parle pas. On dirait qu'il est triste, pense la petite, qui de temps en temps se penche de côté pour voir son visage, s'informer de son humeur. Elle est toujours inquiète, la petite, des dispositions de son père.
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fanfanouche24fanfanouche24   01 mars 2017
La petite attend son père. Elle l'attend comme on peut attendre dans l'enfance, comme on le fait aussi, plus tard, dans l'amour. (p. 89)
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SymphonieSymphonie   19 septembre 2020
La guerre, c'étaient, enfin, ces drôles de lettres sur papier glacé, pliées en forme d'enveloppes, couvertes de cachets dentelés, verts, rouges, noirs, que recevait la mère du camp des prisonniers. Avant. Les lettres de son mari. Il n'en arrive plus depuis longtemps.
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