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EAN : 9782070387045
217 pages
Gallimard (30/11/-1)
4.08/5   783 notes
Résumé :
J'ai retrouvé ce journal dans deux cahiers des armoires bleues de Neauphle-le-Château.
Je n'ai aucun souvenir de l'avoir écrit.
Je sais que je l'ai fait, que c'est moi qui l'ai écrit, je reconnais mon écriture et le détail de ce que je raconte, je revois l'endroit, la gare d'Orsay, les trajets, mais je ne me vois pas écrivant ce Journal. Quand l'aurais-je écrit, en quelle année, à quelles heures du jour, dans quelles maisons? Je ne sais plus rien.
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Critiques, Analyses et Avis (77) Voir plus Ajouter une critique
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Un cri, une parole brute, arrachée à la mémoire, hors de toute conscience.

Marguerite attend son compagnon, Robert Antelme, que "Morland" alias François Mitterrand - à qui elle vouera, dès lors, une reconnaissance indéfectible- est allé chercher dans l'enfer des camps, usant de son impact pour faire sortir Antelme de l'infirmerie où il était retenu en quarantaine, condamné à une mort certaine.

Après celui d'une attente fiévreuse, la sienne, Duras fait le récit d'un corps qui se vide de sa mort et tente de se rouvrir à la vie: celui de Robert Antelme , l'auteur magnifique de L'Espèce Humaine.

Elle dit la dysenterie, la maigreur, la nourriture devenant menace de mort.

Elle dit le dialogue impossible entre celle qui a attendu et celui qui est revenu.

Elle dit les mots qui n'existent pas pour parler des camps.

Elle dit les ravages d'une présence vidée de toute énergie, d'une énergie réfugiée dans son silence.

Elle dit La Douleur.

Un grand texte. Unique. Foudroyant. Viscéral.

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De Marguerite Duras, je n'avais lu que "l'Amant" (Prix Goncourt 1984). Qu'on aime ou pas, elle ne laisse en aucun cas indifférente...

A la lecture de ce recueil, écrit à partir d'un journal tenu par Marguerite D. à l'arrestation de son mari en 44, je suis restée … soufflée, sidérée et sous le choc.

Ces livres que l'on referme mais qui vous reste en tête et dans le coeur des jours, des années… Un chef d'oeuvre en somme. Ce livre je ne pouvais pas le chroniquer ni à chaud, ni après… ce fut long, très long à assimiler. Toute cette horreur, l'indicible...

Même si des polémiques se sont élevées à l'époque de sa parution (doute sur la véracité du récit) il n'en reste pas moins que ces choses ont existé et peu importe si Duras l'a romancé après coup. D'ailleurs peut-on parler de « romance » ???!!!

Même si elle a retranscrit le réel en le modifiant, et quand bien même ? Elle nous dit bien qu'il s'agit un livre écrit « à partir » d'un journal écrit « à l'époque » et dont elle ne se souviens pas l'avoir écrit ? Donc il y a fatalement, réinterprétation… je le répète: et quand bien même … cela reste un témoignage fort, dénué de sensibilité certes, mais saisissant, ce qui donne une profondeur particulière au récit.

Les phrases succinctes, brèves, brusques, syncopées et sans apparat contribue à l'effet « choc ». Elle nous balance l'horreur en pleine figure. C'est un récit de l'attente, d'une longue attente. Les trajets, les va-et-vient de son appartement à la Gare d'Orsay et de son appartement à l'hôtel Lutétia aussi.

J'ai reçu les mots comme des coups de poings. Ces mots qui claquent comme des coups de fusil marquent votre esprit, durablement. Un condensé brut d'émotions qu'elle n'exprime pourtant pas. Parce que la « douleur » est au-delà des mots.

J'ai attendu de prendre de la distance. de laisser les émotions fortes retomber un peu. J'ai attendu 12 ans… eh, oui, 12 années pour réussir à avoir la tête à peu près froide et pour être capable de parler de cet écrit. Livre peut être lu trop jeune… et qui m'a fait l'effet d'une déflagration.

