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ISBN : 2021343154
Éditeur : Seuil (17/08/2017)

Note moyenne : 3.34/5 (sur 41 notes)
Résumé :
Nager. Nager pour fuir les contraintes, pour échapper aux vies imposées, aux destins réduits, aux disciplines. C’est ce qu’a sans doute ressenti Jackie toute sa vie, démarrée en 1919 et prolongée pendant presque un siècle dans une liberté secrète, obstinée, qui la fit jusqu’à la fin parcourir des kilomètres pour aller se baigner sur sa plage préférée, à Villefranche-sur-Mer. Entre-temps elle s’était mariée, avait quitté Lyon pour Arcachon, puis, devenue jeune veuve,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Eric76
  12 novembre 2017
Un livre écrit tout en pudeur et délicatesse. Les « Souvenirs de la marée basse » sont ceux de toute une vie. Chantal Thomas les égrène dans une « musique d'écriture » douce, joyeuse et sautillante. C'est une ode à la mère et à la mer. Pas facile pour Chantal d'être la fille de Jackie, cette femme oublieuse, cette femme-enfant qui souffre de vivre une vie normale et dont elle refuse toutes les contraintes ; cette mère si peu maternel dont le seul désir est de nager, toujours nager avec entêtement et grâce son crawl dans la mer bleue et limpide. Il faudra longtemps à Chantal pour comprendre ce que cette mère fantasque lui a transmise d'essentiel : « l'énergie d'un sillage qui s'inscrit dans l'instant ». Ce livre, c'est aussi une ode à la jeunesse, quand Chantal était une enfant de la mer ; quand elle bâtissait des murailles de sable qui allaient forcément retenir l'avancée inexorable de l'eau ; c'est avec la petite Lucile – Lucile la conteuse – la découverte du monde magique et plein de fureur du Maître des Dunes et de la Princesse du Palais des Mers ; ce sont des étés emplis de rires, d'insouciance et de gambades… C'est raconté avec tellement d'humour et de nostalgie que je n'ai pas pu m'empêcher de me souvenir de mes propres vacances et de mes combats héroïques contre les vagues qui venaient lécher mes châteaux de sable… « Souvenirs de la marée basse » : un vrai bonheur, un vrai plaisir de lecture. Une grande découverte aussi ! celle de l'écrivaine Chantal Thomas.
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Alzie
  26 août 2017
Chantal Thomas entre deux mers. "Le temps d'Arcachon", océanique et de l'enfance, précédant celui "D'autres rivages", méditerranéens et d'outre atlantique, à l'âge adulte. Ce sont d'abord les tentes en toile rayée parallèles à la mer et les « parfums mêlés d'iode et de varech, de résine et d'aiguilles de pins », qui tracent en première partie, sur les bords du Bassin, les contours de la géographie et de la généalogie familiale où se dessinent les figures de ses parents (Jackie et Armand) et celles de ses grands-parents maternels (Eugénie et Félix). Souvenirs rapportés ou vécus de "hauts faits" familiaux (plongée de Jackie dans le Grand Canal à Versailles), d'adresses et de maisons successives et d'une valise transformée en berceau. Souvenirs précoces aussi d'immensités sableuses où Chantal apprend à ramper ; de plages et de vacances – maillots, serviettes et « bonnet-marguerite » – de complicités enfantines près d'une jetée rouillée, de frontières invisibles entre les saisons dans une ville qui revendique de les faire vivre toutes quatre ensemble et par quartiers bien spécifiques. Habiter en bordure de la ville d'hiver et lorgner les estivants pendant l'été. Nager. Librement surtout, avant même de pratiquer les mouvements réglementaires. Courir à marée basse plage de la pêcherie, repérer les baïnes, s'éclabousser en entrant dans l'eau, grelotter, « La gaieté vient de la mer […] On saute, on plonge, on batifole, on se roule dans l'écume du rire » et c'est déjà l'été prochain. En courts instantanés d'atlantique riches d'images suggérées et de sensations légères, Chantal Thomas écrit son enfance dans l'immédiateté d'une collection d'instants précieux qu'on jurerait intacts, sur fond d'humeurs et d'obsessions sportives maternelles – les rituels de crawl de Jackie chronométrés par le bienveillant grand-père, Félix. de son père, elle a hérité des silences, avant sa disparition prématurée. « le dernier été ». Ces pages d'enfance inscrites et restituées dans la lumière changeante d'horizons marins à perte de vue semblent l'avoir durablement accompagné, longtemps même après les avoir quitté pour les rives de la méditerranée qu'elle évoque dans une deuxième partie où le recul de l'adolescente puis de l'adulte se fait sentir… Nager, flotter, se laisser porter : cet art du lâcher prise et de l'abandon que lui a offert l'océan à l'âge des commencements et qui prend à contre pied la passion chronométrée de sa mère, Chantal Thomas le fait superbement partager.
