AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 9791022606936
Éditeur : Métailié (31/08/2017)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Ernesto a 12 ans lorsqu’on lui annonce la mort de son père dans les troupes cubaines envoyées en Angola. Fini les aventures trépidantes avec ses amis Lagardère et la belle capitaine Tempête, lui, le courageux comte de Monte-Cristo, se voit obligé de devenir “le fils du héros”, une tâche particulièrement lourde dans un pays socialiste.

Plus tard, obsédé par cette guerre dans laquelle son père a disparu, il étudie avec passion cette période sur laquelle... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Bazart
  05 janvier 2018
C'est dans un café de Lisbonne qu'Ernesto, ingénieur cubain, rencontre Berto, un vieux monsieur expatrié comme lui. Berto, qui est un ancien combattant d'Angola, ne peut qu'intriguer le quadragénaire, son père, Miguel Angel, est mort dans ce pays d'Afrique. Alors Ernesto se souvient de son enfance à Cuba dans une famille d'intellectuelle épousant les idées de la révolution.
Orphelin à douze ans, il devient aussi un exemple pour tout le quartier, il est le fils du héros et le fils d'un héros doit être exemplaire. Brillant étudiant il partira travailler en Allemagne et au Portugal, au gré de ses amours, mais Ernesto cache une fêlure, il ne s'est jamais remis de la mort de son père et à Cuba un garçon ne pleure jamais, c'est sa grand-mère qui le lui a dit.
Quel beau roman tendre et délicat, Karla Suarez nous prend par la main et nous raconte Cuba, son pays. Au coeur de la havane, en pleine guerre froide, des enfants jouent et étudient, des familles militent, s'aiment et se déchirent.
Saga familiale, politique et humaniste, la romancière interroge la géopolitique de la fin du siècle dernier et comme elle aime aussi la littérature elle convoque Dante, Goethe, Vian, Camus, Hemingway, Yourcenar, Kundera et autres glorieux ainés pour le plus grand plaisir du lecteur.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          392
Titania
  15 mai 2018
J'ai suivi Karla Suárez, par curiosité, dans un roman sur une jeunesse à Cuba. Elle nous conte, entre quotidien et grande Histoire, une histoire de guerre triste comme toutes les guerres avec son cortège de dégâts collatéraux, mort, deuil, silence et incompréhension. Elle veut nous faire partager les cicatrices laissées par la guerre en Angola pour les gens de sa génération, ceux dont les pères ne sont pas toujours rentrés au pays.
C'est L'histoire d'Ernesto, même prénom que le Che, entre Cuba, Berlin, Lisbonne, l'Angola…à la poursuite de lui-même, pour remplir les vides laissés par les non dits.
Cuba, ce n'est pas du tout mon secteur géographique de prédilection , mais quand l'écriture est belle dès les premières lignes, on part n'importe où avec un auteur, et là j'ai découvert ce que c'est de grandir dans ce pays dans les années 70 ou 80, dans un monde moins triste que dans nos représentations centrées sur Fidel et sa paranoïa.
l'Angola, c'était il y a longtemps et pas dans les gros titres de notre presse, je ne connais rien de ce conflit, ni ce qu'y faisaient les Cubains, rapide coup d'oeil sur Wikipedia, une espèce de bourbier où les grandes puissances se sont faits la guerre par alliés interposés.
J'ai adoré les pages sur l'enfance, marquée par des héros de romans d'aventure. Des gosses jouent à la « guerre froide » sous le regard amusé des adultes , une famille aimante et assez bouillonnante, latine dans ses solidarités et disputes. J'aime beaucoup tout ce récit d'enfance, pétillant et joyeux, les petites peines de coeur, des morsures qu'on emporte longtemps avec soi, les bêtises et les transgressions, cette vieille voiture américaine qu'on répare, la maison de vacances.
ce temps de l'innocence finit avec la nouvelle de la mort du père, qui fige tout dans un impossible deuil pour Ernesto, 12 ans, sommé de devenir un homme du jour au lendemain.
J'ai aimé le récit bien mené de cette quête de vérité, loin de l'histoire officielle, et cette volonté d'émancipation qui passe par la recherche et l'écriture d'un blog sur l'Angola, pour solder le passé, la rencontre avec un ancien combattant mystérieux, taiseux, mais chaleureux. La fin du roman nous prend un peu par surprise, apportant une nouvelle nuance de complexité à toute cette affaire.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          260
Archie
  18 décembre 2017
Le fils du héros est un roman bien construit et captivant, dont l'auteure, Karla Suarez, est née à La Havane en 1969, tout comme Ernesto, son personnage principal et narrateur.
Tout est dit dans le premier chapitre. Enfin, presque ! Il faudra quand même avoir lu le livre en entier pour en comprendre les tenants et aboutissants. Pourquoi Ernesto, que sa femme Renata a récemment quitté, prend-il l'avion pour l'Angola ?
Tout avait commencé pour lui, trente ans plus tôt, à l'âge de douze ans, le jour de l'annonce de la mort de son père, tué en Angola, où il avait été mobilisé dans les forces armées cubaines venues soutenir un mouvement indépendantiste « ami ». Dans son quartier, au lycée, puis à l'université, Ernesto était ainsi devenu le fils du héros.
