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Marianne Millon (Traducteur)
ISBN : 2742744630
Éditeur : Actes Sud (09/09/2003)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 240 notes)
Résumé :
Un éphèbe est retrouvé mort dans les rues d'Athènes. Son ancien mentor à l'Académie sollicite les services d'un fin limier : Héraclès Pontor, le Déchiffreur d’Énigmes. Le philosophe platonicien et cet Hercule Poirot à l'antique s'emploient avec passion à trouver la Vérité et, accessoirement, le coupable. Car la joute philosophique se superpose à l'investigation policière, tandis que les crimes s'enchaînent.

L'histoire de ces crimes est aussi l'histoir... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
Zebra
  25 octobre 2013
José Carlos Somoza est né à La Havane en 1959. Il est psychiatre. « La Caverna de las ideas » (en français, La Caverne des Idées) est édité en espagnol chez Alfaguara, Madrid. Traduit en français par Marianne Million, le livre est publié chez Actes Sud (en 2002).
L'histoire paraît simple : Vous êtes en pleine Grèce antique. Tramaque, étudiant à l'Académie, est retrouvé mort, déchiqueté par les loups alors qu'il était parti la veille au soir chasser dans les collines jouxtant Athènes. Diagoras, son mentor, pense à un assassinat et confie l'enquête à Héraclès Pontor, le Déchiffreur d'Énigmes. Héraclès note alors plusieurs points troublants : Tramaque ne figure pas sur les registres de sortie de la ville (donc, il n'a pas pu être déchiqueté par les loups) ; Tramaque fréquentait Yasintra, une prostituée, et il se rendait souvent avec Antise et Eunio, étudiants comme lui, dans une « école de nuit un peu particulière », un lieu où ils rencontraient Ménechme, sculpteur, amateur d'orgies et de jeunes modèles masculins. Héraclès se demande si Tramaque n'a pas été tué par quelqu'un qui fréquentait cette « école de nuit » et qui aurait maquillé son crime : Héraclès livre ses doutes au lecteur, en pied de page. Mais les choses se compliquent : d'abord, parce que les notes du traducteur (Marianne Million ?) sont de l'auteur (José Carlos Somoza ?) ; ensuite, parce que cette histoire est elle-même tirée d'un papyrus écrit en grec ancien, papyrus qui a été traduit (mais qui en a assuré la traduction ?) ; et puis parce que le texte original contient apparemment un message secret dont il faut deviner la clef, alors même que, par son propre travail de traduction, le traducteur –en quelque sorte également auteur- influe sur le sens de l'histoire tel que perçu par le lecteur ; et puis, parce que le traducteur –qui n'est pas certain d'avoir fait les bonnes hypothèses- se confie à son amie Helena et note ses précieux conseils afin que l'assassin soit démasqué … car le traducteur se « prend » (mais oui !) pour le Déchiffreur d'Énigmes ; enfin, parce que celui-ci découvre que l'auteur du papyrus -un certain Montalo- a donné un titre à son papyrus, le titre de « La Caverne des Idées » (ça ne vous rappelle pas le titre de l'ouvrage que vous avez entre les mains ?) ; si on y ajoute le fait que le traducteur (de qui s'agit-il ?) devient un personnage du livre, qu'il est tellement obsédé par son travail qu'il en fait des cauchemars, qu'il se prend parfois pour les personnages de l'histoire qu'il traduit, qu'il découvre que Montalo aurait été retrouvé mort, le corps déchiqueté par les loups (tiens, comme Tramaque !?), qu'il y a douze chapitres comme il y avait les douze travaux d'Hercule (tiens, notre Déchiffreur d'Énigmes s'appelle aussi Hercule !?) et que son propre père avait écrit un poème dans lequel le lecteur devrait trouver une partie de la clef de l'énigme, etc. Bref, le lecteur finit par se demander qui est qui, s'il est dans le rêve ou dans la réalité, dans la Grèce antique ou en train de lire un livre en plein 21ème siècle, si l'histoire ne cache pas plusieurs histoires et si l'enquête qu'il mène (comme Héraclès) ne cache pas d'autres enquêtes ! Je ne vous dirai rien. Je m'en tiendrai à l'instruction donnée en page 130 : « Lecteur, ne dévoile pas le secret que contiennent ces pages » !
Quel était l'intention de José Carlos Somoza ? Nous démontrer que lire un texte, c'est le lire au travers de son propre parcours, de sa personnalité et de ses représentations ? Que c'est accepter le risque de se heurter à un message caché qu'il faut s'efforcer de comprendre ? Que c'est naviguer dans une galerie de miroirs, de reflets et de trompe-l'oeil, au risque de confondre alors la réalité et sa perception (une fiction ?), les mots et ce qu'ils évoquent (les images) ? Que c'est prendre le risque de perdre le sens commun (la raison) et de sombrer dans la folie (souvenez-vous que l'auteur est psychiatre !) ? Qu'un texte n'a pas toujours de clef ? C'est possible, et ça expliquerait le conseil qu'il donne au lecteur en dernière page : « Cessez de chercher des idées cachées, des clés de l'énigme ou des sens ultimes ! Cessez de lire et vivez ! Sortez du texte ! ».
