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EAN : 9782709630740
350 pages
Éditeur : J.-C. Lattès (01/04/2010)
3.65/5   26 notes
Résumé :
Il y a d'abord un père merveilleux, khan de vastes terres du Nord, grandes de leurs trois mille âmes. Il voit soudain le voile des femmes tomber, les temps changer, bouleversant toutes les moeurs. Il y a sa fille, Ensiyeh, élevée comme un garçon, qui se bat pour son domaine et s'habille pourtant comme une héroïne de Tchekhov. Il y a Fereydoun, séducteur et fantasque, qui aime Ensiyeh et esquive avec grâce les folies des hommes et du pouvoir. Il y a Monsieur V., qui ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Annette55
  22 janvier 2020
 «  Debout sur la terre  » ou l'histoire mouvementée, en 448 pages, de l'Iran du XX° siècle, pour le moins chaotique , où l'on va suivre durant une journée , une seule—-, de neuf heures trente à dix neuf heures trente —— le réalisateur d'un feuilleton à succès, Fereydoun Sordari dont le père, grand collectionneur d'art possédait tout une série de narguilés avec le portrait de tous les rois quadjars, grâce à un rendez- vous avec un certain monsieur V politicien francophone , auteur d'une biographie de Victor Hugo, qu’il désirerait adapter à l’écran ...
Monsieur V a représenté plusieurs fois l'Iran dans des discussions bilatérales, rencontré personnellement le général de Gaulle en France, en 1960...
Mais monsieur V est introuvable: des gens rentrent et sortent, dans l'immense demeure de MR V qui servira de décor , semblable à un scénario pétri d'humour , un vrai vaudeville ....
En attendant Fereydoun Sordari écoute un électricien, une cuisinière , une joueuse de tennis , qui vivent les souffrances et les soubresauts de l'histoire de leur pays ..
Puis il se met à fixer son regard sur les photos expressives qui retracent la vie de MR V , conseiller du Shah d'Iran , en compagnie d'hommes illustres : le roi et la reine, Nehru, Tchang Kai Chek , Reza Shah, , le prince héritier et surtout Ensiyeh Ilkhan , propriétaire foncière , veuve , de vingt ans son aînée qu'il aime....
Il y mêle ses souvenir dont la rencontre avec Ensiyeh : la fille d'Issan Khan Ilkhan , chef d'une tribu de guerriers kurdes, éduquée comme un garçon, devenue une auteure reconnue par la société iranienne ...
Ces trois personnages forment la trame de cette épopée iranienne où l'on apprend beaucoup de choses , nous allons les suivre avant , pendant et après la révolution : il sera question de la condition des femmes, de la société tribale, du fanatisme aveugle et des superstitions , du passage à la modernité , la mort de la monarchie des Pahlavi , la révolution, le voile ....
Le lecteur doit persévérer, s'adapter à cette narration enchevêtrée , foisonnante , dotée de nombreuses sources , faire un effort particulier pour suivre ces personnages criants de vérité , hauts en couleurs mais nombre de mots fréquemment employés ne sont pas traduits.
Cela ressemble à un conte cruel, érudit, pétri d'humour et de dérision , ambitieux , parfois confus, très imbriqué dans des faits réels , fin , pétillant, pas du tout facile à lire ...
Historiquement un grand livre à la construction échevelée dont le lecteur ressort fatigué, vraiment .
«  Quelques sexagénaires iraniens , eux aussi exilés , se souviendront encore de mon nom. Ce sera tout. Et Ensiyeh ? Voudra - t- elle encore de cet homme dont les souvenirs se sont immobilisés en1979 ? Et moi, dans vingt ans, continuerai - je à désirer une septuagénaire coupée de ses terres , de son théâtre , de sa bibliothèque? » .....
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Nina
  14 juin 2010
Ce roman est une épopée iranienne qui parcourt le XXème siècle, tambour battant en 448 pages.
