AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782266149136
224 pages
Éditeur : Pocket (23/12/2005)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 57 notes)
Résumé :

Dans son Journal d'une apprentie chamane, Corine Sombrun racontait l'incroyable aventure qui l'avait conduite, sur les traces d'un chamane péruvien, au fin fond de la forêt amazonienne. Elle a poursuivi sa quête spirituelle en Mongolie auprès des chamanes Tsaatanes, qui vont lui révéler qu'elle est elle-même chamane et doit suivre leur enseignement. Commence alors pour elle une initiation qui comporte outre l'apprentissage des différents rituels, la vie ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Horizon_du_plomb
  31 octobre 2019
« Les trois premières étoiles sont dans le ciel. La cérémonie commence. Badmaa enflamme les branches de genévrier. Elle porte un tee-shirt à bandes vertes sur lequel un poulet danse en disant « Do the chicken twist ! » »
« Naara me dit que c'est à cause de la période communiste. Jusqu'en 1990, le chamanisme était interdit et les chamanes pourchassés voire assassinés. Ils sont donc devenus méfiants… »
J'ai découvert ce livre grâce à une avant-première du film: « Un monde plus grand » en présence de la réalisatrice (https://www.fiff.be/sites/default/files/presse/unmondeplusgrand_dp.pdf ). C'est la suite de l'initiation au chamanisme d'une musicologue qu'elle relate dans « Journal d'une apprentie chamane ». Cette fois, elle va nous amener dans un monde de lacs, de mélèzes et de ciel aux mots de dragons, le pays des Tsaatans près du lac Khövsgöl à la frontière entre la Mongolie et la Sibérie.

« Naraa m'explique que, dans la tradition mongole, l'âme entre dans le foetus par l'annulaire. Étant donné qu'il faut toujours nourrir son âme avant de nourrir son vente on doit tremper son annulaire dans la boisson avant d'y tremper sa bouche. Avec ce même annulaire on doit faire une offrande au ciel, une au vent et une à la terre. »
« Et puis on ne dit pas « yourte ». Yourte c'est le nom russe. En mongol, on dit ger ( prononcer « guer ») »
« De loin, le tipi ressemble à la jupe d'un derviche tourneur à chevelure de fumée. »
Il faut savoir que l'interprète dans le film est la même qu'a eu Corine: « Naraa » . À l'inverse, le seul acteur mongol du film est la chamane qui n'est par conséquent pas la vraie Enkhetuya. Globalement, le livre est beaucoup moins lice que le film. On peut le dire, il a un coté culturellement incorrect (l'auteur nous montrera les travers de la civilisation mongole moderne, on le voit bien avec Sainaa par exemple ou même avec ces mégots jetés dans l'herbe et pas le feu sacré) tout en parlant de chaleur humaine et en présentant bien plus d'infos ethnographiques que le film évidemment. Ainsi vous saurez qu'après le rap mongol (présent dans le film), les mongoliens n'hésitent pas à passer les Spice Girls ! le film ne parle pas aussi du froid pourtant bien présent dans le livre ou de l'anthropologue Laetitia Merli. Comme le précédent livre, ce livre parle avant tout d'échanges et de ressentir l'invisible, le tout avec des touches d'humour (ah ces groupies braillantes). Comme Laetitia, on en vient à se demander si le chamanisme ne pourrait pas aussi avoir sa place en milieu urbain et cela pousse à vouloir lire la suite « Les tribulations d'une chamane à Paris » (garder l'acquis collectif).
« C ‘est finalement comme en Amazonie. Où Francisco disait que sept plantes et sept esprits étaient autour de moi et qu'au lieu de sauter dans tous les sens je ferais mieux d'utiliser cette énergie à les percevoir. Il faut croire que je n'ai pas évolué depuis là-bas. »
« Savoir c'est prendre le risque d'aller voir. C'est interdire le doute à la raison. »
On sent que l'auteure observe bien comme la terre s'imbibe de l'eau. le passage sur l'importance de la « mise en acte » pour l'aspect psychologique des rituels prouve comme elle ne se déconnecte pas totalement de son mental. On se demande si elle va arriver à concentrer cette énergie qui la fait voler et, en effet, l'auteure va découvrir son totem loup, cette louve chasseuse, chercheuse qui se nourrit de ce qu'elle découvre. C'est l'incomplétude de Corine qui la fait grandir vers l'invisible. Au final, on peut dire qu'il y là une forme de grâce et que la résine de la grâce s'appelle la confiance, la foi.
« Ils décrivaient le foyer de percussions comme étant la porte de l'autre monde, la porte du monde des sensations. »
« Que tout est en tout. Et qu'il suffit de découvrir son tout pour se connecter à tous les autres. »
« Elle se demande en effet si quelqu'un comme moi, qui n'ai aucune culture ou éducation mongole, peut, lors des transes, avoir les mêmes comportements qu'un chaman mongol. Autrement dit, si le chamanisme est l'expression d'un phénomène cognitif propre à l'espèce humaine, auquel le chamane quels que soient son cadre de références culturel, son éducation, ses croyances, aurait accès pendant les transes, ou un phénomène culturel, propre à une tradition… »
« Est-ce qu'on peut développer cette « perceptivité » comme on développe sa mémoire ? »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
OSOLEMIO
  01 janvier 2020
Corine Sombrun, après une expérience chamanique en Amazonie et, surtout après le décès de son compagnon décide de partir en Mongolie à la recherche de son " aimé " disparu et de son "moi " profond !
Elle est adoptée par la famille d'Enkhetuya : une chamane qui va l'initier à son "art" car elle a deviné que cette occidentale avait un don !
Corine Sombrun nous fait partager ses aventures, la vie des Tsaatans qui sont simples, accueillants, généreux mais aussi la rudesse du climat d'altitude, les transhumances, les paysages purs, sauvages avec les yacks, les rennes et même les corvées pour vivre ( survivre ) !
Corine Sombrun avec un grand tambour en peau, une guimbarde, des grelots et un bâton va être initiée avec la chamane à vivre des transes et à dominer ses peurs....à devenir une "psychonaute" !
Au chamanisme culturel mongol s'ajoute le chamanisme cognitif qui va intéresser Corine Sombrun dans le but de partager et pratiquer ses acquis dès son retour en France et, surtout se servir de cet état de semi conscience pour faire évoluer le traitement des thérapies cognitives.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          122
Apoapo
  24 mars 2020
J'ai pris connaissance du travail de Corine Sombrun d'incitation de la recherche médicale à se pencher sur la transe chamanique, grâce à sa propre expérience d'initiation chamanique, suite à la très bonne adaptation cinématographique de cet ouvrage par Fabienne Berthaud : « Un monde plus grand ».
Dans la lecture, après un temps d'adaptation plutôt court à un style très particulier, fait de phrases extrêmement courtes, de descriptions apparemment d'une grande simplicité, j'ai apprécié d'abord le rythme de la narration qui « fonctionne », qui, tel un tableau impressionniste, prend sa cohérence dans le pointillé de ses touches de couleur, pourvu qu'on recule d'un pas.
La forme du journal intime qui conserve l'économie de mots des notes prises sur le moment, avec un intitulé de chaque entrée journalière par un « Extérieur » et un « Intérieur (de moi) », l'adresse à ce « tu » qui, on le comprend vite même sans avoir vu le film, se réfère au conjoint décédé, confèrent à la narration la progressivité de la prise de conscience de l'auteure de sa démarche initiatique, qui est vécue sans exotisme, sans aucun esprit « new age », mais à l'inverse avec tout le poids d'une lourde responsabilité qui comporte aussi un danger de mort très réel. Les multiples descriptions des cérémonies de transe sont magistrales, et elles aussi, dans leur diversité, entraînent le lecteur tout comme l'apprentie chamane dans une compréhension graduellement accrue des enjeux de son initiation. Entre ces cérémonies, les pas sur le quotidien de l'héroïne, dans la rudesse du milieu naturel et parmi les membres de la famille de la chamane qui prend la charge de lui transmettre son savoir, sur une période de trois ans, dont nous ne lisons que les deux premiers, montrent, sans la condescendance ni l'esprit d'aventure que l'on pourrait redouter chez un écrivain-voyageur, une étonnante capacité d'adaptation tout en gardant sa personnalité et une tout aussi remarquable capacité de communication sans connaître la langue – contrairement à ce que montre e film – même avant que n'apparaisse le personnage de Laetitia, la chercheuse française spécialiste du chamanisme mongole, qui traduit mais se tient en retrait, en posture d'observation scientifique non participative.
Enfin, la postface datée du « 28 juin 2019, 18 ans plus tard... », outre que pour mentionner avec une certaine désolation les ravages que le développement du « tourisme chamanique » a provoqués sur les personnes et les paysages dans ce laps de temps, est très intéressante dans la mesure où l'auteure explique sa démarche de sensibilisation scientifique après son initiation, et surtout les perspectives thérapeutiques de la transe en psychiatrie et en neurologie. Ce texte décentre encore plus le propos de l'égotisme que l'on pourrait craindre, et éclaire l'ensemble de l'ouvrage d'une lumière propre à « un monde plus grand ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
SophieLesBasBleus
  05 décembre 2018
J'ai retrouvé avec un immense plaisir l'écriture de Corine Sombrun et la manière inimitable dont elle raconte ses aventures d'apprentie chamane. Guidée par un rêve, là voilà arrivée en Mongolie, dans la famille d'Enkhetuya. C'est la découverte d'une autre façon de vivre, âpre et joyeuse, en intimité avec la nature. Dès que le tambour chamanique résonne, les visions affluent et la narratrice, incrédule, apprend qu'elle possède des dons de chamane, qu'il lui faut exploiter, mais, avant tout, maîtriser. Enkhetuya sera son guide lors de ces transes provoquées par le son du tambour et de la guimbarde. Avec elle, Corine apprend à reconnaître les esprits et à communiquer avec eux. Ces états de conscience modifiée l'emmènent dans des voyages qui la relient aux forces naturelles et dans lesquels elle cherche éperdument à retrouver l'être aimé. Cette quête du sens d'une mort prématurée, ce désir vertigineux d'atteindre la personne disparue, prend, sous la plume de l'auteure, une dimension quasi mythologique et atteint ainsi une force d'émotion saisissante.
