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Marianne Millon (Traducteur)
ISBN : 2742784926
Éditeur : Actes Sud (30/11/-1)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 118 notes)
Résumé :
Puissant, immense, tout de verre et d'acier, le Grand Train de 7 h 45 vient de s'ébranler à destination de Hambourg, quand, à Son bord, le modeste employé Daniel Kean distingue une flaque rouge Sang aux pieds d'un passager. Pour déjouer l'attentat imminent, le jeune homme amorce le dialogue avec le kamikaze agonisant qui lui Susurre quelques mots à l'oreille. Le voilà dépositaire malgré lui d'un effroyable secret : l'emplacement de la "Clé" qui pourrait détruire Die... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Darkcook
  01 mars 2018
Me voici réconcilié avec Somoza, grâce à un de ses romans qui pourtant divise le plus, et je comprends qu'il y ait de quoi! C'est à mes yeux un de ses plus difficiles, dans un de ses délires les plus radicaux et personnels, et qui est loin d'être sans tache et gros défauts. Il y a véritablement une scission dans son oeuvre, avec au centre La Théorie des cordes, et j'ai l'impression, partagée par beaucoup, que ses premiers romans resteront ses meilleurs. Pour autant, j'ai totalement adhéré à l'idée derrière La Clé de l'abîme.
Cela commence comme un thriller sur la religion, et véritablement addictif. Dans un train, en Allemagne, Daniel Keane, modeste employé, est pris en otage par un terroriste kamikaze qui dit connaître "la clé pour détruire Dieu" et vouloir la lui léguer. le suspense est effréné, à l'image de ce train défilant au milieu d'une Allemagne ravagée par l'apocalypse. Des citations de la Bible émaillent le roman à chaque chapitre, et on se rend vite compte qu'il y a quelque chose qui cloche, que ce n'est pas véritablement de la Bible chrétienne que l'on parle, surtout quand il est fait allusion aux morts à absolument disposer de façon verticale et à incinérer car enterrés, ils pourraient revivre sous terre... (j'ai adoré cette idée)
Daniel Keane s'embarque donc dans une aventure folle, accompagné de personnages assez typiques de Somoza, avec une seule facette, mais peu importe... le savant Darby, la super-combattante aveugle Maya Müller étant bien sûr les plus mémorables.
Peu à peu donc, on réalise que, sur cette Terre post-apocalyptique, c'est l'oeuvre d'H.P. Lovecraft qui est considérée comme la Bible, et que croyants de divers bords et non-croyants se déchirent au sujet de cette mystérieuse Clé de l'abîme qui pourrait anéantir Dieu, évidemment plusieurs fois imaginé comme un monstre marin... le roman voyage beaucoup, et malheureusement, passé les premières scènes au Japon, c'est la dégringolade par rapport au début, et aux attentes qu'il avait suscitées (tout comme la 4e de couverture ultra-vendeuse, comme souvent pour cet auteur). Les moments dans la Zone Enfouie ou en Nouvelle-Zélande ne sont vraiment pas à la hauteur de ce qu'on attend, et sont laborieux, pas très inspirés... On comprend certes à la fin le pourquoi du déroulé si loufoque des événements, mais reste que le roman est grandement racheté par son début à toute berzingue, et sa fin qui livre les clés (c'est le cas de le dire) de sa chouette réflexion théologique et de son hommage poussé à Lovecraft. Mais entre les deux, on s'ennuie...
C'est un roman de Somoza avant tout. Vous aurez des scènes débiles assez hallucinantes avec une obsession du corps, d'une bisexualité et d'une sexualité permanente mais étrange (car les humains de ce futur sont pour la plupart des "êtres de conception", génétiquement crées, sorte d'eugénisme asexué ou androgyne, et les femmes ne peuvent plus enfanter). Somoza n'a de cesse de répéter encore et encore les descriptions vestimentaires bariolées de tel ou tel sbire rencontré, dans un tic assez infernal. Dans Clara et la Pénombre, sur des humains tableaux, évidemment que c'est vital. Dans L'Appât, avec ses acteurs permanents qui pensent leurs poses, OK. Mais là, c'est vraiment ridicule... Idem pour les tortures sado-masos de ce malheureux Daniel Keane...
Le roman a l'air mauvais au vu de ce dernier paragraphe, mais le voyage vaut le détour grâce à la fin. Somoza offre, grâce à ce futur égaré dans la foi absolue en un auteur d'horreur, un beau développement par l'absurde sur les conséquences des croyances extrêmes en des textes sanctifiés, pourtant écrits par un esprit tiers. Les moments consacrés à la Vérité, entité obscure du roman, parcourus de phrases à double sens du genre "La Vérité est impossible à trouver", font partie de ses plus belles réussites. Structurer un roman entier à partir de 14 textes de Lovecraft était également un beau challenge! Dommage que tout ne se vaille pas dedans, mais ça reste pour moi un grand souvenir de lecture, et grâce à la révélation finale, un livre que je n'ai cessé de retourner dans ma tête durant deux jours après l'avoir terminé! Ça faisait bien longtemps que cela ne m'était pas arrivé! En résumé, ne surtout pas commencer par celui-là pour aborder Somoza, et être patient avec ses défauts et ses moments moins réussis. Je viens d'entamer Stanislas Lem, et c'est tout de même bien mieux écrit et traduit par contre, avec une redoutable simplicité et efficacité...
