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ISBN : B074X5JZFJ
Éditeur : (17/08/2017)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 26 notes)
Résumé :
1805. L'armée menée par Napoléon se rapproche inexorablement des frontières de l'empire Russe, pendant qu'à Moscou et Saint-Pétersbourg, les Rostow, Bolkonsky ou Besoukhow, aristocrates ou grand bourgeois, mènent une vie mondaine, insouciante et frivole. Au moment où la Russie entre en guerre aux côtés de l'Autriche contre la France, tout bascule. Un chef-d'oeuvre de Tolstoï écrit entre 1865 et 1869, et qui fut un immense succès, dès sa parution.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Warrenbismuth
  27 mars 2018
Le roman de la démesure. Les chiffres étant souvent plus parlants qu'un long discours, je vous en livre ici quelques-uns : près de 2000 pages (pour lesquelles j'ai opté pour la version en trois volumes), 17 parties, 337 chapitres. Dans la vie normale, l'épilogue d'un roman se résume en quelques lignes voire quelques pages. Ici ce sont plus de 100 pages qui concluent la fresque. On croise des centaines de personnages (je ne les ai pas comptés, mais certaines sources font état de 500 !). L'écriture du roman s'est étalée durant sept années, entre 1863 et 1869. Dans la vie normale, un roman se lit en quelques dizaines d'heures au maximum. Ici j'évalue ma durée totale de lecture à plus de 130 heures. Comme le disait si justement le grand Rod SERLING en parlant de tout à fait autre chose : « Nous voilà transportés dans une autre dimension ».
On ne résume pas un livre qui n'est pas résumable. L'histoire s'étend de 1805 à 1820 en Russie et raconte la destinée de plusieurs familles bourgeoises : les Bezoukhov (dont Pierre, l'enfant bâtard, est le héros principal du roman, et se trouve être l'un des doubles de TOLSTOÏ), les Bolkonsky (André, l'un des autres doubles de l'auteur, est aussi l'une des charnières de l'intrigue), les Kouraguine ou encore les Rostov.
Le titre « Guerre et paix « est inspiré de l'anarchiste théoricien Pierre-Joseph PROUDHON (TOLSTOÏ lui-même était anarchiste). le mot « Guerre » devrait d'ailleurs s'écrire au pluriel puisqu'il est question de trois guerres : celle dite de la troisième coalition en 1805, celle de Tilsitt en 1807 et enfin la longue et désastreuse campagne de Russie de 1812 avec l'épisode de la Bérézina. Toutes mirent en scène principalement la Russie d'Alexandre 1er et la France de Napoléon 1er, même si de nombreux autres pays prirent part aux conflits. Une réflexion du Prince André Bolkonsky dès le début du livre peut servir de trame : « Si l'on ne se battait que pour ses convictions, il n'y aurait pas de guerre ». Ce roman sera ponctué de très nombreuses morts, pas toutes sur les champs de bataille d'ailleurs.
La paix : elle est vue historiquement par la paix de Tilsitt, mais plus fictionnellement par le destin des personnages du roman. de nombreuses histoires d'amour par le biais de rencontres, déchirements, trahisons, adultères, etc. TOLSTOÏ a mis le paquet et sorti les violons pour approfondir un romantisme très marqué, si certains passages traitant des affaires de coeur, des émotions amoureuses ou de ressentis peuvent s'avérer longs, ils éclairent pourtant sur tout le reste. Je ne dévoilerai rien de ce point du livre, ma chronique ne ferait que vous perdre un peu plus (si vous ne l'êtes pas déjà).
