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EAN : 9782848767659
317 pages
Éditeur : Philippe Rey (01/10/2020)
3.39/5   23 notes
Résumé :
Un jour, je demande à mon plus ancien ami : « Éric, tu as bien conscience que moi, je suis noir ? - Ouais. - Mais si moi, je suis noir, toi, tu es quoi... ? - Ben, je suis normal ». Ce drôle de mot, « normal », a été pour moi comme un détonateur. J'ai réalisé brutalement que les Blancs ne se voient pas blancs et, plus largement, qu'ils n'ont pas conscience de la position de domination dans laquelle l'histoire les a placés. Pourtant, quand on leur demande : « Est-ce ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
gilles3822
  26 novembre 2020
Donner un avis sur un livre demande une argumentation structurée quand in s'agit d'un essai. La démarche de Lilian Thuram obéit à de nobles motivations et à des questionnements originaux. Il nous interroge, il m'interroge, moi, homme blanc, sur des comportements non visibles, par nous, par moi, car totalement intégrés dans notre vision du monde, de nos rapports aux autres, blancs, noirs, jaunes et autres et, en tant qu'homme, à nos rapports avec les femmes, blanches ou pas. Je suis , en tant que mâle blanc vivant aujourd'hui, le représentant de cette sous espèce qui prétend diriger le monde, en fixer les règles et les priorités, l'ordre moral, économique, et déterminer ce qui est bien de ce qui est mal, s'étonner que l'on puisse, les autres, remettre en question la légitimité et le bien fondé. L'Histoire depuis plusieurs siècles fonctionne sur ce postulat de la supériorité de l'homme blanc sur le reste de ses semblables. Il semblerait qu'une remise à plat soit en marche depuis plusieurs décennies, douloureuse car conflictuelle, victoires sur des injustices par trop criantes, décolonisation, condamnation du racisme, pénalisation de comportements d'exclusion. Nous pouvons considérer aujourd'hui ces avancées comme normales, nous savons également que la vigilance est de mise, ne jamais baisser la garde. Ces évidences ne sont que la partie émergée de l'iceberg comportemental, ce qui ne se voit pas est plus difficile à extirper, il est partie intégrante de notre personnalité, constitutif de notre construction mentale, de schémas hiérarchisant inconsciemment la place de telle ou telle personne en fonction de sa couleur de peau. A chaque couleur, son rôle, ses fonctions, ses spécificités, apprises à l'école car non vécues dans le quotidien, sans malice, avec amusement parfois : sport, musique, que n'a-t-on entendu sur le sens du rythme des noirs, leur force musculaire, leur "animalité", terrifiant aphorisme, conclusion de plusieurs siècles de culture blanche, supériorité civilisationnelle justifiant toute violence "pour le bien", donnant le "la" dans l'édiction de valeurs universelles des droits de l'homme, schizophréne dans l'application desdites valeurs.
L'écoute de l'autre, femme ou homme autre que blanc, peut être suspectée de condescendance, la retranscription des doléances, le mot même, hiérarchise. le pouvoir est aux mains de qui ? Structurellement, l'ordre mondial, pour l'instant, est blanc, mâtiné de jaune serions-nous tentés de dire, l'économie libérale est blanche et chacun est à sa place, l'exploitation du Sud par le Nord est la règle, des gens de couleurs par les blancs de peau. Cette géographie est le fruit de l'histoire, colonisation, esclavage et richesses ainsi accumulées ont modelé notre manière de voir, par des jugements faciles, notamment sur l'Afrique, acculturée et aujourd'hui comme hier, assujetti aux puissances occidentales. Notre avenir technologique s'écrit là-bas, dans une dépendance aux matières premières, mais que l'on se rassure, les blancs ont assuré la continuité après le passage obligé de la décolonisation, simple ajustement de façade aux valeurs affichées.
Ce livre nous emmène loin dans l'évocation de notre condition passée, présente et future d'homme blanc sûr de lui et dominateur.
A lire
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frankoi
  26 décembre 2020
Personnellement ce livre m'a un peu dérangé. On sent que l'auteur a lui-même été victime de racisme au cours de sa vie, et cela teinte clairement le fond de ses propos.
Les sources sont nombreuses, et l'écrit bien documenté, et argumenté.
