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ISBN : 2070469263
Éditeur : Gallimard (19/05/2016)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 444 notes)
Résumé :
Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi. Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s’empare de leur enfance et sépare leurs destins.

Des hommes viennent réclamer vengeance pour le sang versé. Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra consentir au plus grand des sacrifices. Et tous payeront le tribut des martyrs, les morts... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (140) Voir plus Ajouter une critique
Kassuatheth
  17 juillet 2014
À lire absolument.
Récipiendaire du prix des libraires québécois, L'orangeraie mérite amplement cet honneur. C'est un coup de poing en plein visage que nous assène l'auteur.

Une écriture si poétique pour raconter une histoire aussi cruelle... le contraste entre la cruauté de la situation et la beauté de certaines descriptions rend ce roman encore plus oppressant, du moins la première partie.

Un père doit choisir lequel de ses jumeaux doit se faire exploser en territoire ennemi et il le fait. le reste de l'histoire découle de ce choix.

J'ai constamment été tiraillé entre le désir de lire la suite de l'histoire et poursuivre mes réflexions suscitées par les événements relatés.

Faut-il qu'un peuple soit au bord du désespoir pour en arriver à poser des gestes aussi extrémistes. Ceux qui demandent à des enfants d'aller se faire tuer alors qu'eux restent à l'abri sont-ils des lâches? Si oui, et nos généraux? Comment un père peut-il demander à son enfant d'aller à la mort? Et nous ne le faisons nous pas? ...

Pouvait-on trouver une meilleure façon de montrer l'absurdité de la guerre ou le désespoir d'un peuple ou les deux à la fois.
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gouelan
  31 janvier 2015
Aziz et Ahmed, deux jumeaux âgés de neuf ans, vivant dans un pays du Moyen Orient, mènent une vie simple sur la propriété de leurs parents et grands parents ; une orangeraie. Cette orangeraie pourrait apparaitre comme un lieu paradisiaque; lieu de paix , de bonheur simple, où l'on récolte les fruits d'un travail quotidien, dans le respect de la nature.
Un jour, la vie de cette famille bascule. Ses enfants vont être arrachés à leur enfance, projetés dans le monde des adultes, des monstruosités de la guerre.
À travers la vision de cette famille, on se pose la question de savoir où est le bien et le mal, quelle est la part de vérité, dans cette vision tordue par l'influence de la spiritualité.
Comment expliquer une guerre où des enfants sont sacrifiés, où ils deviennent des instruments de l'ignominie humaine, de la haine, du désir de vengeance.
Qu'aurions nous fait, si nous avions grandi dans ce pays, ravagé par la guerre qui, depuis des siècles, au nom de haines ancestrales, conditionne des hommes à la guerre, la vengeance, au sacrifices d'innocents pour les porter au rang de martyrs?
Serions nous comme les parents des jumeaux, soumis à l'implacable décision du sacrifice, en s'efforçant de s'en réjouir, en affichant un bonheur mensonger, en ignorant l'envers du décor, en obéissant à des forces qu'ils ne maitrisent pas, qui les écrasent ?
La fin du roman est théâtrale. Ahmed, ou Aziz, parle aux noms de tous les siens, à qui la parole a été arrachée, qui ont été dépossédé de leurs pensées propres. Il délivre un message de paix et d'espérance.
Ce roman puissant et émouvant, à l'écriture poétique, malgré les images violentes, l'enfer de la guerre, nous interpelle sur la souffrance, la culpabilité face à la mort , le conditionnement des croyances religieuses, notre vision du monde qui peut être bien différente selon notre lieu de naissance.
Je remercie les Éditions La Table Ronde et la masse critique Babelio pour ce livre percutant.
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Kittiwake
  29 décembre 2016
Quand on a le talent de Larry Tremblay, 150 pages peuvent suffire pour bouleverser un lecteur. Ecrit comme une fable, un conte moderne, de ceux que l'on raconte sans cesse pour repousser une issue fatale, le récit illustre les valeurs morales vertueuses, le courage, la générosité (jusqu'à l'absurde : ici pas de Dieu incarné pour sauver le fils offert en sacrifice), le sentiment du devoir, au prix d'un désastre annoncé.
La situation initiale porte en elle tous les germes du malheur à venir. Aziz et Amed sont jumeaux. Ils ont neuf ans et vivent dans un pays où la guerre fait office de distraction et les explosions de bombes rythment le quotidien d'un tempo funèbre. Leurs grands-parents viennent de disparaître dans les décombres de leur maison.
C'est sous prétexte de leur rendre hommage que Soulayed demande à Zahed d'envoyer l'un de ses jumeaux équipé d'une ceinture d'explosif au coeur du dispositif de l'ennemi.
Zahed doit choisir la future victime : Aziz, malade et condamné à court terme, ou Amed, qui serait un sacrifice de qualité supérieure….
Le choix est fait, mais l'amour d'une mère peut influer sur le destin.
C'est une prouesse de décrire l'horreur avec autant de poésie, tout en collant à la réalité du terrain.
De dénoncer le fanatisme à l'aide de simples dialogues, et d'illustrer la culpabilité infligée avec des propos émouvants.
Sans la dévoiler, la dernière partie est magistrale. Elle porte un message d'espoir bouleversant, tout en donnant au théâtre ses lettres de noblesse : au delà d'un divertissement, l'art de la scène prend des airs de thérapie reconstructrice.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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palamede
  22 avril 2017
Aziz et Ahmed sont des frères jumeaux que rien ne différencie au premier regard, sauf peut-être une silhouette plus mince pour Aziz. Deux enfants de neuf ans qui vivent à proximité d'une orangeraie plantée par leurs grands-parents, morts quelques jours plus tôt déchiquetés par un obus.
Les parents de ces garçons vont devoir choisir, sommés qu'ils sont par ceux qui veulent venger leur pays de ces nouvelles victimes, lequel d'Aziz ou d'Ahmed va porter la ceinture qui explosera au milieu des ennemis, faisant de lui un héros martyr.
Larry Tremblay a écrit un roman, bouleversant et ineffaçable, sur la culpabilité, le sacrifice, le conditionnement, la barbarie de la guerre ; une histoire cruelle et sensible, digne d'une tragédie antique qui pose la question du mal et de sa justification, mais ouvre aussi, à sa toute fin, l'espoir d'un monde apaisé. Un livre remarquable.
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bilodoh
  22 mars 2015
Des enfants utilisés comme bombe humaine, un roman touchant où le lecteur est étourdi par le souffle de l'explosion.

Seule la magie de la littérature peut permettre à un auteur québécois, un homme du froid, de nous parler ainsi par la bouche d'enfants du désert et de nous faire ressentir à la fois la beauté du pays et la détresse qui les envahit lorsqu'une bombe détruit la maison des grands-parents.

Avec des mots poétiques, mais aussi un réalisme percutant, on ressent l'amour fraternel, l'amour maternel qui s'opposent à la haine de l'ennemi et à la justification du sacrifice suprême des martyrs. Comment accepter d'envoyer son frère jumeau à la mort ? Comment consentir à perdre son fils, même pour une cause qu'on croit juste, même pour venger les siens ?

Une image insoutenable, des enfants qui jouent à la mort, équipés d'une ceinture de bombes factices et s'amusent à faire semblant d'être celui qui explosera et ira rejoindre les étoiles…

Plus encore qu'un coup de coeur, un coup au coeur!
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critiques presse (4)
LActualite   09 octobre 2018
Cette petite — mais impressionnante — fable réussit à laisser entrevoir de l’humanité là où on n’en attend pas, même lors d’actes parmi les plus impardonnables qui soient. Je suis convaincu que si nous lisions tous ce livre, le monde se porterait mieux.
Lire la critique sur le site : LActualite
Lexpress   30 mars 2015
Larry Tremblay mène une étonnante tragédie antique sur le bien et le mal, l'amour familial, le fanatisme religieux, et le courage.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Chatelaine   02 juillet 2014
Une écriture aussi sobre que convaincante, des images puissantes, un livre essentiel.
Lire la critique sur le site : Chatelaine
LaPresse   04 novembre 2013
L'art, ce double de la réalité, où l'on veut dans le faux, approcher de la vérité, le théâtre comme champ de bataille, la bataille comme théâtre. Avec L'orangeraie, Larry Tremblay nous donne un roman qu'il faut lire... deux fois plutôt qu'une.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (74) Voir plus Ajouter une citation
KassuathethKassuatheth   17 juillet 2014
« Le parfum des fleurs est leur sang, lui avait dit un jour Shaanan. Les fleurs sont courageuses et généreuses. Elles répandent leur sang sans se soucier de leur vie. Voilà pourquoi elles se fanent si vite, épuisées d’avoir offert leur beauté à qui veut bien la voir. »
Page 34
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Madame_litMadame_lit   16 août 2015
Ton nom est grand, mon cœur, trop petit pour le contenir en entier. Qu’as-tu à faire de la prière d’une femme comme moi? Mes lèvres touchent à peine l’ombre de ta première syllabe. Mais, disent-ils, ton cœur est plus grand que ton nom. Ton cœur, si grand soit-il, le cœur d’une femme comme moi peut l’entendre dans le sien. C’est ce qu’ils disent en parlant de Toi, et ils ne font que dire la vérité. Mais pourquoi faut-il vivre dans un pays où le temps ne peut pas faire son travail? La peinture n’a pas le temps de s’écailler, les rideaux n’ont pas le temps de jaunir, les assiettes n’ont pas le temps de s’ébrécher. Les choses ne font jamais leur temps, les vivants sont toujours plus lents que les morts. Les hommes dans notre pays vieillissent plus vite que leur femme. Ils se dessèchent comme des feuilles de tabac. C’est la haine qui tient leur os en place. Sans la haine, ils s’écrouleraient dans la poussière pour ne plus se relever (p. 26-27).
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Josephine2Josephine2   03 mars 2015
Page 128
Nous avons attendu qu’il prenne la parole, attendu, le cœur serré qu’il nous dise ce qui s’était passé de l’autre côté de la montagne. « Votre maison a donné à notre peuple un martyr, a commencé d’une voix cérémonieuse Soulayed. Que Dieu la bénisse ! Ahmed est à présent au paradis ; Il n’a jamais été aussi heureux. Son bonheur est éternel. Réjouissez-vous ! Oui, je connais votre peine d’avoir perdu un fils, mais réjouissez-vous, relevez la tête et soyez fiers. Et toi, a dit Soulayed en se tournant vers moi, toi, ne pleure plus, ton frère est avec toi, ne le sens-tu pas ? Il n’a jamais été aussi près de toi, oh non, jamais aussi près ».
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tchouk-tchouk-nougattchouk-tchouk-nougat   19 février 2015
Il était trop facile d'accuser ceux qui commettaient des crimes de guerre d'être des assassins ou des bêtes féroces. Surtout quand celui qui les jugeait vivait loin des circonstances ayant provoqué ces conflits dont l'origine se perdait dans le tourbillon de l'histoire. Qu'aurait-il fait, lui, dans de pareilles conditions? Aurait-il été, comme des millions d'autres hommes, capable de tuer pour défendre une idée, un bout de terre, une frontière?
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MoanMoan   06 août 2014
Ton nom est grand, mon coeur, trop petit pour le contenir en entier. Qu'as-tu à faire de la prière d'une femme comme moi? Mes lèvres touchent à peine l'ombre de ta première syllabe. Mais, disent-ils, ton coeur est plus grand que ton nom. Ton coeur, si grand soit-il, le coeur d'une femme comme moi peut l'entendre dans le sien.C'est ce qu'ils disent en parlant de Toi, et ils ne font que dire la vérité. Mais pourquoi faut-il vivre dans un pays où le temps ne peut pas faire son travail? La peinture n'a pas le temps de s'écailler, les rideaux n'ont pas le temps de jaunir, les assiettes n'ont pas le temps de s'ébrécher. Les choses ne font jamais leur temps, les vivants sont toujours plus lents que les morts. Les hommes dans notre pays vieillissent plus vite que leur femme. Ils se dessèchent comme des feuilles de tabac. C'est la haine qui tient leurs os en place. Sans la haine, ils s'écrouleraient dans la poussière pour ne plus se relever. Le vent les ferait disparaître dans une bourrasque. Il n'y aurait plus que le gémissement de leur femme dans la nuit. Ecoute-moi, j'ai deux fils . L'un est la main, l'autre, le poing. L'un prend, l'autre donne. Un jour , c'est l'un, un jour, c'est l'autre. Je t'en supplie, ne me prends pas les deux.
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