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ISBN : 2021343154
Éditeur : Seuil (17/08/2017)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Nager. Nager pour fuir les contraintes, pour échapper aux vies imposées, aux destins réduits, aux disciplines. C’est ce qu’a sans doute ressenti Jackie toute sa vie, démarrée en 1919 et prolongée pendant presque un siècle dans une liberté secrète, obstinée, qui la fit jusqu’à la fin parcourir des kilomètres pour aller se baigner sur sa plage préférée, à Villefranche-sur-Mer. Entre-temps elle s’était mariée, avait quitté Lyon pour Arcachon, puis, devenue jeune veuve,... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Alzie
26 août 2017
Chantal Thomas entre deux mers. "Le temps d'Arcachon", océanique et de l'enfance, précédant "D'autres rivages", méditerranéens et d'outre atlantique à l'âge adulte. Ce sont d'abord les tentes en toile rayée parallèles à la mer et les « parfums mêlés d'iode et de varech, de résine et d'aiguilles de pins », qui tracent en première partie, sur les bords du Bassin, les contours de la géographie et de la généalogie familiale où se dessinent les figures de ses parents (Jackie et Armand) et celles de ses grands-parents maternels (Eugénie et Félix). Souvenirs rapportés ou vécus de "hauts faits" familiaux (plongée de Jackie dans le Grand Canal à Versailles), d'adresses et de maisons successives et d'une valise transformée en berceau. Souvenirs précoces aussi d'immensités sableuses où Chantal apprend à ramper ; de plages et de vacances – maillots, serviettes et « bonnet-marguerite » – de complicités enfantines près d'une jetée rouillée, de frontières invisibles des saisons dans une ville qui revendique de les faire vivre toutes quatre ensemble et par quartiers spécifiques. Habiter en bordure de la ville d'hiver et lorgner les estivants pendant l'été. Nager. Librement surtout, avant même de pratiquer les mouvements réglementaires. Courir à marée basse plage de la pêcherie, repérer les baïnes, s'éclabousser en entrant dans l'eau, grelotter, « La gaieté vient de la mer […] On saute, on plonge, on batifole, on se roule dans l'écume du rire » et c'est déjà l'été prochain. En courts instantanés d'atlantique riches d'images suggérées et de sensations légères, Chantal Thomas écrit son enfance dans l'immédiateté d'une collection d'instants précieux qu'on jurerait intacts, sur fond d'humeurs et d'obsessions sportives maternelles – les rituels de crawl de Jackie chronométrés par le bienveillant grand-père, Félix. de son père, elle a hérité des silences, avant sa disparition prématurée. « le dernier été ». Ces pages d'enfance inscrites et restituées dans la lumière changeante d'horizons marins à perte de vue semblent l'avoir durablement accompagné, longtemps même après les avoir quitté pour les rives de la méditerranée qu'elle évoque dans une deuxième partie où le recul de l'adolescente puis de l'adulte se fait sentir… Nager, flotter, se laisser porter : cet art du lâcher prise et de l'abandon que lui a offert l'océan à l'âge des commencements et qui prend à contre pied la passion chronométrée de sa mère, Chantal Thomas le fait superbement partager.
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nathaliebullat
16 septembre 2017
Chronique Nathalie Bullat 16 09 2017 :
Ce livre est une caresse à la saveur iodée. Une écriture tout en délicatesse, d'une douceur rare dans ces rentrées littéraires traditionnellement assez sombres.
Ici il n'y a pas de guerres, d'attentats, de vengeance familiales. Ici on savoure chaque page, la poésie des mots, la beauté des paysages marins.
Avec tendresse Chantal Thomas évoque sa relation à sa mère et la passion que celle-ci lui a transmis pour la mer et pour la liberté. La mer l'été mais aussi l'hiver frissonnante sous le vent. En lisant ces pages d'enfance, par nos journées d'automne précoce, vous allez reprendre vos serviettes, maillots et « bonnets marguerites »,vous allez courir à marée basse, sauter, plonger, vous éclabousser dans la lumière marine si changeante !
Chantal Thomas grandit entre Jackie, une mère loufoque, lunatique, une femme «oublieuse »refusant toute contrainte, grande nageuse et Félix un grand père poète sans oublier Eugénie la grand-mère aimante. Jackie dans sa « quête de vacances illimitées » fuit l'ennui conjugal. Heureuse dans l'eau, triste à la maison !
A Arcachon où elle vit, Chantal est une enfant de la plage différente des enfants venus en vacances. Avec son amie Lucille, elle bâtissent des poupées de sable aux cheveux d'algues et aux yeux de coquillages, elles parlent en secret de princesse du Palais des Mers et du cruel Maitre des Dunes. Elles sont les chiffonnières de la mer !
Devenue veuve Jackie quitte la cote océane pour la méditerranée. Elle change de plage car il lui semble plus aisé de découvrir le bonheur auprès d'un rivage.