Mais le fond de la pensée est pour moi plutôt malaisant. Entendre reprocher à « l'homme blanc » sa volonté de domination du monde, les épisodes de la colonisation et autres formes de violence… c'est quand même un peu limite à mon humble avis.
Si les européens ont eu pendant quelques siècles un avantage momentané de pouvoir sur d'autres cultures, et en ont profité de manière abusive, c'est avant tout en raison de l'avancée technologique de leur civilisation. Et non parce qu'ils étaient blancs. Ils ont fait preuve de cruauté, c'est vrai. Comme beaucoup d'humains quelque soit leur couleur de peau.
Je suis blanc et ne revendique ni ma supériorité sur le reste du monde, ni ne suis fier du passé colonisateur des pays européens. Et désolé Mr Thuram, mais les blancs n'ont pas le monopole de la violence et de la cruauté. Par ailleurs le racisme « anti-blanc » existe bien, contrairement à ce que vous dites.
Bref, même s'il est entouré d'un beau vernis intellectuel, je ne trouve pas que le message de fond du livre soit très constructif. Pour moi Thuram fait ici preuve des mêmes préjugés qu'il prétend dénoncer. Il ne fait que -attention jeu de mot...- renvoyer la balle du racisme dont il a probablement souffert lui-même, en mettant, même s'il s'en défend, un peu tout le monde dans le même sac. L'intention est sans doute d'alimenter le débat…mais pour moi cette plaidoirie est ressentie comme une agression.
Je retranscris ses mots «  Il est nécessaire d'avoir le courage de dire que les Blancs pensent être supérieurs et qu'ils croient l'être. C'est quelque chose qui dure malheureusement depuis des siècles ». Ca ne vous choque pas comme propos ? Pour quelqu'un qui se fait l'étendard de l'anti-rascisme je trouve ça très moyen comme esprit.
Alors même si je respecte le parcours de Thuram, je n'adhère pas à ses idées.
Après à chacun de se faire son avis.
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Bazart
  21 janvier 2021

Engagé avec sa fondation dans la lutte pour l'égalité, l'ancien footballeur Lilian Thuram livre un essai fort documenté érudit et didactique en développant l'idée générale selon laquelle : " Être blanc ce n'est pas une couleur de peau c'est une pensée".
Avec ce livre qui s'inspire de son propre vécu Lilian Thuram « tente de briser le tabou sur la question de la domination blanche » et démontre à quel point la pensée blanche représente un discours général plaçant l'homme blanc au centre du monde.

Loin des discours très manichéens, Thuram appelle ainsi à sortir des prisons identitaires pour que l'individu puisse se voir comme des hommes et des femmes voulant se construire une solidarité commune.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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brussetguy
  15 décembre 2020
Le livre est tout d'abord un témoignage fort.
Témoignage des mille facettes du racisme, que véhiculent "la pensée blanche" dans sa culture, de
façon malheureusement encore patente mais également de façon insidieuse voir même inconsciente.
Malheureusement Lilian Thuram affaiblit son propos en y associant un argumentaire outrancié et d'un seul point de vue, au risque de n'être plus écouté.
- Outrancié en attribuant par exemple exclusivement le sexisme à "la pensée blanche" comme s'il n'existait
dans aucunes autres cultures "non-blanches"
- Outrancié dans une vision monolithique de cette culture unique et permanente, seulement fondée sur l'appât du gain,
et seulement productrice des méfaits que cela entraine. Par voie de conséquence notre pauvre Descarte se voit attribué
une lourde responsabilité sur les dangers actuels de destruction de notre terre pour avoir prôné la volonté de maitriser la nature!
L'auteur ne fait lui manifestement aucun effort pour se placer dans un autre point de vue, celui de la perspective historique!
A l'époque le plus grand ennemi de l'homme est la nature et le propos du philosophe est bien entendu de combattre maladie,
famine et autres catastrophes et non de la détruire.
- Outrancié dans la négation de toute évolution de la pensée. L'action de Victor Schoelcher est réduit à avoir dédommagé les colons
comme si l'abolition de l'esclavage n'était qu'un prétexte pour faire profiter à nouveau ces derniers du système!