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lucia-lilas
  11 novembre 2017
C'était fin août, à la radio ou à la télé, je ne sais plus, à l'occasion de la rentrée littéraire, une anecdote à propos de ce livre a retenu toute mon attention : la mère de Chantal Thomas, adolescente, s'était baignée dans le Grand Canal du château de Versailles. Dire que cette expérience m'a parlé est un bel euphémisme : non que je me sois jetée tête la première dans un plan d'eau royal mais figurez-vous que des châteaux de la région parisienne, j'en ai visité un paquet ! Mon père adorait ça et l'été, sous un soleil écrasant et des températures caniculaires, nous arpentions régulièrement les allées éblouissantes de Vaux-le-vicomte, les contre-allées aveuglantes de Fontainebleau ou de Courances. Si vous saviez combien de fois j'ai envié les canards qui batifolaient tranquillement dans l'eau fraîche des bassins. J'aurais donné une fortune pour m'allonger dans leur flotte verdâtre et fangeuse ! Cela a pour nom l'appel de l'eau et j'y suis ultra sensible. Impossible de résister. J'aurais deux trois anecdotes à peine avouables à vous raconter à ce sujet ! Ma capacité à me plonger dans l'eau si j'ai trop chaud n'a aucune limite : ni celle de la pudeur, ni celle de la loi ou d'un quelconque interdit. Je ne résiste pas, où que je sois… D'ailleurs, si le souvenir de certaines visites a pu se perdre en chemin, je n'ai jamais oublié mes bains et je pourrais vous citer une longue liste de lieux où j'ai aimé nager.
Bref, je savais que ce livre me parlerait et ce fut le cas !
Par où commencer ?
Peut-être par l'épisode de la mère évoluant dans l'eau du Grand Canal, sous l'oeil ahuri des fantômes du passé, faisant une espèce de pied de nez à L Histoire : mythique, magique, magnifique…
Le reste l'est tout autant... La première page par exemple où l'auteur raconte un bain sous la pluie en Méditerranée. Elle repense à sa mère et comprend soudain ce qu'elle lui a transmis : « l'énergie d'un sillage qui s'inscrit dans l'instant, la beauté d'un chemin d'oubli... », quelque chose qui n'appartient ni à L Histoire ni à la durée mais plutôt qui est hors du temps, lié au plaisir immédiat, à la sensualité, au bonheur tout simplement. Vivre dans le présent. C'est toute une philosophie tout ça, non ?
