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EAN : 978B074X5JZFJ
1992 pages
Éditeur : (17/08/2017)

Note moyenne : 4.37/5 (sur 57 notes)
Résumé :
1805. L'armée menée par Napoléon se rapproche inexorablement des frontières de l'empire Russe, pendant qu'à Moscou et Saint-Pétersbourg, les Rostow, Bolkonsky ou Besoukhow, aristocrates ou grand bourgeois, mènent une vie mondaine, insouciante et frivole. Au moment où la Russie entre en guerre aux côtés de l'Autriche contre la France, tout bascule. Un chef-d'oeuvre de Tolstoï écrit entre 1865 et 1869, et qui fut un immense succès, dès sa parution.
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Jerome012630
  07 avril 2020
Quand on parle de classique, le roman fleuve de Tolstoï fait partie de ceux qui viennent tout de suite à l'esprit.
Cela faisait des années que Guerre et Paix, ou La Guerre et la Paix, était dans ma bibliothèque.
Mais une oeuvre de cette ampleur, on ne la lit qu'au moment où on se sent prêt à plonger dedans.
Par rapport au mythe que ce roman représente dans la littérature mondiale et par sa taille de presque 2000 pages.
Mes précédentes expériences avec Tolstoï avaient été diverses. J'ai adoré Anna Karenine mais ai eu plus de mal avec Résurrection, son dernier roman de 1899, représentatif si j'ai bien compris d'un moment de la vie de l'auteur où celui-ci reniait ses oeuvres romanesques.
Quant au livre de poche regroupant "la mort d'Ivan Illitch", "maître et serviteur" et "trois morts", j'avoue être passé un peu à côté. Je le relirai.
Voilà posé le "contexte" dans lequel j'ai entrepris cette lecture.
Guerre et Paix commence en juillet 1805, au sein de la noblesse petersbourgeoise et moscovite. Dans la première partie, on découvre, au travers de salons mondains et de dîners, les personnages que nous suivrons tout au long de l'oeuvre.
(Attention, je vous conseille de noter dans votre smartphone ou sur un papier quelques éléments sur les personnages : qui est le fils ou la fille de qui, le cousin ou la cousine de qui, etc. En effet on fait la connaissance d'énormément de personnages en même temps, et il peut parfois être difficile de s'y retrouver).
A cette époque, on discute de Bonaparte, de la menace qu'il fait peser sur l'Europe et la Russie et de la nécessité de partir en guerre. Ainsi, certains s'engageront tels le prince André Bolkonski ou le jeune comte Nicolas Rostov.
Place plus tard à la vie au sein des régiments alors que la guerre fait rage, ce qui nous amènera dans un premier temps à la fameuse bataille d'Austerlitz, défaite amère pour l'alliance austro-russe. Et source de désillusions pour beaucoup, pour ceux qui ne voyaient dans l'affrontement que l'aspect héroïque, superbe, propice à l'avancement et à la gloire.
Le roman va ainsi alterner entre périodes sur le front et périodes de vie "normale", que ce soit à travers les soldats en permission ou les personnages qui ne participent pas à cette croisade contre Napoléon, que les russes appellent "l'ennemi du genre humain".
Nous suivrons le prince André Bolkonski et sa soeur Maria, Natacha Rostov et sa famille dont le jeune Nicolas, et ce fameux Pierre Bezoukhov.
Tous liés les uns aux autres, et comme toujours chez Tolstoï, ces personnages, au gré de leurs expériences, de leurs rencontres, vont être amenés à évoluer. Dans leurs positions, dans leurs sentiments, notamment ceux qu'ils éprouvent les uns envers les autres.
Cette alternance mentionnée ci-dessus permet de donner de l'air au récit, récit dont la fluidité m'a d'ailleurs étonné, moi qui m'attendais à quelque chose de plus ardu.
Le 2ème tome est lui entièrement consacré à cette fameuse campagne de Russie en 1812, au coeur même de Moscou, là où certains parlaient de la guerre avec parfois un peu trop de légèreté.
Comment en effet ne pas parler de cet événement, célèbre dans les livres d'histoire et une des plus cuisantes défaites de l'empereur Napoléon.
De Borodino, à Kraskoie, en passant par Moscou évidemment, des dizaines de milliers d'hommes meurent, plus par les conditions de vie, le pillage, la retraite précipitée, que par les affrontements à proprement parler.
Tolstoi se sert aussi de son roman pour développer sa thèse sur L Histoire et les Grands Hommes. le génie militaire n'existe pas. C'est à posteriori qu'on qualifie untel ou untel de héros. Car la victoire ne dépend jamais des consignes données et souvent déjà dépassées quand elles arrivent aux soldats. La force est égal à une équation dans laquelle, outre la quantité d'hommes à disposition, rentre un multiplicateur : le moral.