Dans cette saga d'une rare densité, c'est aussi le personnage de Napoléon qui est mis en exergue. En mettant bout à bout les nombreux passages concernant sa personne, on aurait sans nul doute une biographie assez complète d'un empereur qui fascine l'Europe entière, par une adoration doublée d'une haine farouche (il est vu sous les traits de l'antéchrist), émanant parfois d'un même cerveau à quelques mois de distance. TOLSTOÏ n'hésite pas à se placer en porte-à-faux de l'histoire de ces guerres telle que racontée par les historiens officiels. Il s'en arroge le droit, notamment car, parlant au nom du peuple russe envers ce qu'il dévoile sur la stratégie de Napoléon, « Nous n'avons pas, Dieu merci, pour cacher notre honte, à nous incliner devant son génie, nous avons payé cher le droit de juger ses actes, de bonne foi et sans déguisement, et dès lors nous ne sommes obligés à aucune concession ». Et s'il tacle les historiens c'est aussi parce que « le mouvement des masses n'est produit ni par le pouvoir ni par l'activité intellectuelle, ni par l'union de l'un et de l'autre, comme le pensent les historiens, mais par l'activité de tous ceux qui prennent part aux événements, et qui se groupent de telle façon que ceux qui agissent le plus directement sont les moins responsables, et réciproquement », leur reprochant leur manque de recul et la non prise en compte d'une quantité de causes.
Pour bien comprendre le récit historique, il faut quand même se passionner pour les stratégies militaires qui sont explorées ici avec force détails, telle un immense tableau chargé de microparticules multicolores. Certaines pages peuvent paraître longues, d'autres sont tout simplement d'anthologie, je pense notamment à la campagne de Russie et de ses incendies gigantesques de Smolensk et Moscou.
Mais le plus beau reste à venir, et rien que pour cela il vous faut parvenir à la conclusion du vertigineux ouvrage : l'épilogue. Plus de 100 pages en version essai sur la notion de guerre, de paix, de liberté et de nécessité, ce moment est proprement divin, il termine un bouquin d'une variété extrême. Pour TOLSTOÏ (et il va implacablement le démontrer), la liberté totale n'existe pas, elle n'est que relative. Il en est de même pour la nécessité. Cet épilogue fait à coup sûr partie des grandes émotions de la littérature mondiale de par son développement, sa précision, les exemples pris, on en ressort éreinté mais convaincu.
Il est indéniable que lire « Guerre et paix » est une sorte de défi lancé à soi-même. Tout en lisant de manière soutenue et quotidienne, il ne m'a fallu pas moins de cinq semaines pour voir apparaître le mot « fin ». Et comme après chaque longue expérience littéraire, je me retrouve un peu à poil après une telle aventure, car bien que n'étant pas téméraire, pour moi le fait de terminer « Guerre et paix », c'est un peu comme descendre les chutes du Niagara en caisse à savon. C'est aussi un défi par les patronymes utilisés par l'auteur : certains personnages portent le même prénom, des noms de familles sont presque similaires (les Karaguine et les Kouraguine).
Le plus incroyable dans tout cela, c'est que TOLSTOÏ a écrit plusieurs versions de ce roman fleuve (et je ne dis pas cela pour la seule Bérézina qui d'ailleurs est une rivière) ! Pour la présente version, visiblement la plus usitée, j'ai choisi la traduction d'Irène PASKEVITCH, qui semble toujours faire autorité dans le domaine puisque son travail est encore réédité de nos jours.
Je parlais de démesure au début de cet article : ce roman a amené des liesses populaires ou individuelles hors norme, à la hauteur de ce qu'a écrit TOLSTOÏ : récemment en Russie, une lecture publique de 60 heures non stop a eu lieu, je me souviens aussi de cette anecdote (je n'ai malheureusement pas pu retrouver la source) d'un homme qui a envoyé « Guerre et paix » en SMS à sa fiancée. Dans mon souvenir, et à raison de nombreux SMS quotidiens, l'aventure a duré plus d'un an. Pour finir, cette petite anecdote contée par une amie : sa grand-mère alors impotente ne quittait plus son fauteuil aménagé, elle a passé les dernières années de sa vie à lire, refermer et reprendre du début « Guerre et paix ». Avec un roman pareil, la raison n'existe plus, les réflexes rationnels sont oubliés au profit d'actions d'envergure dans le temps. « Guerre et paix » est considéré que le plus grand roman russe historique : le travail effectué par TOLSTOÏ pour le rédiger ne peut que nous amener à nous incliner devant ce gigantesque rendu. Pour la compétition, on reviendra plus tard. Je termine aujourd'hui ce roman et je me sens comme groggy ou migraineux un jour de gueule de bois, avec cette question : comment peut-on entreprendre un travail littéraire aussi acharné, surdimensionné ? D'ailleurs, cette question mérite-t-elle même d'être posée ? Quoi qu'il en soit, il me va falloir reprendre une vie normale après cette expérience hors du commun, atterrir de nouveau dans la vraie vie, ce qui devrait encore prendre quelques jours.