Ce livre sur la mer, sur les plages et les rivages, parle d'une mère, celle de l'auteur. Une mère fantasque avec laquelle pendant longtemps Chantal Thomas a le vague sentiment de n'avoir pas beaucoup de points communs. Pas une étrangère, non, quelqu'un de différent qu'on regarde un peu avec étonnement, curiosité. « Ma mère est une enfant à part. » confie l'auteur. Une mère qui n'a pas toujours joué complètement son rôle tellement elle était tournée vers l'ailleurs, l'extérieur, la mer, l'horizon. « De même que Colette écrit de Sido, sa mère, qu'elle a deux visages : son visage de maison, triste, et son visage de jardin, radieux, ma mère a deux visages : son visage de maison, obscur, et son visage de natation, lumineux. » D'ailleurs, Chantal Thomas, dans une interview, explique qu'elle a eu l'idée d'écrire ce livre en lisant le Journal de deuil de Roland Barthes. Ce dernier, après le décès de sa mère dont il était très proche, s'est trouvé plongé dans une telle détresse qu'il a tout fait pour que rien ne change dans la maison. Aucun objet ne devait être déplacé. Sa mère était une femme d'intérieur et Roland Barthes avait toujours vécu dans ce petit univers rassurant et protecteur. La mère de Chantal Thomas, elle, était une femme d'extérieur : elle aimait nager, vivre cette liberté absolue, ce plaisir total de s'abandonner à la sensualité quoi qu'il arrive, dans une communion totale avec les éléments. Car nager, c'est s'alléger : de son propre poids, de celui de ses vêtements et peut-être même de ses soucis.
Longtemps, les femmes n'ont pas appris à nager, on les préférait engoncées, immobiles, tenues. Avait-on peur qu'elles s'enfuient vers d'autres rivages ? « Il faut dire que la nageuse… est un phénomène neuf et d'exception dans une histoire de l'humanité qui revient pour les femmes à une histoire de leur immobilisation, de leur identification imposée à des êtres de pudeur et de faiblesse, des créatures maladives qui ne peuvent que demeurer sur le rivage, empaquetées de jupons, de robes et de châles, protégées du vent et du soleil. »
Nager c'est s'émanciper, s'éloigner, s'ouvrir au monde, se lâcher, s'abandonner, offrir son corps nu au plaisir… Encore une fois, finalement, c'est tout un art, une philosophie !
La transmission de la mère à la fille ne s'est peut-être pas faite par des mots, des phrases, des réflexions théoriques mais par des gestes, ceux d'un crawl parfait qui fend gracieusement l'espace de l'océan, propulsant le corps de la nageuse vers un horizon illimité, une liberté infinie qui invite à profiter de ce qui ne dure pas, à jouir de l'instant.
Vers la fin de l'oeuvre, les pages où l'auteur évoque sa mère vieillissante et sa prise de conscience soudaine de ce qui les lie sont magnifiques et bouleversantes.
Chantal Thomas évoque une enfance à Arcachon avec parents et grands-parents où elle est bien persuadée de vivre dans le plus bel endroit du monde. La plage ? Un espace de lumière, d'eau et de sable où la mère et la fille tissent des liens, plus qu'ailleurs peut-être… C'est aussi le lieu du jeu, de l'observation, de l'invention, de l'expérimentation que l'on partage avec des camarades d'un jour ou d'un été… Merveilleuses pages qui racontent les journées de l'enfance…
J'ai tellement eu envie de découvrir ces lieux magiques si bien décrits dans ce livre que j'ai réservé une maison pour les vacances de printemps, à Arcachon, la ville des quatre saisons…. J'ai noté sur un petit carnet le nom des rues et des plages que mentionne Chantal Thomas, sans oublier l'île aux oiseaux, où nous irons peut-être. Ce n'est pas la première fois que je traîne tout mon petit monde sur les traces de maisons ou de chemins qui parfois n'ont jamais existé sinon dans l'imagination de leurs auteurs. Je me suis promis aussi - mais ça, c'est pour plus tard - d'aller nager en Méditerranée, au Cap Martin. Ce n'est pas tout près, il me faudra traverser la France mais pour me baigner « là où la mer est translucide, du bleu liquide d'une pierre précieuse », je serais capable de tout.
L'appel de l'eau n'a ni limites ni frontières…
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Prailie
  05 octobre 2017
Peut-être trompée par la présentation de la critique, j'attendais le portrait d'une mère étonnamment sportive - une jeune femme née dans les années vingt, grande nageuse, authentique pionnière de la nage crawlée... Mais il ne s'agit pas (ou à peine) de cela! Dans ses deux premiers tiers le livre de Chantal Thomas est en fait un retour poétique et rêveur sur sa propre enfance, une broderie de souvenirs autour de la plage et du rapport à l'eau, à la nage, avec de temps à autre de jolis développements sur les matières annexes (sables, eaux rouillées, vase, qualités de pluie...); sur les petits animaux des bords de mer, sur la sociologie des populations vacancières.
