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EAN : 9782709668712
370 pages
Éditeur : J.-C. Lattès (18/08/2021)
4.08/5   38 notes
Résumé :
Lorsque sa fille, Vina, est exclue du lycée pour avoir menacé un camarade, Elizabeth décide de se réfugier avec elle en Alsace chez son grand-oncle Thomas.
Dans cette maison en lisière de forêt, tous trois s'observent et s'apprivoisent. Malgré-nous, pris au piège de combats qu'ils n'ont pas choisis, ils le sont tous les trois : Thomas précipité dans le chaos du front de l'Est; Elizabeth qui ne vit que pour sa fille et son travail; Vina, l'adolescente emportée... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Calimero29
  06 juillet 2021
J'avais lu, en avril 2020, « le complexe de la sorcière » et je n'avais pas accroché à ce texte qui était plus un essai, une autofiction thérapeutique, une analyse introspective un peu fourre-tout qu'un roman. Je ne serais probablement pas allée plus loin avec Isabelle Sorente si je n'avais pas reçu, de façon aléatoire, « La femme et l'oiseau », son dernier roman, dans le cadre d'un jury littéraire. le hasard a bien fait les choses car ce roman m'a transportée.
Le titre est déjà une promesse en lui-même avec l'association de l'oiseau, symbole de liberté et la femme, association souvent présente en littérature, en peinture, en sculpture. Cette promesse, l'autrice la concrétise avec l'histoire de Thomas, 91 ans, ancien Malgré-Nous, qui vit dans une maison en pleine nature dans le massif des Vosges et qui accueille sa petite-nièce, Elizabeth et sa fille, Vina, 14 ans ; la mère et la fille ont quitté Paris précipitamment après que Vina ait menacé un camarade avec un cutter et ait été exclue du collège. Les trois personnages doivent faire face à un secret qui les ronge ; Thomas doit affronter le souvenir de la guerre dans les rangs allemands contre son gré, il doit exorciser les souvenirs horribles du camp de prisonniers de Tambov, en Russie, la mort de son frère aîné dont il se sent responsable et la perte de la seule femme qu'il ait aimée, Nergui, une combattante mongole. Elizabeth, elle, doit guérir de la culpabilité d'avoir payé une femme indienne pour porter sa fille, étant stérile. Vina doit assumer cette blessure de n'avoir jamais revu sa mère biologique et avoir pu lui dire « je t'aime ».
Chacun va aider l'autre en lui offrant la possibilité de partager le secret, la douleur afin de trouver sa liberté, de respirer. Thomas a le don de voir l'invisible, au-delà des choses grâce à la méditation et une sorte de transe déclenchée par la nature et la rencontre avec un faucon omniprésent dans le roman. le faucon est la voie vers soi, vers une sorte de sérénité profonde.
Ce roman aborde de façon très poétique des sujets graves et douloureux comme la gestation pour autrui, le besoin vital de savoir d'où l'on vient, la culpabilité, la transmission ; il nous offre également une page d'histoire qui a laissé une plaie encore béante en Alsace avec l'engagement contraint des Alsaciens dans les rangs de la Wehrmacht, épisode peu évoqué en dehors de cette région et donc largement méconnu. Ayant vécu quelques années en Alsace, j'ai eu l'occasion d'apprendre le sort de ces jeunes hommes, écartelés entre leur patriotisme et le besoin de survivre. Ce roman rend cette tragédie encore plus émouvante avec le personnage de Thomas, qui a essayé de préserver son intégrité, son honnêteté, sa part d'humanité dans ce monde inhumain de Tambov.
La nature est omniprésente même au camp de Tambov ; il n'y a qu'en son sein, qu'on peut se trouver, se débarrasser des oripeaux qui nous étouffe, aller au fond de soi pour atteindre notre vérité. Au sein de cette nature, toujours décrite comme bienveillante, le faucon ou le gerfaut, symbole du subconscient, représente la liberté ultime, celui qui permet de s'envoler, d'aller à sa propre rencontre, de rentrer en soi débarrassé des scories de la vie quotidienne et de l'asservissement au sol.
