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EAN : 9782290348147
93 pages
Éditeur : J'ai Lu (01/03/2005)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.1/5 (sur 387 notes)
Résumé :
" En ce dernier temps de sa solitude, couché le visage tourné vers le dossier du divan, de cette solitude parmi les multitudes de la grande ville, parmi la foule des amis et des gens de sa famille - solitude qui nulle part ne pouvait être plus absolue ni au fond de la mer ni sous la terre -, en ce dernier temps de cette abominable solitude, Ivan Ilitch ne vivait plus que par les images de son passé. L'un après l'autre, il se représentait ces tableaux du temps accomp... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  15 octobre 2014
Lire Ivan Illitch… et mourir !
Quel savoir-faire dans le verbe, quelle maestria dans le style, quelle verdeur dans le propos. C'est limpide, c'est naturel, c'est jouissif, c'est fort, cela semble évident et pourtant c'est inimitable, incomparable, inatteignable. Chapeau bas, bien, bien bas ; plus bas que ça encore, Monsieur Tolstoï.
On ne vous remerciera jamais assez pour ce chapelet de trésors que vous nous léguâtes. Il y eut les gros (Anna Karénine), les très gros (Guerre et paix), les petits (Les cosaques) et les tout petits dont La Mort D'Ivan Illitch fait partie ; mais tous ont cette faculté de briller par-delà les siècles, par-delà les frontières et par-delà tout ce qui pourrait tenter de les empêcher de briller.
En quelques pages, quelques grammes de papier (car j'ose espérer que vous ne vous êtes pas encore convertis à la liseuse !), Lev Tolstoï a le talent d'évoquer une vie entière et tout un monde de convenances, d'aspirations, de doutes et de certitudes.
L'issue de la lutte ne laissant guère de suspense, l'auteur s'attache à nous faire vivre et ressentir la lente et inéluctable descente, l'affaissement, le basculement d'un homme, en apparence enviable, du monde des vivants à celui des trépassés.
Chemin faisant, l'individu incline à l'examen distancié de sa propre existence passée, à l'introspection, au voyage au creux de soi-même, de tout ce que l'on a pensé et cru, et qui bien sûr n'était que du flan, de la poudre aux yeux, des chimères.
En cette lumineuse nouvelle, Tolstoï aborde une foule de notions, comme l'atroce solitude d'un malade durant les heures de veille nocturne, le schéma du dialogue intérieur du mourant, la personnification de la douleur et la mise à l'épreuve qu'elle engendre, le lancinant va-et-vient entre espoirs de guérison et certitudes du contraire en passant par les phases médianes du doute, l'alternance mécanique entre l'hypocondrie et le déni du mal véritable, la manipulation et l'abus de pouvoir des médecins, l'hypocrisie et le mensonge des proches, la crise de la foi face à l'imminence de la mort, ou bien encore la vacuité des apparences et le sens vrai de l'existence.
L'auteur utilise le symbole d'Ivan Illitch, magistrat de premier ordre, rendant des sentences, mis face à la sienne de sentence. Les médecins jouent le rôle des avocats véreux et la Mort, le rôle d'authentique présidente de l'audience. Nul besoin de pousser plus loin l'évocation, vous avez dans les mains un petit délice à déguster sans modération en vous pourléchant les doigts, mais ceci n'est que mon avis, qui rassurez-vous n'est pas mortel, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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palamede
  01 juillet 2016
Au seuil de la mort, Ivan Illitch, dans sa solitude tourmentée d'agonisant, procède à un dialogue intérieur. La pensée du magistrat alterne entre espoir de guérir et conviction de sa fin proche. Il ressent la fausseté et l'hypocrisie de ses proches qui lui mentent sur son état, rejette le simulacre de la médecine, analyse la vacuité de l'orgueil humain, pense à Dieu et finalement accepte, après cette longue introspection, l'inéluctable fin de sa vie.
Un remarquable récit qui traduit les interrogations et angoisses existentielles de Léon Tolstoï.
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JacobBenayoune
  13 juin 2020
De la grande littérature en si peu de pages.