Dans la dernière partie la narratrice est devenue universitaire, puis écrivain. Elle voit sa mère vieillir inéluctablement, perdre la mémoire de ces plages qui avaient tant compté pour elle, et peu à peu jusqu'au souvenir de la nage....
Impossible de ne pas se sentir ému par ces dernières pages, et dans le début du livre, de ne pas se laisser prendre au charme de certains passages, à la beauté de l'écriture. Le livre vaut en outre par cette indéniable profondeur littéraire à laquelle l'auteure nous a habitués, et par des réflexions érudites qui viennent ajouter une pointe de sel à ce récit d'enfance. Par exemple quand elle évoque brièvement l'écrivain Colette, ou encore le Grand Siècle, dont elle est spécialiste.
Et pourtant, je n'ai pas été totalement séduite, en tout cas dans la première partie.
Le problème (à mes yeux) vient du mélange des temporalités: Mme Thomas prétend nous raconter la petite fille qu'elle a été, sur les plages de son enfance. Mais c'est la personnalité adulte de Mme Thomas qui habite cette petite fille... Par exemple lorsque dans la même phrase la narratrice cite Proust, un auteur que par définition on ne peut pas connaître dès le bac à sable, alors qu'elle vient tout juste d'évoquer le passage du "quat'pattes" à la station debout. Cela constitue pour moi, comment dire...? une incongruité temporelle. Pour ainsi dire une faute de goût (la phrase en question se trouve à la page 90).
Même ressenti pour le joli conte de la Princesse du Palais des mers raconté par Lucile, la petite camarade de plage... si élaboré, si surprenant dans la bouche d'une très petite fille que la narratrice elle-même se sent obligée de commenter le fait qu'il puisse être raconté au passé simple.
En somme, dans ce halo de merveilleux balnéaire que Chantal Thomas s'efforce de créer, sur fond de nage sportive et de mère épatante, je ne retrouve pas totalement la fraîcheur, la grâce bondissante de l'enfance, mais trop souvent quelque chose d'artificiel, voire frelaté.
Quant à ce point de vue très surplombant, ce regard d'entomologiste que la petite Chantal porte sur l'espèce humaine, alors qu'elle est supposée n'être encore qu'à l'âge des châteaux de sable, il m'a laissée perplexe (médusée?). Ainsi, p. 86: "Il n'y a pas que les algues et les coquillages à me figer en contemplations. L'humanité aussi présente des spécimens passionnants. ... J'aimerais pouvoir les prendre dans ma main, les manipuler comme mon théâtre de Guignol, mais s'agissant d'êtres humains, et non d'algues ou de coquillages, j'ai appris à mettre une certaine discrétion dans mon comportement....".
(Tssssss! Que de sagesse et de précocité chez cette enfant! Je me trompe, ou nous avons là de la graine de Grand Écrivain?).
De sorte que ce livre m'a trop souvent paru empreint de préciosités, et même de ridicules: par exemple ce glissement de "l'eau est bonne" à "Le Bassin m'est bonté". Ou encore cette insistance sur les yeux bleus dont la narratrice explique qu'ils lui seraient venus "par imprégnation" parce que sa mère a beaucoup nagé dans un certain lac... Et je m'interroge encore sur cette 4ème de couverture qui énumère avec gourmandise les différentes villes que la mère a habitées afin de se rapprocher de la mer - précisant même qu'elle avait échangé "le cap Ferret contre le cap Ferrat", comme si c'était, en soi, une chose hautement mirifique, digne de notre plus total ébahissement!
Chantal Thomas est l'auteur de "L'Echange des princesses", de "L'Esprit de la conversation au 18ème siècle", et bien sûr de "Les Adieux à la reine". Elle n'est donc pas tout à fait n'importe qui, et c'est pour cette raison précisément que l'on peut se montrer vétilleux, et même sévère, quand elle bascule dans des facilités - et dans une certaine complaisance narcissique dont elle semble pourtant si éloignée dans ses autres ouvrages, comme d'ailleurs dans ses interviews.
