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ISBN : B005Q5EHE4
Éditeur : (27/09/2011)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Ce livre est une oeuvre du domaine public éditée au format numérique par Ebooks libres et gratuits. L?achat de l?édition Kindle inclut le téléchargement via un réseau sans fil sur votre liseuse et vos applications de lecture Kindle.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Nastasia-B
  07 mai 2015
Le personnage de Platonov m'évoque un peu celui d'Ivanov, notamment dans ses rapports aux femmes et un peu l'Oncle Vania quant à son caractère volcanique. le trio constitué par la veuve du général, Anna Pétrovna, son beau-fils Sergueï et Sofia Iégorovna, l'épouse de ce dernier me rappellent tout à fait la trame de la Mouette.
La situation même de la famille Voïnitsev, d'ancienne noblesse russe, rattrapée par son époque, incapable de gérer ses finances ni ses dépenses et qui se fait souffler son domaine par un " ami " de la famille, est le pivot de la Cerisaie. Rappelons au passage, qu'il y a beaucoup d'éléments autobiographiques pour Anton Tchekhov, dans ce traumatisme de la vente du domaine familial à un spéculateur bourgeois proche de la famille.
Incroyable, n'est-ce pas ? je vous ai presque cité toutes les pièces de Tchekhov comme étant déjà contenues en germe dans cette ébauche, ventripotente ébauche, aux nombreuses facettes. Car il est probablement bon de rappeler que Ce Fou de Platonov est la première pièce de son auteur, écrite alors qu'il n'avait vraisemblablement que dix-huit ou vingt ans. On n'en sait rien dans le détail car la pièce ne fut jamais publiée ni jouée de son vivant et n'avait d'ailleurs pas de titre définitif. Voilà aussi pourquoi cette pièce apparaît sous différents titres.
Du fait même de la jeunesse de l'auteur et de sa non publication, la structure de la pièce est un peu bancale, pas trop finie : deux énormes premiers actes, très typiques du théâtre d'Anton Tchekhov, réunion de famille et d'amis dans une maison de campagne où chacun s'envoie en pleine face ce qu'il pense de vous ou de l'autre, plombant ainsi durablement l'ambiance.
Les deux autres actes sont beaucoup plus brefs, un peu déconnectés, où il s'est produit des mutations profondes chez les personnages dont on n'a pas trop eu le temps de percevoir l'ampleur ni la genèse.
Voici l'histoire : nous sommes chez les Voïnitsev, domaine d'un général décédé, qui échoit désormais à sa seconde épouse, la jeune et encore très belle Anna Pétrovna, dont beaucoup de sont pas insensibles aux charmes tant physiques qu'intellectuels.
La belle dame raffinée et instruite, en ce milieu campagnard et bas de plafond, s'ennuyant ferme dans la vie, est une situation inchangée par rapport à la quasi totalité des autres pièces de l'auteur. Son beau-fils Sergueï est plutôt un brave type, mais totalement incapable de fournir le moindre travail digne d'intérêt pour la communauté. C'est l'archétype de l'homme inutile à la société, pas idiot mais sans aucun talent particulier.
Sa femme, Sofia, est elle-aussi une très belle femme, et elle aussi aurait souhaité autre chose dans sa vie. Elle nous évoque inévitablement les Trois Soeurs, regroupées sous une seule tête.
Autour de cette famille gravite une foule de pique-assiettes, voisins tous plus ou moins intéressés, soit par les charmes de la générale, soit par le domaine, soit les deux. le seul personnage qui tranche avec le voisinage est Platonov, l'instituteur.
Platonov est cultivé, instruit, il a même suivi les cours de l'université ce qui n'était pas si fréquent au fin fond de cette campagne russe à la fin du XIXème siècle. de plus, il est charmant, il philosophe, il a une grande âme...
Il a une grande âme, mais sa langue est fourchue ! Il lâche de ses saloperies à tout le monde, sans se soucier le moins du monde de l'effet produit. Malgré cela, les dames sont toutes plus ou moins folles de lui, mais lui n'a d'yeux que pour sa petite épouse, la modeste Sacha, qui nous annonce sans erreur possible Sarah, la petite juive d'Ivanov.