Celui qui fait que 10 hommes en renverseront 15.
Et que c'est un ensemble de paramètres qui ne peuvent être prévus qui vont définir le succès, plus que le pouvoir de quelques-uns.
Se dresse lors de cette campagne russe une opposition entre Napoléon, que Tolstoï fait plus qu'égratigner, et (non pas l'empereur Alexandre relégué au second plan) Koutouzov le commandant de l'armée russe, que Tolstoï réhabilite. Il réhabilite l'homme et ses choix, parvenant à en faire un portrait non dénué de tendresse, un incompris.
Il serait passionnant d'échanger sur ce livre et sur cette guerre avec un historien. Afin de confronter le point de vue de l'auteur, dont on sent l'immense travail historique sur ces événements vieux d'une cinquantaine d'années, et les études postérieures.
Guerre et Paix est bel et bien un chef-d'oeuvre, dont la longueur ne doit pas décourager le lecteur. Elle est indispensable à la quantité de choses que Tolstoï veut nous raconter, à la masse d'informations qu'il veut mettre à notre disposition.
Pourtant, nous ne sommes jamais noyés. Tout le monde trouvera quelques longueurs, c'est évident, surtout dans cette dernière partie d'une cinquantaine de pages qui n'est qu'une analyse du pouvoir, de l'histoire et des notions de liberté et nécessité (le "vrai" roman s'arrêtant à la fin de la première partie de l'épilogue).
A bientôt et bonne lecture !
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Gehenne
  27 mai 2020
Mission accomplie. J'ai terminé mon défi du confinement avec l'intégrale de "LA GUERRE ET LA PAIX", tel est le titre retenu pour l'édition de décembre 1944 dans la Pléiade dans une traduction de Henri Mongault.
Ce livre-épopée est un monstre, mais un monstre magnifique. Jamais batailles n'ont été mieux décrites au coeur même de la mêlée, jamais l'âme russe n'a été aussi bien illustrée. Point n'est besoin de s'attarder outre mesure sur ce chef-d'oeuvre sur lequel tout a été dit.
Sauf à ajouter un petit bémol : le prodigieux écrivain qui a passé 5 années à enfanter ce roman-fleuve aurait pu faire l'économie de cette cinquantaine de pages finales qui embrouillent son propos par un trop plein d'explications.
Sur cette édition de la Pléiade de 1607 pages, l'histoire proprement dit se termine à la page 1556, soit au terme de la 1ère partie de l'épilogue. Puis l'écrivain se mue en professeur qui disserte à foison sur le sens de l'Histoire. Si vous n'êtes ni historien, ni philosophe, évitez cet ultime sentier escarpé. Pour le reste, rien que du bonheur !
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Warrenbismuth
  27 mars 2018
Le roman de la démesure. Les chiffres étant souvent plus parlants qu'un long discours, je vous en livre ici quelques-uns : près de 2000 pages (pour lesquelles j'ai opté pour la version en trois volumes), 17 parties, 337 chapitres. Dans la vie normale, l'épilogue d'un roman se résume en quelques lignes voire quelques pages. Ici ce sont plus de 100 pages qui concluent la fresque. On croise des centaines de personnages (je ne les ai pas comptés, mais certaines sources font état de 500 !). L'écriture du roman s'est étalée durant sept années, entre 1863 et 1869. Dans la vie normale, un roman se lit en quelques dizaines d'heures au maximum. Ici j'évalue ma durée totale de lecture à plus de 130 heures. Comme le disait si justement le grand Rod SERLING en parlant de tout à fait autre chose : « Nous voilà transportés dans une autre dimension ».
On ne résume pas un livre qui n'est pas résumable. L'histoire s'étend de 1805 à 1820 en Russie et raconte la destinée de plusieurs familles bourgeoises : les Bezoukhov (dont Pierre, l'enfant bâtard, est le héros principal du roman, et se trouve être l'un des doubles de TOLSTOÏ), les Bolkonsky (André, l'un des autres doubles de l'auteur, est aussi l'une des charnières de l'intrigue), les Kouraguine ou encore les Rostov.
