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EAN : 9782266287432
368 pages
Éditeur : Pocket (19/09/2019)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Corine Sombrun rencontre Enkhetuya, chamane du peuple Tsataan, au nord de la Mongolie, à l'orée des années 2000. Cette femme à la personnalité exceptionnelle, qui vit encore dans un univers autarcique où, de génération en génération, on élève des rennes et on respecte les esprits de la nature, va lui transmettre un enseignement millénaire fait de rites et de cérémonies, gardiens de l'harmonie du monde.
Tout en évoquant l'enfance d'Enkhetuya, née en 1957 en pl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Moan
  16 février 2014
Corinne Sombrun a rencontré Enkhetuya chamane de ce peuple Tsataan du nord de la Mongolie qui vit de génération en génération dans ce pays hostile en élevant des rennes.
Mais le collectivisme de l'URSS qui a obligé ce peuple à se sédentariser, a réussi à faire diminuer le nombre de rennes de manière dramatique et à obliger les Tsataans à émigrer vers les villes ou à survivre à peine en gardant leurs coutumes.
Enkhetuya raconte son enfance , vivant de manière traditionnelle avec ses parents, ses frères et soeurs dans l'urtz habitat de la famille, la découverte de son don, l'enseignement qu'elle a reçu en secret et qui fera d'elle un chaman puissant.
Survivre avec seulement une petite vingtaine de rennes devient impossible et Enkhetuya trouvera sa solution en accueillant le modernisme à sa façon.
Un livre qui apprend beaucoup sur ce mode de vie exceptionnel que notre mondialisation fait disparaître.
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merveille
  04 octobre 2016
Nous entrons dans une famille ou la mère est chamane, la fille a également la racine chamanique et doit faire son apprentissage, durant la période soviétique ou le chamanisme est interdit. On suit l'histoire de cette famille, et de la Mongolie jusqu'au début du 21ème siècle; il y aura une transformation profonde des moeurs avec le changement politique et l'arrivée des touristes dans cette région, on part d'un mode de vie basée sur la transhumance à une utilisation maximum de la manne touristique. On commence le voyage avec des rennes, et on le termine avec des 4x4, avec des tambours pour le finir avec un radio cassette ou l'on écoute BAD.
Il y a aussi un intérêt réel et des observations scientifiques nouvelles pour étudier les modifications d'une pratique de la transe sur le cerveau.
La trame de cette histoire est tenue par une journaliste française qui a est entrée en transe en entendant le son d'un tambour et qui se formera à la pratique chamanique, avec son regard différent et ses propres questions.
Intéressant.
Merci pour cette approche.
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SophieLesBasBleus
  28 mars 2015
Les esprits de la steppe sont ceux avec lesquels Enkhetuya entre en contact pendant les rituels chamaniques.
Enkhetuya... si éloignée et pourtant devenue si proche grâce au récit de Corine Sombrun. Se jouant des kilomètres, des différences de langue, de culture et d'histoire, une étrange familiarité se noue avec cette femme chamane du peuple Tsataan. Avec les mots les plus riches parce que les plus vrais, Corine Sombrun nous raconte son histoire : les années d'enfance alors que le chamanisme est interdit et qu'une sournoise inquiétude travestit chaque rencontre. L'âpreté du quotidien est estompée par une sensation d'harmonie avec la famille, avec la nature, avec l'univers. le changement à la fois brutal et insidieux vers la modernité s'effectue sur le fil entre nostalgie et adaptation à un confort nouveau.
J'ai quitté Enkhetuya et Corine Sombrun comme on laisse partir des amies, avevc tristesse, avec le coeur qui tente de retenir encore un peu, avec l'espoir des les retrouver bientôt. Un livre envoûtant !
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florinette
  10 octobre 2019
Avant que ce peuple ne disparaisse à jamais, Corine Sombrun évoque la vie d'Enkhetuya, une chamane Tsaatan du nord de la Mongolie, qui lui a enseigné le chamanisme durant plusieurs années.
À travers cet ouvrage, Corine Sombrun évoque ce qu'a subi ce "peuple des rennes" dont la vie de nomade remonte à l'âge du bronze. Sédentarisés par le gouvernement de la République populaire mongole, les Tsaatans, face à l'idéologie communiste, se voient contraints d'abandonner tout rituel chamanique sous peine d'emprisonnement. En quelques années et avec l'arrivée de la mondialisation, on assiste avec amertume au déclin et à l'éradication de ce peuple, de sa culture et de son mode de vie ancestral.
Alternant entre document ethnologique et récit biographique dans lequel Corine Sombrun évoque en parallèle ses ressentis, ses interrogations et ses premiers pas d'apprenti chamane. C'est un vibrant témoignage et hommage que rend Corine Sombrun pour ce peuple des rennes.
Lien : http://www.leslecturesdeflor..