Oui, ce livre m'a terrassée, me laissant horrifiée. La force du propos vous gifle et vous laisse K.O. scotchée et même pire.

C'est une oeuvre féroce et terriblement « humaine » dans la déshumanisation ». Souffrances physiques, souffrances morales et la redondance des termes scatologiques entre pour beaucoup dans la violence que produit le texte.

La minutie des descriptions de toutes les étapes endurées par son mari (la nourriture, les excréments) et par elle par contre-coup est éprouvante. C'est un lent et difficile chemin vers la « résurrection » où rien ne nous est épargné à la limite du tolérable parfois. C'est déchirant d'impuissance.

S'agit-il d'exorciser la douleur en la couchant sur du papier, en la nommant dans toute son ignominie avec la plus grande impudeur. Transformer la douleur en spectacle pour en déplacer la source puis l'oublier (c'est la raison pour laquelle elle ne se souvient pas de ce journal ?).

Marguerite Duras fait partie du courant néo-réaliste avec un style d'écriture bien particulière. Ses phrases déstructurées, épileptiques, spasmodiques, saccadées nous fait penser à du langage vernaculaire (langage parlé par une communauté - qu'elle seule connaitrait...), où l'espoir est martelé comme un mantra puis succède au désespoir ou entre désespérance et espoir dans la même phrase. Parfois même il n'y a pas d'alternance, c'est les deux à la fois simultanément.

Ceci relève d'un très grand modernisme pour l'époque où les romans « classiques » ne marquent pas de discontinuité dans le temps, entre autres.

Ce style révolutionnaire (révolution du style dit classique) n'est pas compris par tous (et jusqu'à maintenant). de même que ses prises de position ultérieures feront débat. Son alcoolisme avéré n'aidera pas non plus. Elle reste cependant une grande femme de lettres contemporaine complètement avant-gardiste et novatrice.

Ce récit est suivi de cinq autres nouvelles sur les réseaux de résistance, l'épurement forcené et aveugle (tuer tous au moindre soupçon – comme en 1789 !) exprime le besoin de vengeance. Ces nouvelles parlent des persécutés et des délaissés. Un condensé des différentes facettes de la guerre, un panel de situations aussi bien du côté des « vainqueurs » que des « vaincus ».

Fiction ou non, ou en partie, ça reste et restera une oeuvre majeure à mon sens.

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De courtes phrases, de petits mots, simples et profonds, ils nous font vivre l'instant de la douleur. Sans enthousiasme, on lit le livre calmement comme si on entendait un petit vent siffler à nos oreilles. On se laisse emporter par le bruit silencieux des mots, on se rapproche tout doucement de la douleur...de celle qui attend l'être aimé, revenu des camps de concentration...de celle qui se sent persécutée par un agent de la Gestapo...

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Ce recueil de Marguerite Duras, une de mes autrices et auteurs préféré.e.s a été publié en 1985, alors qu'elle venait d'avoir l'année précédente la consécration du Goncourt pour l'Amant.

Ce recueil rassemble 6 nouvelles, dont la plus importante en taille et en source de réflexions donne le titre au livre. Tous ces textes ont une relation avec la période de la Libération à la fin de la seconde guerre mondiale, pendant laquelle Duras fit partie de la Résistance. de ces nouvelles, les 4 premières ont un contenu autobiographique, les deux autres sont de courtes fictions. Toutes ont été écrites à quarante ans de distance des événements, et même si Duras dit de la première, La douleur, qu'elle a pour base un journal retrouvé, et dont elle ne se souvient pas, sa forme, et les procédés employés dont Duras a le secret, est celle d'un récit recomposé.

Avant de commenter un peu plus en détails le récit principal « La douleur », je voudrais insister sur la structure de l'ouvrage, que j'ai trouvée subtile.

