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EAN : 9782246709916
174 pages
Éditeur : Grasset (03/01/2007)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 59 notes)
Résumé :
"Du plus loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie en situation irrégulière. Il me semblait qu’à tout moment quelqu’un pouvait surgir chez moi en hurlant : Police ! Contrôle d’identité ! Et me contraindre à le suivre. C’était absurde, personne n’avait songé à me mettre à la porte, mon casier judiciaire était vierge et je n’envisageais aucune action terroriste".

La narratrice, un écrivain français de trente ans, est arrêtée par erreur avec d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  14 décembre 2019
Claire se fait embarquer par erreur lors d'une rafle d'immigrés clandestins. Bien qu'elle soit 'française' - même si ce n'est pas si évident pour elle en raison de l'histoire familiale et celle de tous les Juifs au cours des siècles -, elle joue le jeu, se fait passer pour une Roumaine, et est transférée dans un centre de rétention.
C'est l'occasion pour cette jeune écrivain d'observer in situ les conditions de vie des 'vrais' retenus, ces réfugiés vivant entre la crainte d'être renvoyés dans leur pays d'origine et l'espoir d'une régularisation pour rester dans notre 'douce France'.
La démarche de la narratrice est identique à celle d'autres auteurs infiltrés tels que John Howard Griffin ('Dans la peau d'un Noir', 1960) et Günter Wallraff ('Tête de Turc', 1986).
Identité, imposture, communautarisme, racisme, judéité et son héritage si lourd, exil, ascension sociale et embourgeoisement, respectabilité à défendre... On retrouve ici des thèmes récurrents dans l'oeuvre de Karine Tuil, présentés et interrogés avec toujours autant de pertinence.
L'accent est mis cette fois sur la question de l'immigration de personnes fuyant la misère, la discrimination, la guerre - politique en vigueur au début des années 2000 pour décourager leur arrivée et leur installation, subterfuges utilisés pour rester...
J'admire cette auteur, j'aime la lire pour son style limpide et agréable, pour le changement de cadre d'un ouvrage à l'autre, pour ces sujets dits 'de société' qu'elle développe avec intelligence et sensibilité autour de parcours singuliers.
Alors je continue, jusqu'à épuisement des stocks. Le prochain sera : 'Tout sur mon frère' (2003).
Sur ce sujet, voir le film 'Samba' (Eric Toledano & Olivier Nakache, 2014), lire 'Police' (Hugo Boris)...
___
♪♫ https://www.youtube.com/watch?v=Z8wrvbs9l8Q
♪♫ https://www.youtube.com/watch?v=K5KAc5CoCuk
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Apikrus
  19 décembre 2019
Un peu par hasard, une jeune française se trouve embarquée avec des migrants par la police, pour une vérification des droits au séjour en France. Par curiosité, Claire se laisse emmener dans un centre de rétention, en mentant sur son identité et sa nationalité. Elle peut y voir ce que subissent ces personnes en rétention administrative. C'est aussi l'occasion pour elle de mieux comprendre ce que ses parents juifs ont pu vivre en arrivant en France dans les années 1960...
Elle découvre alors une réalité qu'elle n'imaginait pas, avec deux catégories de personnes : celles qui peuvent rester en France, et celles qui devraient être ramenées dans leurs pays d'origine. Dans l'attente, c'est l'incertitude pour tous du lendemain et le même régime : privation de liberté, promiscuité avec des inconnus, difficultés à se défendre face aux autres et face aux autorités françaises... Chacun adopte sa propre stratégie pour obtenir le « précieux sésame » - un titre qui ne permet pas nécessairement une insertion mais sans lequel la vie est souvent infernale - ou simplement pour ne pas être renvoyé vers un ailleurs encore pire…

L'écriture de Karine Tuil est concise, précise, et très agréable.
Le thème choisi est intéressant et bien traité, même si j'ai trouvé trop appuyé le parallèle entre la situation des migrants et les origines juives de la narratrice.
C'est le troisième roman de cette auteure que je lis. A chaque fois la qualité est au rendez-vous, en particulier celle de l'écriture.