J'ai apprécié ce polar antique pour son côté incroyable, original et addictif. le scenario est très léché et envoutant. Les personnages (au caractère bien trempé) sont attachants. Il y a de fréquentes pointes d'humour. Athènes est « plus vraie que nature ». L'écriture est simple et fluide. L'érudition est présente, mais sans excès. Toutefois, l'ouvrage est atypique, déstabilisant et parfois gore. Mon conseil : lisez-le, sauf si vous n'aimez pas la mythologie grecque, si vous avez peu de goût pour les polars, si vous détestez la complexité et si vous vous refusez à consommer de l'ergot de seigle fermenté pendant votre lecture.
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Marple
  29 novembre 2015
Pas facile de résumer 'La caverne aux idées' ! Disons que c'est un polar philosophique expérimental où un Déchiffreur d'Enigmes enquête sur la mort d'un jeune éphèbe disciple de Platon... cette enquête relatée sur un papyrus mystérieux est mise à notre portée par le 'traducteur', qui ne peut s'empêcher au passage de commenter dans de longues notes en bas de page tous les symboles mythologiques qu'il croit distinguer... jusqu'à ce que ces notes en bas de page occupent tant de place qu'elles deviennent une histoire indépendante, celle de la vie, des obsessions, des amours et des angoisses du traducteur... à moins que les 2 histoires, celle d'Athènes et celle d'aujourd'hui, soient liées plus et autrement qu'on croit...
Bizarre ? Sans aucun doute ! Mais aussi exigeant, compliqué, parfois agaçant, souvent obscur. Quel régal pourtant ! Car c'est avant tout intéressant, intelligent, bien pensé, fin et même brillant. Je conseillerai donc à tous ceux qui auraient comme moi du mal au début avec l'éidesis, les pages manquantes, les notes interminables ou le vocabulaire athénien de s'accrocher, car il y a une belle récompense au fond de la caverne aux idées.
Alors, si vous avez envie d'en savoir plus sur les 12 travaux d'Hercule, sur le rôle d'un traducteur, sur la vie dans l'Athènes antique, sur la mise en abime dans un roman, sur la philosophie platonicienne, sur les choreutes, les hétaïres ou les éphèbes, ce livre est fait pour vous.
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Crossroads
  12 janvier 2012
Il est des livres dont l'on parle aisément , sans forcer et d'autres qui demandent un effort beaucoup plus soutenu lorsque vient le temps du bilan . La Caverne des Idées fait , sans conteste , partie de ces derniers...
Tramaque , ephebe brillant de l'Académie ( le premier qui dit : des Neufs en arborant le p'tit sourire extatique du ravi de la creche , aura une tapette ;) , est retrouvé mort , dévoré par les loups . Petit probleme , il n'a ni galette , ni petit pot de beurre et ne ressemble en rien à un certain Rouge , Petit Chaperon de son prénom . L'enquete s'annonce plus difficile que prévue . Pour ce faire , Diagoras , son mentor , plus enclin à envisager la these du meurtre que celle du casse-croute animalier , théorie semblant déja faire l'unanimité , décide de faire appel à Héracles Pontor , le Déchiffreur d'Enigmes ! Terme legerement pompeux qui prendra tout son sens au fil du récit...
Ce qui frappe , de prime abord , c'est l'intelligence narrative . Somoza maitrise et son récit et sa structure . Fin mélange de philosophie ( sans jamais etre rébarbative ! ) et de littérature léchée , Somoza l'orfevre fait dans le haut de gamme ! Il taille le mot , cisele le propos pour délivrer une enquete aussi aboutie que complexe ! Parfait rendu d'une Athenes plus vraie que nature . L'immersion est complete .
L'histoire déroule , aidée en cela par quelques notes judicieuses de bas de page généreusement mises à la disposition du lecteur par le gentil traducteur . Et là je dis , ATTENTION , entrée imminente dans la quatrieme dimension ! le prétendu traducteur , qui n'est autre que ce fou-fou de Somoza , devient partie intégrante de l'histoire , sorte de poupée gigogne pour le coup , de récit dans le récit . S'appuyant sur l'eidesis...comment , pardon , késako ? Là , je me gausse , ne pas connaitre un tel procédé pourtant inculqué dès bac + 36 , s'en est presque risible....Je me LOL à donf !
Eidesis : technique littéraire inventée par les écrivains grecs classiques pour transmettre des clés ou des messages secrets dans leurs oeuvres . Répétition de métaphores ou de mots qui , isolés par un lecteur averti , forment une idée ou une image indépendante du texte originel . Fastoche non ?...C'est ainsi que le prétendu traducteur ( fou-fou Somoza ) , traduisant le texte millénaire qu'est La Caverne..en temps réel et nous faisant part de son ressenti en bas de page , en vient à développer ce sentiment prégnant qu'il fait partie intégrante de ce récit , qu'il en est un des maillons . Somoza entremele brillamment enquete et paranoia aigue pour faire de ce roman un véritable OLNI : objet littéraire...
Tout se tient , se recoupe et l'on ne peut que s'incliner devant la profondeur de l'auteur . Lecture à plusieurs niveaux , mise en abyme de haut vol !