Platonov alterne les marques excessives d'amour vis-à-vis d'elle et les remarques où il ne cesse de la traiter de dinde. Mais il est fidèle et ne se soûle pas, ce n'est déjà pas si mal pour Sacha, non ?
Et s'il n'était pas si fidèle, ce glauquissime Platonov ? Quel cataclysme cela créerait-il dans l'équilibre bien huilé que je viens de vous décrire ? Qu'en résulterait-il ? Quel virage sociétal est contenu dans les quatre actes de cette pièce ? C'est ce que je ne me permettrai pas de vous dévoiler.
En somme, selon moi une pièce pas inintéressante du tout, mais il est vrai assez brouillonne. Et j'en terminerai en vous rappelant, que cette critique, témoin d'une affection platonique pour le théâtre de Tchékhov, n'en n'est pas moins qu'un misérable avis, un fou de platonique, c'est-à-dire, très peu de choses.
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Cer45Rt
  26 août 2019
"Platonov" est la première pièce écrite par Anton Tchekhov.
On voit bien, dès cette première pièce, certaines thématiques importantes de l'oeuvre de Tchekhov-qui seront développées dans l'oeuvre ultérieure. Toutefois, c'est là qu'il y a un petit problème ( à mes yeux ) : certes, cette pièce est prometteuse… Mais ce ne sont que des promesses, non un travail abouti !...
Néanmoins, j'ai bien aimé cette pièce. Elle reste une belle pièce, comme Tchekhov savait en faire, je ne la met pas au même niveau qu'"Ivanov" ou que "La mouette", mais il y a quand même une grande originalité, une psychologie des personnages très travaillée, une vraie dramaturgie.
Pour une première oeuvre, c'est pas mal, mais ça reste une première oeuvre.
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Marti94
  19 janvier 2015
"Ce fou de Platonov" est la première pièce écrite par Anton Pavlovitch Tchekhov. Il était très jeune et non seulement il l'a reprise au cours du temps mais il l'a laissé sans titre définitif, c'est pour cela que cette pièce n'a pas toujours le même nom. Je viens d'aller voir une adaptation au théâtre de la colline à Paris et la pièce se nomme "Platonov" tout simplement.
L'action se déroule en Russie vers 1880, dans le petit village de Voinitzevka. Nous entrons de plein-pied dans le petit monde d'Anna Petrovna qui reçoit ses amis dont l'instituteur turbulant et débauché au grand coeur, Platonov. La pièce est composée des ingrédients qui caractérisent les oeuvres de Tchechov : à travers le badinage de nombreux personnages on découvre le questionnement d'un milieu, celui de la bourgeoisie russe à l'époque du tsar Nicolas, l'appât du gain et de l'amour mais surtout la fin des idéaux. Ce que j'aime c'est la psychologie des personnages, leurs failles et à la place des femmes dans la société. Même si ce n'est pas la meilleure pièce de Tchekhov, le texte est très moderne.
Lu en janvier 2015
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
mimo26mimo26   12 septembre 2019
" Tout est tellement simple lorsqu'on est jeune. Un corps vif, un esprit clair, une honnêteté inaltérable, le courage et l'amour de la liberté, de la vérité et de la grandeur. (rires). Mais voilà que surgit la vie quotidienne. Elle vous enveloppe toujours plus étroitement de sa misère. Les années passent, et que voyez-vous alors ? Des millions de gens dont la tête est vidée par l'intérieur. Eh bien, cependant, que nous ayons su vivre ou non, il y a quand même une petite compensation : L'expérience commune, la Mort. Alors, on se retrouve à son point de départ : pur. (Silence.) " A peine au monde, nous pleurons, car nous sommes entrés sur cette grande scène de folie". C'est terrible, ne trouvez-vous pas ?
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Nastasia-BNastasia-B   07 mai 2015
(N. B. : voici un passage où Tchekhov se livre plus que d'habitude dans une tirade de Platonov vibrante d'autobiographie.)