'Douce France', c'est aussi le titre d'une chanson magnifiquement interprétée par Rachid Taha avec 'Carte de séjour' en 1987, sortant de l'oubli et revisitant la terne et franchouillarde version initiale de Charles Trénet ( https://www.youtube.com/watch?v=WWR22LAVyzw ).
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carre
  18 avril 2012
Une jeune écrivain est controlée et arrêtée par erreur avec des immigrés.Choquée mais aussi intriguée, elle cache son identité et se retrouve dans un centre de rétention, avec ces compagnons d'infortunes. Française juive d'Afrique du Nord, cette douloureuse expérience pose la question de son identité et de son appartenance à un pays, d'autant qu'elle s'amourache d'un réfugié manipulateur et séduisant. En s'appuyant sur la célèbre chanson de Trénet, Karine Tuil écrit sur un sujet d'actualité au combien sensible. Ayant pu pénétrer dans un centre de rétention, Tuil appuie ou ça fait mal, montrant comment l'exilé qui espère une reconnaissance administrative, n'est plus rien sans l'attente de la décision d'un juge. L'écriture est cinglante, colérique, entre l'espoir d'hommes et de femmes en attente d'un quelconque Eldorado et d'un pays incapable de faire face à cerre migration qui fuit la misère. Roman court, percutant qui pose de vraies questions, sur l'identité, l'exil, la reconnaissance, le droit de vivre dans la dignité. Vaste sujet oh combien difficle et douloureux.
Bravo à Karine Tuil pour ce récit prenant.
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Sallyrose
  03 avril 2018

La narratrice, de nationalité française, se laisse prendre par la police en même temps que des clandestins. Elle se fait passer pour une Roumaine et découvre le monde des centres de rétention administrative.
Un bloc pour les hommes, un pour les femmes, un distributeur de cigarettes en panne, des repas insipides, une multitude de nationalités et donc de langues qui recréé des communautés alors que tous font partie de ceux qui sont « sans papier », expulsables sans autre forme de procès que le passage devant un juge qui ne fait que rappeler l'illégalité de la situation.
Ce récit est celui de son expérience de fausse « sans papier » qui la conduira jusqu'en Roumanie.
L'origine de son indignation, outre les conditions de rétention et l'apparente absence de cause à cette rétention, est exacerbée par l'histoire de ses parents. de confession juive, ils sont arrivés en France après les « évènements » et elle doit sa nationalité française à leur renoncement.
Ce récit est celui d'un phénomène de société qui a soulevé bien des débats.
L'intérêt du point de vue de la narratrice est d'esquiver le débat démagogique et de faire un parallèle entre 2 périodes de l'Histoire de la France. Elle met la situation en perspective de son histoire personnelle et rend le récit source de réflexion plus que de parti pris.
Intéressant
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Apoapo
  06 février 2016
La question est la suivante: quel est le court-circuit profond qui pousse la jeune Française et Parisienne Claire Funaro à se laisser arrêter et conduire dans un centre de rétention administrative pour clandestins sans-papiers, en usurpant l'identité d'une Roumaine, jusqu'à son expulsion à Bucarest (et chanceux retour) ? La curiosité et la mission documentaire de l'écrivain ? l'identification identitaire archaïque avec ses parents Juifs d'Afrique du Nord, immigrés en France dans les années 60 ? une quête de l'atavisme juif plus fondamental, de l'exil ? une passion soudaine pour le ténébreux Yuri, plus imposteur qu'elle ?
La question est posée d'emblée, et c'est à mon sens prématuré. C'est cependant le principal défaut que je trouve au roman.
En revanche, le ton me semble toujours posé et juste, mature même, sans excès ni invraisemblances. Un style simple et poignant le caractérise, qui se laisse aller, surtout vers la fin, à des novations formelles très intéressantes dans les moments de faîte émotionnel, notamment après la rencontre avec le père (ce qui me semble d'autant moins anodin que je viens de lire et d'écouter plusieurs textes sur le roman successif de KT, La Domination, au sujet duquel elle se défend toujours de l'auto-fiction - je ne vais pas forcer le psychologisme d'auteur, mais quand même...). La conclusion est plutôt abrupte, seul moment où la narratrice ne s'interroge pas sur son ressenti, mais elle a le mérite de re-dynamiser justement la question initiale.
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   11 décembre 2019
Samir grattait le sol avec un morceau de bois. Il y avait dans ce geste toute la lassitude d'un homme qui aurait perdu la notion du temps. J'ai voulu m'approcher pour lui parler [...] mais Yuri m'a barré la route avec son bras d'un mouvement brutal. Il m'a dit : 'C'est qu'un Arabe'. Au centre [de rétention], le jeu social, loin d'être aboli, instaurait ses règles impitoyables, engendrait ses propres conflits et ce n'était plus une simple lutte des classes mais une rivalité profonde, un combat pour la survie, une compétition, chacun cherchant à défier l'autre, à l'abaisser à une condition inférieure, à paraître plus convenable, mieux intégré, chacun espérant supplanter l'autre dans la course à l'accession aux titres de séjour.
(p. 88-89)
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ZilizZiliz   15 décembre 2019
(...) tu as ta carte d'embarquement ? Tu crois qu'ils vont nous servir un petit déjeuner ? Allez, montez, au fond ! Non, je ne possède ni arme ni coupe-ongles ! les passeports et le fric ! Près du hublot s'il vous plaît avec vue sur le ciel, vous pisserez dans cette bassine, posez vos affaires sur le tapis merci, tu voyages en classe économique ? Tu as vu ma tête sur mon passeport ? J'ai visité le Mexique, l'Australie et la Chine, vous n'avez rien à déclarer ? On roulera sans s'arrêter. Je ne supporte pas le décalage horaire si les enfants crient, j'les fais descendre. Par ici s'il vous plaît, que voudriez-vous boire ? Dix heures d'avion, c'est long. Vingt-quatre heures de route, vous n'avez qu'à crever, j'en ai rien à foutre !
« Nous vous souhaitons un agréable voyage. »
___

[ parallèle entre un trajet en avion choisi par une personne libre, et le long parcours clandestin semé d'embuches de migrants...
... j'ai respecté la ponctuation de l'auteur ]
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ZilizZiliz   10 décembre 2019
Lorsque j'apercevais des voitures de police, je bifurquais, changeais de route, j'avais des réflexes de gangster alors que j'étais un écrivain
sans antécédents criminels. Mes parents, des Juifs d'Afrique du Nord qui avaient émigré en France à l'âge de dix-sept ans, m'avaient élevée dans la crainte. Juifs, ils voulaient se faire discrets ; immigrés naturalisés au début des années 60, ils se sentaient inférieurs aux 'vrais' Français comme s'il en existait des faux. (...)
Je ne voulais pas avoir affaire à la police française, la Mémoire est une vieille Juive hystérique, tu lui dis de se taire, elle hurle encore plus fort, 'Souviens-toi ! Souviens-toi !' tu n'as plus d'autre choix que de Lui obéir avec la peur que ça recommence, pas de répit pour les Préposés au Devoir de Mémoire.
(p. 11-12 & 15)
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carrecarre   29 août 2012
Il y a un moment, dans toute histoire d'amour, ou l'on sent confusément que nos résistances tombent. J'avais lutté, réfréné mes pulsions et je lachait prise.
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ZilizZiliz   16 décembre 2019
C'était un homme de type maghrébin âgé d'une quarantaine d'années. Il portait une longue robe en laine noire, des chaussures à talons et un sautoir en perles. Des cheveux courts et frisés encadraient un visage aux traits durs, marqués par la fatigue, et l'on discernait, derrière l'apparente légèreté de l'homme féminisé, grimé, toutes les crispations de l'exil. Un gendarme nous avait raconté qu'il avait fui l'Algérie où il avait été persécuté et menacé de mort par ses frères. Il se prénommait Samir, se faisait appeler Samira : 'Où est-ç'qu'on l'met ? Chez les hommes ou chez les femmes ?' Il souhaitait se retrouver parmi les femmes, 'Je suis une fille'. 'On n'en veut pas ici' - les femmes avaient peur, elles ne sortaient pas du bloc. Un homme avec elles ? Non. Un étranger au regard fuyant. Placé de force dans le bloc des hommes, il avait été passé à tabac par des retenus. 'On n'en veut pas ici non plus. Qu'elle dégage !' On l'avait finalement transféré chez les femmes, le visage couvert d'ecchymoses.
(p. 88)
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Videos de Karine Tuil (39) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Karine Tuil
Qui succèdera au roman "Les Choses humaines" de Karine Tuil, lauréate du Prix Goncourt des Lycéens 2019 ? Nous en sommes à la dernière ligne droite. Après avoir rencontré et échangé avec les auteurs en lice, les lycéens ont débattu puis choisi les 6 finalistes :
"Les impatientes" de Djaïli Amadou Amal (Emmanuelle Collas) "Héritage" de Miguel Bonnefoy (Rivages) "Chavirer" de Lola Lafon (Actes Sud) "L'anomalie" de Hervé le Tellier (Gallimard) "L'enfant céleste" de Maud Simonnot (L'Observatoire) "Thésée, sa vie nouvelle" de Camille de Toledo (Verdier)
Après des délibérations en huit clos entre les membres du jury national, composé des lycéens, le lauréat sera élu et annoncé début décembre.
Créé et organisé par la Fnac et le ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, sous le haut patronage de l'Académie Goncourt, le Prix Goncourt des Lycéens contient en son coeur l'essence même de l'action culturelle Fnac.
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