En dépit de l'absence d'un père qui avait compté dans son enfance, Ernesto aura vécu une adolescence pleine et heureuse, entouré d'une famille unie et d'amis fidèles. Révolution castriste oblige, il aura fallu supporter quelques « volontariats organisés » : travaux agricoles, préparation militaire, agitation de petits drapeaux sur le passage de chefs d'états en visite. Mais Cuba, ce n'est pas la Corée du Nord – où en tout cas ce qu'on en imagine. Cuba, ce sont les Caraïbes, le soleil, la mer, la plage, la musique, la fête. Ce sont aussi des universités et des bibliothèques de qualité. Dans les années quatre-vingt, les jeunes ont en tête des modèles occidentaux dont ils n'ignorent rien. Grâce aux amis dont les familles sont bien placées, on récupère en douce de la musique américaine, des vêtements à la mode. C'est l'âge d'or de la révolution castriste, généreusement sponsorisé par l'Union Soviétique.
Tout change dès le début des années quatre-vingt-dix. Effondrement de l'URSS et de sa sphère d'influence. Paix en Angola, où la guérilla entre des factions soutenues par les grandes puissances n'était qu'une déclinaison locale de la guerre froide, désormais reléguée sur les rayons de l'Histoire.
Devenu adulte, Ernesto s'interroge sur la mort de son père. Un noble sacrifice, dit-on officiellement à La Havane. Qu'allait-il faire dans cette galère, a plutôt envie de dire Ernesto. Pourquoi le régime avait-il sacrifié la vie de milliers de compatriotes tombés en Angola ? Oh certes, on avait célébré le culte des héros. Ils avaient eu droit à des funérailles nationales en grande pompe. Les familles avaient été soutenues financièrement… tant que l'Etat en avait eu les moyens. Car à Cuba, isolée politiquement et commercialement, c'est désormais la crise économique et l'austérité.
Le destin de son père va miner la vie d'Ernesto, malgré l'amour de Renata, une étudiante bénéficiant d'une double nationalité péruvienne et allemande, qui a jeté son dévolu sur lui. Une fois mariés, elle l'emmène vivre à Berlin, puis à Lisbonne, où Ernesto rencontre des compatriotes exilés, dont certains ont combattu en Angola. L'un d'eux, Berto, un petit homme au comportement étrange, a l'âge qu'aurait eu son père. La question de la mort du père devient une obsession dans laquelle Ernesto s'enferme. Il monte un blog pour rechercher d'autres anciens combattants et réunir des informations sur la présence des Cubains en Afrique, fouille dans les archives de presse, rassemble des ouvrages sur l'Histoire. Il se replie sur lui-même, au point de gâcher sa vie, sa vie professionnelle et surtout sa vie conjugale, menant son épouse Renata au-delà de ce que peut supporter son empathie et sa patience, incapable qu'il est de partager sa douleur avec elle.
Dans chaque chapitre de son récit, Ernesto entrecroise son quotidien obsessionnel à Lisbonne, avec ses premières enquêtes à Berlin et les souvenirs attendris de sa jeunesse à La Havane. Cela brouille un peu la compréhension du lecteur, qui a par moment l'impression que l'intrigue tourne en rond. Une construction littéraire probablement intentionnelle, qui permet à l'auteure de faire monter la tension progressivement jusqu'au dénouement final très inattendu.
Une narration continue, quasiment sans dialogue. L'écriture de Karla Suarez, précise et fluide, a quelque chose d'enveloppant. L'auteure s'est aussi attachée à illustrer chaque chapitre par le nom d'un ouvrage de la littérature universelle. Une table de vingt-cinq titres qui va de Dante à Kundera, en passant par Goethe et Hemingway. Un geste littéraire élégant, mais plus symbolique que profond.
Le fils du héros est un roman psychologique placé dans un contexte historique et politique réel. Une fiction romanesque attachante et émouvante, aux confins d'un système où Fidel Castro sera parvenu pendant trente ans à faire croire qu'il était plus qu'un simple pion sur l'échiquier mondial. La disparition du système soviétique l'aura ramené à sa juste importance, limitée aux frontières de Cuba, où la politique de « rectification des tendances négatives », annoncée à coup de discours-fleuves et accompagnée de simulacres de procès suivis d'exécutions, aura rencontré scepticisme et ironie dans les foyers havanais, sous une apparence factice d'approbation collective.
Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
Cacha
  12 avril 2018
L'autrice nous raconte dans ce livre l'histoire d'un garçon cubain qui doit se construire en étant le fils de son père, mort en héros en Angola. Dans ce récit à la première personne, Ernesto (durant les années 70, de nombreux cubains ont été prénommés Ernesto et de nombreuses cubaines Tania, du prénom d'une autre héroïne) nous raconte ses amours ratées, sa vie professionnelle sans intérêt pour lui, sa jeune soeur pas mieux lotie que lui.
Tout cela pour arriver à une fin brutale et inattendue.