Un beau roman, une très belle écriture poétique, une émotion très présente par la profondeur donnée aux personnages et à leurs interrogations qui pourraient être les nôtres. Il eut été dommage que je passe à côté de ce roman après la déception ressentie à l'égard du précédent.
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mariech
  09 septembre 2021
Récit émouvant qui mêle l'histoire de Thomas , nonagénaire encore bon pied , bon oeil , ancien ' malgré nous ' , comme on appelle les alsaciens enrôlés de force dans l'armée allemande , sa nièce Elisabeth qui vient passer quelques jours chez Thomas avec sa fille Vina .
Chacun a ses blessures , des souvenirs de la guerre pour Thomas , cette guerre dont son frère n'est pas revenu , le souvenir de cette jeune femme , une combattante mongole courageuse dont il est tombé amoureux .
Elisabeth va pour la première fois se poser un moment , réfléchir à ses choix de vie , essayer de retrouver le lien qui la lie à sa fille adolescente Vina .
Une très belle histoire de devoir de mémoire , de transmission où la nature joue un rôle important .
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Matatoune
  21 septembre 2021
La femme et l'oiseau est le dernier roman de Isabelle Sorente sur les Malgré nous, ces soldats alsaciens oubliés de l'histoire enrôlés dans une armée qu'il détestaient, souvent faits prisonniers, comme ceux envoyés au camp 188 de Tambov, situé à cinq cents kilomètres de Moscou.
J'avais découvert le talent d'écriture d'Isabelle Sorente l'an dernier avec le complexe de la sorcière. Ce roman-ci relève à la fois du devoir de mémoire mais raconte aussi la transmission entre générations, des réflexions sur la vie, la liberté, la culpabilité mais aussi la méditation et la fusion avec la nature.
Vina, élève de quatorze ans, se fait exclure de son collège après un acte de violence. Sa mère, Élisabeth, profite pour revenir auprès de son grand oncle Thomas qu'elle n'a pas vu depuis si longtemps. Elle adorait s'asseoir enfant auprès de lui dans la forêt proche à observer arbres et oiseaux.
Sans vraiment s'en rendre compte, Élisabeth est proche du Burn-out et a besoin de réduire son rythme de travail de chef d'entreprise de sa société de films documentaires. Elle doit s'interroger sur le sens qu'elle veut donner au reste de sa vie.
Autour de Vina, Élisabeth et Thomas, il y a Mona, l'aide à domicile de Thomas, qui est là pour veiller au confort de chacun, à leur bien-être et à leur sécurité. Car, Thomas est nonagénaire, mais gardant bon pied, bon oeil dans son quotidien.
Isabelle Sorente relie ces trois générations pour que tous apprennent de l'autre pendant les quinze jours de « vacance » que chacun va s'accorder dans son quotidien. Mais surtout, elle décrit concrètement les liens d'affection et de tendresse qui les attachent au delà des liens familiaux habituels et qui va permettre à chacun de grandir à la fois sur le chemin de la connaissance de soi, mais aussi sur l'apaisement de leur douleur enfouie.
La méditation initiée par Thomas tient une place importante. Expérience mystique pour les uns avec communion avec des oiseaux de proie, la femme oiseau, métaphore du souvenir et du passé. Introspection pour d'autres avec la nécessité de se donner du temps pour réfléchir à sa vie. Partage du temps présent en oubliant les pensées parasites encore pour d'autres.
Qu'importe le nom qu'on donne puisqu'il s'agit de retrouver pour chacun des personnages, leur personnalité profonde enfuie souvent sous les rôles sociaux que chacun s'est cru assigner de se vêtir pour exister. du coup, le texte se fait poétique et sensible alternant le récit de chacun.
Mais,
La femme et l'oiseau choisit de présenter un épisode de la seconde guerre mondiale complétement oublié : L'incorporation de jeunes alsaciens, devenus allemands lors de la première guerre mondiale, pour servir l'idéologie nazie. Beaucoup ont du combattre les français au côté de l'armée nazie et subir les assauts de l'armée soviétique aidée de contingents de femmes asiatiques ayant subi des sévices corporels importants.