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LiliGalipette
  29 juillet 2019
Faut-il résumer ce roman ? Peut-on résumer ce roman ? Est-il pertinent de résumer les batailles opposant la Russie à l'armée napoléonienne ? Où est l'intérêt de décrire chacun des nombreux personnages et chacune des intrigues amoureuses et sociales qui les rassemblent ?
Dans deux mois, voire dans deux semaines, nul doute que je serai bien en peine de me rappeler de qui unetelle est amoureuse et qui untel épouse-t-il par intérêt ou raison. du même auteur, j'ai largement préféré Anna Karénine, pourtant lu quand j'étais une toute jeune adolescente. le texte ne m'avait pas semblé si dense et ardu. Guerre et paix est un pavé, non pas indigeste, mais tout de même un peu lourd. Certes, il est passionnant de suivre Tolstoï dans ses réflexions sur la prétendue véracité du génie militaire de Napoléon. Certes, il est passionnant de voir deux personnages mettre en application des principes sociaux nouveaux, inspirés de la franc-maçonnerie, et qui tendent à abolir le servage. On retrouve là les idées sociétales de l'auteur. Mais dans l'ensemble, j'ai éprouvé assez peu de sympathie pour les personnages, à l'exception de Pierre, le héros le plus principal, si j'ose dire.
J'ai cependant l'intention de voir l'adaptation de ce roman par la BBC.
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Felina
  11 mars 2019
Étant une fan de littérature classique, j'ai eu ma période russe au lycée avec "Anna Karénine" notamment - que j'aimerai beaucoup relire et chroniqué d'ailleurs, mais au grand jamais je n'avais lu "La guerre et la paix", et je fus rappelée à l'ordre lors d'une discussion en fin d'année dernière. Cela tombait fort bien, car le pavé, car s'en est un, avait intégrer ma PAL quelques mois avant: espoir de lecture estivale.
Ce roman fleuve, cette saga historique est difficilement résumable en quelques lignes. Lev Tolstoï confronte deux périodes, 1805 où la société russe jouit encore d'une certaine paix, quoique précaire; et 1812 où la guerre éclate et le grand stratège de guerre, Napoléon Bonaparte investit le pays. le lecteur y suit les événements qui chamboulent -ou pas - le rythme des plus grandes familles russes telles que les Bésoukhov, les Bolkonsky, les Kouraguine, les Rostov, les Droubetskoï et bien d'autres encore.
Pierre Besoukhov est l'héritier bâtard d'une des plus grandes familles russes, esprit vif et double de Léon Tolstoï, il ne sait pas trop ou est sa place, et se laisse porter par les décisions des autres et la bienséance russe. Il obéit un peu à contre-coeur aux décisions que l'on attend qu'il prenne. Andréï Bolkonsky - second double de Tolstoï -est le fils aîné d'une vieillard dur et qui pourrait semblé sans coeur. Il ne pense qu'à une chose s'engager pour faire face aux français et à Napoléon. le portrait de femme qui semble le plus intéressant, même s'il retombe un peu comme un soufflé, est celui de la belle Natacha Rostova. Jeune et impétueuse, elle est libre comme l'air jusqu'au jour où les convenances et le manque d'argent lui provoque la maladie d'amour. Voilà la jeune fille transfigurée du tout au tout. Il y a bien d'autres personnages, bien au-delà d'une centaine. le lecteur en aimera certains plus que d'autres, puis au fil des pages et des années, les choses vont évoluer et les sentiments également.