Le titre « Guerre et paix « est inspiré de l'anarchiste théoricien Pierre-Joseph PROUDHON (TOLSTOÏ lui-même était anarchiste). le mot « Guerre » devrait d'ailleurs s'écrire au pluriel puisqu'il est question de trois guerres : celle dite de la troisième coalition en 1805, celle de Tilsitt en 1807 et enfin la longue et désastreuse campagne de Russie de 1812 avec l'épisode de la Bérézina. Toutes mirent en scène principalement la Russie d'Alexandre 1er et la France de Napoléon 1er, même si de nombreux autres pays prirent part aux conflits. Une réflexion du Prince André Bolkonsky dès le début du livre peut servir de trame : « Si l'on ne se battait que pour ses convictions, il n'y aurait pas de guerre ». Ce roman sera ponctué de très nombreuses morts, pas toutes sur les champs de bataille d'ailleurs.
La paix : elle est vue historiquement par la paix de Tilsitt, mais plus fictionnellement par le destin des personnages du roman. de nombreuses histoires d'amour par le biais de rencontres, déchirements, trahisons, adultères, etc. TOLSTOÏ a mis le paquet et sorti les violons pour approfondir un romantisme très marqué, si certains passages traitant des affaires de coeur, des émotions amoureuses ou de ressentis peuvent s'avérer longs, ils éclairent pourtant sur tout le reste. Je ne dévoilerai rien de ce point du livre, ma chronique ne ferait que vous perdre un peu plus (si vous ne l'êtes pas déjà).
Dans cette saga d'une rare densité, c'est aussi le personnage de Napoléon qui est mis en exergue. En mettant bout à bout les nombreux passages concernant sa personne, on aurait sans nul doute une biographie assez complète d'un empereur qui fascine l'Europe entière, par une adoration doublée d'une haine farouche (il est vu sous les traits de l'antéchrist), émanant parfois d'un même cerveau à quelques mois de distance. TOLSTOÏ n'hésite pas à se placer en porte-à-faux de l'histoire de ces guerres telle que racontée par les historiens officiels. Il s'en arroge le droit, notamment car, parlant au nom du peuple russe envers ce qu'il dévoile sur la stratégie de Napoléon, « Nous n'avons pas, Dieu merci, pour cacher notre honte, à nous incliner devant son génie, nous avons payé cher le droit de juger ses actes, de bonne foi et sans déguisement, et dès lors nous ne sommes obligés à aucune concession ». Et s'il tacle les historiens c'est aussi parce que « le mouvement des masses n'est produit ni par le pouvoir ni par l'activité intellectuelle, ni par l'union de l'un et de l'autre, comme le pensent les historiens, mais par l'activité de tous ceux qui prennent part aux événements, et qui se groupent de telle façon que ceux qui agissent le plus directement sont les moins responsables, et réciproquement », leur reprochant leur manque de recul et la non prise en compte d'une quantité de causes.
Pour bien comprendre le récit historique, il faut quand même se passionner pour les stratégies militaires qui sont explorées ici avec force détails, telle un immense tableau chargé de microparticules multicolores. Certaines pages peuvent paraître longues, d'autres sont tout simplement d'anthologie, je pense notamment à la campagne de Russie et de ses incendies gigantesques de Smolensk et Moscou.
Mais le plus beau reste à venir, et rien que pour cela il vous faut parvenir à la conclusion du vertigineux ouvrage : l'épilogue. Plus de 100 pages en version essai sur la notion de guerre, de paix, de liberté et de nécessité, ce moment est proprement divin, il termine un bouquin d'une variété extrême. Pour TOLSTOÏ (et il va implacablement le démontrer), la liberté totale n'existe pas, elle n'est que relative. Il en est de même pour la nécessité. Cet épilogue fait à coup sûr partie des grandes émotions de la littérature mondiale de par son développement, sa précision, les exemples pris, on en ressort éreinté mais convaincu.
Il est indéniable que lire « Guerre et paix » est une sorte de défi lancé à soi-même. Tout en lisant de manière soutenue et quotidienne, il ne m'a fallu pas moins de cinq semaines pour voir apparaître le mot « fin ». Et comme après chaque longue expérience littéraire, je me retrouve un peu à poil après une telle aventure, car bien que n'étant pas téméraire, pour moi le fait de terminer « Guerre et paix », c'est un peu comme descendre les chutes du Niagara en caisse à savon. C'est aussi un défi par les patronymes utilisés par l'auteur : certains personnages portent le même prénom, des noms de familles sont presque similaires (les Karaguine et les Kouraguine).
Le plus incroyable dans tout cela, c'est que TOLSTOÏ a écrit plusieurs versions de ce roman fleuve (et je ne dis pas cela pour la seule Bérézina qui d'ailleurs est une rivière) ! Pour la présente version, visiblement la plus usitée, j'ai choisi la traduction d'Irène PASKEVITCH, qui semble toujours faire autorité dans le domaine puisque son travail est encore réédité de nos jours.