Et, lorsqu'ils sont faits prisonniers par l'Armée rouge, ils ont été envoyés dans des camp d'internement comme celui de Tambov dès juin 1943. Six à huit mille y ont perdu la vie tant les conditions y étaient inhumaines.
Isabelle Sorente imaginent et décrient les privations, les conditions de vie épouvantables, la promiscuité, les maladies, le froid, etc. au travers du vécu de Thomas et son frère Alexandre. Un homme sur deux mourrait à Tambov après une durée d'internement inférieure à quatre mois. Ce récit, le lecteur le découvre petit à petit au fil de ce roman qui capte sans rendre captif.
Difficile de rendre compte en quelques lignes de ce roman si riche…
Car d'autres thèmes sont aussi abordés. le grand traumatisme écouté mais rarement entendu par l'entourage. L'urgence de protection de la nature. le poids des actes dont on ne peut se soulager. L'expérience de mort imminente. Etc.
Roman émouvant très bien construit, La femme oiseau décrit avec précisions quatre personnalités attachantes, différentes par la génération qu'elles représentent, mais soucieuses d'alléger leurs quotidiens. Isabelle Sorente crée presque un huit-clos où la nature est présente comme ressource mais aussi apaisement. Joli coup de coeur de cette rentrée !
https://vagabondageautourdesoi.com/2021/09/21/isabelle-sorente/
Lien : https://vagabondageautourdes..
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AudreyT
  30 octobre 2021
****
Vina est exclue du lycée. Au-delà de cette terrible décision, Elisabeth, sa mère, ne comprend pas l'acte de violence qui en est à l'origine. Elle décide d'emmener sa fille quelques jours loin de leur quotidien, de leur vie rythmée et de retrouver un peu de sérénité. Elisabeth renoue avec son grand-oncle, Thomas, qu'elle n'a pas vu depuis des années mais qui lui apporte toujours autant d'amour et de douceur. Ce trio va s'apprivoiser, au milieu de la forêt et du vol des rapaces... Entre un passé sous silence, un présent où tout s'emmêle et un avenir chaotique, chacun va combler les vides et panser les blessures des autres...
La femme et l'oiseau est un très beau roman. A multiples tiroirs, à facettes multiformes, Isabelle Sorente nous offre une histoire touchante et émouvante.
A travers le regard de ses personnages, elle multiplie les récits, elle éclaire le présent par les souvenirs du passé et une vision apaisante de l'avenir.
Thomas, le grand-oncle de 91 ans, nous livre ses terribles souvenirs de "Malgré-nous", ces alsaciens enrôlés de force dans l'armée allemande lors de la seconde guerre mondiale.
Elisabeth, la mère perdue, nous raconte son deuil impossible et sa grossesse par procuration. Elle tait ses doutes et ses douleurs mais on les partage pourtant.
Vina, l'adolescente tourmentée, nous confesse sa difficile naissance et la recherche de ses racines.
Mona enfin, cette amie discrète, cache sa douloureuse expérience et on sent pointer toute la peur qu'elle a engendrée au quotidien.
Tous ces personnages nous font cadeau de leur vie, de leur souvenir, de leur lien. Quand le passé éclaire le présent, quand les secrets révélés allègent l'existence, la famille devient alors le foyer rassurant que chacun appelle pour adoucir ses jours...
Lien : https://lire-et-vous.fr/2021..
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isa-vp
  20 octobre 2021
Parce qu'ils ont tous les deux un secret qu'ils ne peuvent partager avec personne, Thomas, un vieil homme de 91 ans et Vina, une adolescente de 14 ans, son arrière-petite-nièce, nouent une amitié puissante qui va bien au-delà d'un simple lien familial.
Lui, fut un Malgré-nous, alsacien enrôlé de force à 17 ans dans l'armée allemande puis déporté par les russes dans le camp de Tamlov jusqu'à sa libération. Elle, est née d'une mère porteuse indienne et doit faire abstraction de ses origines pour vivre une vie formatée de lycéenne.
