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ISBN : 2246758319
Éditeur : Grasset (25/08/2010)

Note moyenne : 3.31/5 (sur 121 notes)
Résumé :
En Allemagne de nos jours. Juliana Kant, première fortune allemande, femme froide, retenue, secrète, mariée, a une aventure amoureuse avec un homme qui a tout du prédateur sexuel, Herb Braun.

Au bout de quelques mois, d'un hôtel l'autre, d'un rendez-vous clandestin l'autre, l’homme menace de révéler à la presse leur liaison : tous leurs ébats ont été filmés. La milliardaire dénonce le gigolo.

On l'emprisonne, la morale est presque sau... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
carre
  08 août 2012
En rencontrant Karine Tuil lors d'un salon, j'étais impatient de découvrir son dernier roman, d'autant que celui-ci revêtait une place particulière dans sa bibliographie dixit l'auteur. Je sais, vous allez me dire, mais quel grand naïf tu fais!!!
Et bien même si je n'ai pas adhéré à son histoire, je crois en sa sincérité.
A vrai dire, si le livre est pour moi une déception, je crois qu'il l'est avant tout dans sa construction même qui m'a empêché d'être en empathie avec le personnage, Julianna Kant est une femme riche, froide, manipulatrice. Mais aussi par le nombre de thèmes abordés (l'adultère, les secrets du passé, la vengeance, le chantage, la manipulation etc.) Karine Tuil survole plus qu'elle n'approfondit, son style m‘a gêné, rendant la lecture peu amène. Au final, un livre qui m'a laissé de marbre, vite lu et malheureusement vite oublié. Me reste un agréable échange avec une auteur dont j'apprécie d'autres romans (notamment « Douce France » ).
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zabeth55
  08 juillet 2014
Voilà un roman très particulier.
J'ai eu beaucoup de mal à entrer dedans.
Karl Fritz, soixante-dix-huit ans, s'adresse à une personne à priori chargée d'écrire ce qu'il a à raconter.
Employé toute sa vie par la richissime famille Kant, industriels allemands depuis trois générations, il a assisté à de nombreux faits qu'il relate froidement.
Mon Dieu qu'il est antipathique et cynique ce Karl Fritz !
Et cette famille Kant, que de compromissions, de détermination sous le nazisme, quelle super puissance au-delà de la morale et des lois !
La question principale est celle de la responsabilité des enfants de criminels de guerre.
Il y a là une grande maîtrise de l'écriture. le récit est finalement très intéressant et parfaitement mené, avec beaucoup d'originalité.
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Herve-Lionel
  10 avril 2014
N°491– Janvier 2011.
Six jours, six mois – Karine Tuil- Grasset
 «  J'ai décidé de raconter cette histoire par ambition personnelle, je rêve de voir mon nom imprimé sur la couverture d'un livre. de l'orgueil, bien sûr, mais chacun à droit à son heure de gloire, non ». D'emblée, le lecteur ne peut donc l'ignorer, il va avoir affaire à un déballage de linge sale, mais pas n'importe lequel, celui qu'on cache dans une grande famille de cette Allemagne industrielle de l'après-deuxième-guerre, triomphante, écrasante, clanique. le délateur, Karl Fritz, soixante-dix-huit ans, homme de confiance de la famille Kant depuis deux générations, quelqu'un qui avait fini par faire partie de ce clan. Il leur est tellement dévoué qu'il accepte de renoncer à l'amour d'une femme pour continuer de demeurer avec eux. Pourtant, après une vie de bons et loyaux services, il est mis à la porte sans ménagement.
