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Bernard Kreise (Traducteur)
EAN : 9782757816875
254 pages
Points (18/02/2010)
3.44/5   42 notes
Résumé :
Moscou, 2028. Une oligarchie sanguinaire exerce sur la Russie un contrôle totalitaire absolu. Équipés désormais de moyens technologiques ultra-sophistiqués, les nouveaux maîtres - des opritchniks à l'image des gardes d'Ivan le Terrible connus pour leur sadisme - plongent le pays dans un sanglant féodalisme. Parmi eux, Komiaga, dont Sorokine déroule ici une journée
ordinaire, rythmée par ses missions (liquidation d'un aristocrate, détournement de fonds à la fr... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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mylena
  11 mars 2022
Quelle lecture ! Vladimir Sorokine a imaginé dans ce roman écrit en 2006 une Russie des années 2020/2030 plongée dans un futur dystopique effarant avec retour d'une institution moyenâgeuse, l'opritchnina, de sinistre mémoire, sorte de milice créée par Ivan le Terrible. Sur la couverture il y a une citation de Télérama : « Sorokine imagine le pire – autant dire le plus vraisemblable. » Sûr que ce roman est une sacrée provocation vis-à-vis de Poutine ! L'opritchnina du futur imaginée par l'auteur est une sorte de KGB nouvelle formule, mélangeant orthodoxie, Sainte Russie, nouvelles technologies et symboles moyenâgeux. La journée de son opritchnik est remplie, très remplie, entre épuration des nobles, destructions, viols et violences, trafic d'influence, contrôle de l'information et de la culture, corruption et orgies plus que curieuses, tout cela sous une façade moralisatrice. Il y a un petit quelque chose de l'univers de Margaret Atwood. Ce récit est extrêmement caustique, ultraviolent et en même temps la plume de Sorokine est limpide, même si elle est parfois assez déroutante. Cette caricature extrême d'un régime autoritaire avec retour aux purges, était en 2006 une fiction, une dystopie. Une fiction ? En 2006, peut-être, mais maintenant ?
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Aaliz
  09 décembre 2012
Dans Journée d'un opritchnik, Vladimir Sorokine, enfant terrible de la littérature russe, imagine, dans un récit violent, halluciné et obscène, ce que pourrait être la Russie en 2028.
Près cette lecture, on comprend mieux l'origine des déboires qu'a pu avoir l'auteur avec le pouvoir russe actuel. Sous couvert d'accusions et de procès pour pornographie, ses livres ont provoqué des manifestations de la jeunesse poutinienne qui, pour l'occasion, avaient construit des WC géants afin de mieux y jeter les ouvrages de l'auteur détesté.
Pornographe Sorokine ? Hum … peut-être faut-il y voir autre chose …
Journée d'un opritchnik est un roman original qui s'appuie à la fois sur l'Histoire de la Russie mais aussi sur la science-fiction dans le but de critiquer le pouvoir en place.
Sorokine décrit un hypothétique futur de son pays et probablement celui qu'il craint de voir devenir réalité, un hypothétique futur construit sur un mélange de résurgences du passé et d'éléments futuristes. Ainsi, la technologie et les infrastructures sont celles qu'on pourrait trouver dans un roman de SF ordinaire mais tout ce qui décrit le mode de vie et les institutions politiques et sociales sont fortement inspirées de ce que la Russie a déjà connu.
En 2028, la Russie est dirigée par un Souverain tout puissant à l'image de l'époque tsariste. Son épouse ressemble étrangement à la grande Catherine qui consulte régulièrement une prophétesse. le Souverain dispose pour l'aider dans sa politique d'une arme redoutable : l'opritchnina, fille de celle qu'avait créée Ivan le terrible. L'opritchnina est une police politique qu'Ivan avait utilisée pour réduire les dissidents et dont il avait fini par perdre le contrôle. Cette forme de police politique en rappelle également une autre créée pour les mêmes raisons sous l'époque soviétique.
Sorokine nous invite donc à suivre le quotidien d'un membre de l'opritchnina. Incendies, viols, exécutions, corruption, flagellations publiques, orgies et débauches sexuelles s'enchaînent au cours de cette journée qui fait froid dans le dos. On est plongé dans une Russie où règnent la violence, la corruption, la restriction des libertés. Une Russie nationaliste qui se protège des occidentaux décadents par une Grande muraille et utilise la religion de façon extrême à des fins de cohésion sociale. Une Russie où le Kremlin et la place Rouge ont été repeints en blanc et où le mausolée de Lénine a été enfin rasé. ( une question qui revient régulièrement dans l'actualité politique russe actuelle).
Dans ce monde de 2028, la Chine est toute puissante et est le centre de production mondiale. Tous les produits alimentaires ou autres sont chinois. Une immense route à plusieurs voies et plusieurs niveaux relie la Chine à l'Europe permettant aux douaniers russes de se servir en taxes au passage.
Voilà ce qui est effrayant dans ce roman, c'est qu'on n'est pas très loin du possible car Sorokine intègre des éléments du passé, donc déjà vécus et susceptibles de se reproduire, et des éléments qui sont d'actualité.
L'opritchnik que le lecteur accompagne tout au long de cette journée cauchemardesque est un être froid dénué de sentiments et qui est complètement endoctriné. Imaginez un Rudolf Hoess psychopathe et vous avez une idée du personnage.
Le style de l'auteur n'est pas très facile dans ce roman car il imagine le langage que pourrait avoir cet opritchnik avec utilisation de vocabulaire spécialisé propre à son époque et sa profession. Ce qui rend certains passages difficilement compréhensibles dans les détails mais qui, en même temps, rend totalement réelle l'immersion du lecteur dans cet autre univers. le langage est cinglant, chargé de haine.
Certaines scènes sont vraiment dures et immorales, de quoi crier « Au fou ! ». Je me suis demandée parfois si j'étais en train d'assister à un délire halluciné de l'auteur ou s'il était délibérément provocateur.
Une chose est sûre, Sorokine ne fait pas dans la dentelle. C'est un portrait affreusement pessimiste de l'avenir de la Russie qu'il nous brosse.
Ce roman est une claque monumentale à ne pas mettre entre des mains sensibles.
Un petit extrait :
« Et toutes les maisons derrière leurs palissades sont robustes, toutes sont gardées par des créatures séditieuses, des salopes capricieuses nées dans le péché, condamnées à être châtiées. Les marmites de l'Etat bouillonnent. Remplies de graisse, de graisse, de la graisse de ceux qui reposent en Dieu, et elle dégoutte et coule dans l'air glacial. La graisse humaine, chauffée, qui déborde d'une marmite en fonte remplie à ras bord, et elle déborde, déborde, déborde. Un torrent de graisse s'écoule sans interruption. Elle se fige dans le froid cruel. Telle une perle. Elle se fige, se fige, se fige comme une belle sculpture. Une sculpture magnifique. Merveilleuse. Incomparable. Sublime. Exquise. La beauté d'une sculpture de graisse est divine, indescriptible. Une graisse d'un rose nacré, tendre, frais. »


Lien : http://booksandfruits.over-b..
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colimasson
  01 avril 2013
L'opritchnina d'Ivan le Terrible, milice spéciale représentée sous les signes du chien (celui qui attrape les traîtres) et du balai (celui qui les nettoie pour laisser table rase), symbole de la « Sainte Russie orthodoxe » du 16e siècle, ressuscite cinq siècles plus tard, en 2028, à cause de Vladimir Sorokine.

Vladimir Sorokine a dit : « En Occident, être écrivain est une profession, chez nous, c'est un travail de sape : l'écrivain sape les fondements de l'Etat ». En tant qu'écrivain, on comprendra donc que rien de ce qu'il n'écrit n'est anodin. Quel intérêt aurait-il eu à évoquer cette vieille milice disparue de l'opritchnina si, justement, elle n'avait pas disparu ? si, au contraire, elle n'était pas restée intacte, se contentant seulement de changer de nom, de changer de forme ? Ce n'est un secret pour aucun lecteur : en décrivant la journée d'un opritchnik, Vladimir Sorokine prétend à peine s'emparer de la forme fictionnelle pour nous décrire la Russie politique d'aujourd'hui, à deux ou trois métaphores près.

Vingt-quatre heures, ni plus, ni moins, et nous suivons les tribulations de Komiaga, opritchnik plutôt haut gradé, bien qu'il reste encore sous les ordres du Patron, lui-même dirigé par le Souverain. Au-dessus, bien sûr, Dieu le Saint orthodoxe. Parmi ses aventures, le trivial et le vital alternent sans cesse : entre les orgies de bonne chère/chair, d'alcool et de serpelets, entre les heures de détente passées au sauna et les visites à l'opulente et magistrale souveraine, viennent s'intercaler de tristes affaires d'Etat qu'il vaut mieux régler le plus rapidement possible à coups de perceuses, de lasers et autres moyens que le sadisme technologique rend plus redoutables qu'au siècle d'Ivan le Terrible.

Beaucoup moins dense que cet autre texte de Vladimir Sorokine, le Lard bleu, la journée d'un opritchnik semble n'en être qu'un extrait ayant subi une légère variation. Lorsque le premier ajoutait à la description viciée d'une hiérarchie politique totalitaire, une intrigue tordue donnant à réfléchir sur de nombreux aspects culturels, le second se contente de lui-même. Sans but, cette journée vouée à la répétition éternelle pourrait revêtir les aspects de l'absurdité, si ce n'est qu'au sein de l'opritchnina, aucune journée ne se ressemble.

Moins d'emphase, moins de délires, moins de crimes, mais encore beaucoup de débauche et de violence : entre le trop et le pas assez, cette journée d'un opritchnik échoue à donner une représentation convaincante du travail de sape recherché par Vladimir Sorokine. L'excès donne naissance à une caricature dont l'écrivain serait le bouffon-créateur, voltigeant sans se laisser capturer par toute une hiérarchie qu'il dénonce. Même si les intentions de Vladimir Sorokine sont louables et tout à fait compréhensibles, Journée d'un opritchnik est un texte décevant pour qui aurait lu son Lard bleu. Léger, bien trop léger, il nous abandonne comme Komiaga lorsqu'il se réveille chaque matin, après une nuit de cuites, la mémoire totalement vierge des méfaits de cette nouvelle opritchnina.

Lien : http://colimasson.over-blog...
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BVIALLET
  29 mars 2012
Dans un futur relativement proche, la Russie éternelle a renoué avec son passé. Elle est retombée sous le joug d'une monarchie absolue de droit divin. le Prince exerce un pouvoir totalitaire sur l'ensemble de l'Empire par l'intermédiaire de son bras armé, l'opritchnina, sorte de police secrète dotée des pleins pouvoirs et persuadée d'oeuvrer pour le bien et l'édification du peuple. Un peu à la manière de Soljénitsine avec son zek Denissovitch, Sorokine se contente de nous raconter une journée ordinaire du « nettoyeur » Komiaga que l'on suit en train de liquider sauvagement un aristocrate en disgrâce, de torturer sauvagement sa femme, de brûler ses biens puis de prêter la main à des détournements de fonds à la frontière chinoise avant d'enquêter sur un dissident auteur d'un poème mettant en cause le gendre du Souverain…
Les activités mafieuses, la violence, le vice de cette bande de loups font froid dans le dos. On sait que le trait est outré, mais qu'au fond une large part de tout cela est vraie. Une fois de plus, dans la « sainte » Russie tout est permis pour assoir une idéologie et liquider les opposants. En ressuscitant une milice qui exista réellement sous Ivan le Terrible, Sorokine imagine ce que pourrait être un pouvoir qui bénéficierait de la puissance et de la logistique du KGB, des technologies les plus modernes et les plus répressives et tout cela au nom d'une foi orthodoxe pervertie dans une sorte d'Inquisition puissance X ! Roman brillant et impitoyable dont il n'est pas facile de ressortir sans avoir récolté quelques éclaboussures au passage. La condition humaine nous apparaît dans toute sa triste horreur. le style alerte rend ce livre facile à lire bien que l'on se prenne de temps en temps à penser que l'auteur a vraiment pris un malin plaisir à accumuler une telle quantité de monstruosités et de perversions sur si peu de temps… Diabolique !
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Yuean
  28 décembre 2016
Roman-fiction d'un auteur russe contemporain, Journées d'un opritchnik nous propulse dans la vision du monde tel que l'auteur l'imagine à la fin du siècle.
Ainsi, la Russie est redevenue un état quasi-monarchique sous la coupe du clergé orthodoxe, dans lequel le monarque régnant doit se faire respecter des barrons locaux, qu'il fait ou défait au gré d'expéditions punitives violentes. Les meilleurs soldats ont le droit aux meilleurs drogues et il faut avoir sanguinairement mérité ses récompenses militaires. L'Europe est un continent amorphe et exsangue, gangréné par une crise qui n'en finit pas. Quelques poches de guerres intestines permettent aux nations dominantes d'y imposer leurs vues, les Etats affaiblis consacrant la majeure partie de leurs budgets à la Défense et à l'achat de gaz à la Russie. le peuple quant à lui est en pleine déchéance : appauvri, affaibli, il utilise le peu de ressources qu'il lui reste pour acheter des drogues destructrices. Les USA se sont repliés sur le bassin caribéen et à l'intérieur de leurs frontières, occupés à gérer des guerres civiles et des émeutes de quartier quasi permanentes. La Chine, enfin, est décrite comme un partenaire incontournable mais tyrannique et peu fiable, qui a étendu sa présence à travers toute l'Eurasie par le biais d'infrastructures que les Etats voisins n'ont pas eu les moyens de contrer.
Une vision intéressante bien que très décliniste, et en cela en accord avec le discours poutinien officiel. Un récit très cru, violent mettant en scène des militaires d'élite blasés par le sang et le viol qu'ils considèrent comme leur mission quotidienne, où rien des exactions du bataillon du personnage principal n'est épargné au lecteur. Pas mal, mais un peu trop glauque et partisan à mon goût.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
mylenamylena   10 mars 2022
En sortant mon portefeuille, j'examine le vitrine. Il y a l'éventail standard d'un kiosque : des paquets de cigarettes "Patrie" et des paquets "Russie", de la vodka "Orge" et de la vodka "Froment", du pain noir et du pain blanc, des bonbons "Ourson pataud" et des bonbons "Ourson du Nord", de la marmelade aux pommes et de la marmelade aux prunes, du beurre et de l'huile de carême, de la viande avec des os et de la viande désossé, [...]