Chantal évoque la passion de sa mère à nager avec obstination, partout, seule dans son crawl élégant à des heures changeantes et jusqu'à un âge très avancé. Un âge où petit à petit la mémoire va la quitter. Chantal devenue adulte aura comme sa mère toujours besoin de vivre, durant ses déplacements, du côté marin et non du côté «champêtre et terrien». Elle veut des horizons à perte de vue, du sable de l'eau, se sentir libre ! ce serait dommage de passer à côté de ce petit bijoux de lecture
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lelivredapres
29 août 2017
« le plus souvent nous tenons fermée au reste du monde la sphère de nos agissements. En respect de notre culte du secret, mais aussi par nécessité -par l'impossibilité où nous sommes de traduire en mots compréhensibles les brûlantes expériences de notre quotidien. Nous vivons des moments palpitants, il se produit mille choses, mais, le soir venu, nous n'avons rien à raconter (…). C'est aussi la nature de nos activités, leur caractère indescriptible, qui nous réduit au silence. Nous ne racontons rien, parce que nos occupations ne se laissent pas raconter. »
C'est pourtant ce que Chantal Thomas fait de façon admirable, raconter ses souvenirs d'enfance, puis de jeune adulte. Fille unique d'une mère distraite et toute entière tendue vers son amour de la natation, la petite fille est très vite autonome, se raconte des histoires et vit des journées sans cesse renouvelées grâce à une imagination inépuisable. Elle aime profondément la mer qui représente le centre de son univers, alors qu'elle vit à Arcachon toute l'année.
Sur la plage, les camarades de jeu vont et viennent, ils conviennent toujours, jusqu'à l'amitié exclusive avec Lucile, les journées passées en sa compagnie à explorer le sable et les bords de mer, sous les regards de la Princesse du Palais des mers, au gré des éléments, soleil, vent, pluies, marées.
Chantal Thomas nous communique la volupté de nager qu'elle évoque si bien :
« Et c'est avec dans les yeux la vision persistante de cette fête du bleu que je commence à nager. L'eau, à peine refroidie par la pluie d'hier soir, est toujours aussi bonne. La douceur de sa température rend plus délicieusement enveloppante chaque brasse, laquelle exige la suivante et ainsi de suite. Ce n'est jamais assez (…). Je ressens ce désir montant qui ouvre la baigneuse à une durée infinie. Je nage, je passe de la brasse à la brasse coulée, change pour l'indienne, son art de la diagonale, ce plaisir à fendre l'eau en biais… »
Mais il n'y a pas que l'eau et le sable. L'enfant vit à Arcachon où elle distingue la ville d'Eté, mais aussi celle d'Automne et d'Hiver, à ne pas confondre. Il y a le souvenir de la Grande Poupée, le regard amusé qu'elle porte sur la famille Leçon et sur la famille Chiffre, si différentes de la sienne. Il y a aussi la forêt qui l'effraie, où elle passe les après-midis grises avec Lucile, ainsi que le club de gymnastique et les premiers assauts de la pudeur.
Plus tard, la mère de l'auteure quittera Arcachon pour Menton : la mer, le sport, les vacances encore, durant toute l'année. On découvre que la maman mélancolique est aussi très lunatique, des indices nous laissent entendre que c'est pathologique. le lien qui unit mère et fille souffre de cette distance qui a toujours existé entre elles, mais il ne rompt jamais. Au contraire, la maturité leur apporte à toute deux un rapprochement. L'eau omniprésente n'est jamais triste, les vagues emportent avec elles les joies et les peines pour ne laisser aux hommes que « la grâce de l'instant ».
Comme son titre l'indique parfaitement, « Souvenirs de la marée basse » est un roman d'atmosphère évoquant l'enfance des bains de mer. Il suffit de se laisser porter par les mots de Chantal Thomas, comme dans l'eau, et de fermer les yeux pour se croire transporté(e) à cette époque : des souvenirs délicieusement surannés qui nous rappellent tout le charme de l'enfance lointaine. Chantal Thomas possède dans les descriptions, -et ce n'est pas paradoxal- un admirable pouvoir de suggestion. Une écriture précise et élégante qui nous communique avec talent des sensations toujours intactes malgré les années. Une très belle lecture de cette rentrée littéraire !
Lien : https://lelivredapres.wordpr..
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celinefabre27
18 septembre 2017
Attirée par le titre, convaincue par la quatrième, charmée par la lecture. Parmi le flot de la rentrée littéraire, il n'est pas toujours facile de trouver LE bon roman. C'est chose faite avec Souvenirs de la marée basse. Comme Chantal et sa mère, j'aime nager et j'aime l'eau. L'eau est l'élément dans lequel je me sens bien, qui me calme et m'apaise. Je me suis donc totalement retrouvée dans ce roman. Malgré l'état dépressif de sa mère, malgré les aléas de la vie, ce roman est d'une extrême douceur. Celle de l'eau qui caresse la peau lorsque l'on s'y plonge. L'eau met de bonne humeur comme le dit Chantal, et son roman aussi.
