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ISBN : 9791022606936
Éditeur : Métailié (31/08/2017)

Note moyenne : 4/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Ernesto a 12 ans lorsqu’on lui annonce la mort de son père dans les troupes cubaines envoyées en Angola. Fini les aventures trépidantes avec ses amis Lagardère et la belle capitaine Tempête, lui, le courageux comte de Monte-Cristo, se voit obligé de devenir “le fils du héros”, une tâche particulièrement lourde dans un pays socialiste.

Plus tard, obsédé par cette guerre dans laquelle son père a disparu, il étudie avec passion cette période sur laquelle... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
hardylindsay
  21 septembre 2017
Roman essentiel de vérité, criant de douleur, le fils du héros est le témoignage d'une génération cubaine en quête de sens. Servi par une écriture narrative précise et riche ce roman est ma première expérience littéraire cubaine, et quelle expérience! de nature curieuse j'aime que mes lectures transgressent des barrières jusqu'alors inédite et m'apporte surtout un savoir, un regard différent sur certains évènements, historiques par exemple. Et cet exemple est aujourd'hui assouvi avec ce livre précieux où l'auteur fait le récit d'un Cuba belliqueux embourbé dans une guerre qui n'est finalement pas la sienne, du moins pas celle du peuple.
Sous l'apparence du jeune Ernesto, douze ans lorsqu'il perd son père lors de la guerre en Angola, Karla Suarez nous narre l'histoire de son pays et de cette page de l'histoire à travers de petites anecdotes sous l'oeil naïf de l'enfance. le récit s'ouvre sur ce drame qui détermine la vie d'Ernesto, ses choix comme son rapport à sa famille. Devenu « le fils du héros » toute sa vie durant il devra porter ce lourd fardeau et comprendre que les héros ne sont pas toujours ceux que l'on croit. Traumatisé par cette guerre qui débute dans les années 60 pour se terminer à la fin des années 80, il nous raconte par touches ce pays socialiste qui la vue grandir et son rapport au monde qui l'on conduit à vivre de l'Allemagne au Portugal. C'est une fois adulte qu'il a l'idée d'écrire un blog dédié à ce pan de l'histoire comme pour mieux la comprendre et en exorciser ses démons. Seulement l'Histoire est complexe, les informations souvent erronées jusqu'au jour où il fait la rencontre d'un certain Berto Tejera Rodriguez, parti à la même période que son père…
Entre aller et retour dans le temps l'auteure a su attiser ma curiosité en créant une tension dramatique, effet étoffé grâce au personnage énigmatique de Berto mais surtout à travers des débuts de chapitres où l'on comprend que le personnage d'Ernesto est sur le départ pour l'Angola mais dont on ignore le but. J'ai beaucoup aimé les épisodes de sa vie à Cuba qui illustre bien l'innocence avec laquelle il regarde sa patrie pour, petit à petit, observer avec un prisme nouveau cette révolution sociale avec notamment cette guerre qui n'en finit pas.
De son regard d'adulte on devine le cynisme, la rancoeur qui le consume pour, peu à peu, le détruire lui et son entourage. La tension monte comme la guerre avec la venue du personnage de Berto pour enfin nous livrer son secret bouillant, suintant, poreux quitte à détruire toutes les certitudes sur son passage. C'est ça que j'ai aimé dans ce roman, les fuites nostalgiques d'apparence banales d'un enfant qui passe de l'adolescence à l'adulte sans édulcorant et le côté sombre et lucide d'un évènement qui fait l'être d'aujourd'hui.
Ignorant totalement cette partie de l'histoire cubaine, j'ai particulièrement apprécié m'y pencher sous la plume de Karla Suarez qui couche avec une précision émotionnelle les souvenirs tissés d'un gouvernement pour son peuple. Elle soulève ainsi la question de l'enrôlement mentale et la vision des habitants sur leur propre société. Comme un règlement de compte, j'ai été emballée par sa passion malgré quelques répétitions et longueurs, emballée par ce personnage voulant en découdre avec son Histoire et surtout par cette fin à laquelle on ne s'attend pas.
Une ode à la liberté, un détachement du poids familial et sociétal, voilà ce que rend ce roman aux Cubains qui ne peuvent plus dire « nous ne savions pas ». Un exercice périlleux, courageux car il n'est pas aisé de ressusciter le passé et encore moins de l'écrire. Merci à lecteurs.com pour cet envoi, vous avez émerveillé ma rentrée en me sélectionnant en tant qu'Exploratrice de la rentrée littéraire!