Malgré cette rhétorique sans nuance, il est néanmoins de notre responsabilité d'écouter ce témoignage. Car tout progrès,
toute construction d'une société démocratique plus juste, passe par l'effort constant de la remise en question
et de l'écoute de tous.
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IndianaJones
  08 mars 2021
J'ai lu des parties de Mein Kamph, quand je lit ce livre je ne peut l'empêcher de faire un parallèle. Sous le prétexte de l'égalité cet individu développe la haine du blanc, cette « race supérieure ».
Adolf Hitler faisait la même chose avec les juifs. Certes des juifs sont avares mais le sont t'ils tous, bien sûr que non, ça s'appelle du racisme, ou antisémitisme à l'occurrence.
Ici, l'auteur fait la même démarche, victimes d'exactions raciales ou racismes ordinaires, qui existes, qui pourrait le nié? Des inhumains. Mais tout les blancs sont t'ils tous des racistes? Non, bien sur.
Or depuis quelques années cet individu glisse doucement mais sûrement vers l'apologie de la haine du blanc dans son ensemble.
C'est sordide et dangereux comme Mein Kamph
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
CoyotetiredCoyotetired   05 octobre 2020
Cette ignorance a pu autoriser un président de la République française, Nicolas Sarkozy, à dire : « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. » Cette phrase est caractéristique de la façon dont se construit la pensée blanche : elle est prononcée en Afrique par un homme puissant qui défend les intérêts de l’Occident sur le monde et affirme ce sentiment de supériorité que les Blancs doivent avoir à l’égard des Noirs.
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MadChickpeaMadChickpea   02 août 2021
D'ailleurs, en parlant de religion, combien de personnes blanches s'imaginent que Dieu puisse être noir ? Pourtant si l'Homme est né en Afrique, pourquoi Dieu ne serait-Il pas noir ? Très souvent, quand je demande aux enfants noirs comment ils s'imaginent Dieu, ils me répondent que c'est un homme avec une longue barbe blanche et des cheveux blancs. A ma question sur sa couleur, tous me répondent qu'Il est blanc. Je leur rappelle : "On dit que Dieu a fait l'homme à Son image ; soit comment toi, petit garçon marron, tu peux imaginer que Dieu est blanc ?" Ils sont surpris... Que vous soyez noir ou blanc, Dieu est blanc. N'est-ce pas une preuve majeure du blanchissement de notre pensée ?
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MadChickpeaMadChickpea   02 août 2021
Lorsqu'on vous parle de Christophe Colomb, visualisez son arrivée : êtes-vous sur le bateau avec lui ou sur la plage avec les Amérindiens ? [...]
Quel élève d'aujourd'hui apprend ce chiffre sidérant - que plus de 10 % de la population mondiale, soit plus de 50 millions d'êtres humains, a été exterminée par les colonisateurs, quelque part au début de cette période que le monde blanc nomme la Renaissance ?
Ce massacre s'est accompagné du vol, de la destruction, du viol des cultures des peuples conquis, aztèque, maya, inca et de bien d'autres : la culture de l'effacement est ici à l'œuvre, qui ne se contente pas d'imposer de nouveaux standards et croyances ; elle fait disparaître les anciens, qui sont minorés, raillés, ringardisés, et s'efforce de supprimer tout ce qui la précédait.
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BazartBazart   21 janvier 2021
"Il ne s'agit pas de s'ériger en juge et de proclamer avec gravité : vous reconnaissez-vous coupables ? Il s'agit de demander : acceptez-vous que les choses soient nommées pour ce qu'elles sont ? Êtes-vous prêts à entendre que votre responsabilité individuelle et collective est engagée et qu'il faudra bien vous y confronter ? Acceptez-vous de reconnaître que l'infériorisation des non-Blancs a permis à vos ancêtres, et continue de vous permettre, de jouir d'importants avantages dans la guerre des places qui se vit dans le monde ?"
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MadChickpeaMadChickpea   06 août 2021
Dès notre naissance, on nous éduque à être blanc, noir, sénégalais, arménien, français, anglais..., à être homme, femme ; nos parents nous élèvent dans telle religion, la société nous fait jouer divers rôles, nous assigne différentes appartenances. Questionnons-nous ces appartenances pour ne pas en être prisonniers ?
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