Les pérégrinations de Pontor et Diagoras , sorte de Laurel et Hardy de la Grece Antique , leurs joutes verbales , leurs échanges philosophiques se boivent comme du p'tit lait . L'imbrication du traducteur et sa possible adhésion au récit scotche véritablement un lecteur tenu en haleine par cette nouvelle donne . La fin est cohérente tout en proposant une vision de la lecture tres loin d'etre inintéréssante !
Meme si j'avoue m'etre parfois égaré , cette caverne propose une expérience de lecture peu commune qui légitime pleinement sa découverte ! Entrée gratuite pour les enfants de - de 40 ans...
3.5 / 5
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AMR
  22 mars 2017
Dans ce roman, très souvent qualifié de roman policier atypique, Somoza plonge ses lecteurs dans le travail d'écriture et dans son approche de la traduction littéraire, le tout dans une enquête à quatre mains et une narration à plusieurs niveaux. du genre policier, nous avons les cadavres, étrangement mutilés, de trois éphèbes et d'un vieil esclave pédagogue et les investigations menées par un philosophe platonicien et un déchiffreur d'énigme ; mais nous lisons en fait un très vieux texte datant de la Grèce antique, déjà traduit et édité à partir du papyrus originel, qu'un troisième narrateur commente au fur et à mesure qu'il le traduit à son tour. Et peu à peu, les intrigues se mêlent avec la mort mystérieuse du premier traducteur et les péripéties que vit le second… tout en traduisant. En fait, ce n'est pas tout à fait ça, mais je ne veux pas trop divulguer le dénouement…
Tenez-vous surtout pour prévenus qu'il ne faut pas faire l'impasse des notes de bas de page !!!
C'est dans La Caverne des idées que Somoza invente la technique littéraire dite « eidesis » ; selon lui, l' « eidesis » permettrait de transmettre des clés ou des messages secrets dans les oeuvres, en répétant des mots ou des métaphores qui, reconnues par les lecteurs avertis, livreraient un message indépendant du texte originel. le texte est donc riche en images, détails, isotopies ou changement de rythme superflus et déstabilisants ; à noter également les fils conducteurs (ou perturbateurs) des douze travaux d'Hercule et de la jeune fille au lys…
Nous suivons le travail laborieux du traducteur, à la fois narrateur secondaire et personnage à part entière, dans ses doutes, ses hésitations, ses avancées et ses réflexions. le traducteur se fait double du déchiffreur d'énigmes et du philosophe platonicien, convaincu qu'il a « quelque chose des deux personnages » : il est à la fois méticuleux et sensible à la beauté, passionné même. Mais ce n'est pas l'enquête proprement dite qui l'intéresse : il veut résoudre l'énigme eidétique du texte. Ses notes évoluent en une deuxième narration de plus en plus personnelle : de simples précisions, elles deviennent des commentaires de texte, des dialogues avec ses collaborateurs, des tranches de vie.
Dans le texte d'origine, deux courants de pensée s'affrontent ; le déchiffreur d'énigme part toujours des éléments matériels, ne croit que ce qu'il voit et sa méthode est déductive. Ce n'est pas pour rien qu'il s'appelle Héraclès Pontor, nom à la sonorité bien proche d'Hercule Poirot. Il croit plus en l'intelligence qu'en la vertu (au sens antique de qualités morales essentielles, tant dans la vie quotidienne que dans le discours, forme d'excellence et de réalisation du plein potentiel : aretê en grec). Il sait prendre de la distance et rester insensible et pragmatique face aux évènements.
Diagoras de Medonte, son binôme - et employeur - est un philosophe platonicien qui croit au pouvoir de la pensée, corollaire d'une vérité éternelle à rechercher par-delà les inexactitudes et les imperfections de toute science déjà mise en oeuvre.
Naturellement, La Caverne des idées de Somoza possède une intertextualité voisine de l'allégorie de la caverne, développé par Platon dans le livre VII de la République. Ce dernier est d'ailleurs mis en scène dans le roman.
Tout se complique quand le texte original et sa traduction se dédoublent (fameux chapitres VIII en miroir) et quand le livre interpelle directement le Traducteur (avec un T majuscule) avec des « sauts à la deuxième personne » : « ils te regardaient toi ». Il y est question d'un papyrus original décrit comme le récit d'actions et de pensées chargées d'un sens occulte : les vies des personnages ont une signification qui leur échappe mais que le Traducteur décrypte au fur et à mesure : à la fin du texte, seul le Traducteur devrait atteindre à la compréhension ultime… le secret du texte est-il dans les personnages, dans les descriptions, dans les métaphores ? Les idées cachées dans le texte ont-elles une existence propre ?
Le déchiffreur d'énigmes Héraclès Pontor se présente aussi comme un traducteur quand il est confronté aux meurtres énigmatiques : « c'est la partie du texte que je n'ai pas encore traduite, Diagoras… Bien que je puisse t'assurer, modestement, que je ne suis pas un mauvais traducteur ».
