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EAN : 9782290113189
192 pages
Éditeur : Editions 84 (16/09/1999)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 482 notes)
Résumé :
" Sylvie eut l'impression qu'elle allait, d'un coup de jarret, s'élever à quelques mètres au-dessus du sol. De toute la classe, c'était elle qui courait le plus vite. Cependant, nul dans la famille ne semblait prendre garde à ce talent exceptionnel. Inexplicablement, les grandes personnes, quand elles s'occupaient des enfants, n'accordaient d'importance qu'à leurs études. " Dans l'immédiat après-guerre, Viou est confiée à ses grands-parents paternels. Sa mère est pa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
  16 mai 2014
Viou, c'est Sophie Lesoyeux, huit ans. Nous sommes dans l'immédiat après guerre et Viou vit chez ses grands-parents au Puy. Son père , dont elle n'a que peu de souvenirs est mort dans les combats de la Libération, et sa mère adorée tente de refaire sa vie à Paris.
« Viou », paru en 1980 est en fait le premier volume d'une trilogie qui comprendra « A demain, Sylvie » en 1986 et « le troisième bonheur » en 1987. Une trilogie comme sait les construire Henri Troyat, voir « le moscovite » et « Les Eygletière », entre autres… portée par le style inimitable de l'auteur. Académique diront ses détracteurs… Et pour cause…Mais quel bonheur de redécouvrir de temps à autre cette plume précise, léchée… élégante, en un mot.
Même si l'intrigue est quelque peu banale, Troyat, et ce n'est pas le moindre de ses talents, nous embarque…
« Viou », un beau roman … Celui d'une petite fille « née trop jeune dans un monde trop vieux » dans lequel elle devra s'adapter et apprendre à vivre. Un beau texte…Vraiment !
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mumuboc
  31 août 2018
Livre lu dans le cadre d'une lecture pour le Club de lecture sur le thème Henri Troyat
A l'annonce du thème pour la prochaine rencontre du club de lecture, ce livre m'est tout de suite revenu en mémoire. Je l'ai lu il y a des années (et je crois avoir lu les 2 livres qui prolongent celui-ci : A demain Sylvie et le 3ème Bonheur) et j'en avais gardé un joli souvenir, un peu imprécis, et une envie de le reprendre à cette occasion s'est imposée comme une petite madeleine de l'enfance.
Viou est une charmante petite fille, un peu espiègle, pas très bonne élève, qui observe le monde autour d'elle et tente de comprendre ce qui l'entoure. Son père médecin a été tué en Haute-Savoie alors qu'il soignait des résistants, c'est le héros de la famille et le fils unique adoré dont le fantôme plane encore dans la maison. Famille bourgeoise, avec la très catholique, Clarisse et le facétieux Hyppolyte, grand-père propriétaire d'un commerce de charbon et matériaux de construction.
L'auteur décrit parfaitement l'ambiance au sein de la famille : les grands parents toujours en désaccord, elle vouvoyant Viou, lui tutoyant, elle n'ayant que l'église, le curé et la bienséance, lui plus chaleureux, frondeur, provocateur parfois.
Il y a des moments joyeux, des moments de tristesse, l'écriture est alerte l'auteur s'étant glissé dans le personnage de Viou avec ses interrogations d'enfant. J'ai beaucoup pensé en le lisant à des récits tels que Les Malheurs de Sophie, Vipère au poing où l'enfant tient le premier rôle et partage avec le lecteur ses aventures. C'est à travers lui que nous découvrons le quotidien d'une famille de province de l'après-guerre, la tristesse et la solitude d'une petite fille qui ne demande qu'à comprendre.
Certaines situations sont savoureuses comme peuvent l'être les souvenirs d'enfants mais c'est un récit qui semble un peu daté dans le style. J'ai aimé lire mais en ne retrouvant pas les sensations de l'époque où je l'avais lu la première fois.
Le temps a passé, d'autres lectures sur ce thème m'ont fait découvrir d'autres styles et celui-ci rentre désormais dans les lectures plaisantes mais un peu « datées ».
Chaque livre est une rencontre par rapport à nos vies, note âge, notre passé mais aussi par rapport aux autres lectures. Je pense que comme pour Viou, c'est un livre d'apprentissage pour une lecture facile : belle écriture, sentiments et émotions sont présents, les personnages et décors sont bien rendus, peut être un peu stéréotypés pour moi maintenant avec le recul et tous les livres que j'ai lus depuis.
Il pourrait tout à fait convenir à de jeunes lecteurs, pourquoi pas, Henri Troyat était académicien, une référence, un spécialiste des romans russes (il était né en Russie et l'avait quitté pour la France en 1917 ) et des sagas…. Je me souviens avoir lu La lumière des Justes (en entier plus de 1100 pages) et avoir eu le même sentiment d'écriture parfaite, romanesque et fluide.
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Isa0409
  31 décembre 2019
Il y a des livres qui vous marquent, des premières de couverture que l'on n'oublie pas, malgré le temps qui passe.
Cet été, je me promenais dans Colmar lorsque tout à coup j'aperçus, perdu parmi une centaine d'autres livres maintes fois lus, une petite frimousse dans des tons sépia, des joues pleines qui donnent envie de les pincer, et des yeux noirs porteurs d'un petit regard triste. « Viou ! », m'écriai-je.
Je m'empressai de récupérer ce trésor abandonné et avec lui, tous les souvenirs de mon enfance, de ma classe, les rideaux bleu roi, la sonnerie de 09h45, la cour de récréation et tant d'autres, car j'avais 11 ans lorsque j'ai lu Viou pour la première fois.
16 ans plus tard, je retrouve avec le même enthousiasme le quotidien de la petite Sylvie, dans cette campagne ouvrière et travailleuse, dans cette maison bien trop grande pour une petite fille et ses grands-parents, bien trop froide aussi, car le poids du passé, de la guerre, la disparition du père est une plaie béante qui ne guérit pas, une douleur qu'on expose, à l'image de ce portrait glacial qui trône dans la chambre.
La maman de Sylvie s'en est allée travailler à Paris, dans le cabinet d'un docteur et ami, et elle ne revient voir sa petite fille que pendant les quelques vacances qu'elle peut s'octroyer. Bien que séparées de milliers de kilomètres, les quelques lettres que mère et fille s'échangent témoignent de l'amour inconditionnel qui les unit.
La vie de Viou n'est donc pas facile, il faut dire qu'elle n'est pas très bonne à l'école, au grand dam de sa grand-mère qui la voudrait plus studieuse. Sa grand-mère n'a d'ailleurs pas les qualités que Viou lui voudrait et que l'on prête généralement aux vieilles dames ; ni réconfortante ni aimante, Viou fait face à un roc, une femme pieuse, acerbe, dont la droiture n'a d'égal que sa sévérité.
Son grand-père est un homme bien plus drôle, il n'hésite pas à taquiner sa femme et à la rabrouer devant leur petite-fille, ce qui a le don d'agacer la première et de ravir la seconde. Papi a un coeur, les yeux rieurs et il la fait sourire avec ses clins d'oeil, et tout de suite la vie est plus belle, et les quelques câlins que Viou offre clandestinement à son chien, son meilleur ami et son confident, ne font qu'accentuer ce sentiment de bonheur simple.
Pourtant, le destin bascule un jour lorsque son grand-père meurt ; pour la petite fille, le soleil se couche à jamais, la joie et la bonne humeur d'antan laissent place à une morosité constante, elle n'a plus de repères, plus d'amour, sa lumière s'éteint. Commence alors un long travail d'apprentissage et d'apprivoisement entre Viou et sa grand-mère, les temps sont durs, et cette absence des hommes qu'elle a tant chéris meurtrit tant cette vieille femme, et cette amertume envers sa belle-fille grandit, son fils qu'elle a perdu, c'est sa faute et elle la transpose sur la petite Sylvie, qui n'attend que de l'amour.
Viou est pour moi le portrait magnifique d'une petite fille à la découverte du monde, dont les secrets et les rouages la dépassent. La vie est si simple quand on est enfant, Viou est entière, elle aime ses amies, sa maman, son chien, et son père lui manque, sa grand-mère aussi, bien qu'elle soit là tous les jours, elle ne demande que de l'amour. Soyons simples, et surtout, n'oublions jamais la petite Viou qui sommeille en chacun de nous…

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Levant
  16 juin 2015
Comme la neige qui arrive fort à propos la veille de Noël, tout dans ce roman d'Henri Troyat jouit du même opportunisme. Même la mort du patriarche.