Je dirais néanmoins qu'au fil des pages le récit gagne en simplicité, en profondeur. Si dans la première partie j'ai souvent été agacée de voir Chantal Thomas prendre la pose en Jeune Poète de la plage estivale, je n'ai pu m'empêcher de me sentir profondément touchée par les dernières pages pleines de délicatesse qu'elle consacre à sa mère vieillissante.





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EcureuilBibliophile
  12 novembre 2017
Je suis un peu perplexe.
L'histoire n'est pas particulièrement incroyable : l'auteure nous raconte la vie de sa mère, passionnée de natation (de sport à la base, puis de plus en plus par la nage), puis sa propre vie, intimement liée aux plages d'Arcachon.
Je n'aime pas l'eau, et nager non plus. 
Cette région n'est pas chère à mon coeur, le livre partait mal.
Je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages : étant hermétique à la principale caractéristique mise en avant, je n'ai pas trouvé de point d'accroche et je suis restée sur le banc de touche (sur la plage disons).
J'ai apprécié le court passage sur la Princesse des Marée, histoire de petites filles qui jouent en bord de mer, tout en douceur et en rêverie.
J'ai l'impression que nager est à la mode chez nos auteurs, que se passe-t-il ? On ne peut pourtant avoir ni papier, ni ordinateur sous l'eau !
J'ai raté quelque chose ?
Il faut tomber à l'eau pour écrire ? Heureusement que ce n'était pas dans mes projets ;)
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critiques presse (8)
Bibliobs   18 septembre 2017
Dans “Souvenirs de la marée basse”, la romancière des “Adieux à la reine” évoque sa mère, qui ne respirait qu'en nageant.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro   15 septembre 2017
Chantal Thomas dresse un portrait tendre de sa mère qui lui a transmis l'amour de l'océan.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaPresse   12 septembre 2017
Bien que qualifié de roman, Souvenirs de la marée basse de Chantal Thomas, prix Femina 2002 pour Les adieux à la reine, pourrait se ranger dans la liste des beaux essais de l'auteure, comme Chemins de sable, Cafés de la mémoire ou Comment supporter sa liberté.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress   11 septembre 2017
Les souvenirs de l'auteure nous emportent dans leur courant pour mieux nous laisser doucement découvrir l'image d'une femme, celle de sa mère. Un roman qui complète une oeuvre d'une beauté rare.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   11 septembre 2017
Dans « Souvenirs de la marée basse », l’écrivaine évoque sa mère à travers leur commune passion pour la nage.

Lire la critique sur le site : LeMonde
Lexpress   11 septembre 2017
La nage transcende Chantal Thomas. "J'aime l'eau d'amour", écrit-elle dans les sublimes pages de Souvenirs de la marée basse.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique   01 septembre 2017
Si c’est en tant que "roman" que paraît "Souvenirs de la marée basse", ce texte est pourtant (auto)biographique : Chantal Thomas, dont la plume est de poète, y évoque son enfance et y ressuscite sa mère, Jackie, dont elle a hérité de la "liberté secrète, obstinée".
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama   16 août 2017
Chantal Thomas fait revivre, sur les plages de son enfance, une mère secrète qui lui a légué la passion des bains de mer, le goût de s'abandonner à la volupté de la nage.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
Claire45Claire45   23 novembre 2017
Elle fait ses points le plus visibles possible, en contradiction avec des siècles d'enseignement féminin- un enseignement religieux et ménager, délibérément conçu pour consolider l'asservissement des femmes, leur interdire de lever une seconde la tête de leur ouvrage, accédant ainsi par hasard et par mégarde aux chasses gardées masculines de l' Intelligence et de la Création.