Je parlais de démesure au début de cet article : ce roman a amené des liesses populaires ou individuelles hors norme, à la hauteur de ce qu'a écrit TOLSTOÏ : récemment en Russie, une lecture publique de 60 heures non stop a eu lieu, je me souviens aussi de cette anecdote (je n'ai malheureusement pas pu retrouver la source) d'un homme qui a envoyé « Guerre et paix » en SMS à sa fiancée. Dans mon souvenir, et à raison de nombreux SMS quotidiens, l'aventure a duré plus d'un an. Pour finir, cette petite anecdote contée par une amie : sa grand-mère alors impotente ne quittait plus son fauteuil aménagé, elle a passé les dernières années de sa vie à lire, refermer et reprendre du début « Guerre et paix ». Avec un roman pareil, la raison n'existe plus, les réflexes rationnels sont oubliés au profit d'actions d'envergure dans le temps. « Guerre et paix » est considéré que le plus grand roman russe historique : le travail effectué par TOLSTOÏ pour le rédiger ne peut que nous amener à nous incliner devant ce gigantesque rendu. Pour la compétition, on reviendra plus tard. Je termine aujourd'hui ce roman et je me sens comme groggy ou migraineux un jour de gueule de bois, avec cette question : comment peut-on entreprendre un travail littéraire aussi acharné, surdimensionné ? D'ailleurs, cette question mérite-t-elle même d'être posée ? Quoi qu'il en soit, il me va falloir reprendre une vie normale après cette expérience hors du commun, atterrir de nouveau dans la vraie vie, ce qui devrait encore prendre quelques jours.
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LiliGalipette
  29 juillet 2019
Faut-il résumer ce roman ? Peut-on résumer ce roman ? Est-il pertinent de résumer les batailles opposant la Russie à l'armée napoléonienne ? Où est l'intérêt de décrire chacun des nombreux personnages et chacune des intrigues amoureuses et sociales qui les rassemblent ?
Dans deux mois, voire dans deux semaines, nul doute que je serai bien en peine de me rappeler de qui unetelle est amoureuse et qui untel épouse-t-il par intérêt ou raison. du même auteur, j'ai largement préféré Anna Karénine, pourtant lu quand j'étais une toute jeune adolescente. le texte ne m'avait pas semblé si dense et ardu. Guerre et paix est un pavé, non pas indigeste, mais tout de même un peu lourd. Certes, il est passionnant de suivre Tolstoï dans ses réflexions sur la prétendue véracité du génie militaire de Napoléon. Certes, il est passionnant de voir deux personnages mettre en application des principes sociaux nouveaux, inspirés de la franc-maçonnerie, et qui tendent à abolir le servage. On retrouve là les idées sociétales de l'auteur. Mais dans l'ensemble, j'ai éprouvé assez peu de sympathie pour les personnages, à l'exception de Pierre, le héros le plus principal, si j'ose dire.
J'ai cependant l'intention de voir l'adaptation de ce roman par la BBC.
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CharlesEdouard
  24 août 2020
Enfin lu ! c'était dans ma pile à lire depuis pas mal de temps.
Faisait partie des livres à lire, d'après plusieurs listes (Cercle Norvégien, etc..).
Prodigieux, historique, intéressant, remarquable, tellement de qualificatifs pour ce grand roman, historique aussi.
Napoléon un héros ? C'est ce que j'ai lu dans un article il y a peu.
Je ne peux pas dire qu'amener des milliers d'hommes à la mort, à l'abattoir, qui plus est s'enfuit, fais d'un homme un héros.
Borodino (Moskova) est une bataille que je ne connaissais pas, Léon Tolstoï la détaille particulièrement.
Tolstoï explique qu'il y a une force supérieur, qu'il y a une sorte d'équilibre qui mouve le peuple, en particulier les armées, il n'y a pas que Napoléon..
Historiquement, c'est très intéressant, les rencontres entre Napoléon et Alexandre, mais surtout avec le prince André un de meilleur passage...
C'est une histoire que j'ai trouvé assez triste, mais si humaine.
Il y est question de franc-maçonnerie aussi, j'ai aimé le parcours de Pierre, les changements de voie. Nicolas, André, Natacha, Sonia, de l'amour, de la haine, de la joie, de la paix..
Un roman que je conseille, très long à lire, mais qui en vaut le détour.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
RortyRorty   09 mai 2020
Il avait pleine conscience de son détachement des choses terrestres et en éprouvait une joyeuse, une étrange légèreté. Il attendait l'inévitable sans hâte, sans inquiétude. La présence menaçante, éternelle, inconnue, lointaine qu'il n'avait cessé de percevoir durant toute le cours de sa vie, était maintenant proche, et cette étrange légèreté en était une preuve presque sensible et palpable....