C'est en une seule journée, de neuf trente le matin à vingt et une heure trente le soir, que le réalisateur Fereydoun Sardari va nous faire découvrir l'Iran d'hier et d'aujourd'hui, grâce à son rendez - vous avec un certain Monsieur V. qui veut le rencontrer pour adapter sa biographie sur Victor Hugo en série pour la télévision.
Un peu à la façon d'une pièce de théâtre, l'immense demeure de Monsieur V. va servir de décor à un scénario un peu vaudevillesque : Un monsieur V. introuvable, des gens qui rentrent et sortent des pièces à la recherche de quelqu'un ou quelque chose. Au milieu de cette agitation, Feyredoum Sardari attend tranquillement en écoutant les différents personnages qui hantent cette mystérieuse demeure : un jardinier, un électricien, une cuisinière, une joueuse de tennis…. En parallèle, il va regarder les photos qui retracent la vie de Monsieur V., conseiller du Shah d'Iran, en compagnie d'hommes illustres. L'histoire iranienne du vingtième siècle défile sous les yeux de Feyredoum qui va y mêler ses propres souvenirs et surtout sa rencontre avec l'époustouflante Ensiyeh Ilkan, la fille d' Issan Khan Ilkhan chef d'une tribu de guerriers kurdes, éduquée comme un garçon et qui va devenir une auteure reconnue de la société iranienne.
Mon avis : J'ai apprécié ce roman qui nous fait découvrir d'une façon très originale, l'empire Perse d'hier et l'Iran d'aujourd'hui. L'écriture enjouée et l'humour des personnages rendent la lecture de cette épopée aisée. j'ai beaucoup aimé le portrait très réussi de Kohan Banou la nounou kurde d' Ensiyeh, cette femme symbolise l'orient des traditions ancestrales, la gardienne d'un savoir millénaire et Mr Toumanians, le commerçant arménien et sa véritable « caverne d'Ali Baba » !.
J'ai souligné ce passage qui fait un peu écho à notre actualité :
Retrait du voile
A Téhéran, on ne parlait plus que du kashfé hedjab, du retrait du voile. La loi fut adoptée par le parlement. le 7 janvier 1936, jour où Reza Shah devait décorer les lauréats de l'Ecole normale supérieure, il se fit accompagner par la reine et deux des princesses – quel ne fut le choc ! – dévoilées, en tenue occidentale.
La vague était lancée. Pour commencer, les enseignants, les écolières et les épouses des militaires furent contraintes à sortir sans voile. Aucune femme tchadori ne pouvait désormais franchir les portes de l'administration, monter dans les bus, aller au théâtre ou au cinéma, se promener dans les parcs, se faire hospitaliser.(…) (extrait de Debout sur la terre p. 200)
Cette véritable révolution pris fin en 1979 où le tchador fut de nouveau obligatoire…
Nahal-Tajadod.jpg
Nahal Tajadod est née à Téhéran. Elle s'installe En france en 1977 et s'inscrit aux langues O. Elle est l'auteur entre autre d'une superbe biographie romancée du poète Roumi et de Passeport à l'iranienne. (extrait de la 4ème de couverture)


Lien : http://de-page-en-page.over-..
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laetitiaflagothier
  21 avril 2021
( 01/04/2013 )
Voilà un livre qui montre qu'un bon auteur peut tout autant vous captiver avec une histoire à raconter que par la transmission de l'essence d'une époque historique.
L'histoire d'Ensiyeh m'a emportée mais c'est surtout l'Histoire de l'Iran au moment de la chute du shah qui m'a captivée!! Nahal Tajadod a cette intelligence de prendre distance que pour saisir l'essence de ce moment avec un oeil à la fois extérieur et intérieur qui nous livre la montée vers le croisement de son Histoire et ensuite vers le choix que nous connaissons, l'Iran et son peuple bien plus riche que ce que la télévision nous en montre!