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PierreEsteve
  18 février 2016
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
DanieljeanDanieljean   18 novembre 2015
J'effectuais un reportage en Mongolie pour la BBC quand le chamane Balgir m'a reconnue comme l'une des leurs. Il a alors confié mon apprentissage à Enkhetuya, une chamane de l'ethnie des Tsaatans.
Ce «peuple des rennes», originaire de la région de Touva en Sibérie et dont l'habitation est le tipi, a perpétué jusqu'au milieu du XXe siècle un mode de vie nomade remontant à l'âge du bronze. Sédentarisé en 1957 par le gouvernement de la République populaire mongole, il a été regroupé sur le site de Tsagaannuur, à la frontière nord-ouest de la Mongolie. Leurs rennes sont devenus la propriété de l'État et des quotas de productivité ont été imposés. En quelques années, les troupeaux, confinés dans des fermes, ont été décimés par les maladies. La plupart des Tsaatans ont dû renoncer à l'élevage et ont sombré dans l'alcoolisme. Face à ce constat, le gouvernement les a de nouveau autorisés à nomadiser dans la taïga. À la seule condition que leurs bêtes soient numérotées et les quotas d'élevage maintenus.
En 1992, après l'adoption d'une nouvelle Constitution et le retrait des troupes de l'ancienne Union soviétique de Mongolie, les rennes ont été restitués aux Tsaatans.
Enkhetuya vivait sur la rive ouest du lac Khovsgol, à cent quatre-vingt-quinze kilomètres au sud-ouest du lac Baïkal, quand je l'ai rencontrée en 2001. Les Tsaatans ne comptaient plus alors qu'une trentaine de familles, réparties de part et d'autre de la rivière Shishged. Une population et une culture en voie de disparition, m'avait-on dit. Mais j'étais loin d'imaginer qu'en seulement dix ans, j'allais être le témoin d'un effacement bien plus rapide que celui annoncé par les prévisions les plus pessimistes.
Avant que ce peuple des rennes ne disparaisse à jamais, il m'a donc semblé important de transmettre son quotidien, ses traditions et leur transformation. Conséquence d'une mondialisation qui allait bouleverser la mémoire et l'équilibre d'un mode de vie ancestral.
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MoanMoan   16 février 2014
Autrefois il accompagnait son père à la chasse à l'ours. Une proie de choix, devenue rare. Autant que les arbres autour du lac. Les rives se transformaient peu à peu en de vastes étendues d'herbes, parsemées de centaines de cadavres de troncs sciés à leur base. Il y avait bien longtemps que le bois mort avait été épuisé. Les forces vives de la forêt servaient désormais à fournir le combustible pour les camps de touristes. Pour chauffer l'eau des douches, des ger. Pour nourrir ces milliers de visiteurs.
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MoanMoan   16 février 2014
Comment éliminer si vite une tradition remontant à des centaines de générations? Elle-même l'avait hérité de son père et ses ancêtres chamanes se comptaient sur les doigts de cinq personnes réunies, tellement la lignée était longue. Elle avait réussi à le cacher. Mais son grand-père et son père , toujours sollicités malgré l'interdiction, avaient continué de faire des rituels. Jusqu'à ce que de "bons révolutionnaires" les dénoncent comme étant des böö, des hommes chamanes. La police était venue les arrêter. Ils avaient été exécutés quelques jours après.
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netsukenetsuke   14 novembre 2016
Toute la classe s'est retrouvée au pied d'un grand mélèze. Aux nombreux hadak de soie bleue qui en entouraient le tronc et les branches, Enkhetuya a immédiatement compris qu'il s'agissait d'un arbre chamane, un böö mod. Et pas n'importe lequel : la partie basse du tronc, un peu rabougrie, signifiait qu'il était un arbre en relation avec le monde des Lus Savdag. Très puissant. On ne devait jamais grimper sur un tel arbre. Ni siffler ou dormir dessous, encore moins en casser la moindre branche. Il était la matérialisation des esprits rassemblés à cet endroit. Faire du mal à cet arbre, ne pas le respecter était leur faire un affront direct.
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MoanMoan   16 février 2014
Dans les années 30, un régime de terreur est instauré. Les traditions jugées "inaptes à la modernité", comme le chamanisme ou le bouddhisme, sont interdits et des centaines de monastères brûlés. Jusqu'en 1939, des purges entraînent l'exécution de 3% de la population, dont dix-sept mille moines. Les élevages sont regroupés dans des coopératives, les propriétés sont collectivisées, le profit privé est interdit, les transports nationalisés et tous les traders étrangers, des Chinois pour la plupart , sont chassés.
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Vidéo de Corine Sombrun
Bande-annonce de l'adaptation cinématographique de : "Mon initiation chez les chamanes : Une Parisienne en Mongolie"
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