AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070410625
Éditeur : Gallimard (23/09/1999)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 39 notes)
Résumé :
"Une personnalité littéraire a de vrais ennemis pendant sa vie et presque autant de faux amis après sa mort." A la recherche d'Albert Camus, Olivier Todd, sans gommer ni grossir les qualités ou les défauts de l'homme et de l'écrivain, montre comment l'auteur de L'Etranger et de L'Homme révolté tenta d'accorder sa vie, son oeuvre et sa morale.
Camus fut algérien et algérois, journaliste, essayiste, romancier, dramaturge, metteur en scène, acteur... Avec cette ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
dido600
  09 janvier 2017
« Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l'odeur des absinthes, la mer cuirassée d'argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres». Peut-on dissocier Albert Camus d'Alger ? Peut-on dissocier Albert Camus de l'Algérie ? Impossible ! Sans l'Algérie, Camus aurait-il écrit «l'Etranger» ? Camus est-il algérien ? La réponse dépend de vous et de l'idée que vous vous faites de l'identité. C'est d'ailleurs le principal sujet d'actualité en France et en Algérie . En Algérie, l'identité est toujours liée à la notion de descendance, c'est-à-dire l'héritage linguistique, religieux et culturel. Pour obtenir la nationalité algérienne, il faut pouvoir présenter un certificat délivré par les institutions religieuses pour prouver que vous êtes musulman ! Ce fait est d'ailleurs contradictoire aux valeurs républicaines et à la Constitution algérienne qui garantit la liberté des consciences. Si vous êtes résident étranger, de culture et de foi autre que musulmane, vous serez obligés de renoncer à votre propre religion pour obtenir la nationalité algérienne. A ce propos, l'identité n'est pas basée sur l'apport de la citoyenneté : les droits et les devoirs, les valeurs communes (culturelles, morales et autres), avec les spécificités individuelles. Elle est basée en réalité sur la descendance. D'ailleurs, c'est l'idéologie approuvée par l'extrême droite dans les pays européens ! Or, l'identité peut être à la fois individuelle et collective. Les deux peuvent se croiser et se superposer, sans pour autant qu'elles se trahissent. Comme par exemple, les Algériens de France qui, pour une raison ou une autre, ont choisi de porter (d'adhérer à) la nationalité française sans renoncer à la nationalité algérienne. C'est la même chose pour les Algériens qui vivent au Canada. Si l'on suit les valeurs républicaines, Camus est algérien car il est né en Algérie, il a connu la misère comme tout algérien. C'est un enfant qui a dédié un roman à sa mère par cette phrase : «A toi qui ne pourras jamais lire ce livre.», tout comme tous les écrivains algériens de l'époque (Kateb Yacine, Mammeri, Feraoun, Dib, etc.) qui auraient pu dédier ainsi leurs romans à leur mère. Pourquoi l'Algérie n'a-t-elle pas reconnu ce fils exilé ?
J'ai l'impression qu'en repensant aux années cinquante et postindépendance, l'élite algérienne ne parvient pas à dissocier Camus de la politique. Pourtant, Camus n'était pas un politicien ! Peut-être incarnait-il l'espoir d'une révolution intellectuelle émise par l'élite algérienne de l'époque ? La lecture de ses ouvrages nous laisse le sentiment qu'il était proche de la misère de l'Homme, qu'il refusait l'esprit totalitaire. Il affirmait que «la révolte est profondément positive puisqu'elle révèle ce qui, en l'Homme, est toujours à défendre». Un homme qui refusait les injustices mais «qui préférait sa mère à la justice» comme tout méditerranéen vénère sa mère. Quel algérien préfèrerait la justice à sa mère ? Et pourtant, c'est toujours cette phrase qui revient à chaque fois qu'on aborde Camus en Algérie, comme si Camus se réduisait à cela. , lorsqu'on parlait de lui c'était souvent cette phrase qui revenait. On oublie le Camus qui a écrit sur la misère des Algériens, sur les massacres du 8 mai 1945, ses interventions auprès du Général de Gaulle pour les condamnés à mort. On oublie également qu'il faisait partie des fondateurs de «Alger Républicain», ce journal qui a tant éveillé les consciences nationales. le rôle de Camus et son attachement à sa terre natale ne peuvent pas être réduits à une phrase.