Le Traducteur réalise qu'il fait partie du texte qu'il est en train de traduire : d'abord, ce ne sont que des coïncidences mais qui deviennent de plus en plus troublantes, surtout quand un sculpteur présent dans le livre réalise une oeuvre qui est son portrait fidèle et qu'il se retrouve en train de faire l'amour avec une hétaïre et qu'il « [sent] venir un plaisir étrange, asservissant ». Comment faire la part de la réalité et de la « présomption de tous les lecteurs » qui s'identifient à ce qu'il lisent ? Puis, il apprend que le premier traducteur a perdu la raison et qu'il est mort comme le premier éphèbe du livre. Enfin, il se sent épié, puis il est kidnappé et séquestré dans une cellule spartiate par un personnage qui veut qu'on le nomme Anonyme et qui lui intime l'ordre de continuer et terminer sa traduction…
Lire La Caverne des idées est donc l'occasion de réfléchir aux enjeux de la traduction littéraire d'un texte ancien : comment respecter l'esprit du texte original ? Peut-on ou pas améliorer le texte original pour coller aux normes contemporaines ou l'adapter pour qu'il plaise à un lectorat étranger ? A-t-on le droit de couper le texte, de combler les vides dus aux détériorations, d'enlever le côté vieillot, de gommer l'historicité et les marques textuelles qui renvoient au caractère ancien du texte ? Comment mettre en valeur l'originalité et la littérarité du texte ? Ainsi que le souligne Anonyme, «les mots ne sont qu'un ensemble de symboles qui s'accommodent toujours à notre goût ». le traducteur se fait interprète, chasseur d'intertextualité.
Il y aurait aussi d'autres clés de lecture en matière de linguistique. En effet, un texte est identifiable parce qu'on peut le pourvoir de signes, d'indices qui, même s'ils apparaissent chez d'autres auteurs, n'en sont pas moins caractéristiques. Je ne suis pas assez qualifiée pour aller très loin dans une étude de la Caverne des idées en me penchant sur des notions telles que « référent » ou « signifié » ou encore « isotopie » : je laisse cela à des spécialistes de syntaxe et linguistique, mais je sens qu'il a y quelque chose à creuser dans ces domaines-là aussi.
Je ne peux que recommander ce roman… Pour ma part, une claque littéraire !!! Vous savez, quand on reste figé sur un « whoua ! » en ayant tourné la dernière page…
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Perchtoldsdorf
  02 juin 2016
Etant amateur de littérature de l'antiquité, je n'ai lu ce bouquin que poussé par la curiosité. Eh bien, chers futurs lecteurs qui êtes tentés de vous risquer dans cette caverne, je me dois de vous prévenir que je crains fort que le señor Somoza ne laissera pas un nom indélébile dans l'histoire de la littérature. En effet la recherche de l'originalité à tout prix ne peut guère, à mon sens, être suffisante pour garantir une oeuvre de qualité. On connaissait déjà ceux qui s'écoutent parler...Somoza, lui, est un grand innovateur, il se regarde écrire ! en faisant, en bas de page, des commentaires puérils sur ce qu'il vient de rédiger en feignant la surprise. Ça fait penser à ces documentaires où un reporter surexcité n'arrête pas de faire des remarques sur ce qu'il fait découvrir en se retournant vers la caméra. C'est déjà insupportable en vidéo, mais dans ce genre de fiction cela crée, en plus, une distance par rapport au texte qui déflore l'éventuel suspense. Sans parler des incessantes répétitions, surtout des mots "eidétique" et "eidésis", dont le premier n'a d'ailleurs pas le sens que lui impose l'auteur et le second un vulgaire néologisme inventé à cet effet. Dans le genre "enfoncez vous bien ça dans le crâne" je n'ai jamais vu pire. C'est à la fois horripilant et ridicule.
Pour ma part je n'aime pas le mélange des genres. En effet c'est quoi ce salmigondis, pour ne pas dire "amphigouri", que nous sert Somoza ? S'agit-il d'un pastiche, vernissé à l'antique, d'Agatha Christie et de ses personnages caricaturaux ?, d'un psycho-thriller truffé de clins d'oeil au lecteur ?, d'une BD style Jacques Martin sans les images ?, je ne saurais dire... en 2000 c'était nouveau, ça venait de sortir, donc ça ne pouvait que plaire aux bobos branchés.
Un internaute fait toutefois judicieusement remarquer que la crédibilité de l'intrigue est pipée dès le début, dans la mesure où la traduction du héros n'a strictement rien à voir avec le style d'un texte antique. OK, on apprendra par la suite que le document d'origine n'était qu'un leurre, mais dans ce cas que dire de la compétence du "traducteur", qui ne se rend compte de rien, tout en moquant l'absence de sagacité de son prédécesseur ?! Mais ces incohérences ne gênent visiblement, ni Somoza ni ses lecteurs. Certains parlent d'érudition à son propos ! Ça fait sourire, tant il est évident que l'auteur fait évoluer ses bouffons dans une Athènes de pacotille, à l'aide d'un plan de la cité antique tiré d'un "Guide Bleu" Michelin. Il injecte, pêle-mêle, dans les premiers chapitres tous les poncifs sur la Grèce antique glanés dans un manuel scolaire, sans oublier, bien sûr, la fameuse statue chryséléphantine. (ça sonne bien !) Puis débarquent sans crier gare les écrivains, (p.134 et suivantes) et enfin les philosophes. (p.173) - Pour les portraits il s'inspire évidemment de la céramique grecque antique et de peintres comme Alma Tadema ou Füssli (p.241) pour les scènes de genre. - Quant aux termes spécialisés dont il abuse prétentieusement, il les extrait tout simplement d'un glossaire. C'est à la portée du premier scribouillard venu...
Voilà ce qu'on peut dire de la forme, examinons maintenant le fond :
Quand on vit de sa plume il faut toucher un large public avec des goûts différents, donc appâter avec ce qui fait recette en commençant par un titre racoleur. On introduit ensuite des éléments qui on fait leurs preuves : mystère, savoirs et rites occultes, sexe, violence etc. Cette technique mélange le réel et l'imaginaire et, au bout du compte, aboutit au but recherché : provoquer le délire du lecteur lambda en le projetant à travers les toboggans de l'espace-temps, dans la griserie fantastique de la fiction, d'où il ne peut retomber qu'abasourdi et conquis.
Certains trouvent l'intrigue de ce roman de gare bien ficelée, admettons, mais ils n'ont pas remarqué que ce n'est que le plagiat du scénario "d'Angel Heart" film sulfureux émaillé de crimes atroces sorti, comme par hasard, sur les écrans 2 ans plus tôt. Harry Angel est, comme "le traducteur", à la recherche de son vrai moi sans en être conscient et le détective Héraclès P. fait aussi des cauchemars de coeur arraché. Etis = Margaret la femme fatale énigmatique, Yasintra = Epiphany, autre hétaïre prêtresse de rites barbares. Somoza se réserve évidemment le rôle du diabolique Luis Cypher qui tire les ficelles. Un outsider atypique tout de même : Crantor + Cerbère = Obélix + Idéfix. (La scène de la p.333 où ce personnage préfère porter secours à son roquet, plutôt que d'achever sa victime, est par contre empruntée au "Silence des agneaux".) Afin de brouiller les pistes (ça il sait très bien faire) Somoza situe son remake de ce scénario au IVème S. av.JC . (Le texte dit X fois "il y a des millénaires", non, ce serait l'Egypte très ancienne, faut pas confondre !)
Nous nous retrouvons donc à l'époque de Platon. Ce choix n'est pas innocent, c'est en effet le seul philosophe dont le nom est connu de presque tout le monde. de plus son idéalisme poussé à l'extrême débouche dans le solipsisme ce qui va fournir à Somoza l'idée d'une action parallèle permettant un dénouement inattendu. Nouveau plagiat ! car ce thème est emprunté à une nouvelle de J.L.Borges : "Les ruines circulaires".
A ce propos on se heurte à une nouvelle incohérence rédhibitoire : Si Philotexte de Chersonèse a créé les personnages du traducteur et de ses proches, comment pouvait-il imaginer, à son époque, un nom moderne comme Montalo, l'existence de l'électricité (p.163), l'aspect de leurs vêtements (p.177), et surtout leurs actions et réflexions qui n'auraient un sens que plus de 2000 ans après sa mort ??? Ah pardon, j'oubliais qu'on nous précise p.191 que Philotexte-Somoza a été investi par Apollon du pouvoir de vaticiner. Et devinez ce que nous prédit (après coup) notre philosophe extralucide ? : La réussite de la secte chrétienne qui mange son dieu torturé, l'accession des femmes aux mêmes emplois que les hommes et l'avortement de la "République Idéale" imaginée par Platon parce que la nature humaine reste inchangée. Ça c'est un scoop...;-)). Sans indiscrétion, señor Somoza, il vous a fallu combien d'années d'études de psycho. pour en arriver à ces conclusions fracassantes ?
- Nonobstant notre psy. poursuit son récit avec la finesse de son Taureau de Crête s'ébrouant dans un magasin de porcelaine. Il ne se relit même pas d'où des perles du genre : "Eumarque fit un geste apotropaïque afin d'éloigner le mauvais sort." (p.80) magnifique exemple de pléonasme !, "...le front dégagé avec de grandes fosses nasales," (p.94), "...sa large dentition blanche embusquée dans le labyrinthe de ses cheveux." (p.100). N'en jetez plus la cour est pleine...
- D'aucuns disent encore qu'on est perpétuellement tenu en haleine par un suspense quasi insoutenable !? J'espère qu'il s'agit d'une boutade car le 2ème meurtre n'intervient qu'à la p.146, le 3ème p.225 et le carnage final p.338. Entre ces péripéties ce n'est que verbiage insipide et indigence des dialogues. ex. p.112 ou 300.
- D'autres prétendent aussi être restés "scotchés" par le dénouement. C'est à se demander s'ils ont lu ce qui précède, car Somoza est tellement fier de sa "trouvaille" qu'il ne peut s'empêcher de nous suggérer plusieurs fois la solution notamment aux p. 102,135,136 et 180. Donc la fin, bien loin d'être une surprise, ne fait que confirmer ce qui était annoncé. C'est la montagne qui accouche d'une souris...
- Enfin des internautes se disent dérangés par la description morbide et complaisante des détails atroces caractérisant les meurtres. Franchement ceci ne m'a pas étonné. N'oublions pas qu'un psy. passe son temps à sonder les cerveaux dérangés de ses patients, ça finit par déteindre...D'ailleurs le carnage final est inspiré par le suicide collectif d'une secte au Guyana en 1978. Ce fait divers avait visiblement fasciné Somoza.