Au départ, Juliana Kant, fille du grand patron de la firme automobile K&S et son héritière. Elle est donc riche et puissante mais aussi une jolie femme. Elle est mariée depuis plusieurs années avec Chris Bruner, mais leur vie s'étiole et devient ennuyeuse. Alors, quoi de mieux que de tromper ce mari trop occupé à sa réussite. Ce n'est guère original sauf que cette passade va bouleverser sa vie. Herb Braun, l'amant d'occasion se présente comme un photographe, mais c'est surtout un aventurier, un gigolo. Il la séduit, la subjugue et la fascine sans grands efforts. Mais Braun poursuit un but bien différent. Il réussit à filmer leurs ébats amoureux avec sa maîtresse et la menace de tout révéler à la presse. L'affaire tourne court et Braun est emprisonné ce qui sauvegarde la morale de cette histoire et aussi un peu l'argent. Pour autant, celui qui était l'homme de confiance des Kant, suspecté de complicité dans cette affaire, est licencié brutalement et, par vengeance, s'apprête à révéler les dessous de cette scandaleuse affaire. le père de Braun aurait été, durant la guerre, exploité par la famille Kant. le but de tout ce scandale ne serait donc pas l'argent, mais le nécessaire châtiment et le rachat des fautes de cette famille.
C'est l'occasion pour l'auteur de revisiter l' arbre généalogique des Kant, leur attitude complice et coupable avec l'Allemagne nazie, leur fortune basée sur la main d'oeuvre gratuite fournie par les camps de concentration, leurs compromissions dans la lutte contre les juifs jusque dans leur famille, la sauvegarde accordée par les alliés vainqueurs au nom de la richesse et de la prospérité. C'est que l'histoire de cette famille se confond avec celle de l'Allemagne du 3° Reich à qui elle doit en grande partie sa richesse et son influence. C'est une famille à la fois recomposée et décomposée. le grand-père de Juliana, nazi notoire, a échappé au Tribunal de Nuremberg malgré la part active qu'il avait prise dans la politique de guerre nazie et Magda, qui fut sa première épouse se remaria avec Geobbels. Juliana a complètement renié son père adoptif au seul motif qu'il était juif. le père de Braun a-t-il été véritablement déporté dans un camp de concentration ?
C'est aussi l'histoire d'une vengeance qui dépasse largement un banale histoire de coucherie et de maître-chanteur. L'auteur pose une question qui est le fondement de la culpabilité judéo-chrétienne : les fils sont-ils responsables des fautes de leur père ? le pardon est-il possible ? Qu'en est-il de l'amour-fou et du désir qui bravent tous les interdits et tous les tabous ? A-t-on le droit de trahir ceux qu'on aime et de faire prévaloir son propre intérêt ? Que reste-t-il de la famille et de l'image du père quand on choisit de la détruire à ce point ? Quel est le poids de la solitude de Juliana Kant, véritable héroïne de ce livre ? Un femme, si belle soit-elle, peut-elle être aimée ?
Sur le ton mi-confidentiel mi-agressif de celui qui souhaite créer le scandale, mais au compte-goutte seulement, celui qui fut l'homme de confiance de cette famille distille, sur le mode de la revanche, l'histoire d'une saga.
©Hervé GAUTIER – Janvier 2011.http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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brigittelascombe
  27 novembre 2011
"Combien de mois s'étaient-ils écoulés?
Six mois, six jours, le temps qu'exigeait la destruction d'un monde."
Ce monde, celui de feu Philipp Kant, première puissance d'Allemagne dans l'entreprise automobile, ce monde où l'argent coule à flot mais ne va pas de pair avec le bonheur, ce monde clos où s'est embourbée Juliana (fille de Philipp), quadragénaire athlétique au regard en lame de couteau mais en complète dépendance sexuelle d'un bel inconnu maître chanteur, ce monde, Karl Fritz (vieil allemand cynique qui, depuis toujours, a conseillé les Kant et surveillé les enfants Kant) le raconte à un nègre afin de l'éditer.
Les faits débutent après l'arrestation du dit Herb Braun, à haute "charge érotique", "aux yeux pers", "au corps de trapéziste", soit disant photographe de guerre qui a fait filmer ses ébats torrides avec Juliana.