La lecture des oeuvres de Camus m'a permis de mieux comprendre ce qui s'est passé, mais aussi de prendre conscience de la misère des Algériennes de cette époque. Plus loin, la lecture de Camus m'a permis de comprendre que finalement «la vérité n'est pas un absolu mais doit être recherchée dans le bonheur, le tourment et la contradiction».3- Camus m'a réconcilié avec le soleil d'Algérie. La lecture de «l'Etranger» m'a complètement bouleversé. Un nouveau style d'écriture et surtout beaucoup d'interrogations, notamment comment l'Arabe était-il perçu. Comment la justice des plus forts impose-t-elle sa loi au plus faible ? le génie de Camus était de dépasser les notions philosophiques habituelles sur l'absurde en les sublimant dans la romance.
Quels sont les secrets des romans de Camus ? Ceci reste un mystère ! Peut-être a-t-il décrit la misère non pas en tant que concept mais plutôt telle qu'il la vécue. Peut-être refuse-t-il l'injustice, les idées totalitaires quelle que soit leur origine ! À ce propos, il écrit : «(...) Renoncer à toute valeur revient alors à renoncer à la révolte pour accepter l'Empire et l'esclavage. La critique des valeurs formelles ne pouvait épargner l'idée de liberté. Une fois reconnue l'impossibilité de faire naître, par les seule forces de la révolte, l'individu libre dont rêvaient les romantiques, la liberté a été, elle aussi, incorporée au mouvement de l'histoire. Elle est devenue liberté en lutte qui, pour être, doit se faire.»
Camus mérite une place dans histoire de l'Algérie; qu'on le veuille ou pas, il fait partie de nous.en tant Algérien le nier, me semble-t-il, c'est nier une partie de notre mémoire et de notre histoire. Nous devrions dépasser le Camus politique, quelle que soit sa vision de l'histoire de l'époque pour lui donner la place qu'il mérite, en commençant par l'école. Il a tant donné pour l'Algérie, à la terre qui l'a vu naître et qui l'a rayonné par son soleil.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
Fx1
  24 septembre 2014
Pour comprendre Camus , il faut savoir qui était Camus . Lire ces textes est une bonne chose , mais découvrir le pourquoi de ces textes est beaucoup plus important . Une biographie sur un homme aussi important n'était point une chose aisée . L'auteur ici s'en sort à merveille . L'on retrouve bien ce jerune Camus , fils élevé dans des conditions trés rudes et qui adorait sa mére . Puis cet homme qui découvre la philosophie et qui s'attache à faire vivre cette Algérie qu'il aime tant . Cet homme dont l'armée n'a pas voulu et qui pourtant ne demandait qu'a défendre la France , là ou nombre d'autres auteurs on pris la voie la plus sombre .... Cet homme qui fut rejeté par ceux là méme qui pour certains avaient collaborés avec les nazis . Cet homme complexe et en méme temps si fort , est parfaitement retranscrit ici . Cette biographie pour qui veut découvrir Camus c'est un bonheur . Parfaitement écrite , pensée , elle est incontournable si l'on veut comprendre Camus .
Commenter  J’apprécie          200
andreepierrette
  10 janvier 2014
A la recherche d'Albert Camus, Olivier Todd, sans gommer ni grossir les qualités ou les défauts de l'homme et de l'écrivain, , montre comment l'auteur de l'Etranger et de l'Homme révolté tenta d'accorder sa vie, son oeuvre et sa morale.
Camus fut algérien et algérois, journaliste, essayiste, romancier, dramaturge, metteur en scène, acteur... Avec cette biographie, sa personnalité apparaît dans toute sa complexité, grâce à de nombreux inédits dont sa correspondance. Camus était charmeur et ombrageux, sincère et théâtral, plein de doutes et arrogant. Il voulait être aimé et y parvint souvent. Il cherchait à être compris et n'y parvint pas toujours. Il parla trop de bonheur pour être heureux et serein. Faut-il pour autant l'imaginer malheureux comme Sisyphe ? extrait de quatrième de couverture
Commenter  J’apprécie          100
Cularo
  07 mai 2013
La meilleure biographie d'Albert Camus;exhaustive et très bien écrite.
Commenter  J’apprécie          70
oran
  13 juin 2016
Une biographie bien complète qui complète celle écrite antérieurement par Herbert Lottman
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
EffeLouEffeLou   05 novembre 2014
Char devient aussi pour Camus "ce frère de peine et de joie, dont l'affection" l'aide à vivre. Camus lui offre des disques, dont le Don Giovanni de Mozart. Ils bourlinguent, voyagent entre Paris et la Provence dans la chère Citroën de Camus. Au bar d'une auberge de campagne, à Tain-l'Hermitage, le patron les prend pour Pierrot le Fou et Dédé la Mitraille, célèbres truands.