Non, j'ai été beaucoup plus irrité par la description caricaturale de l'Académie de Platon.
Bien que n'étant pas adepte de cette école, j'ai trouvé Somoza d'une suffisance rare lorsqu'il s'autorise à ravaler un philosophe illustre au rang de figurant grotesque de son intrigue à deux balles. Puis de lui lancer un défi par l'intermédiaire de son personnage Philotexte, alors qu'il n'a qu'une idée très vague du système de pensée de Platon. (L'allégorie de la caverne mise à part, les allusions et citations renvoient exclusivement au dialogue intitulé Phèdre.) J'ai toujours été amusé par l'aversion viscérale qu'ont les ilotes envers la culture en général, et tout particulièrement envers la philosophie ;-)
Quelques illuminés se sont encore extasiés sur le thème de l'étrange pouvoir évocateur des mots abordé par Somoza. Sans doute lisent-ils peu ou mal car ce sujet avait déjà été largement traité (entre autres) par Calvino. Encore un plagiat donc...
Conclusion : Prenant le contre courant de ce que j'ai pu lire sur ce point, je dirais que le dernier chapitre est le plus décevant dans la mesure où l'on y voit s'écrouler un château de cartes trop ambitieux. En effet l'auteur, armé d'une plume trempée dans du n'importe quoi, cherche à démontrer (p.342,343) de manière poussive et vaseuse que Philotexte a gagné son pari contre Platon. D'ailleurs il n'y croit même pas lui même puisqu'il fait dire à son héros :" Je souris devant le ridicule de ces propos" (sic.)
Somoza n'aura réussi à me convaincre que d'une chose : Sa "caverne" n'est qu'une grossière fumisterie dans laquelle il serait vain de chercher des "idées" dignes de ce nom. Allons, soyons bon prince, j'accorde une étoile pour l'encre et le papier et une autre pour le temps gaspillé à rédiger.
Quant à vous qui souhaitez vraiment voir revivre le passé (et vous cultiver par la même occasion) lisez plutôt des oeuvres de qualité : Salammbô, Les mémoires d'Hadrien, L'oeuvre au noir etc. Ou, encore bien mieux, directement les auteurs de l'antiquité : Tite Live, Ovide, Apulée, Suétone, Diogène Laërce, Pétrone, Hérodote, Pline le Jeune etc. le choix est intarissable...
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
ZebraZebra   22 octobre 2013
page 68 [...] "L'auteur utilise ces métaphores pour décrire l'esprit ingénieux et tendre du philosophe."
Je n'étais pas convaincu.
- Et pourquoi précisément un lys ? objectai-je. Pourquoi pas n'importe quelle autre fleur ?
- Tu confonds l'eidesis avec les redondances, sourit Helena. Parfois, les écrivains répètent des mots dans un même paragraphe. Dans le cas présent, notre auteur avait "lys" en tête, et chaque fois qu'il pensait à une fleur il écrivait le même mot. Pourquoi fais-tu cette tête ?
- Helena : je suis sûr que la jeune fille au lys est une image eidétique, mais je ne peux pas te le prouver ... Et c'est horrible ...
- Qu'est-ce qui est horrible ?
- Que tu penses le contraire après avoir lu le même texte. C'est horrible, que les idées qui forment les paroles dans les livres soient si fragiles ... J'ai vu une biche en lisant, et j'ai aussi vu une jeune fille avec un lys à la main crier en demandant de l'aide ... Toi, tu vois la biche mais pas la jeune fille. Un lecteur ordinaire, que verrait-il ?
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WolandWoland   11 avril 2012
[...] ... - "C'est curieux, "[dit le professeur], "mais Montalo a consacré les dernières années de sa vie à l'étude des textes eidétiques : il a traduit bon nombre d'entre eux et a élaboré la version définitive de plusieurs originaux. Je dirais même qu'il était obsédé par l'eidesis. Et ce n'est pas rien : je connais des collègues qui ont consacré leur vie à découvrir la clef d'une oeuvre éidétique. Je t'assure qu'elles peuvent devenir le pire venin qu'offre la littérature" - il se gratta une oreille. "Ne crois pas que j'exagère : moi-même, lorsque je traduisais certaines d'entre elles, je ne pouvais éviter de rêver des images que je découvrais. Elles te jouent parfois de mauvais tour. Je me rappelle un traité astronomique d'Alcée de Quiridon où l'on répétait, sous toutes ses variantes, le mot "rouge", presque toujours accompagné de deux autres : "tête" et "femme." Eh ! bien, je me suis mis à rêver d'une belle femme rousse ... Son visage ... j'ai même pu le voir ... me tourmentait" - il fit une grimace. "J'ai fini par apprendre, par un autre texte qui m'est tombé par hasard entre les mains, qu'une ancienne maîtresse de l'auteur avait été condamnée à mort dans un jugement injuste : le pauvre homme avait dissimulé sous une eidesis l'image de sa décapitation. Tu peux imaginer quelle terrible surprise j'ai eue ... Ce beau fantôme aux cheveux roux ... soudain transformé en une tête fraîchement coupée ruisselant de sang" - il haussa les sourcils et me regarda, comme pour m'inviter à partager sa désillusion. "Ecrire est étrange, mon ami : à mon avis la première activité la plus étrange et terrible à laquelle un homme puisse se livrer est l'écriture", et il ajouta, en retrouvant son sourire parcimonieux : "Lire est la deuxième ...