Si ce passé les isole des autres, il les rapproche également. Dans leur recherche d'une place dans un monde où ils ne porteraient pas le poids de la culpabilité d'une situation dont ils ne sont pas responsables, Thomas apprend à Vina à s'échapper dans le vol d'un rapace, en laissant l'oiseau emporter cette partie secrète de son âme qui l'empêche d'être heureuse.
Difficile recherche de l'acceptation de soi dans un dédoublement de la perception qui a aidé le jeune homme à survivre pendant la guerre et qu'il tente de transmettre à la jeune fille en souffrance.
Un roman qui alterne les époques et les lieux, du plus profond de la Russie en 1945, au coeur de la vie parisienne en 2018, et qui passe de la réalité au rêve, tantôt dans une course effrénée à la réussite, tantôt dans les paysages féeriques de la forêt vosgienne.
La partie témoignage de la guerre est passionnante et trop courte à mon goût, face au récit du quotidien de cette lycéenne et de sa mère qui m'a paru assez ordinaire. Mais il fallait certainement ce contraste pour faire se rencontrer ces deux personnages blessés et leur permettre de nouer un lien salutaire, presque mystique.
Un avis mitigé pour ce roman aux situations éprouvantes chargées d'émotion mais au rythme irrégulier qui me laisse néanmoins l'agréable sentiment d'avoir lu un conte très optimiste.
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critiques presse (1)
Psychologies   13 septembre 2021
L’autrice n’a pas son pareil pour faire apparaître la spiritualité cachée des êtres, les humains comme les animaux… La magie est là. Il suffit de regarder.
Lire la critique sur le site : Psychologies
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
nineentreleslignesnineentreleslignes   19 août 2021
Cela faisait longtemps qu’il aurait dû le lui dire. Mais chaque fois qu’il avait essayé d’en parler, il avait eu le sentiment que sa famille ne voulait rien savoir.Que l’histoire d’Alex et la sienne, leur incorporation de force, leur internement à Tambov, était le genre d’histoire pénible, douloureuse, qu’on veut bien entendre une fois, mais pas deux, ni trois. « Malheureusement, certains secrets sont si bien cachés qu’il faut les dire plusieurs fois, tu comprends ? Sinon ils ne se révèlent pas. »
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MatatouneMatatoune   19 septembre 2021
Parce qu'on est si vulnérable quand on n'est plus celui qu'on était , mais pas encore celui qu'on va devenir. Si vulnérable, si influençable, si dépouillé de soi-même, si nu et si pressé de se revêtir, que la moindre parole retentit comme un ordre qui nous pousse une fois de plus dans la mauvaise direction.
Commenter  J’apprécie          40
Calimero29Calimero29   06 juillet 2021
On est si vulnérable quand on n’est plus celui qu’on était, mais pas encore celui qu’on va devenir. Si vulnérable, si influençable, si dépouillé de soi-même, si nu et si pressé de se revêtir, que la moindre parole retentit comme un ordre qui nous pousse une fois de plus dans la mauvaise direction.
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MatatouneMatatoune   18 septembre 2021
Mais lorsqu'elle ouvrit la boîte de thé toute neuve et respira le parfum d'épices, Vina se sentit terriblement émue. L'oncle vivait seul au milieu de nulle part. Le village qu'elles avaient traversé la veille avec sa mère se trouvait à deux kilomètres de la maison.
Pourtant elle avait trouvé son thé dans le placard.
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Calimero29Calimero29   06 juillet 2021
Ce n’était pas comme ça qu’elle s’imaginait un vieil homme. Pas du tout. Un vieux était censé faire un peu pitié. Ne pas très bien comprendre ce qu’on lui disait. Porter un regard bienveillant sur les choses qui l’entouraient. Un vieux devenait doux par la force des choses parce que sa force physique l’abandonnait.
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Videos de Isabelle Sorente (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Isabelle Sorente
Isabelle Sorente, dont le dernier roman "La femme et l'oiseau" est publié aux éditions JC Lattès, partage avec nous ses habitudes de lecture et d'écriture.
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