Lien : http://bookncook.over-blog.c..
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zazy
  10 septembre 2017
« Mon père a été tué un après-midi sous un soleil de plomb… Il était à l'autre bout du monde, dans la forêt obscure d'Angola. Et nous, dans l'île où la vie continuait plus ou moins comme d'habitude, sous notre soleil quotidien. »
A douze ans, Ernesto apprend la mort de son père dans une guerre qui ne les concerne pas, l'Angola est si loin. le voici devenu le chef de la famille, le fils du Héros pour tout son petit monde. Une carapace dure à porter qui le marque à jamais.
« Maintenant tu es l'homme de la maison, tu n'es plus un enfant. Et les hommes ne pleurent pas, ne l'oublie jamais. ». Et il ne pleure pas, enfouit tout au fond de lui son chagrin, perd l'innocence propre à l'enfance. S'il n'y avait que le décès de son père ! Juste avant dans leur petit bois, il a vu Monsieur de Lagardère caresser la joue de Capitaine Tempête. Excuse, cher lecteur, je suis allée un peu vite en besogne. Capitaine Tempête, c'est l'héroïne de ses rêves et son amie, Lagardère son ami, Ernesto est le Conte de Monte Cristo. Oui, cette journée, tout son univers s'est écroulé. Mais il n'a pas pleuré, non, il n'a plus pleuré et tout gardé.
Ernst cherche sans fin une trace de son père, espère trouver des camarades de guerre, des personnes qui auraient pu le voir dans ses derniers instants. Il fait des recherches de plus en plus poussées sur la guerre en Angola. Il créé un blogue pour partager des informations avec d'autres blogueurs, chercher des traces, remonter le temps, remplir le vide du père par des faits, des dates… Ce faisant, il met des mots, des faits, des dates sur une guerre dont personne ne veut parler. Ernesto voudrait trouver un sens à l'engagement de son père, un sens à cette guerre, un sens à sa vie. Son obsession du père aura raison de son mariage avec Renata. Installés au Portugal, Ernesto fait la connaissance d'un certain Berto « C'est l'étrange petit bonhomme qui se déplace lentement sur l'échiquier. » Discussion autour d'une partie d'échecs où Berto est maître « L'Angola avait été l'échiquier où s'était jouée la dernière partie d'échecs de la guerre froide ». « A la guerre comme aux échecs, on dispose de deux armes secrètes : la tactique et la stratégie. L'une consiste à savoir observer, l'autre à savoir réagir ». Sur cet échiquier mondial, les pauvres soldats sont les pions, ceux qui ne décident de rien et subissent, pour la grandeur d'un pays, d'une idéologie en regard avec la guerre froide.
Je me promène entre hier et aujourd'hui, entre le fils du héros et l'homme qu'il est devenu, entre Cuba et le Portugal.
Au cours de ma lecture, je vois se modifier le visage de Cuba qui passe de l'euphorie de la Révolution et du Che aux petites magouilles pour survivre, à la longue déliquescence de ce pays abandonné par l'URSS, depuis qu'elle est redevenue la Russie.
La structure du roman est originale. Chaque chapitre porte le nom d'un roman d'un autre auteur (La forêt obscure, le Bossu, L'Ultime territoire…) très suggestif quant au contenu. Karla Suarez, d'une écriture fluide, avec des pointes d'ironie, fait monter la mayonnaise et offre une fin surprenante.