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nathalia1307
02 septembre 2017
Entre Mère et Mer, Chantal Thomas nous permet la rencontre avec Jackie, sa mère. Une femme unique, très détachée de son rôle de mère et d'épouse. La relation mère fille est au coeur de ce roman, absolument sublime tant la mère représente un model et reste un mystère des l'enfance de l'auteure a Arcachon. Arcachon, lieu choisi par les parents de Jackie pour s'établir, ses dunes, ses cabanesa tchanquees, là aussi un lieu atypique où il faut s'égarer. Mystère qui tient dans cette passion de nager, un besoin vital pour Jackie, et un mystère que Chantal Thomas tente de percer en décrivant à merveille l'art de nager, car là aussi tout est parfait, de l'apprentissage de la nage, aux gestes du crawl, de la difficultés de s'immerger en eaux troubles et profondes, de perdre pied,du contact avec l'eau, ce plaisir que je connais si bien et qui ne tient pas à la performance est transcrit de manière exceptionnelle. Absolument superbe, de trouver autant de convergence entre ce plaisir de lire et de nager. 🌊
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Les critiques presse (8)
Bibliobs18 septembre 2017
Dans “Souvenirs de la marée basse”, la romancière des “Adieux à la reine” évoque sa mère, qui ne respirait qu'en nageant.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro15 septembre 2017
Chantal Thomas dresse un portrait tendre de sa mère qui lui a transmis l'amour de l'océan.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaPresse12 septembre 2017
Bien que qualifié de roman, Souvenirs de la marée basse de Chantal Thomas, prix Femina 2002 pour Les adieux à la reine, pourrait se ranger dans la liste des beaux essais de l'auteure, comme Chemins de sable, Cafés de la mémoire ou Comment supporter sa liberté.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress11 septembre 2017
Les souvenirs de l'auteure nous emportent dans leur courant pour mieux nous laisser doucement découvrir l'image d'une femme, celle de sa mère. Un roman qui complète une oeuvre d'une beauté rare.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde11 septembre 2017
Dans « Souvenirs de la marée basse », l’écrivaine évoque sa mère à travers leur commune passion pour la nage.

Lire la critique sur le site : LeMonde
Lexpress11 septembre 2017
La nage transcende Chantal Thomas. "J'aime l'eau d'amour", écrit-elle dans les sublimes pages de Souvenirs de la marée basse.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique01 septembre 2017
Si c’est en tant que "roman" que paraît "Souvenirs de la marée basse", ce texte est pourtant (auto)biographique : Chantal Thomas, dont la plume est de poète, y évoque son enfance et y ressuscite sa mère, Jackie, dont elle a hérité de la "liberté secrète, obstinée".
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama16 août 2017
Chantal Thomas fait revivre, sur les plages de son enfance, une mère secrète qui lui a légué la passion des bains de mer, le goût de s'abandonner à la volupté de la nage.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
CsylCsyl21 septembre 2017
Mon chemin vers la mer est de longueur changeante. Il est long ou court selon les marées. A marée basse, je vais vers l'eau ; il n'est pas certain que je l'atteigne. Elle est si loin qu'infinies sont les possibilités de détours et distractions.
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celinefabre27celinefabre2717 septembre 2017
Elle s'enfuit de la Côte d'argent pour s'établir sur la Côte d'Azur, troqué le cap Ferret contre le cap Ferrat. Elle quitte Arcachon pour Menton. Une station balnéaire pour une autre, deux enclaves particulièrement protégées.
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celinefabre27celinefabre2717 septembre 2017
De même que Colette écrit de Sido, sa mère, qu'elle a deux visages : son visage de maison , triste, et son visage de jardin, radieux, ma mère a deux visages : son visage de maison, obscur, et son visage de natation, lumineux.
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celinefabre27celinefabre2717 septembre 2017
D'une façon générale, à l'école j'ai des difficultés. Et pas seulement pour les dictées. En fait, me dis je, tous les exercices pourraient s'appeler dictée, puisque l'Ecole est un lieu où il y a toujours quelqu'un pour vous dicter ce qu'il faut faire et ne pas faire. Le temps même où l'on doit s'amuser nous est dicté.
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AlzieAlzie24 août 2017
Nous n'avons pas vu les jours passer. C'est ainsi qu'un soir de septembre, alors que la plage est depuis longtemps désertée des enfants estivants, ce que nous avons à peine remarqué, nos mères échangent quelques phrases et concluent : "Allez, dites-vous au revoir, à l'été prochain ! "
La grande dune nous tombe dessus, les jetées s'effondrent, le Bassin se vide, les crabes se carapatent, les méduses sont pétrifiées, les huîtres s'égosillent et les mouettes se taisent - et nos mères sont changées en pisse-vinaigre. Allons, redisent-elles comme si de rien n'était, dépêchez-vous, il est temps. Nous nous embrassons dans un frôlement. Nous répétons d'une voix morte : Au revoir, à l'été prochain, et nous partons chacune dans la direction voulue par nos mères. Nous ne nous retournons pas. Il peut faire grand soleil ou ciel bas, ça ne change rien. En même temps qu'a été décrété la cessation de la saison s'est cassé le lien magique qui nous liait aux éléments. Nous n'obéissons plus au vent, nous ne nageons plus dans le sens du courant, la princesse ne donne plus de ses nouvelles.
(p. 126)

A l'été prochain !
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Vidéo de Chantal Thomas
Rencontre avec Chantal Thomas - Souvenirs de la marée basse
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