Trois histoires imbriquées, d'où l'intéret de ce roman aux multiples rebondissements, celle de Juliana humiliée par les médias qui titrent "la milliardaire et le gigolo", celle d'Herb Braun dont le mobile n'est pas l'argent et celle de Karl Fritz qui n'a rien fait pour protéger Juliana alors qu'il était payé pour.
Un portrait psychologique fort, celui d'une femme, que rien ne prédestinait à se métamorphoser en "machine à aimer", celle d'une bourgeoise soumise, en addiction, prête à tout plaquer et se laissant gruger lamentablement.
Une réflexion sur la vengeance qui évoque Sans Sang d'Alessandro Barrico, où des proches de victimes de la guerre d'Espagne s'en prennent à leur bourreau et le tuent ainsi que l'un de ses enfants.
Six mois,six jours de Karine Tuil, auteur de huit romans, dont Douce France en cours d'adaptation cinématographique,roman qui bouleverse et tient le lecteur en haleine, a été lors de sa première publication sélectionné pour le prix Goncourt.
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Unecomete
  15 avril 2012
Ce livre est un gros coup de coeur, une belle surprise choisie au hasard pour un rendez-vous que j'adore chez Calypso. Un livre passionnant, fascinant, et qui une fois encore, donne une leçon d'écriture, du genre grosse claque... Non je ne suis pas jalouse, juste subjuguée devant une telle maîtrise du sujet et de la langue... une claque, je vous dis.
Que je vous raconte.
Karl Fritz a été l'homme à tout faire des Kant, pendant plus de quarante ans, avant d'être liencié. Il décide d'écrire un livre sur cette très riche famille allemande et révèle à une journaliste, au cours d'une confession violente et fiévreuse, le passé plus que trouble de cette famille.
Juliana, la fille des Kant, mal mariée, est tombée follement amoureuse d'un gigolo maître chanteur. Mais cette liaison n'est que la partie émergée de l'iceberg. Elle va mettre en lumière les activités industrielles des Kant sous le Reich, et les liens de Magda Goebbels avec le grand-père Kant, dont elle fut la première épouse. Elle nous apprend que Magda, pour épouser Kant, a renié un père adoptif qui l'adorait, parce qu'il était juif...
Karine Tuil fait dire à Karl Fritz : "vous écrirez pour dire ce qui vous échappe, ce qui est irreprésentable, ce qui est perdu. Ecrivez ! Et soyez infidèle aux faits- les reconstitutions sont l'affaire de la police, pas des écrivains. "C'est ce qu'elle fait dans ce roman, mêlant fiction et réalité, évènements historiques et romanesques, de façon tellement brillante que l'on finit par ne plus se demander ce qui est vrai ou pas dans ce récit. Finalement, peu importe. On est embarqué, c'est tout, dans l'histoire de ces gens, "qui ont une faille, ne riez pas, le talon d'achille des Kant, c'est le désir sexuel. Placez un Kant dans un lit et vous obtiendez un scandale, une bombe, un retournement historique, une guerre, un crime contre l'humanité. le lit des Kant est devenu le théâtre de toutes les opérations humaines. Dans leur lit, le monde jouit et meurt." (p. 86)
le désir sexuel, la séduction, "la conquête amoureuse" pour reprendre les mots de Bernard Pivot (dixit la quatrième de couverture) sont bien au coeur de "Six mois, six jours". L'amour surtout. Celui de Juliana pour Braun, celui de Auguste et du père de Magda, tourmenté, destructeur, celui d'un père pour sa fille, devenue un monstre de froideur et d'ambition... A ce propos, Karine Tuil nous offre des pages tellement sublimes que j'ai eu vraiment beaucoup de mal à choisir un passage en particulier. J'ai souligné, souligné... J'ai fini par choisir celui-là, une seule longue phrase, aussi haletante que la femme qu'elle décrit. Lisez comme c'est beau :