La guerre a une grande place, et si l'on est autant intéressé par les déplacements des troupes et les stratégies militaires que par un match de foot, certains passages risques de sembler un peu longs, heureusement que les personnages sont là, de même que Wikipédia pour comprendre un peu ces passages armés. L'immersion dans la vie militaire et le contraste avec la brillante société russe est assez marquant, mais c'est tout à fait fascinant.
En plus d'être une photographie de la haute société russe de cette époque, un roman historique et militaire, cette fresque est aussi un essai à travers lequel, l'auteur fait passé les idées qu'il a sur la vie. Comme par exemple qu'une décision individuelle n'a aucun impact sur un événement historique, qui est en quelques sortes préprogrammé comme il doit se passer. Cette vision est un peu réductrice, et ne tient aucun compte de l'effet papillon par exemple... Mais bon, les mentalités changent avec le temps, il faut juste du temps.
Un point par contre qui peu interpeller - voire plus - le lecteur est la façon dont l'auteur conclut son roman, l'oeuvre d'une vie dirait certains, par des propos plus que discutables, concernant le fait qu'il aime être né dans l'aristocratie, et méprise - on peut dire ça comme ça - les autres couches de la société, qui en quelques sortes n'ont que ce qu'elles méritent. (...)
Lien : http://lillyterrature.canalb..
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meknes56
  06 mai 2019
Mon livre préféré. Une histoire fourmillant de multiples personnages. Une oeuvre admirablement écrite. Plongé dans ce roman, il est difficile d'en sortir.
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jullius
  20 juin 2019
Un envoûtement
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
DanieljeanDanieljean   09 juillet 2019
Qu'est-ce qui se passe ? Je tombe ? Mes jambes se dérobent », se demanda-t-il et il tomba sur le dos. Il ouvrit les yeux, voulant savoir comment s'était terminée la lutte des Français et des artilleurs, si le rouquin avait été tué ou non, si les canons avaient été pris ou sauvés. Mais il ne vit rien. Au-dessus de lui il n'y avait que le ciel, un ciel haut, légèrement voilé et cependant infiniment haut, sur lequel glissaient lentement des nuages gris.

Quel silence, quelle paix et quelle majesté ! songea le prince André. Ce n'est plus du tout comme lorsque je courais, plus du tout comme lorsque nous courions, criions et nous battions, plus du tout comme lorsque le Français et l'artilleur, le visage convulsé de terreur et de rage, s'arrachaient le refouloir. Ce n'est pas du tout ainsi que glissent les nuages dans ce ciel infiniment haut. Comment se fait-il que je ne voyais pas auparavant ce ciel infini ? Et quelle joie de le connaître enfin ! Oui, tout est vanité, tout est mensonge à part ce ciel. Rien, rien n'existe que lui... mais cela aussi n'existe pas. Il n'y a rien, il n'y a que le silence, le repos... Et Dieu en soit loué !
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DanieljeanDanieljean   09 juillet 2019
Maintenant, il avait appris à voir la grandeur, l’éternité, l’infini en tout. Aussi était-il naturel que pour le voir, pour jouir de sa contemplation, il eût jeté sa longue-vue avec laquelle il avait regardé jusqu’alors par-dessus la tête des hommes, et qu’il contemplât joyeusement autour de lui la vie perpétuellement changeante, toujours grande, incompréhensible et infinie. Et plus il regardait de près, plus il était calme et heureux.
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DanieljeanDanieljean   09 juillet 2019
Autrefois, il ne savait voir en rien le grand, l’inconcevable, l’infini ; il pressentait seulement que cela devait exister quelque part, et il le cherchait. Dans tout ce qui était proche et compréhensible, il ne voyait que l’aspect borné, mesquin, quotidien, absurde. Il s’armait d’une longue-vue mentale et regardait au loin, là où le quotidien, le mesquin voilé par la brume, lui apparaissait grand, infini uniquement parce qu’il était indistinct.
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LiliGalipetteLiliGalipette   29 juillet 2019
« Je suis convaincu que nous devons, nous autres Russes, vaincre ou mourir. »
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talou61talou61   03 avril 2018
Le passé l'emporte toujours sur le présent.
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