Il n'y a pas un Iran mais des Irans. Il n'y a pas un peuples mes plusieurs ethnies qui ont été en un moment donnée la fierté du régime. Seulement le contact avec le monde occidental est venu tout chambouler! Venant casser les croyances, les mythes, les pratiques et les fiertés de chacun pour les mouler dans une nouvelle forme de penser... Ce fut la naissance d'une fracture profonde avec une frontière qui va séparer ceux qui ont vraiment accès à ce changement même s'ils ne le comprennent pas toujours et qui généralement vivent dans une opulence indécente et les autres. Ces derniers ont résisté aux changements qui leur demandaient d'oublier leur appartenance à un groupe, une histoire et qui dès lors étaient mis au ban de la société, voir même maltraité... le tout ne pouvait que créer un cocktail molotov prêt aux changements! Mais qui dit changement ne dit pas toujours le sens qu'il va prendre....
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pincureuil
  08 juin 2010
A travers une galerie de personnages hauts en couleurs, Nahal Tajadod brosse plusieurs dizaines d'années de l'histoire de l'Iran, avant et après la révolution de 1979. Il y a Ensiyeh, issue d'une lignée de propriétaires terriens du Mazandaran, femme de caractère profondément attachée à son histoire et à ses racines ; Fereydoun, son amant beaucoup plus jeune, réalisateur d'une série télévisée à succès ; Monsieur V, homme politique et écrivain auteur d'une biographie de Victor Hugo ; Massoud, électricien peu à peu enrôlé dans les rangs des islamistes, et tous ceux qui gravitent autour d'eux.
On s'attache aux pas des uns et des autres dans des chapitres qui suivent tantôt une trame chronologique, tantôt reviennent en arrière ; l'auteur nous entraîne dans un Iran bien loin de celui qu'on nous présente à l'heure actuelle et fait vivre des bouleversements historiques de première importance à ses personnages qui ne s'en rendent pas toujours très bien compte.
C'est brillamment écrit, c'est fin, souvent drôle, c'est historiquement très intéressant mais trop foisonnant à mon goût. A ne pas lire ce roman en continu on se perd dans les nombreux personnages et l'emploi très fréquent de mots non traduits, pour respecter la culture iranienne, m'a perdue parfois un peu plus (j'aurais eu besoin d'un lexique!). Je reconnais que c'est un grand livre, mais je n'ai pas su me laisser vraiment toucher et séduire.
Lien : http://chezmathilde.canalblo..
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Pickwick
  09 septembre 2010
Debout sur la Terre est donc un récit ambitieux, enchevêtré, parfois confus et fortement imbriqué dans les faits réels. Raconter l'Iran au siècle dernier et sous toutes ses coutures - la société tribale, les superstitions, le passage à la modernité, l'insouciance, le fanatisme, et bien sûr, la condition des femmes - était certainement une gageure… Nahal Tajadod y parvient, mais non sans difficultés pour le lecteur.
Il est des lectures dont l'on ressort détendu, reposé - force est de constater que ce n'est pas le cas ici. Il faut s'armer de courage… mais cette histoire en vaut la peine. Car il est aussi des lectures dont on ressort plus fort, plus riche, totalement envoûté - et avec un regard différent sur le monde, d'une plus grande acuité. Et c'est vraiment le cas ici.
Pour les lecteurs persévérants, amoureux de contes orientaux ou férus d'histoire contemporaine, mais aussi pour les amateurs de fresques historiques et familiales qui donnent à voir un lieu et une époque - et à mieux comprendre certains enjeux actuels.
Lien : http://lemondeselonpickwick...
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Annette55Annette55   21 janvier 2020
«  Je n’ai jamais désiré
Devenir une étoile dans le mirage du ciel
Ou, comme l’âme des élus,
Le compagnon silencieux des anges .
Je n’ai jamais été séparée de la terre
Jamais intime avec le ciel.

Je suis debout sur la terre
Avec mon corps qui, pareil à une plante,
Pour vivre,
Aspire le vent, le soleil et l’eau.

Enceinte de désirs ,
Enceinte de douleurs,
Je suis debout sur la terre ,
Pour que les étoiles me vénèrent ,
Pour que les brises me caressent .

Forough Farrokhzad . ( 1935 - 1967.)