En effet, Duras nous fait passer progressivement du récit réaliste au récit imaginaire en évoquant différentes facettes de l'être humain face à la guerre, avec cette science du non-dit qui lui est si particulière.

Et puis de la « honte de la littérature » qu'elle nomme pour le premier récit, au dernier où « tout est inventé ».

De « La douleur », le récit le plus terrible, qui décrit l'attente de son mari, Robert Antelme ici nommé Robert L., puis les conditions dramatiques de son retour des camps, un récit plein de vérité et d'humanité, on passe dans « X dit ici Pierre Rabier », à un récit plus anecdotique, mais que Duras évoque comme le souvenir d'une peur terrifiante, celle que lui a laissé un agent allemand ambigu se faisant passer pour un français, capable autant de cruauté que de clémence, aveugle à la situation de son pays et rêvant d'un avenir de bouquiniste; puis à « Albert des capitales », où Duras se revendique (« Thérèse c'est moi ») comme la résistante sans pitié lors de la torture d'un « collabo », en contradiction avec l'humanité et la pitié dont elle fait preuve dans La douleur.

Puis, Ter le milicien clôt la série des nouvelles « réalistes », par un étrange récit de l'attirance physique pour cet homme qui fit partie de la milice de Vichy.

Enfin, les deux derniers sont, selon Duras, des récits inventés, dans lesquels l'auteure excelle à nous rendre indécis le sens, mais c'est l'émotion qui nous bouleverse dans le dernier qui se veut raconter «l'amour fou pour la petite juive abandonnée ».

Tout ceci pour dire que, pour moi, le livre « La douleur » ne se résume pas au premier récit, mais que les autres contribuent à façonner un ensemble cohérent.

Et pourtant, ce premier récit est majeur, mais difficile à commenter. Duras nous dit qu'elle a retrouvé les pages d'un journal dont elle n'a aucun souvenir, et qu'elle s'est trouvée « devant un désordre phénoménal de la pensée et du sentiment auquel je n'ai pas oser toucher et au regard de quoi la littérature m'a fait honte ».

Mais la forme a sans nul doute été retravaillée (à la fin, d'ailleurs le récit n'est plus linéaire), pour nous livrer des pages d'une extraordinaire intensité, parfois insoutenable. D'abord, une attente du mari, Robert L., décrite comme une sorte de cauchemar éveillé, d'obnubilation de la pensée, d'une douleur psychique qui anéantit le corps. Puis, le chef du réseau, Morland (c'est François Mitterand) décide d'envoyer deux hommes chercher Robert L. en Allemagne; ils ramènent un être humain au bord de la mort, ne pesant plus que 35 kilos, qu'il va falloir ré-alimenter progressivement, atteint d'une terrifiante diarrhée, qui va céder au fil des jours. le récit raconte sans nous épargner les détails, toute l'horreur de l'état de Robert L.. Et puis, c'est un rétablissement très lent qui s'installe. Et enfin, tout en écrivant qu'elle s'est séparée de Robert L., Duras termine sa narration sur quelques pages lumineuses et pleines de tendresse.

J'ai aussi relevé qu'apparaissent dans ce texte des phrases très critiques, dans ce contexte de la Libération, d'un De Gaulle qui refuse « d'intégrer la douleur du peuple dans la victoire, de peur d'affaiblir son rôle à lui », mais j'en retiens surtout celles extraordinaires sur la découverte de l'extermination des juifs: « C'est en Europe que ça se passe. C'est là qu'on brûle les juifs, des millions. C'est là qu'on les pleure. » Mais plus encore, c'est cette idée singulière de la nécessité, pour dépasser cette horreur accomplie, d'assumer notre solidarité avec les bourreaux comme avec les victimes: « nous sommes aussi de la race des nazis ». Et ces phrases surprenantes mais pleines de sens: «La seule réponse à faire à ce crime est d'en faire un crime de tous. de le partager. de même que l'idée d'égalité, de fraternité. Pour le supporter, pour en tolérer l'idée, partager le crime. »

En conclusion, même si beaucoup de romans de Duras ont une part auto-biographique, celui-là est unique par la tension qui s'en dégage, et surtout par l'horreur, la souffrance mais aussi l'humanité qui émanent du premier récit.