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AMR
  25 avril 2017
José Carlos Somoza est considéré comme un des auteurs qui a renouvelé le polar en espagnol, avec des romans qui tendent à faire disparaître les barrières entre les genres. Ainsi ses livres, construits sur des trames policières, touchent également au fantastique, à la terreur ou encore à l'anticipation. C'est le cas avec La Clé de l'abîme qui nous entraine sans protocole futuriste avéré dans une société proche de la notre et dans un univers référentiel qui nous rappelle nos propres problématiques : terrorisme, procréation, religion, fanatisme… Mais cela se complique au fil de la lecture de ce thriller.
Dans ce roman, la clé de lecture est constituée par l'oeuvre de Lovecraft dont Somoza est un fervent admirateur. Cependant l'écrivain américain n'est jamais clairement cité et les références à son univers n'apparaissent en filigrane que pour les initiés ; une note de l'auteur à la fin du roman précise d'ailleurs que La Clé de l'abîme peut « être lu et apprécié par ceux qui n'ont jamais approché Lovecraft ».
Somoza recrée un texte biblique fondateur et revisite les origines d'une humanité post-fin du monde ; le monde tel que nous le connaissons a subi une ère de cataclysmes et a dû se reconstruire. La « Sainte Bible de l'Amour et de l'Art » (Holy Bible of Love Craft) comporte quatorze chapitres, sous forme de fables ou de paraboles, et il y a des croyants différents pour chaque chapitre ; le roman suit cette division et entraine les lecteurs dans une quête au départ d'une Allemagne relativement proche du monde que nous connaissons même si les humains y sont pour la plupart conçus artificiellement. Les êtres de conception sont beaux, résistants, androgynes…
La seconde partie se déroule au Japon, mais ce pays est partiellement enfoui sous les eaux, sous une immense cloche de verre protectrice ; les personnages deviennent plus énigmatiques tant dans leurs postures que dans leurs façons de s'habiller et de se dévêtir. Il y a sans doute une symbolique particulière à déchiffrer tant dans les chorégraphies que dans les descriptions détaillées des vêtements mais elle est complexe et peu évidente.
La montée en puissance s'accentue encore dans la troisième partie du roman, en Nouvelle-Zélande, « hors de toute protection et de tout contrôle ». Personnellement, j'ai été subjuguée par le personnage de la Vérité, omnisciente, « fanatique de la croyance » qui se met toujours au service du plus offrant.
La Clé de l'abîme n'est pas un roman facile à lire, loin de là et je ne conseillerais pas d'aborder l'oeuvre de Somoza par ce titre. En effet, il faut être un peu familiarisé avec son univers pour accepter l'effort que demande cette lecture. Ce n'est pas mon préféré de cet auteur car j'ai dû me faire un peu violence pour en venir à bout… mais, paradoxalement, je ne regrette pas cette lecture laborieuse pour la manière de traiter la peur omniprésente, d'analyser le fonctionnement des croyances, de revisiter le mythe de création du monde et de prendre le contre-pied de la recherche de Dieu puisque celui qui trouve la clé devrait pouvoir le détruire…
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Malaura
  28 avril 2011
Plusieurs millénaires et une série de cataclysmes ont changé la face de la Terre. Les hommes sont des êtres de conception et l'humanité tout entière s'adonne à une religion universelle "la Sainte Bible Amour et Artisanat". En déjouant les plans d'un kamikaze dans le Grand Train où il travaille, Daniel Kean se retrouve dépositaire d'un secret qui pourrait remettre en cause la croyance ancestrale. Aux prises avec de fervents croyants prêts à tout pour lui arracher "la clé de l'abîme", Daniel est entraîné dans la pire des aventures.
Avec cet ouvrage, Somoza est loin d'atteindre les sommets auxquels il nous avait habitué. Si ce n'est par les thèmes abordés et l'univers fantaisiste, on a même du mal à reconnaître l'auteur génial de "La caverne des idées".Prenant le pari du roman de science-fiction et malgré un sujet très prometteur (l'hommage rendu à un grand maître de la terreur dont nous tairons le nom) l'auteur ne nous offre malheureusement pas plus qu'un roman d'aventures futuriste, entre manga et jeu vidéo. Décevant !
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Latetedansleslivres
  23 décembre 2016
José Carlos Somoza a un univers indéfinissable, propre à lui et qui brouille les pistes des genres. Autant être honnête, ce n'est pas forcément une lecture très accessible et je ne la recommanderais pas à tout le monde. Mais si vous arrivez à rentrer dans le roman, vous ne pourrez être qu'emporté par cette imagination débordante.
Mais de quoi parle vraiment ce roman? On se retrouve dans un univers très particulier car au départ, cet univers semble ressembler au nôtre. Puis on se rend compte de quelques différences puis enfin on se rend compte que c'est un monde complètement à part, dans lequel les hommes ne naissent pas naturellement et surtout dans lequel la plupart des personnes sont profondément croyantes. Elles croient en une Bible qui a quatorze chapitres et chaque adepte a ses propres pratiques et croyances. Ce livre traite beaucoup de religion, mais on est loin des religions que nous connaissons. Pendant tout le roman, je me suis demandée si je loupais une référence sur cette Bible et je suis ravie d'avoir eu ma réponse tout à la fin.
Ce roman est vraiment dense et riche. Je me suis pas ennuyée une seule seconde et pourtant, je suis consciente qu'il n'est pas facile d'accès et qu'il ne plairait pas à tous les publics. On se retrouve dans ce monde futuriste et en même temps surnaturel dans lequel on poursuit la clé de l'abîme alors qu'on ne sait absolument pas ce que c'est. C'est une course-poursuite contre la montre car deux parties s'affrontent et certains sont prêts à tout pour s'en emparer ce qui implique de tuer. On a donc tous ces éléments qui se mélangent, tout un monde unique à appréhender… Mais j'ai été complètement happée et charmée, je ne pouvais pas lâcher le livre et je voulais vraiment savoir ce qui allait se passer.
Je n'ai absolument pas été déçue par la fin même si je l'ai trouvé moins sombre que l'ensemble du roman qui n'est vraiment pas rose dans l'ensemble.
Vous l'aurez compris, j'ai passé un excellent moment et au-delà de ce roman, c'est la plume de l'auteur que je vous invite à découvrir car il ne cesse de me surprendre et chacun de ses romans est vraiment une belle surprise. Je ne recommanderais pas ce roman à tout le monde mais plutôt aux fans de romans fantastiques, sombres et mystiques.
Lien : https://latetedansleslivres...
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Sara2a
  18 novembre 2012
Jusqu'à présent j'ai toujours eu des coups de coeur avec les romans de José Carlos Somoza, j'aime la façon qu'il a de relier la littérature à la réalité, ces intrigues sont toujours originales, passionnantes, dérangeantes parfois.
Avec la clé de l'abime le coup de coeur n'a pas eu lieu.
Le récit débute pourtant bien : Daniel Kean, un employé banal se voit forcé de joueur les négociateurs avec un Kamikaze agonisant qui avant de rendre son dernier souffle lui révèle un lourd secret : l'endroit où se trouve la clé de l'abime, une clé capable de détruire Dieu.
Le héro va alors s'engager dans une incroyable quête où il devra affronter des créatures dangereuses et perturbantes.
L'effet de style de Somoza est déroutant, l'intrigue débute comme un thriller, vacille un instant dans la science fiction pour sombrer dans le fantastique.
J'ai trouvé que Somoza a un peu délaissé ses personnages qui en sont devenus assez caricaturaux. Il s'est focalisé sur le cadre, le temps et l'architecture du roman.
Somoza nous embarque souvent dans des époques qui flirtent avec la science-fiction mais le lien avec notre réalité est souvent tangible, dans « la clé de l'abime » les vannes de l'imaginaire de l'auteur ont été ouvertes. Somoza crée un monde qui a péniblement survécu à une chute de météorite apocalyptique. Les hommes biologiques côtoient des êtres de conceptions (des hommes fabriqués à partir de cellules génétiques qui peuvent être choisies ou transmises par leur parents) ; hommes biologiques et hommes de conceptions vivent dans la peur, une peur inspirée par leur religion complexe basée sur « la bible de l'amour artisanat ».
Le dépaysement est là certes, l'hommage à Lovecraft omniprésent mais je n'ai pas passé le moment que j'attendais avec ce titre. Même je l'ai lu jusqu'au bout parce que c'est terriblement bien écrit, parce que Somoza parvient à interpeller, à poser des questions qui dérangent : Comment créer une religion ? Sur de vieux écrits anonymes ? Ecrits dans quel but ? Par qui ? Les croyances engendrent-elles toujours le même aveuglement, la même soumission, les mêmes crimes ?
La révélation finale m'a fait sourire, elle surprendra ceux qui ne connaissent pas l'univers de Lovecraft.
Ce petit texte est placé en début du roman :
Nous savons que la Bible prétend être la parole de Dieu, tandis que Les Milles et une nuits sont un recueil de contes fantastiques. le rabat, c'est ça : ce que nous savons, ou non croyons savoir, sur ces livres. Maintenant imaginez que la Bible et Les mille et une nuits aient échangé leurs rabats, il y a des millénaires : les aventures de Yahvé constitueraient un délice pour les petits enfants, pendant que de nombreux dévots…auraient été torturés pour avoir nié l'existence de Schéhérazade.
Fragment d'un texte biblique d'origine inconnue
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
AMRAMR   25 avril 2017
Je suis juste bizarre, dit Darby, très sérieux. Comme tu peux le voir, je collectionne et je lis beaucoup de livres. Tous ceux qui lisent sont bizarres : cela vient du fait que lire nous aide à savoir, et, comme l’ignorance abonde, les rares personnes qui savent sont de plus en plus bizarres. – Il sourit – Cependant, grâce à ce savoir, je suis en mesure de t’assurer que les croyants font des choses qui pour nous, les non-croyants, ressemblent à des miracles…

[…]

Croire consistait surtout à croire, sans retenue, sans hésitation. Et en une seule chose. « Si tu crois, ne serait-ce qu’un peu, en la possibilité inverse, tu n’arriveras à rien », se rappela-t-elle que lui disait un de ses maîtres. « Tu dois croire comme s’il n’existait que ce en quoi tu crois ».

[…]

Au Huitième Chapitre, qui contient une grande sagesse mathématique, on affirme que les angles d’un plafond sont aussi une porte qui permet le passage vers d’autres réalités. Tu peux insister autant que tu voudras sur le fait qu’il ne s’agit que d’un plafond à la forme spéciale et non d’une porte, mais tout ce que tu gagnes à conserver ce point de vue est que la porte ne s’ouvrira jamais pour toi, tu comprends ?

[…]

Tu sais que la Bible permet de déduire que la folie est une conséquence directe de la sagesse. Les fous ont contemplé plus de choses que les gens sensés, et possèdent en quelque sorte une vision plus large, prismatique, comme les facettes de cette pierre appelée pierre Trapézoïdale qui, au Neuvième Chapitre, provoque les rêves du protagoniste et éveille l’être qui gît dans les ténèbres. C’est la raison pour laquelle ils doivent vivre reclus, car ce sont des ponts entre l’obscurité et la lumière.