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CatoraCatora   24 octobre 2016
La dernière fois que je me suis fait couper les cheveux par shahin, elle a mis un pied d'un côté, un pied de l'autre et elle a chié sur ma tête.
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Videos de Nahal Tajadod (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nahal Tajadod
Golshifteh Farahani et Nahal Tajadod : L'exil (France Culture / L'Atelier intérieur). Émission diffusée sur France Culture le 12 juillet 2014. Nahal Tajadod et Golshifteh Farahani - 2012 - ©Tina Merandon. Son site internet : http://www.tinamerandon.com. “L’Atelier intérieur” s'ouvre à l’exil. À ce qui fait perdre et tout recommencer. Ce qui fait réfléchir à ce que l’on garderait : qu’est-ce qui pourrait témoigner de ce que l’on a été ? Le poète persan Rūmī avait choisi la poésie. Le poème se lit, oui, mais d’abord il se vit. Et comme c’est le “Printemps des poètes” cette semaine dans les “Ateliers de la nuit”, deux femmes en studio, deux vies cramponnées à la poésie. Dont on pourrait dire : “c’est tout un poème.” D’ailleurs l’une est devenue le personnage du roman de l’autre. Golshifteh Farahani a dit “oui” à Nahal Tajadod. Ce sont deux exils à 30 ans d’écart. Deux Iran. Golshifteh a fait son premier film à 14 ans, et à 14 ans déjà elle réalise que tout est éphémère. Elle se dit petit soldat du cinéma, qui un jour prend sa liberté au risque de perdre son pays. L’image de départ ce soir serait celle-là : « La maison de notre enfance celle qui n’existe plus, celle qui est en ruine, celle qui est habitée par d’autres » écrit Nahal Tajadod. L’exil accélère l’oubli, il paraît. Pourtant il reste encore les odeurs des bibliothèques, les bruits des portes, pourtant il y a des lieux que l’on ne quitte jamais. Après une biographie de Rūmī, Nahal Tajadod s’intéresse à Golshifteh Farahani. Parce qu’elle a en elle la question du poète : « D’où je suis, moi ? » Pour l’émission de ce soir, Golshifteh nous a dit : « Je suis là lundi soir à 99%. Probablement. » On a décidé d’y croire et on a bien fait. On a pris le risque : d’avoir une absence, parce que la vie nomade c’est aussi ça parfois : du silence à un endroit. C’est ne promettre à personne “un lieu à telle heure” parce qu’à elle rien n’a été promis. C’est ne pas croire complètement aux rendez-vous. C’est présenter tout comme un miracle. Une chance. Quand on vous a enlevé l’envol et l’élan, pour mettre sous vos pieds la contrainte de certains tracés, alors : “arrive ce qui arrive”. Et ce n’est pas une coquetterie. Ça fait partie du poème. Ça fait partie du poème, donc, de se dire que l’émission de ce soir aurait pu ne pas avoir lieu. La présenter comme un miracle, et alors qu'elle fait du silence à un autre endroit : la vivre jusqu’à minuit en faisant l’inventaire de tout ce qu’“ici ou très loin”, témoigne et témoignera toujours, comme cette “maison habitée par d’autres”, de ce que l’on est. Golshifteh Farahani, actrice iranienne, en exil depuis 6 ans. Et Nahal Tajadod, écrivain iranienne, pour son roman “Elle joue” : récit de la vie de Golshifteh Farahani et de leur amitié. Sur leur exil, la reconstruction d’un intérieur « ailleurs ». Nahal Tajadod est spécialiste du poète persan soufi Djalāl ad-Dīn Muḥammad Rūmī.
Invitées : Nahal Tajadod, écrivain Golshifteh Farahani, comédienne
Thèmes : Création Radiophonique| Cinéma| Littérature Française| Théâtre| Cinéma Iranien| Exil| Poème| Golshifteh Farahani| Nahal Tajadod| Anne Steffens| St.Lô| Musique| Poésie| Rūmī| Djalāl ad-Dīn Muḥammad Rūmī
Source : France Culture
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