Je ferme le premier tome de la trilogie Viou. J'ai été heureux d'y retrouver cette belle langue d'une grande précision et pourtant nourrie de mots simples que j'avais appréciée dans la série Des semailles et des moissons. La langue d'un auteur prolifique, grand témoin de ce vingtième siècle, balloté entre la course effrénée du progrès technologique et les grands cataclysmes qui ont meurtri l'Europe. Une langue qui procure un grand confort de lecture et fait descendre sur vous la nostalgie de l'ambiance des grandes sagas à l'époque où la famille constituait l'assise structurelle de la société.
Dans les romans d'Henri Troyat, le tumulte des événements de l'existence est lissé dans la course du temps sur le rail de la destinée. Il décrit la vie comme elle est. C'est un regard élevé au-dessus des joies et des chagrins qui alternent et s'enchaînent sans ralentir les aiguilles de l'horloge.
Henri Troyat nous parle d'un temps où l'autorité des parents, des instituteurs, plaçait encore ses jalons dans l'éducation des jeunes générations. Une époque où le respect était une notion vivante. Les énergies étaient canalisées par des codes de conduite. C'est une époque qui connaît encore les interdits. C'est pour cette raison que la vie y était plus exaltante. Nul besoin alors d'avoir recours à des artifices pour pimenter l'existence. Il suffisait de braver les interdits, comme par exemple mentir sur ses résultats scolaires, ce que Viou commettra, à s'en torturer de remords.
Viou est née avec la guerre. Son père y a perdu la vie. Son souvenir est trop flou dans sa mémoire pour lui en procurer du chagrin. Elle souffre en revanche de l'absence de sa mère, partie refaire sa vie à Paris. Elle découvre l'univers des adultes entre ses grands-parents paternels, une vieille tante et une servante de la famille un peu sourde, son institutrice. Elle n'est pas malheureuse. Sans vraie passion, elle jouit de bonheurs simples avec les visites trop rares de sa mère, la complicité d'un grand-père en butte à une épouse rébarbative et bigote ou encore l'amour de son chien.
Et tout à coup sa vie change. Mais pour savoir de quelle manière il faut se plonger le deuxième tome de la trilogie, ce que je ferai avec plaisir.
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scaalaire68
  27 novembre 2013
Le monde des grandes personnes et leurs décisions sont parfois bien difficiles à admettre pour la petite Viou et inversement sa conduite n'est pas toujours approuvée par les adultes même si elle croit bien faire.
Quel joli roman tout en finesse psychologique ces malheurs petits et parfois plus grands de Sylvie (dite Viou) !
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
scaalaire68scaalaire68   16 novembre 2013
La passion de Sylvie pour sa maman était si vive qu'à la seule évocation de ce visage lointain elle éprouvait un bondissement du cœur, un élan de tous ses muscles, le désir éperdu de se blottir dans ses bras accueillants. Mais, quand il s'agissait d'écrire à celle qu'elle aimait tant, les mots fuyaient sa tête. Son bouillonnement intérieur se traduisait par des phrases tellement banales qu'elle en était, par avance, découragée. Ce qui aurait dû être un chant d'amour tournait au devoir scolaire. A court d'inspiration, elle chuchota :
- Qu'est-ce que je mets ?
- C'est à vous de le savoir, Sylvie ! dit grand-mère.
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pit31pit31   24 avril 2019
Quand la visiteuse fut partie, grand-mère monta dans la chambre de Sylvie et ouvrit le placard situé à gauche de la cheminée. Ce réduit était réservé aux souvenir du mort. Son uniforme pendait-là, tout propre, tout repassé, avec des boules de naphtaline dans les poches. Il l'avait laissé chez ses parents après sa démobilisation. Depuis, grand-mère l'entretenait avec un soin jaloux. Si papa revenait, il pourrait aussitôt se rhabiller en militaire. Assise au bord d'une chaise, les mains sur les genoux, Sylvie regarda sa grand-mère sortir l'étrange costume kaki aux boutons de métal brillant et au double galon cousu sur les manches. La vieille dame le tenait à bout de bras, par le crochet du cintre, le tournait, le scrutait d'un œil sévère, le brossait à petits coups, avec piété. La scène se répétait chaque dimanche, après la visite au cimetière. Aussi l'enfant avait-elle l'impression que le retour de son père était remis de semaine en semaine. Sinon, pourquoi grand-mère se fût-elle tant préparée à le recevoir ? Mais, d'un autre côté, il n'avait plus de corps. Alors, à quoi bon se soucier de son habillement ? Sans doute Sylvie était-elle trop petite pour comprendre. L'uniforme regagna son logement, à l'intérieur du placard. Satisfaite, grand-mère s'occupa du reste de la chambre. Comme des jouets traînaient partout, elle invita Sylvie à les ranger.