[…]

La Vérité sait tout.
Il n’est pas difficile de tout savoir : cela consiste à ne pas se soucier de ce que l’on ignore.
Ce que la Vérité ignore ne fait pas partie de la Vérité et, par définition, n’est pas important. C’est du moins ce qu’elle croit. Et ce que La Vérité croit est toujours vrai. La Vérité croit au fait de croire. C’est une fanatique de la croyance.
[…]
Bien que le fait d’être La Vérité l’oblige à vivre seule, la solitude ne la dérange pas.
Elle ne s’ennuie jamais. Elle peut s’imaginer être n’importe quoi, voire plusieurs choses à la fois. […] La vie peut être très amusante si l’on ne dépend que de ce que l’on croit.
La Vérité vit de ce qu’elle demande pour son travail. Elle demande beaucoup et elle est immensément riche. Personne ne discute son prix, car il n’y a rien de mieux que d’obtenir que La Vérité travaille pour vous, si vous pouvez vous le permettre. Si vous possédez de l’or, vous possédez La Vérité. Et si vous possédez La Vérité, rien ne pourra vous arrêter.
[…]
Le Maître se montre optimiste, bien que La Vérité sache qu’il ment. Et il se produit pour ainsi dire le curieux paradoxe selon lequel le Maître dissimule sa peur par de petits mensonges.
La Vérité aime les mensonges.
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fbalestasfbalestas   07 juillet 2018
L'horreur, telle une main invisible, sembla le pousser. Il recula et la plante de ses pieds fit ployer le bois. il tomba dans une pluie d'échardes.
Il sentit que le sol contre lequel il se cognait ne l'arrêtait pas, qu'il continuait à descendre dans un interminable abîme d'obscurité ...
Quelqu'un l'appelait depuis cet abîme. Un visage se pencha sur lui.
- Calme-toi, dit Darbyn et il répéta : Calme-toi, Daniel.
Mais il n'était pas nerveux. Il voulait juste bouger. Il regarda autour de lui. Il était allongé sur un fauteuil transformé en divan. La pièce était minuscule - Darby se recroquevilla pour pouvoir s'asseoir à côté de lui - dépourvue de fenêtres, éclairée par des panneaux bleus. Il remarqua un doux balancement.
- Où suis-je ?
- Dans notre véhicule, de retour de Tokyo, dit Darby en remuant son crâne chauve tout en se massant la barbe.
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LeRouquinBouquineLeRouquinBouquine   25 février 2014
Klaus avait posé les conditions : le train devait continuer à rouler, sans s’arrêter dans les gares ; ils resteraient là tous les deux et personne ne s’approcherait ni ne les interromprait ; il avait quelque chose à dire à Daniel et lui seul pouvait l’entendre. Du moins Klaus avait-il accepté que les passagers quittent ce niveau et les laissent seuls.
Et c’était ce qu’ils avaient fait, en rang, derrière la subalterne, sans cris ni évanouissements, ni même de démonstrations de panique intense. Épaules tombantes, tête baissée, tous acceptaient ce qui pouvait arriver. Daniel comprit qu’ils étaient résignés par l’habitude. C’était le monde, pas eux. Il était illogique que des fous commettent des actes tels que tuer d’autres personnes sans explication, songeait-il. Qui pouvait en être surpris ? Ce genre de choses arrivait aujourd’hui ou demain, aux uns ou aux autres, et cette sorte de mort n’était sans doute pas le pire des destins. Le véritable, unique sens de la vie était la peur. La peur constituait le monde : peur de mourir, de devenir fou, d’être attaqué ou d’être poussé à attaquer, ou à des agissements encore bien pires. Le gouvernement était un gouvernement car il protégeait les citoyens autant que possible, mais cet « autant que possible » incluait quelques variables et en excluait d’autres. C’était là la vie normale, alors, pourquoi ne pas l’accepter ?
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josteinjostein   28 août 2010
Les historiens affirment qu'en des temps très lointains, il y avait des poètes qui écrivaient des mensonges pour le plaisir des lecteurs...

Si tu as une illusion, tu dois essayer de la faire durer jusqu'à ta mort, car ce sera pour toi une forme de vérité. J'ai cette illusion, et je veux qu'elle dure jusqu'à ma mort.
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strummerstrummer   30 octobre 2012
- Tu as un tempérament juvénile et irréfléchi, Daniel Keane.
- C'est votre façon de dire "non croyant" ? lui assena Daniel avec rage.
- C'est ma façon de dire "stupide".
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