Autrefois, il avait craint la mort. Par deux fois, il avait éprouvé l'angoisse effroyable de se voir près de sa fin, et maintenant il ne comprenait plus cette angoisse.
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DanieljeanDanieljean   09 juillet 2019
Qu'est-ce qui se passe ? Je tombe ? Mes jambes se dérobent », se demanda-t-il et il tomba sur le dos. Il ouvrit les yeux, voulant savoir comment s'était terminée la lutte des Français et des artilleurs, si le rouquin avait été tué ou non, si les canons avaient été pris ou sauvés. Mais il ne vit rien. Au-dessus de lui il n'y avait que le ciel, un ciel haut, légèrement voilé et cependant infiniment haut, sur lequel glissaient lentement des nuages gris.

Quel silence, quelle paix et quelle majesté ! songea le prince André. Ce n'est plus du tout comme lorsque je courais, plus du tout comme lorsque nous courions, criions et nous battions, plus du tout comme lorsque le Français et l'artilleur, le visage convulsé de terreur et de rage, s'arrachaient le refouloir. Ce n'est pas du tout ainsi que glissent les nuages dans ce ciel infiniment haut. Comment se fait-il que je ne voyais pas auparavant ce ciel infini ? Et quelle joie de le connaître enfin ! Oui, tout est vanité, tout est mensonge à part ce ciel. Rien, rien n'existe que lui... mais cela aussi n'existe pas. Il n'y a rien, il n'y a que le silence, le repos... Et Dieu en soit loué !
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GehenneGehenne   16 avril 2020
Et comment, mon prince, ferions-nous la guerre aux Français , dit alors le comte Rostoptchine. Pouvons-nous vraiment nous soulever contre nos maîtres et nos dieux ? Regardez notre jeunesse, regardez nos dames. Nos dieux, ce sont les Français, notre paradis, c'est Paris.
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CharlesEdouardCharlesEdouard   24 août 2020
D’après leur exposé, tantôt le personnage historique est le produit de son temps et son pouvoir n’est que le produit de forces différentes, tantôt son pouvoir est la force même qui crée les événements.
Gervinus, Schlosser, par exemple, et d’autres encore, démontrent tantôt que Napoléon est le produit de la Révolution, des idées de 1789, etc., et tantôt déclarent tout net que la campagne de 1812, ainsi que d’autres faits historiques qui leur déplaisent, sont dus uniquement à la volonté mal dirigée de Napoléon, et que ces mêmes idées de 1789 ont été enrayées dans leur développement par son arbitraire. Les idées révolutionnaires et l’état d’esprit général ont fait le pouvoir de Napoléon.
Et le pouvoir de Napoléon a étouffé les idées révolutionnaires et l’état d’esprit général.
+ Lire la suite
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DanieljeanDanieljean   09 juillet 2019
Maintenant, il avait appris à voir la grandeur, l’éternité, l’infini en tout. Aussi était-il naturel que pour le voir, pour jouir de sa contemplation, il eût jeté sa longue-vue avec laquelle il avait regardé jusqu’alors par-dessus la tête des hommes, et qu’il contemplât joyeusement autour de lui la vie perpétuellement changeante, toujours grande, incompréhensible et infinie. Et plus il regardait de près, plus il était calme et heureux.
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Vidéo de Léon Tolstoï
Léon Tolstoï, par Francis Ambrière, première diffusion sur la Chaîne nationale le 20 février 1953. Un seul écrivain, au programme ce soir de GRANDS ECRIVAINS, GRANDES CONFERENCES : un homme de la terre, un nationaliste, qui méprisait quelque peu le cosmopolitisme de certains de ses confrères. Un auteur dont Dostoïevski qualifiait l’ œuvre de « littérature de propriétaires fonciers » : Léon Tolstoï ! Peut-être avez-vous oublié les détails de la Troisième coalition, de la Paix de Tilsit, et, pour finir, de la Campagne de Russie ? Lisez, relisez Guerre et paix - ou La Guerre et la Paix, selon les traductions. Oui, reprenez contact avec le comte Pierre Kirillovitch Bezoukhov, le prince André Nikolaïevitch Bolkonsky, la princesse Marie Nikolaïevna Bolkonskaïa, la comtesse Natalia Ilinitchna Rostova, etc… Mais en attendant, écoutez la Conférence donnée salle Gaveau dans le cadre de l’université des Annales par Francis Ambrière, diffusée pour la première fois sur la Chaîne nationale le 20/02/1953. Source : France Culture
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