La Mort d'Ivan Ilitch frappe d'abord par le choix de ce titre direct qui invite le lecteur à réfléchir sur le contenu et le genre de ce court roman. Et l'on commence à se poser des questions sur ce personnage tellement important dont la mort est si intéressante.
Tolstoï a choisi une organisation assez curieuse pour son roman (ou nouvelle). Une organisation qu'on retrouvera plus tard chez Kundera par exemple. le livre s'ouvre sur la nouvelle de la mort d'un conseiller à la cour d'appel. Et l'on constate que cette nouvelle cause des réactions étranges chez son entourage ; un mélange d'indifférence et d'insouciance égoïstes. Ensuite, l'auteur revient sur la vie et l'ascension de ce personnage assez banal qui menait, selon lui (Ivan), correctement, facilement et agréablement sa vie. Son mariage qui s'avère un véritable naufrage ne l'empêche pas de continuer sa carrière malgré les désagréments fréquents. En surplus, son travail devient un refuge pour lui sans pour autant y trouver du plaisir.
L'intérêt de cette organisation est dans le fait qu'on arrive à découvrir au fur et à mesure la raison de cette indifférence presque flagrante de son entourage. D'ailleurs, Ivan lui-même commence à saisir la réalité et la vérité de son existence toute entière et ce jusqu'au dernier souffle.
Par ailleurs, ce livre est une descente aux enfers de la douleur, de la mort et de l'absurdité de la vie (un mot un peu osé mais vrai). le malaise que ressent Ivan, on le ressent, nous-mêmes lecteurs, au long de ce récit. Cette douleur omniprésente, permanente qui consomme l'âme et le corps d'Ivan au fil des pages et des jours, Tolstoï nous la fait vivre par sa magie d'écrivain. Ivan affronte sa mort, seul. Ni médecins (d'ailleurs on retrouve une satire envers eux et une description désavantageuse de leur attitude envers les malades), ni famille, ni amis ne le sauveront ni même ne le comprendront. Il doit saisir l'intérêt de cette douleur, chercher l'origine de son mal et vaincre sa peur de la mort. C'est ce combat atroce qu'on retrouve dans ce court roman.
Il s'agit bien d'une lecture exigeante qui vous donne à réfléchir sur toute l'existence, une lecture qui « nous réveille (…) d'un coup de poing sur le crâne » (Kafka).
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gouelan
  22 juin 2014
Ivan Illitch mène une vie bien rangée . Sa vie suit le cours des plaisirs et des convenances, en conformité avec la bonne société russe de son époque.
" Une existence uniforme et régulière,dans le meilleur des mondes possibles."
Sa vie professionnelle est un succès, sa vie familiale et affective beaucoup moins, mais ça ne l'affecte pas beaucoup, cela n'est pas sa priorité.
Alors qu'il vient de recevoir une nouvelle mutation, avec le confort matériel qu'elle implique , et donc la paix revenue dans le ménage, la maladie va s'immiscer dans sa vie.
Il va se retrouver seul face à sa douleur, à l'angoisse de la mort. Personne n'est là pour le consoler, apaiser sa peine. Sa femme va se montrer odieuse et détestable. Elle va souhaiter sa mort et le haïr en même temps , car elle sait que cette mort ne la sauvera pas, car alors elle ne bénéficierait plus de son traitement. Tout ce qui l'importe c'est son confort matériel.
La seule consolation qu'il trouvera ce sera dans les bons soins prodigués par son serviteur, Guérassime. Celui-ci, homme du peuple, n'ayant pas la même éducation, et peut-être aussi obéissant à son maitre, va se montrer compatissant. Il sera le seul à reconnaitre la maladie d'Ivan et sa gravité. Tous les autres sont dans le déni, le mensonge, ils ne lui accordent même pas cette vérité, car alors il faudrait le consoler.
Pour ses collègues et "amis", ce changement sera aussi pour eux une gêne.
Ils ont tous hâte qu'il débarrasse le plancher. Ils ne verront d'ailleurs dans sa mort que l'opportunité de nouvelles mutations et aussi la chance qu'ils ont que ce ne soit pas leur tour.