Malgré quelques longueurs, j'ai appris beaucoup sur la mentalité de Cuba et la lectrice que je suis a apprécié les dénominations de chapitres sous forme de titres de livres célèbres.
Commenter  J’apprécie          200
traversay
  20 septembre 2017
En 2007, 39 écrivains latino-américains ont été sélectionnés parmi les plus prometteurs de moins de 40 ans. Beaucoup ont confirmé leur talent depuis : Adriana Lisboa (Brésil), Jorge Volpi (Mexique), Santiago Roncagliolo (Pérou), Wendy Guerra (Cuba), entre autres. Et aussi Karla Suarez, qui n'a écrit que 4 romans, mais tous remarquables et le dernier en date, le fils du héros, n'est pas le moindre. La romancière se met dans la peau d'Ernesto, cubain né à la fin des années 60. La mort de son père, soldat en Angola, est le traumatisme de son enfance dont il ne se remettra jamais, devenant littéralement obsédé par les circonstances de sa disparition au point de ne s'intéresser qu'à cela et de compromettre ses relations amoureuses. Karla Suarez possède un fabuleux sens du rythme et une fluidité d'écriture admirable. Plutôt que de recourir à une progression chronologique classique avec flashbacks intégrés, elle enchevêtre les différentes périodes de la vie d'Ernesto, dans chaque chapitre, sans jamais égarer le lecteur. le fils du héros excelle à superposer récit intime et faits historiques, au gré de l'évolution de la propagande étatique cubaine qui fait illusion avant de créer une génération de déçus, premiers critiques d'une politique désastreuse alors que de plus en plus de citoyens fuient un pays dont ils garderont pourtant toujours la nostalgie. Ernesto, au demeurant, n'est pas un personnage sympathique : égoïste, maladroit, peu doué pour les relations humaines, introverti ... Mais touchant, aussi, de par ses imperfections, avec à ses côtés une mère, une soeur, un ami et une épouse aimants et indulgents (jusqu'à un certain point). le fils d'un héros est un roman passionnant, incroyablement attachant et dense, fourmillant de détails sur la vie quotidienne à Cuba et sur celle des émigrés à Berlin ou Lisbonne. Plaisir supplémentaire : son dénouement, inattendu et qui rebat complètement les cartes. Magistral ! Magnifique ! Mémorable !
Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          182

critiques presse (1)
LaCroix   10 novembre 2017
Dans « Le Fils du héros », roman de Karla Suarez, Ernesto est obsédé par le passé et la mort de son père, au point de manquer son propre présent…
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   05 janvier 2018
Je me souviens des derniers mois où mon père était avec nous comme d’une longue période. Ces mois, ma mémoire les a répétés à l’infini. Voir et revoir le film. Le revoir encore. Comment serait la vie si on pouvait avoir conscience qu’on fait quelque chose pour la dernière fois.
Commenter  J’apprécie          181
michdesolmichdesol   22 décembre 2017
Quand j'ai créé mon blog sur la présence des Cubains en Afrique, elle trouva que c'était excessif. Je voulais me faire du mal, dit-elle, j'allais me rendre malade avec cette "obsession du passé", comme elle l'appelait. Renata ne voulait pas comprendre. Peut-être parce qu'elle était péruvienne, je ne sais pas, mais elle a toujours eu du mal à comprendre que dans mon pays on petit-déjeune, on déjeune et on dîne avec l'Histoire, que l'Histoire est entrée dans nos lits, dans nos familles, dans nos jeux d'enfants, et qu'elle s'est collée à notre peau. Et qu'elle m'avait fait grandir orphelin. C'est pour cela que j'avais besoin de comprendre. Au moins un peu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
briqueloupbriqueloup   27 juin 2018
La mémoire est comme une grande malle remplie de petites boîtes des souvenirs différents qu’on sort ou qu’on laisse selon son humeur. Le problème est que parfois, par inadvertance, une de ces petites boîtes s’ouvre toute seule et devient comme la maudite boîte de Pandore. Alors il faut s’organiser, saisir les souvenirs au vol, les remettre dans leur petite boîte, la fermer en forçant et en poser une autre dessus, pleine de moments agréables, plus forts et plus volumineux. Surtout ça : quelque chose de fort qui occupe l’espace.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
TitaniaTitania   13 mai 2018
après chaque chose, il nous reste encore l’avenir.
Commenter  J’apprécie          192
michelekastnermichelekastner   15 novembre 2017
Renata ne voulait pas comprendre. Peut-être parce qu'elle était péruvienne, je ne sais pas, mail elle a toujours eu du mal à comprendre que dans mon pays on petit-déjeune, on déjeune et on dîne avec l'Histoire, que l'Histoire est entrée dans nos lits, dans nos familles, dans nos jeux d'enfants, et qu'elle s'est collée à notre peau. Et qu'elle m'avait fait grandir orphelin. C'est pour cela que j'avais besoin de comprendre. Au moins un peu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Karla Suárez (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Karla Suárez
Karla Suarez : Une autre histoire de Cuba
autres livres classés : littérature cubaineVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1415 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre
.. ..