Un très bon roman qui met en lumière un pays et son histoire.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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traversay
  20 septembre 2017
En 2007, 39 écrivains latino-américains ont été sélectionnés parmi les plus prometteurs de moins de 40 ans. Beaucoup ont confirmé leur talent depuis : Adriana Lisboa (Brésil), Jorge Volpi (Mexique), Santiago Roncagliolo (Pérou), Wendy Guerra (Cuba), entre autres. Et aussi Karla Suarez, qui n'a écrit que 4 romans, mais tous remarquables et le dernier en date, le fils du héros, n'est pas le moindre. La romancière se met dans la peau d'Ernesto, cubain né à la fin des années 60. La mort de son père, soldat en Angola, est le traumatisme de son enfance dont il ne se remettra jamais, devenant littéralement obsédé par les circonstances de sa disparition au point de ne s'intéresser qu'à cela et de compromettre ses relations amoureuses. Karla Suarez possède un fabuleux sens du rythme et une fluidité d'écriture admirable. Plutôt que de recourir à une progression chronologique classique avec flashbacks intégrés, elle enchevêtre les différentes périodes de la vie d'Ernesto, dans chaque chapitre, sans jamais égarer le lecteur. le fils du héros excelle à superposer récit intime et faits historiques, au gré de l'évolution de la propagande étatique cubaine qui fait illusion avant de créer une génération de déçus, premiers critiques d'une politique désastreuse alors que de plus en plus de citoyens fuient un pays dont ils garderont pourtant toujours la nostalgie. Ernesto, au demeurant, n'est pas un personnage sympathique : égoïste, maladroit, peu doué pour les relations humaines, introverti ... Mais touchant, aussi, de par ses imperfections, avec à ses côtés une mère, une soeur, un ami et une épouse aimants et indulgents (jusqu'à un certain point). le fils d'un héros est un roman passionnant, incroyablement attachant et dense, fourmillant de détails sur la vie quotidienne à Cuba et sur celle des émigrés à Berlin ou Lisbonne. Plaisir supplémentaire : son dénouement, inattendu et qui rebat complètement les cartes. Magistral ! Magnifique ! Mémorable !
Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
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DOMS
  10 octobre 2017
Le fils du Héros, c'est Ernesto. Son père meurt en Angola lorsqu'il est tout jeune, aprè de brillantes études il va vivre à Berlin puis à Lisbonne. Alternant passé et présent, l'auteur nous montre l'importance de la quête du héros, père absent, dans ce régime qui vénère ses militaires morts pour la patrie sur les lointaines terres d'Afrique.
Mais Ernesto est obsédé par la quête de ce père inconnu. Sa femme finit par le quitter, ne pouvant pas lutter contre cette introspection intime en même temps qu'introspection dans l'histoire récente du Cuba. Pourquoi cette guerre, pourquoi tant d'hommes sont-ils partis pour mourir là-bas, et au nom de quelle liberté ? La plaie est profonde, Ernesto élevé en « fils de » va souffrir de cette absence qui a fait de lui un être à part, un des rares à pouvoir être fier, mais fier de quoi, du vide, de l'absence ?
Je me suis laissée porter par cet enfant sans père, ce mari qui oublie de vivre avec sa femme pour courir après les ombres, ce cubain qui ouvre enfin les yeux sur l'absurdité du régime et des guerres. J'ai adoré la créativité de l'auteur. Reliant l'intime à l'Histoire, Karla Suarez nous entraine dans les méandres historiques de son pays, et nous donne énormément d'émotion à suivre son fils de héros, une jolie découverte.

Lien : https://domiclire.wordpress...
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critiques presse (1)
LaCroix   10 novembre 2017
Dans « Le Fils du héros », roman de Karla Suarez, Ernesto est obsédé par le passé et la mort de son père, au point de manquer son propre présent…
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
michelekastnermichelekastner   15 novembre 2017
Renata ne voulait pas comprendre. Peut-être parce qu'elle était péruvienne, je ne sais pas, mail elle a toujours eu du mal à comprendre que dans mon pays on petit-déjeune, on déjeune et on dîne avec l'Histoire, que l'Histoire est entrée dans nos lits, dans nos familles, dans nos jeux d'enfants, et qu'elle s'est collée à notre peau. Et qu'elle m'avait fait grandir orphelin. C'est pour cela que j'avais besoin de comprendre. Au moins un peu.
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michelekastnermichelekastner   16 novembre 2017
La guerre est l'ultime territoire, où tout se passe pour la dernière fois. Un jour peut équivaloir à une année, plusieurs mois à une vie entière, la vie se perdre en une seconde et quand cette seconde est finie plus rien ne revient au point de départ.
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zazyzazy   10 septembre 2017
« Mon père a été tué un après-midi sous un soleil de plomb… Il était à l’autre bout du monde, dans la forêt obscure d’Angola. Et nous, dans l’île où la vie continuait plus ou moins comme d’habitude, sous notre soleil quotidien. »
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Videos de Karla Suárez (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Karla Suárez
Karla Suárez - La Havane année zéro .Karla Suárez vous présente son ouvrage "La Havane année zéro" aux éditions Métailié.http://www.mollat.com/livres/karla-su%C3%A1rez-havane-annee-zero-9782864248613.htmlNotes de musique : Bolero - The Dance Master Classics - 8 - Aquellos ojos verdes
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