Gorgée de vie, de sensations, de couleurs et d'étonnements, l'écriture nous baigne dans le quotidien de cette famille aussi bien que dans l'étrangeté de l'expérience chamanique. Sans occulter ses doutes, ses questions, ni son scepticisme, l'auteure décrit son apprentissage avec une honnêteté sans faille. Ni prosélyte, ni dogmatique, ni didactique, le récit explore tous les aspects de cette expérience extraordinaire et laisse toute la place aux interrogations qui ne manquent pas de surgir. L'émotion jaillit à chaque page à travers des rencontres et des situations surprenantes qui, toutes, semblent prendre sens et définir des trajectoires qu'il appartient à chacun de suivre ou pas.
Un voyage et un récit pétris d'humanité et de toutes les énigmes qu'elle recèle encore.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
ArlieRose
  16 mars 2020
Ceci est le récit de l'expérience d'une Française devenue chamane en Mongolie.
Pour ma part je n'ai pas adhéré à sa quête, ni à la manière dont le sujet a été traité, ni au style.
Mais j'ai aimé les descriptions des traditions mongoles.
Complètement passée à côté. Mais ce n'est que mon avis...
Commenter  J’apprécie          70

Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Horizon_du_plombHorizon_du_plomb   31 octobre 2019
Ma guimbarde accrochée au sourire, je passe l’hiver dans les courants d’air, à la recherche de la vibration à laquelle tu dois répondre. Le langage des esprits semble infini…
Plus je réfléchis et plus je me dis que tout ça n’est sans doute que le résultat d’une incroyable histoire d’amour. C’est la force de vouloir te retrouver, de vouloir garder le contact avec toi, avec ton énergie, que j’ai dû développer cette sorte de « réceptivité ».
Les chamanes disent que je suis chamane. Moi je dis que je t’aime. Et que je suis prête à développer tous les dons possibles pour arriver à te retrouver. Ta mort ne sera pas inutile. Pour toi, je dois passer derrière la porte du son. Je dois apprendre à utiliser la transe comme un outil qui va me permettre de devenir une sorte d’ « astronaute » de la psyché, une psychonaute. Dont le but sera de découvrir les possibilités du cerveau humain, les rives inconnues du dernier continent qu’il reste à explorer…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
rojomaxrojomax   23 décembre 2019
Tout ce que je sait, c'est qu'il faut attendre. Que ce soit le moment C'est ça le pire. Attendre. Je vais réfléchir. Non. Pas réfléchir. Surtout pas. Les réponses de la vie ne s'apprenne pas. Elles s'imposent. Comme celles de la mort. La questionner c'est s'inquiéter d'autre chose que de l'instant. C'est être en dehors de la vie. Et c'est perdre sont temps puisque la réponse arrive forcément.
Commenter  J’apprécie          40
florinetteflorinette   07 avril 2013
J'ai quand même décidé de suivre le signe que j'avais reçu lors de ce rêve fait en Amazonie, ce rêve dans lequel un jeune homme me demandait d'écouter et de reproduire un chant diphonique. Le chant diphonique se pratique en Mongolie et chez les Touvas, une population de Sibérie. Pas en Amazonie. C'est un chant sacré, qui consiste en l'émission simultanée de deux sons. Je m'étais alors posé la question. Pourquoi avoir rêvé de cette technique mongole lors d'une initiation en Amazonie ? Était-ce un signe? Une piste à suivre ? J'ai tenté. J'ai décidé. De rencontrer des chamanes mongols et, sans espérer devenir leur apprentie, d'au moins enregistrer les cérémonies pour la BBC. Il fallait que je voie, que je sache, si c'était vraiment un signe ou si je devenais folle. De toute façon depuis ta mort je n'ai plus rien à perdre, je me fous des conséquences. Voilà.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
OSOLEMIOOSOLEMIO   01 janvier 2020
Je n'aurai jamais pensé lors de ces premiers voyages en Mongolie que " devenir ce que je suis" me conduirait à ces découvertes.
Commenter  J’apprécie          90
ApoapoApoapo   24 mars 2020
« 12 septembre
Je me réveille dans la nuit. J'ai peur. Une peur sourde. Profonde. Du souvenir d'une dimension dans laquelle je suis allée pendant mon sommeil. Une dimension que je ne connaissais pas et dans laquelle j'étais connectée à l'angoisse du monde. À la peur animale. Une sensation que je ressens pour la première fois. Comme si la transe avait ouvert une porte, dont j'aurais retrouvé le chemin pendant mon sommeil. Tout le monde dort. Et ronfle. » (p. 68)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Corine Sombrun (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Corine Sombrun
Bande-annonce de l'adaptation cinématographique de : "Mon initiation chez les chamanes : Une Parisienne en Mongolie"
>Religion>Religions : généralités>Philosophie et théorie du christianisme (52)
autres livres classés : mongolieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
978 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre

.. ..