- Mais au sujet de Montalo ...

- Oui, oui. Il est allé beaucoup plus loin dans son obsession de l'eidesis. Il pensait que les textes eidétiques pouvait constituer une théorie irréfutable de la théorie des Idées de Platon. Je suppose que tu la connais ...

- Naturellement," répliquai-je. "Tout le monde la connaît. Platon affirmait que les idées existaient indépendamment de nos pensées. Il disait que c'étaient des entités réelles, et même beaucoup plus réelles que les êtres et les objets."

(...)

- "Oui," [dit Aristide] en hésitant. "Montalo croyait que si un texte eidétique quelconque évoquait chez tous les lecteurs la même idée cachée, cela prouverait que les idées possèdent une existence propre. ... [...]
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AMRAMR   22 mars 2017
EXTRAITS DE LA CAVERNE DES IDÉES
- Écoute, traducteur ! […]Toi, qui te sens si sûr d’exister ! Dis-moi qui je suis !... Interprète mon langage et définis-moi !... Je te défis de ma comprendre !... Toi, qui croit que nous ne sommes que des mots écrits il y a très longtemps !... toi qui pense que notre histoire cache une clé finale !... raisonne-moi Traducteur !... Dis-moi qui je suis… si, en me lisant, tu es aussi capable de me déchiffrer !...