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Bouleversant!

« La douleur » de Marguerite Duras est un recueil de six textes publiés en avril 1985 et dont le titre reprend celui du premier récit qui est aussi le plus long et sans conteste le plus frappant. Il traduit l'angoisse intolérable et le déchirement intérieur.

Dans ce texte, Marguerite Duras raconte l'insupportable attente du retour de déportation de son mari, Robert Antelme (Robert L. dans le texte), à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Ce récit autobiographique de Duras évoque ses souffrances et sa peur de ne pas le voir revenir. Toute l'intrigue du livre est basée sur cette attente.

Marguerite Duras parle donc à la première personne. Pour ne pas sombrer, elle va aussi participer à L Histoire, à la Seconde Guerre mondiale, d'une autre manière : en travaillant au Service des Recherches du journal Libres afin de communiquer aux familles des nouvelles des prisonniers. « Je travaille sans lever le nez, je ne pense à rien d'autre qu'à bien orthographier les noms ».

Concernant ce travail, Marguerite Duras a repris, à l'automne 1944, la gérance du journal Libres dont François Mitterrand est le directeur (Morland dans le texte). Elle y crée « un service de recherches très actif qui centralise le maximum d'informations sur les convois et les évacuations, fournies pour la plupart par les prisonniers évadés lors des transferts de camp à camp ». A la libération, elle interrogea aussi les libérés au centre d'Orsay afin de communiquer via le journal des informations à leurs familles.

Robert L. reviendra du camp de Dachau dans un corps où la vie n'a plus de poids : « il devait peser entre trente-sept et trente-huit kilos : l'os, la peau, le foie, les intestins, la cervelle, le poumon, tout compris : trente-huit kilos répartis sur un corps d'un mètre soixante-dix-huit ».

Elle va le soigner. Pourtant, dans la vie de Marguerite Duras, il y a Dionys Mascolo (D. dans le texte) qui va l'accompagnée durant l'attente du retour de Robert, son ami. Il y a plus qu'une simple complicité entre eux, même si D. est resté en retrait car il respectait les sentiments de Marguerite pour son mari.

Ce texte poignant m'a profondément marquée.

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Citations et extraits (96) Voir plus Ajouter une citation