Il faisait déjà nuit lorsque grand-père revint de la chasse. Contrairement à toute attente, il rapportait un lièvre, lequel, disait-il, lui était littéralement parti entre les pieds. Il jeta la bête sur la table de la cuisine. Elle avait le poil ensanglanté au niveau de l'épaule et des caillots noirs sur le museau. Sylvie regardait avec horreur ce petit corps inerte, ces yeux ronds et vitreux. Tout à coup, elle pensa à son père, "tombé sous les balles ennemies", son ventre se contracta sur une envie de vomir, elle se précipita dans sa chambre, s'effondra sur le lit, enfouit sa tête dans l'oreiller et pleura à gros hoquets sans comprendre pourquoi.
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candlemascandlemas   17 octobre 2016
Cette fois, tante Madeleine demeura avec Sylvie pendant que grand-mère et le médecin retournaient au chevet de grand-père.
- il ne va pas mourir ? demanda Sylvie.
- Mais non, ma petite, dit tante Madeleine. Tu n'avais pas des leçons à apprendre, pour demain ?
- Si
- Alors, viens. je vais te les faire réciter.
Sylvie tendit son catéchisme à tante Madeleine et psalmodia :
- on reconnaît la véritable Eglise à quatre marques : elle est une, elle est sainte, elle est catholique, elle est apostolique.
- Pourquoi est-elle apostolique ?
- Parce que 'elle a pour premiers chefs les apôtres...
Ernestine passa la tête par la porte pour annoncer qu'elle allait chercher les médicaments à la pharmacie. Elle avait mis un fichu, à cause du froid. La salamandre craquait. Dans son petit cadre d'acajou, papa assistait, imperturbable, la joue sur le poing, à tous ces bouleversements.
- on devrait téléphoner à maman ,dit Sylvie.
- pour quoi faire ?
- pour lui dire que grand-père est malade.
- Peut-être... en effet, dit tante Madeleine.
Visiblement, elle n'y avait pas pensé.
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ClioInoClioIno   15 avril 2015
Les classes reprirent, monotones, avec leur cortège de leçons, de devoirs, de punitions, leurs disputes entre élèves et leurs conciliabules secrets dans la cour de récréation. Les heures oscillaient entre l'école et la maison. Et, à la maison, il n'y avait que de vieux visages. La rigueur de grand-mère, les silences de grand-père, les lorgnons de tante Madeleine. Chaque jour ressemblait à la veille. Dans l'ennui des semaines, Sylvie en arrivait à attendre la visite au cimetière comme une distraction.
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pit31pit31   24 avril 2019
Des heures avaient passé si vite qu'en se retrouvant dans le lit Sylvie douta d'avoir vécu tant d'événement depuis l'arrivée du train. Grand-mère se retira aussitôt après la prière du soir. Restée seule avec sa fille, maman la borda et se pencha sur elle pour lui souhaiter une bonne nuit. A demi dressée sur son séant, Sylvie lui entoura le cou de ses deux bras. Maman la baisa légèrement sur la bouche. Les lèvres de maman étaient douces comme le velours. Son haleine sentait le fard et le tabac sucré. Elle éteignit la lampe et sortit dans un élégant bruissement de robe.
Etendre dans le noir, Sylvie ne pouvait dormir. Sans doute était-ce l'atmosphère inhabituelle de cette petite "chambre à donner" qui l'empêchait de trouver le repos. Et puis, elle pensait trop à maman pour avoir le sommeil. Tout à coup, elle se dit que, peut-être, maman était déjà repartie pour Paris sans prévenir personne. Cette idée absurde la glaça. Elle ressentit le besoin urgent de se rassurer. Sautant à bas du lit, elle avança, à pas de loup, sur le palier et entrebâilla avec précaution la porte de la chambre d'en face. Bonheur ! maman était là, couchée dans la lumière de la lampe de chevet, un livre à la main. Elle portait une chemise de nuit si fine que sa peau transparaissait à travers le tissu. Adossée à ses oreiller, elle considérait sa fille avec surprise.
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