GLAGOLIEV : C'était un grand cœur, votre père, ça, oui, il avait bon cœur...
PLATONOV : " Bon ", non, insouciant...
GLAGOLIEV : C'était un grand homme, dans son genre... J'avais de l'estime pour lui. Nous étions les meilleurs amis du monde !
PLATONOV : Eh bien, moi, je ne pourrais pas en dire autant. Je me suis détourné de lui quand je n'avais pas encore un poil de barbe au menton, et, les trois dernières années, nous étions de vrais ennemis. Je n'avais aucune estime pour lui, il me tenait pour un propre à rien et... nous avions raison tous les deux. Voilà un homme que je n'aime pas ! C'est un souvenir pénible, mon cher Porfiri Sémionytch ! Sa maladie, sa mort, les créanciers, la vente du domaine... et ajoutez notre haine à tout ça... C'est affreux !... Sa mort a été répugnante, inhumaine... Cet homme mourait comme seul peut mourir un homme débauché jusqu'à la moelle, richard de son vivant, mendiant à sa mort, une cervelle éventée, un caractère épouvantable... J'ai eu le malheur d'assister à son décès... Il s'emportait, il lançait des injures, il pleurait, il riait aux éclats... Sa figure se déformait, ses poings se fermaient et cherchaient la face d'un laquais... De ses yeux coulait le champagne qu'il avait bu autrefois avec ses pique-assiette, à la sueur de ceux qui n'avaient que des haillons sur le dos et des épluchures à manger... L'idée m'est venue de lui parler repentir... J'ai voulu commencer dans le genre dévot, je me souviens... Je lui ai rappelé ceux qu'il avait fait fouetter à mort, qu'il avait humiliés, celles qu'il avait violées, je lui ai rappelé la campagne de Sébastopol au cours de laquelle les autres patriotes russes et lui, ils ont pillé leur patrie sans vergogne... Je lui ai encore rappelé d'autres choses... Et, lui, il me regardait avec un étonnement ! Il est resté étonné, il s'est mis à rire... Qu'est-ce que tu me racontes comme bêtises ? Parce que, lui, vous comprenez, il mourait avec la conscience d'avoir été un brave type ! Être une canaille finie et, en même temps, ne pas vouloir en prendre conscience, c'est l'effrayante particularité de la fripouille russe !

Acte I, Scène 5.
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Marti94Marti94   11 janvier 2015
PLATONOV – Je me suis conduit encore plus mal que d’habitude. Comment puis-je avoir de l’estime pour moi maintenant ? Il n’est pas de plus grand malheur que d’être privé de l’estime de soi-même. Mon Dieu, il n’y a plus rien en moi qu’on puisse aimer ou respecter… Et pourtant tu m’aimes ? Vraiment je ne comprends pas pourquoi. Tu aurais trouvé quelque chose en moi qu’on puisse aimer ? Tu m’aimerais ?
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Marti94Marti94   11 janvier 2015
Excusez-moi, Porfiry Séméonovitch, mais votre proposition me surprend. Pourquoi vous marier ? Pourquoi vous faut-il un ami en jupons ? Cela ne me regarde pas, bien sûr, mais si j’avais votre âge et vos biens, votre bon sens et votre honnêteté, je ne souhaiterais rien de plus. Et si mon cœur avait quelque amour à offrir, il irait entièrement à mon prochain. « Aimer son prochain », voilà la plus belle occupation de la vie.
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Marti94Marti94   11 janvier 2015
ANNA PETROVNA – Que voulez-vous de moi, Porfiry Séméonovitch ?  
LE VIEUX GLAGOLAIEV – Ne le savez-vous pas ? Je renonce à tous les droits d’un époux. Mon foyer est un paradis mais l’ange est absent.  
ANNA PETROVNA – Je ne saurai que faire d’un paradis : je suis un être humain !  
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Je m'appelle .............?..........." je suis un jeune homme de dix-sept ans, laid, maladif et timide", je passe mes étés dans la "maison de campagne des Choumikhine", et je m'y ennuie.

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