Sa vie est donc empoisonnée et elle empoisonne celle des autres. Il ne lui reste qu'à mourir pour échapper à cette douleur qui ne le quitte pas , qui s'est accaparée de sa vie. Il se voit mourir mais il ne se fait pas à cette idée, pour lui aussi la mort c'est pour les autres.
Devant l'inéluctable, il va faire un bilan de sa vie. Il se rendra compte alors que les seules vraies joies dont il se souvient sont celles de sa prime enfance.Tout le reste est factice, de la pacotille.Il pensera alors:
"Au fur et à mesure que pour l'opinion publique je semblais gravir la pente, la vie s'échappait de moi..."
" Comme si je descendais régulièrement la pente tout en m'imaginant que je la gravissais."
C'est donc un portrait sans complaisance que nous dresse là l'auteur, de la société russe de son époque. La vie d'Ivan ne vaut finalement rien , face à l'indifférence effroyable de son entourage vis à vie de sa souffrance et de son agonie. Qu'est-ce-que la vie d'un homme si elle n'est même pas regrettée et pire encore si elle est souhaitée. Sans doute Ivan aurait- il agit de la même façon si cela était arrivé à un autre que lui, il vit dans le même monde, celui de l'égoïsme . Il est aussi antipathique que les autres .
Texte sombre et sans espoir, dans laquelle on reconnait bien la plume de l'auteur, brutale et sans complaisance.

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aouatef79
  14 juin 2015
Dans sa vie , Tolstoi est une personne obsédée par la mort . IL voit la mort partout . le néant de la vie . Pour lui , rien n 'est pire que la mort . Si elle est la fin de tout
dit-il , rien n 'est pire que la vie . Nicolas , le frère préféré , quelques minutes avant de mourir , sommeille . IL se réveille et crie " Qu 'est-ce que c ' est que celà ? " .
IL a vu sa disparution dans le néant , dit Tolstoi qui ajoute : " S ' il n ' a rien trouvé à quoi se retenir , que trouverai-je , moi ? "
Tolstoi est terrorisé par la mort , par le néant : chez-lui la peur de la mort est effrénée
IL tâchera de s 'en défaire dans ses personnages de roman IL sera le meilleur peintre de la mort , le plus vrai , le plus minutieux .
En 1884 , il écrit son chef-d 'oeuvre , comme , exutoire , pour éloigner la mort de lui- même puis qu ' elle concerne un autre : in personnage de son livre c est à dire : Ivan Ilitch !
Durant sa maladie , dont le progrès est très bien décrit , Ilitch est assisté par le paysan Guérassime , qui est tel que la nature l ' a fait , simple et bon , personnage toujours présent , dans un roman de Tolstoi et qui figure la simplicité et la bonté ; pour ceux-la , vie et mort ne sont pas un problème .
Enfin Ilitch verra se dissoudre son épouvante . IL apprendra dans une demie tranquillité que lorsque la vie s 'éteint , c 'est aussi la mort qui disparaît .
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Citations et extraits (96) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   03 février 2013
La mort... Oui, la mort... Et ils n'en savent rien, ne veulent pas savoir, ils refusent de me plaindre... Ils s'amusent. (En effet, on percevait, venant de la grande salle, une voix qui chantait et les ritournelles du piano.) Ils s'en moquent, et pourtant ils mourront aussi ! Bande d'imbéciles !... J'y passerai avant eux, mais ils n'y couperont pas !... Et ils s'amusent... Oh ! les veaux.
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Nastasia-BNastasia-B   19 juin 2012
Ivan Illitch était étendu comme tous les morts : lourdement, pesamment, noyant ses membres glacés dans le matelas funéraire, la tête posée toujours sur le coussin. Pareil à tous les morts, il avançait ostensiblement son front jaune, cireux, aux tempes creuses et dégarnies, et son nez pointu, qui semblait s'enfoncer dans la lèvre supérieure. Il avait beaucoup changé, maigri, depuis leur dernière entrevue ; son visage, de même que tous les défunts, était beau et surtout plus important que de son vivant. Les traits reflétaient je ne sais quel sentiment de devoir à remplir, rempli et correctement rempli par Ivan Illitch.