[…]

- Belle sculpture, que celle sur laquelle tu travailles […]. Qui représente-t-elle ? […]
- Il s’appelle le Traducteur. L’homme qui prétend déchiffrer le mystère d’un texte écrit dans une autre langue sans voir que les mots ne conduisent qu’à de nouveaux mots, et les pensées à de nouvelles pensées, mais que la Vérité reste hors d’atteinte. N’est-ce pas une bonne comparaison avec ce que nous faisons tous ?

[…]

- Depuis un certain temps, nous les membres de cette Académie, nous savons que la connaissance de n’importe quel objet contient cinq niveaux ou éléments : le nom de l’objet, la définition, l’image, la discussion intellectuelle et l’Objet en soi, qui est le véritable but de la connaissance. Mais l’écriture ne parvient qu’aux deux premiers : le nom et la définition. Le mot écrit n’est pas une image, il est donc incapable d’atteindre le troisième élément. Et le mot écrit ne pense pas, il ne peut pas non plus accéder à l’élément de la discussion intellectuelle. Il serait bien sur encore moins possible d’atteindre avec lui le dernier de tous, l’Idée en soi. De la sorte, un livre qui décrirait notre connaissance des choses serait impossible à écrire.


[…]

Je crois qu’il est préférable de condamner un être imaginaire à la réalité plutôt qu’un être réel à la fiction.
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WolandWoland   11 avril 2012
[...] ... - "Philotexte te salue, maître Platon, et se tient à ta disposition", dit Eudoxos. "Il a voyagé autant que toi, et je t'assure que sa conversation est du plus grand intérêt ...

- Comme la viande que nous avons dégustée aujourd'hui," répliqua Polyclète.

Il y eut des rires mais tous savaient que les commentaires banals ou privés, qui avaient jusqu'alors constitué l'essence de la réunion, devaient céder le pas, comme dans tout bon symposium, à une discussion réfléchie et au fructueux échange d'opinions, d'un côté à l'autre de la salle. Les commensaux s'étaient répartis en cercle, allongés sur de confortables divans, et les élèves les servaient comme de parfaits esclaves. Personne ne prêtait beaucoup d'attention à la présence silencieuse, bien que notoire, du Déchiffreur d'Enigmes : sa profession était célèbre, mais beaucoup la considéraient comme vulgaire. Par contre un mouvement croissant s'était créé autour de Philotexte de Chersonèse, un mystérieux petit vieillard dont le visage était dissimulé par la pénombre occasionnée par les rares lampes de la pièce, ami du mentor Eudoxos, et par le philosophe Crantor, du dêmos de Pontor, "ami du mentor Diagoras", comme il l'avait dit lui-même, arrivé depuis peu à Athènes après un grand périple dont tous attendaient le récit avec une grande impatience. Maintenant, avec le travail infatigable des langues, qui se tordaient pour nettoyer les canines pointues des restes de viande, restes qui seraient ensuite emportés par du vin aromatisé qui stimulait le palais, le moment était venu de satisfaire la curiosité qu'inspiraient ces deux visiteurs.

- "Philotexte est écrivain," poursuivit Eudoxos, "et il connaît tes Dialogues et les admire. Et puis, il semble investi par Apollon du pouvoir de l'oracle de Delphes ... Il a des visions ... Il assure qu'il a vu le monde du futur, et que ce dernier, par certains aspects, s'accommode de tes théories ... [...]
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AMRAMR   22 mars 2017
EXTRAITS DES NOTES DU TRADUCTEUR
-Tu confonds l’eidesis avec les redondances, sourit Helena. Parfois les écrivains répètent des mots dans un même paragraphe. […] Tu es amoureux de la jeune fille au lys ? Les yeux d’Helena brillaient de malice. Rappelle-toi que ce n’est même pas un personnage du roman. C’est une idée que tu as recréée avec ta traduction…

[…]

- Il pensait que les textes eidétiques pouvaient constituer une preuve irréfutable de la théorie des idées de Platon. Je suppose que tu la connais…
- Naturellement […]. Tout le monde la connaît. Platon affirmait que les idées existaient indépendamment de nos pensées. Il disait que c’était des entités réelles, et même beaucoup plus réelles que les êtres et les objets.

[…]

- Lire n’est pas réfléchir seul, mon ami : lire, c’est dialoguer ! Mais le dialogue de la lecture est un dialogue platonique : ton interlocuteur est une idée. Cependant, ce n’est pas une idée figée : en dialoguant avec elle, tu la modifies, tu la fais tienne, tu en viens à croire en son existence indépendante… Les livres eidétiques profitent de cette caractéristique pour tendre des pièges habiles… qui peuvent… te rendre fou…
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