- "Une hostellerie pour patriciens du marché noir nous a vus débarquer [...] forcés par les circonstances et la pompe à essence. Le patron dont j'avais vu des centaines d'exemplaires à Montmartre vivant de la générosité des dames, planté au milieu d'une clientèle raffinée et d'une vingtaine d'abat-jour roses, voit arriver une traction noire d'où descendent deux rouleurs d'épaules, plutôt dégueulasses et dont l'un a un format de porte cochère [Char, bien sûr]. Dialogue (que j'arrange un peu, mais la vérité est intacte):
Char. Salut. On voudrait coucher?
Le patron. Combien de chambres.
C. Deux.
Le p. Je n'en ai qu'une.
C. A deux lits?
Le p. A un seul.
C. Merci. On ne la veut pas.
Moi (toujours pratique). Alors, on voudrait manger.
Le p. Bon.
On s'installe. On cause. Le patron se file plusieurs verres derrière le comptoir et la cravate. Au bout d'une heure, il se ramène.
Le p. Les clients qui devaient me téléphoner pour la chambre l'ont pas fait.
Moi. C'est la souris qui a dû renâcler.
Le p. Comme de juste. Alors, vous voulez coucher.
C. D'accord.
Le patron va se filer un verre. Il revient avec des fiches.
Le p. Vous comprenez, on est surveillé. Mais vous pouvez mettre ce que vous voulez, je ne vous demanderai pas les cartes d'identité.
Char et moi, on se regarde. Nous avons compris. Nous faisons les fiches.
Lui met: "industriel". Moi, "journaliste". Le patron revient.
Moi. Ca vous va comme ça?
Le p. L'essentiel, c'est que vous ne mettiez pas Pierrot le Fou.
Résultat net: le lendemain, une addition ultra-modeste et le patron qui pousse la voiture pour la mettre en marche. On était entre gens du monde."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
andreepierretteandreepierrette   10 janvier 2014
Dans sa vie privée et ses engagements publics, un Camus inattendu - souvent inconnu - surgit à travers ses prises de position politiques ou artistiques, ses amitiés, ses amours. Camus reste inclassable, solitaire et solidaire, un frère ennemi de Sartre.. Communiste puis anti-communiste, il connaissait le prix humain des idéologies. Il ne voulait être ni victime, ni bourreau. Pour lui, la souffrance n'avait pas de frontière mais les tyrans avaient toujours la carte d'un parti.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          73
EffeLouEffeLou   05 novembre 2014
La famille sartrienne sait Koestler antistalinien mais le croit toujours de gauche. Il lance à Sartre "Vous êtes un meilleur romancier que moi, mais moins bon philosophe". Simone de Beauvoir, attirée par l'homme, voit en lui un bon romancier mais n'aime pas plus ses positions philosophiques que celles de Camus. Sartre et le Castor le trouvent pédant, auto-didacte, scientiste et d'une "médiocre formation marxiste". Le Castor distribue facilement les mauvaises notes.
Tous adorent Mamaine [la compagne de Koestler], très jolie brune. Simone reconnaît qu'elle a "l'esprit aigu", une "grâce fragile". La cordialité règne et les fiestas reprennent. Simone s'éprend tour à tour d'Arthur [Koestler] et d'Albert [Camus]. Le premier succombe, pas le second:
- Imaginez ce qu'elle peut raconter sur l'oreiller après! soupire Camus. Epouvantable, une pareille bavarde, un bas-bleu total, insupportable!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
EffeLouEffeLou   05 novembre 2014
A ses amis très proches, Camus montre son irritation, sa peine et ses doutes. Revenu rue Madame, à Jeanne Terracini, Camus parle de Sartre, avec exaspération:
- Que veux-tu que je fasse? Que j'aille lui casser la gueule? Il est trop petit!
Commenter  J’apprécie          70
CularoCularo   27 octobre 2013
Petite parodie:moi je n'étais rien et voilà qu'aujourd'hui je suis la gardienne de ses sublimes récits,je l'aime à mourir,il a dressé des ponts entre moi et son être et je les traverse à chaque fois que je ne peux pas dormir,je l'Aime à mourir!
Commenter  J’apprécie          50
Videos de Olivier Todd (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Olivier Todd
Audrey Pulvar reçoit Olivier Todd, Ecrivain, journaliste, auteur de "J'ai vécu en ces temps" publié chez Grass Paru le 20 avril 2011.
autres livres classés : biographieVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
590 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre