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ISBN : 2258052165
Éditeur : Les Presses De La Cite (19/05/1999)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 390 notes)
Résumé :
Les jours heureux et les travaux paisibles se succèdent à la Chapelle-au-Bois, une bourgade corrézienne plutôt déshéritée, à la veille de la Grande Guerre.

C'est là qu'a grandi Amélie Aubernat, entre un père maréchal-ferrant qu'elle adore, et une mère un peu fantasque qui tient la petite épicerie du village. À dix-huit ans, la jolie et farouche Amélie sait d'instinct qu'elle n'aime pas Jean Eyrolles, le fiancé qu'on lui destine et qui doit hériter de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Allantvers
  13 novembre 2018
Il me prend de temps en temps l'envie d'une "grosse" saga familiale, avec un contexte historique ou territorial bien marqué. "Des semailles et des moissons" est l'objet parfait pour l'assouvir, le plat est roboratif et les ingrédients tous présents : campagne corrézienne à l'aube de la première guerre, village de paysans, héroïne fraîche et naïve mais résolue ; le commerce familial avec la petite épicerie attenante à la forge, la fête champêtre où l'on frôle le premier promis, puis le malheur qui s'abat sur le village, sur la famille, avant que bien sûr l'amour vienne redonner des couleurs au récit…
Même si je me suis un peu traînée au démarrage, assez lent, l'appétit m'est venu en mangeant et j'ai fini par me prendre au jeu et m'attacher aux tribulations de ces personnages simples et valeureux. La partie parisienne du récit qui voit Amélie et son tout nouvel époux « s'installer dans la vie » aux commandes d'un petit café est particulièrement réussie.
Ce premier tome qui se referme sur la famille renouvelée mais déchirée par la guerre qui enlève ses premiers morts au village laisse évidemment un goût d'inachevé et donne envie de poursuivre avec « Amélie », le tome suivant - ce que je ferai probablement, tant il est vrai que se plonger de loin en loin dans les oeuvres des grands auteurs populaires du dernier siècle est agréable et délicieusement nostalgisant!
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raizouli
  30 juin 2010
We are such stuff
As dreams are made on; and our little life
Is rounded with a sleep.
(Shakespeare, The Tempest)

La saga familiale de Henri Troyat, Les semailles et les moissons, raconte l'existence ordinaire d'une famille française du début du XXe siècle, à travers les destinées de deux héroïnes: Amélie et Elisabeth, sa fille. L'auteur restitue avec talent l'atmosphère d'une époque, grâce un fourmillement de petits détails réalistes. On y est: le village de la Chapelle-au-bois et la forge du maréchal-ferrant Jérôme, le père d'Amélie - l'odeur de la corne de sabot brûlée; le Paris d'avant-guerre, avec ses calèches; le café Le Cycliste couronné dont le jeune couple, Amélie et Pierre, deviendra propriétaire - avec sa clientèle d'habitués, comme l'équipe des gaillardes lavandières du mardi; l'attente à l'arrière durant la Première Guerre mondiale - les courriers reçus avec angoisse, les tentatives pour se rejoindre sur le front; le pensionnat religieux de Mlle Quercy - les premiers questionnements d'Elisabeth sur la mort suite à la perte de sa camarade de classe, Françoise, et de la petite grive retrouvée morte; les cousins instituteurs - une famille d'enseignants de province, laïques, passionnés de pédagogie. Troyat compose son récit à partir de ce qu'il y a de plus familier. On participe au quotidien de la famille Aubernat-Mazalaigue au jour le jour, dans ce qu'il a de plus banal, usuel, coutumier. Les questions que se posent les personnages, leurs préoccupations concrètes, sont celles de tout chacun: le repas du soir, le choix d'une robe, la recherche d'un métier, mariages et enterrements, les coups durs de la guerre, l'éducation d'un enfant, la découverte de l'amour. Troyat se refuse à l'extraordinaire alors que lui-même a si bien su nous le conter. Pensons à ses biographies de Pierre le Grand, Ivan le Terrible, Tolstoï, Dostoievski ou encore Verlaine. le rabelaisien, l'hugolien ne lui sont pas étrangers. Cet homme connaît la complexité de l'âme humaine, la splendeur et la déchéance qui peuvent se mêler dans un même coeur. Je trouve même extraordinaire d'avoir réussi à faire un récit aussi peu spectaculaire, qui s'attache à décrire ce qui nous est le plus familier, le plus proche.
J'ai englouti les centaines de pages de ce livre, comme on dévorerait les kilomètres sur une autoroute la nuit, avec, au fil des jours, ce plaisir de savoir que j'aurais des heures heureuses, pas très compliquées, ce roman n'étant pas foudroyant, mais douces. C'est un des grands bonheurs de la lecture de nous permettre de vivre avec, de se prolonger au-delà de soi-même par un surplus de réalité, de vivre à d'autres époques, dans d'autres lieux, d'être confronté à des situations inédites. Lire, c'est s'augmenter. Avec Les semailles et les moissons, je me suis souvenu de l'odeur de la corne brûlée, j'étais assis dans la forge de Jérôme Aubernat, j'ai partagé quelques heures de son travail. Je me suis retrouvé avec Elisabeth sur les bancs d'école de Mlle Quercy ou de l'oncle Julien, me remémorant la lumière printanière qui éclairait la grande salle d'études surveillées de mon enfance. J'ai frémi en imaginant que je n'aurais peut-être pas su résister à une passion destructrice comme celle qu'elle vit avec le séducteur-esthète Christian Walter. Je me suis accoudé au bar du café Cristal, l'autre café des Mazalaigue, en me rappelant à mon tour d'un certain café algérien à Genève, "Chez Saïd", où, adolescent, j'ai rencontré un scribe, cher entre tous, Georges Haldas. La littérature est un pétrin dans lequel on se mélange pour enrichir nos saveurs et nos savoirs. Ils vont s'incorporer à notre propre essence, se digérer et se métaboliser - le plaisir de lire se charge de tout le processus. le roman, la poésie nous éprouve bien avant de nous donner à penser. La lecture est organique, elle est une faculté vitale - qui a malheureusement tendance à s'altérer dans notre société de la dispersion, avec les réseaux sociaux et autres ennemis probables du temps intime, du rapprochement de soi. Quand je lis, j'écris l'histoire une nouvelle fois, je la tresse autour de mon vécu et surtout ma sensibilité. Dans son roman, l'écrivain n'aura pas besoin de m'en dire trop, je lui sais même gré qu'il ne m'en dise pas trop. J'imaginerai à ma guise que cette héroïne est blonde ou la forme des lettres d'or de l'enseigne d'un restaurant, l'atmosphère qui règne dans cette petite chambre proprette où les amoureux se retrouvent pendant une trêve sur le front. Un des dons de la littérature consiste à mettre en branle notre grande machine à sentir pour nous souvenir, pour extraire et partager nos propres histoires, découpées dans le tissu de notre vie qui contient toujours un bout de celle de tous. Et, pourquoi ne pas se mettre à raconter à notre tour, avec les moyens du bord? Peu importe que ce soit fait de bric et de broc. Penser que notre petite histoire n'intéresse personne, c'est gravement se fourvoyer - j'irai même jusqu'à dire que, parfois, c'est une lâcheté, une solution de facilité pour s'effacer, se nier, se dévaloriser. Ce qui compte, c'est de broder un bout de soi sur la grande tapisserie des travaux et des jours, des douleurs et des joies. Ce qui compte, c'est de ne pas laisser passer en vain.
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Crazynath
  21 août 2014
Premier volume d'une saga qui en compte cinq en tout.
Ici, à travers la vie des personnages principaux, on découvre la France du début du 20eme siècle et plus précisément juste avant le début de la première guerre mondiale.
Troyat restitue avec beaucoup d'authenticité la vie en milieu rural ( en Corrèze ) mais aussi à Paris.
Il dresse en plus un superbe portrait de femme, Amélie, avec son caractère entier et passionné .
A l'issue de ce livre, on quitte Amélie jeune maman, et surtout en train de subir les inquiétudes de toutes les femmes des soldats envoyés dans les tranchées de 14-18.
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araucaria
  23 octobre 2015
Le premier roman que je lisais d'Henri Troyat. Un chef d'oeuvre qui nous conduit du début du vingtième siècle au lendemain de la guerre de 39-45, et de la campagne corrézienne à Paris. Superbe! Belle écriture. Un roman que j'ai souvent conseillé. Il m'a fait aimer l'oeuvre de Henri Troyat.
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raizouli
  30 juin 2010
We are such stuff
As dreams are made on; and our little life
Is rounded with a sleep.
(Shakespeare, The Tempest)

La saga familiale de Henri Troyat, Les semailles et les moissons, raconte l'existence ordinaire d'une famille française du début du XXe siècle, à travers les destinées de deux héroïnes: Amélie et Elisabeth, sa fille. L'auteur restitue avec talent l'atmosphère d'une époque, grâce un fourmillement de petits détails réalistes. On y est: le village de la Chapelle-au-bois et la forge du maréchal-ferrant Jérôme, le père d'Amélie - l'odeur de la corne de sabot brûlée; le Paris d'avant-guerre, avec ses calèches; le café Le Cycliste couronné dont le jeune couple, Amélie et Pierre, deviendra propriétaire - avec sa clientèle d'habitués, comme l'équipe des gaillardes lavandières du mardi; l'attente à l'arrière durant la Première Guerre mondiale - les courriers reçus avec angoisse, les tentatives pour se rejoindre sur le front; le pensionnat religieux de Mlle Quercy - les premiers questionnements d'Elisabeth sur la mort suite à la perte de sa camarade de classe, Françoise, et de la petite grive retrouvée morte; les cousins instituteurs - une famille d'enseignants de province, laïques, passionnés de pédagogie. Troyat compose son récit à partir de ce qu'il y a de plus familier. On participe au quotidien de la famille Aubernat-Mazalaigue au jour le jour, dans ce qu'il a de plus banal, usuel, coutumier. Les questions que se posent les personnages, leurs préoccupations concrètes, sont celles de tout chacun: le repas du soir, le choix d'une robe, la recherche d'un métier, mariages et enterrements, les coups durs de la guerre, l'éducation d'un enfant, la découverte de l'amour. Troyat se refuse à l'extraordinaire alors que lui-même a si bien su nous le conter. Pensons à ses biographies de Pierre le Grand, Ivan le Terrible, Tolstoï, Dostoievski ou encore Verlaine. le rabelaisien, l'hugolien ne lui sont pas étrangers. Cet homme connaît la complexité de l'âme humaine, la splendeur et la déchéance qui peuvent se mêler dans un même coeur. Je trouve même extraordinaire d'avoir réussi à faire un récit aussi peu spectaculaire, qui s'attache à décrire ce qui nous est le plus familier, le plus proche.
J'ai englouti les centaines de pages de ce livre, comme on dévorerait les kilomètres sur une autoroute la nuit, avec, au fil des jours, ce plaisir de savoir que j'aurais des heures heureuses, pas très compliquées, ce roman n'étant pas foudroyant, mais douces. C'est un des grands bonheurs de la lecture de nous permettre de vivre avec, de se prolonger au-delà de soi-même par un surplus de réalité, de vivre à d'autres époques, dans d'autres lieux, d'être confronté à des situations inédites. Lire, c'est s'augmenter. Avec Les semailles et les moissons, je me suis souvenu de l'odeur de la corne brûlée, j'étais assis dans la forge de Jérôme Aubernat, j'ai partagé quelques heures de son travail. Je me suis retrouvé avec Elisabeth sur les bancs d'école de Mlle Quercy ou de l'oncle Julien, me remémorant la lumière printanière qui éclairait la grande salle d'études surveillées de mon enfance. J'ai frémi en imaginant que je n'aurais peut-être pas su résister à une passion destructrice comme celle qu'elle vit avec le séducteur-esthète Christian Walter. Je me suis accoudé au bar du café Cristal, l'autre café des Mazalaigue, en me rappelant à mon tour d'un certain café algérien à Genève, "Chez Saïd", où, adolescent, j'ai rencontré un scribe, cher entre tous, Georges Haldas. La littérature est un pétrin dans lequel on se mélange pour enrichir nos saveurs et nos savoirs. Ils vont s'incorporer à notre propre essence, se digérer et se métaboliser - le plaisir de lire se charge de tout le processus. le roman, la poésie nous éprouve bien avant de nous donner à penser. La lecture est organique, elle est une faculté vitale - qui a malheureusement tendance à s'altérer dans notre société de la dispersion, avec les réseaux sociaux et autres ennemis probables du temps intime, du rapprochement de soi. Quand je lis, j'écris l'histoire une nouvelle fois, je la tresse autour de mon vécu et surtout ma sensibilité. Dans son roman, l'écrivain n'aura pas besoin de m'en dire trop, je lui sais même gré qu'il ne m'en dise pas trop. J'imaginerai à ma guise que cette héroïne est blonde ou la forme des lettres d'or de l'enseigne d'un restaurant, l'atmosphère qui règne dans cette petite chambre proprette où les amoureux se retrouvent pendant une trêve sur le front. Un des dons de la littérature consiste à mettre en branle notre grande machine à sentir pour nous souvenir, pour extraire et partager nos propres histoires, découpées dans le tissu de notre vie qui contient toujours un bout de celle de tous. Et, pourquoi ne pas se mettre à raconter à notre tour, avec les moyens du bord? Peu importe que ce soit fait de bric et de broc. Penser que notre petite histoire n'intéresse personne, c'est gravement se fourvoyer - j'irai même jusqu'à dire que, parfois, c'est une lâcheté, une solution de facilité pour s'effacer, se nier, se dévaloriser. Ce qui compte, c'est de broder un bout de soi sur la grande tapisserie des travaux et des jours, des douleurs et des joies. Ce qui compte, c'est de ne pas laisser passer en vain.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
CrazynathCrazynath   10 août 2014
Sa faiblesse physique, loin de la desservir, l'aidait à mieux assujettir ses proches. Elle régnait sur eux par ses pâleurs, ses malaises, ses bouderies, comme d 'autres l'eussent fait par la puissance de leur raisonnement ou la l'autorité de leur voix.
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luis1952luis1952   07 avril 2016
Quelques flâneurs déambulaient sur une allée en planches, établie en lisière de la plage. Des cafés à ciel ouvert bordaient la piste. Un régiment de cabines vides, montées sur roues, alignait des toits en accent circonflexe. Pierre conseilla à Amélie de retirer ses sandales et ses chaussettes.
"Pour quoi faire? demanda-t-elle.
-Nous allons nous tremper les pieds", dit-il.
Et elle se déchaussa.
"Ce n'est pas convenable, Pierre! Si on nous voyait!"
Pieds nus et se tenant par la main, ils s'avançaient sur la plage. Des vagues sans méchanceté s'écrasaient sur le sol. Elle entra dans l'eau jusqu'aux chevilles. La morsure du froid sur ses orteils lui fit pousser un cri. Une lame plus forte que les autres les aspergea jusqu'aux genoux. Amélie rabattit sa robe et passa sa langue sur ses lèvres salées.
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xstxst   22 juin 2018
En ces jours de folie collective, tuer n'était plus un crime, mais un acte héroïque. L'uniforme tenait lieu de conscience. Les champs de bataille se peuplaient d'assassins honorables. Et il n'existait plus aucun moyen d'arrêter cette effusion de sang.
...
Si Dieu existait, pourquoi autorisait-il de semblables choses? Si l'Église était toute-puissante, pourquoi ne savait-elle pas interdire aux fidèles de porter les armes? Et comment se faisait-il que chacun des deux adversaires pût prier, avec les mêmes mots, devant la même croix, pour l'extermination méthodique de son prochain?
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xstxst   21 juin 2018
Après, c'était la mer, d'un vert pâle dans la zone des sables immergés et couleur d'acier sur la tranche de l'horizon. De cette eau, étendue à perte de regard, montait la rumeur d'un travail profond. Rasant les flots, le vent jetait au visage une odeur âcre de goémon et de sel. Des mouettes criaient blanches, affamées, déchirées par la brise.
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luis1952luis1952   06 avril 2016
Le paravent frémit, Maria en chemise de nuit dénoua son chignon et brossait ses cheveux pour la nuit.
-Ne me regarde pas, je sors, dit Maria.
Il tourna son visage vers le mur. Des pieds nus marchaient sur le plancher. Le lit fit un soupir en recevant sa charge coutumière.
Blottie sous les couvertures, le bonnet de nuit enfoncé jusqu'aux oreilles lui donnait l'air d'une fillette déguisée en aïeule.
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