Le père du Souverain, feu Nikolaï Platonovitch, a eu une bonne idée en liquidant tous les supermarchés étrangers et en les remplaçant par des boutiques russes. Et en décidant que dans chaque boutique les produits présentés seraient de deux sortes afin que le peuple puisse faire son choix. Cette décision était pleine de sagesse et de profondeur. Car notre peuple porteur-de-Dieu doit choisir l’un des deux, et non parmi trois ou trente-trois. Ayant le choix entre deux produits, le peuple acquiert une égalité d’âme, l’assurance de pouvoir s’abreuver tout son soûl le lendemain, cela lui évite de vaines affres, et par conséquent il est rassasié. Et que de grandes œuvres peut-on accomplir avec un peuple ainsi rassasié !
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colimassoncolimasson   30 mai 2013
Comme le patron a été avisé en inventant la chenille ! Auparavant, nous nous répartissions par couple ce qui faisait peser sur l’opritchnina l’ombre de la menace d’une divergence. Une limite est maintenant posée à la jouissance par couples. Nous œuvrons ensemble et nous jouissons ensemble. Ce sont les cachets qui nous y aident. La chose la plus avisée, en fait, c’est que les jeunes de l’opritchnina se bousculent toujours dans la queue de la chenille. Cette règle est judicieuse pour deux raisons : premièrement, les jeunes se font leur place au sein de notre hiérarchie, deuxièmement, le mouvement de la semence se transmet de la queue de la chenille vers sa tête, ce qui symbolise le cycle éternel de la vie et le renouvellement de notre fraternité. D’une part, les jeunes respectent les plus anciens, de l’autre, ils les nourrissent. C’est sur ces principes que nous tenons. Et loué soit Dieu !
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colimassoncolimasson   28 mai 2013
Chacun s’approche, reçoit son cachet et le place sous sa langue, puis s’écarte. C’est mon tour. Je prends ce cachet d’aspect banal. Je le mets dans la bouche tandis que mes doigts tremblent déjà ; mes genoux ont du mal à me porter et mon petit cœur bat comme un marteau inquiet, le sang tarabuste mes tempes comme les opritchniks la demeure d’un nobliau.
Ma langue qui tressaille recouvre le cachet, tel un nuage enveloppant une église au sommet d’une colline. Il fond, il fond délicieusement sous ma langue dans la salive qui jaillit, telle la crue de printemps du Jourdain. Mon cœur bat, ma respiration est saccadée, l’extrémité de mes doigts refroidit, mon regard perce mieux la pénombre. Arrive enfin ce que l’on espérait depuis longtemps : un afflux de sang dans la mentule. Je baisse mes yeux. Je la vois qui en est injectée. Elle se lève, rénovée, avec deux enchâssements cartilagineux, une extrémité en hypertoile, des galets en relief, une vague de chair, un tatouage mobile. Elle se dresse, telle la trompe d’un mammouth de Sibérie. Et sous la vaillante mentule, les couilles pesantes restent dans la chaleur d’un feu pourpre.
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colimassoncolimasson   01 avril 2013
Je reste assis, gardant ma tête baissée qui n’est pas encore disposée au réveil : hier, il a fallu de nouveau se pocharder. J’avais pourtant fait serment de ne boire et de ne sniffer qu’avec les frères ; j’ai accompli quatre-vingt-dix-neuf prosternations de repentance à la cathédrale de la Dormition et prié saint Boniface. Queue de chie ! Que faire dès l’instant que je ne peux rien refuser au boyard Kirill Ivanovitch ? Il est malin, le bougre.
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colimassoncolimasson   19 avril 2013
Le père du Souverain, Nikolaï Platonovich, a publié en son temps un grand édit « Sur l’usage des drogues revigorantes et relaxantes ». D’après cet édit, la blanche, la codéine et l’herbe sont une fois pour toutes autorisées pour la consommation de masse. Car elles ne sont pas nuisibles à l’Etat et ne font qu’apporter une aide aux citoyens dans leur travail et leur repos. Dans n’importe quelle pharmacie on peut acheter un grain de blanche au prix standard fixé par l’Etat : deux roubles et demi. Dans toutes les pharmacies, sont installés des comptoirs afin que les travailleurs puissent dès le matin ou durant la pause du déjeuner sniffer et se rendre au travail plein d’entrain pour le bien de l’Etat russe.
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