On s’occupe aussi du rapatriement des prisonniers de guerre. On a parlé de mobiliser les voitures civiles et les appartements, mais on n’a pas osé, de crainte de déplaire à ceux qui les possèdent. De Gaulle n’y tient pas. De Gaulle n’a jamais parlé de ses déportés politiques qu’en troisième lieu, après avoir parlé de son Front d’Afrique du Nord. Le trois avril De Gaulle a dit cette phrase criminelle : « Les jours des pleurs sont passés. Les jours de gloire sont revenus. » Nous ne pardonnerons jamais. Il a dit aussi : « Parmi les points de la terre que le destin a choisis pour y rendre ses arrêts, Paris fut en tout temps symbolique… Il l’était lorsque la reddition de Paris en janvier 1871 consacrait le triomphe de l’Allemagne prussienne… Il l’était lors des fameux jours de 1914… Il l’était encore en 1940. » Il ne parle pas de la Commune. Il dit que la défaite de 1870 a consacré l’existence de l’Allemagne prussienne. La Commune, pour De Gaulle, consacre cette propension vicieuse du peuple à croire à sa propre existence, à sa force propre. De Gaulle, laudateur de la droite par définition – il s’adresse à elle quand il parle, et à elle seule – voudrait saigner le peuple de sa force vive. Il le voudrait faible et croyant, il le voudrait gaulliste comme la bourgeoisie, il le voudrait bourgeois. De Gaulle ne parle pas des camps de concentration, c’est éclatant à quel point il n’en parle pas, à quel point il répugne manifestement à intégrer la douleur du peuple dans la victoire, cela de peur d’affaiblir son rôle à lui, De Gaulle, d’en diminuer la portée. C’est lui qui exige que les élections municipales se fassent maintenant. C’est un officier d’active. Autour de moi au bout de trois mois on le juge, on le rejette pour toujours. On le hait aussi, les femmes. Plus tard il dira : « La dictature de la souveraineté populaire comporte des risques que doit tempérer la responsabilité d’un seul. » Est-ce qu’il a jamais parlé du danger incalculable de la responsabilité du chef ? Le Révérend père Panice a dit à Notre-Dame, à propos du mot révolution : « Soulèvement populaire, grève générale, barricades…, etc. On ferait un très beau film. Mais y a-t-il là révolution autre que spectaculaire ? Changement vrai ? profond ? durable ? Voyez 1789, 1830, 1848. Après un temps de violences et quelques remous politiques, le peuple se lasse, il lui faut gagner sa vie et reprendre le travail. » Il faut décourager le peuple. Le RP Panice dit aussi : « Quand il s’agit de ce qui cadre, l’Église n’hésite pas, elle approuve. » De Gaulle a décrété le deuil national pour la mort de Roosevelt. Pas de deuil national pour les déportés morts. Il faut ménager l’Amérique. La France va être en deuil pour Roosevelt. Le deuil du peuple ne se porte pas.

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Berlin flambe. Elle sera brûlée jusqu'à la racine. Entre ses ruines, le sang allemand coulera. Quelquefois on croit sentir l'odeur de ce sang. Le voir. Un prêtre prisonnier a ramené au centre un orphelin allemand. Il le tenait par la main, il en était fier, il le montrait, il expliquait comment il l'avait trouvé, que ce n'était pas de sa faute, à ce pauvre enfant. Les femmes le regardaient mal. Il s'arrogeait le droit de déjà pardonner, de déjà absoudre. Il ne revenait d'aucune douleur, d'aucune attente. Il se permettait d'exercer ce droit de pardonner, d'absoudre là, tout de suite, séance tenante, sans aucunement connaître la haine dans laquelle on était, terrible et bonne, consolante, comme une foi en Dieu. Alors de quoi parlait-il ? Jamais un prêtre n'a paru aussi incongru. Les femmes détournaient leurs regards, elles crachaient sur le sourire épanoui de clémence et de clarté. Ignoraient l'enfant. Tout se divisait. Restait d'un côté le front des femmes, compact, irréductible. Et de l'autre côté cet homme seul qui avait raison dans un langage que les femmes ne comprenaient plus.

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En mourant je ne le rejoins pas, je cesse de l'attendre.

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d’abord distraitement puis de plus en plus fort. Le chat se couche sur le dos, il ronronne du désir fou d’Aurélia. Aurélia se couche contre le chat. Elle dit : " Ma mère, elle s’appelait Steiner."

« Aurélia met sa tête contre le ventre du chat. Le ventre est chaud, il contient le ronronnement du chat, vaste, un continent enfoui.

Steiner Aurélia. Comme moi.

Je m’appelle Aurélia Steiner.

J’habite Paris où mes parents sont professeurs.

J’ai dix-huit ans.

J’écris. »

«C’est inventé. C’est de l’amour fou pour la petite fille juive abandonnée.

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L’appartement est grand, presque vide, presque tout a été vendu. La dame se tient dans l’entrée, assise sur une chaise, à côté d’elle il y a un revolver. La petite fille l’a toujours connue là à attendre la police allemande. Nuit et jour, la petite fille ne sait pas depuis combien d’année la dame attend. Ce que sait la petite fille c’est que dès qu’elle entendra le mot polizeï derrière la porte la dame ouvrira et tuera tout, d’abord eux et puis ensuite, elles deux.

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