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luocineluocine   15 novembre 2017
Ma mère a tellement travaillé dans le sens de l’oubli, tellement voulu oublier, que maintenant que l’oubli lui arrive de l’extérieur, en forme de pathologie, elle a une supériorité sur ceux qui ne s’étaient pas entraînés, ceux que l’oubli frappent de plein fouet. Elle est étrangement à l’aise avec le processus mystérieux et actif en train d’effacer certaines de ses données existentielles. Elle est à l’aise, elle n’est pas complice. Elle sent que quelque chose la dépasse, qui ne s’agit plus d’une amnésie sous contrôle des noms de personnes et de lieu rayés de son monde comme porteur de mauvaises ondes, d’images désagréables et douloureuses. Un enfouissement réussi. Chez-elle les gens, les lieux, les noms, bétonnés sous une couche de silence, n’émergent plus jamais dans un espace vivant de conversation, de rires, de larmes, ni même par une allusion, une soudaine tristesse où se fige l’expression. Le nom de mon père n’a aucune chance de franchir la barrière de ses lèvres, pas plus que celui d’Arcachon.
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Eric76Eric76   11 novembre 2017
C'est toute une histoire pour les adultes, surtout pour les femmes, d'entrer dans l'eau (certaines passent plus de temps à y entrer qu'à se baigner). Elles pourraient rétorquer que la difficulté avec nous, les enfants, est que nous sortions de l'eau. En réalité, ça n'a rien à voir. Nous faisons traîner, nous supplions - encore cinq minutes, trois minutes, une minute ! - mais c'est pour faire durer le plaisir. A force d'appels répétés de la part des parents, de supplications inutiles de notre part, nous finissons par nous y résoudre. Quelquefois nous avons tant tardé que nous tremblons et claquons des dents. Nous avons le bout des doigts fripés. Et malgré frictions, maillot sec, chemise et pull-over, rien ne nous réchauffe. Peu importe. Si c'était possible, nous retournerions à l'eau, grelottants et refroidis comme nous sommes et nous reprendrions nos jeux. Les parents viendraient nous repêcher tout bleu, et ceux qui auraient encore la force de s'exprimer balbutieraient que non, ils ne veulent pas sortir de l'eau. Que surtout on ne les bassine plus avec cette promesse supposée calmer notre fanatisme de l'eau, surtout qu'ils n'entendent plus cette fadaise : " Vous reviendrez demain ".
Demain n'existe pas.
Enfants bleus de froid, nous voulons la morsure cruelle du présent.
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Eric76Eric76   01 novembre 2017
Ce matin, après deux mois de sécheresse ininterrompue, je me suis réveillée sous des nuages noirs. Je n'ai pas eu besoin de sortir pour le constater. De mon lit, je pouvais apercevoir, dans un éclairage étrangement terne, les palmiers agités par le vent, le vert brillant de leurs palmes assombri de gris. J'avais dormi longtemps, sans les interruptions que produit la montée de la clarté, le miracle quotidien d'un retour du jour salué par les cris des mouettes et les longs roucoulements des colombes. ici, à Nice, pendant les mois d'été, je me réveille en plusieurs phases. Non que je sois poussé par l'anxiété ; au contraire, une impatience de lumière, de nuances dans la lumière, me rend le sommeil fragile. Ainsi se distingue, bien avant que le jour atteigne au plein soleil, une blancheur verdâtre qui va se teinter de rose, pour enfin - et c'est ce qui me réveille complètement - s'épanouir dans le pur éclat d'une transparence dorée.
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Eric76Eric76   07 novembre 2017
Je suis née d'impulsions sportives et de la convoitise de corps parfaits. Je suis née de parents qui s'étaient rencontrés à quinze ans et que la séparation de la guerre n'a pas fait mûrir à la même vitesse. Ou plutôt lui seul a vieilli. Quand, un soir de janvier 1945, il attendait Jackie sur le quai de la gare de Perrache, dans les gravats recouverts de neige, sous l'arche fendue et la grande horloge désaxée, il ne se rappelait plus l'adolescent qu'il avait été, tandis que la gamine pétulante, en bottines rouges à semelles de bois et chaussettes de laine qui lui sautait au cou, n'avait guère changé.
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Rencontre avec Chantal Thomas - Souvenirs de la marée basse
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