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PatriceGPatriceG   06 avril 2020
Quel hédoniste ce substitut (il fut alors nommé substitut) Ivan IlIitch ! Marié à Praskovia Fédorovna, issue de l'aristocratie, ils eurent des enfants, et non pas que la relation conjugale se transforma vite en cauchemar, mais cette nouvelle vie le plongea assez rapidement dans l'ennui.
On aurait presque pu dire qu'il était assez ordinaire ce Ivan Iliitch. Mais c'est tellement mieux sous la plume de Léon Tolstoï ..


"..Avec les années , Ivan Iliitch avait appris à se détacher de plus en plus de tous les menus tracas, à les rendre anodins et bienséants. Il y réussissait en passant le moins de temps possible au foyer, et, toutes les fois qu'il ne pouvait faire autrement, il se ménageait un palliatif en invitant une tierce personne ..
Et surtout, il avait son service, devenu l'objet de toutes ses aspirations. Sa charge l'absorbait entièrement. La conscience de son autorité, de ses droits imprescriptibles sur l'existence du premier venu ; le respect manifesté à sa personne quand il entrait dans la salle d'audience ou parlait à des subordonnés ; le succès qu'il rencontrait auprès de ses supérieurs .. Tout cela le réjouissait et remplissait sa vie, à l'égal des amicales réunions, des soupers et du whist.."

Et donc accessoirement du temps pour Praskovia Fédorovna .. et ses enfants !
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ChocolatiineChocolatiine   27 décembre 2018
"S'il en est ainsi, se dit-il, si je quitte la vie avec la conscience d'avoir gâché tout ce qui m'a été donné et que c'est irréparable, alors quoi?" Il se mit sur le dos et commença à passer en revue toute sa vie d'une façon entièrement nouvelle. Le matin, quand il vit le laquais, puis sa femme, puis sa fille, puis le médecin, chacun de leurs gestes, chacune de leurs paroles lui confirmaient l'horrible vérité qu'il avait découverte cette nuit. En eux il se voyait, en eux il voyait ce dont il vivait, il voyait clairement que tout cela n'était rien, tout cela n'était qu'une énorme et affreuse imposture qui dissimulait et la vie et la mort.
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luminou_15luminou_15   29 avril 2016
Ensuite, tout cela s'emmêlait et la part de bon se réduisait encore. Et plus il avançait dans sa vie, plus cette part se réduisait, diminuait, diminuait avec le temps.
Son mariage... combien soudainement il avait découvert la déception, la mauvaise haleine de sa femme, et la sensualité, la duplicité ! Et l'inertie mortelle du service, et ces soucis d'argent, et cela un an, deux ans, dix ans, vingt ans, sans changement aucun. "Et plus j'avançais, plus tout était mort. Comme si j'étais régulièrement descendu de plus en plus bas en me figurant que je montais. Et c'était bien cela. Aux yeux de l'opinion, je montais, et la vie s'en allait sous moi exactement au même rythme... Et te voilà au bout, vas-y, meurs !"
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Vidéo de Léon Tolstoï
Léon Tolstoï, par Francis Ambrière, première diffusion sur la Chaîne nationale le 20 février 1953. Un seul écrivain, au programme ce soir de GRANDS ECRIVAINS, GRANDES CONFERENCES : un homme de la terre, un nationaliste, qui méprisait quelque peu le cosmopolitisme de certains de ses confrères. Un auteur dont Dostoïevski qualifiait l’ œuvre de « littérature de propriétaires fonciers » : Léon Tolstoï ! Peut-être avez-vous oublié les détails de la Troisième coalition, de la Paix de Tilsit, et, pour finir, de la Campagne de Russie ? Lisez, relisez Guerre et paix - ou La Guerre et la Paix, selon les traductions. Oui, reprenez contact avec le comte Pierre Kirillovitch Bezoukhov, le prince André Nikolaïevitch Bolkonsky, la princesse Marie Nikolaïevna Bolkonskaïa, la comtesse Natalia Ilinitchna Rostova, etc… Mais en attendant, écoutez la Conférence donnée salle Gaveau dans le cadre de l’université des Annales par Francis Ambrière, diffusée pour la première fois sur la Chaîne nationale le 20/02/1953. Source : France Culture
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