Dans l'anonymat d'une chambre d'hôtel, l'une des femmes les plus puissantes d'Allemagne se donna à un homme dont elle ne savait rien, qu'elle n'avait vu que deux fois dans sa vie, et qu'elle avait pourtant suivi sans lui poser aucune question, sans avoir obtenu le moindre renseignement, ignorante, inconsciente, sans résistance, violant nos impératifs sécuritaires, sa morale personnelle, ses convictions, elle l'avait suivi parce qu'elle ne pouvait pas lui dire "non", mot abscons, imprononçable, qui limite et qui restreint, elle avait perdu tout contrôle, toute capacité de jugement, elle était une proie, une poupée de chiffon, une chose molle et sans volonté entièrement commandée par sa matrice, elle était cette femme qui capitulait sans avoir été torturée, violentée, elle se rendait, se soumettait avec une jubilation nouvelle, une excitation guerrière, elle était une machine à aimer, qui hurlait, haletait, et sa voix était un gémissement, un soupir qui gonflait, elle était cette femme résignée, égrotante, à genoux devant lui comme devant un prie-dieu, cherchant la protection, réclamant la servitude, inféodée au pouvoir d'un dieu étranger, cette femme qui traînait à terre, nue, hirsute, écheveléee- voilà pourquoi je déteste l'amour: les papillons redeviennent des larves". (p.83)
L'amour n'est jamais loin du désamour. Juliana humiliée par son amant, indifférente à son mari réduit à un "associé procréateur", Auguste et son mari dont le mariage tourne à la détestation, Karl Fritz rejeté par une famille à qui il a tout donné, Magda qui se détourne sans remords d'un père qui l'aime follement... Les dernières pages du roman, lettre-confession de Friedländer, sont parmi les plus déchirantes que j'ai pues lire :
"J'espérais que Magda interviendrait, qu'elle stopperait la folie meurtière de son mari en effaçant mon nom du livre de la mort, qu'elle ressurgirait dans ma vie pour y reprendre sa place car j'avais été son père, un père aimant et protecteur, un père qu'elle avait renié, oublié, sous la pression d'un homme, par aveuglement politique, et en quoi, me demandais-je, en quoi hurlais-je, ma judéité altérait-elle mon amour pour elle?" (253)
Sublime. Sublime. Sublime. Si vous trouvez que j'en fais trop, lisez ce livre. On en reparle :-)


Lien : http://bgarnis.canalblog.com/
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critiques presse (1)
LeFigaro   08 septembre 2011
Il y a [...] le style de la romancière qui amène les lecteurs dans les profondeurs de l'histoire contemporaine avec maestria.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   19 septembre 2019
On avait peur de moi, je le sentais, ça m'excitait, un regard et ils tremblaient, je tenais des fiches sur tout le monde, ça m'occupait la tête, on m'insultait, on me critiquait, on pariait sur ma mort, ils me détestaient, Goldberg surtout dont le regard semblait exiger de moi un certificat d'exonération de tout passé nazi, et c'était très bien ainsi, aucun d'entre eux n'osait s'adresser à moi, le bras droit de la patronne, un trublion sadique et hostile - c'est plus fort que moi, quand je suis bien, j'emmerde tout le monde.
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ZilizZiliz   19 septembre 2019
Une gueule d'ange, ça voile le reste. La perversion, le vice, l'intention de nuire, on ne voyait rien... rien que ce visage parfait, rieur, avec des éclats d'enfance qui vous sautaient aux yeux comme des fragments d'obus.
Commenter  J’apprécie          220
ADAMSYADAMSY   16 janvier 2016
Dans l'anonymat d'une chambre d'hôtel, l'une des femmes les plus puissantes d'Allemagne se donna à un homme dont elle ne savait rien, qu'elle n'avait vu que deux fois dans sa vie, et qu'elle avait pourtant suivi sans lui poser aucune question, sans avoir obtenu le moindre renseignement, ignorante, inconsciente, sans résistance, violant nos impératifs sécuritaires, sa morale personnelle, ses convictions, elle l'avait suivi parce qu'elle ne pouvait pas lui dire "'non", mot abscons, imprononçable, qui limite et restreint, elle avait perdu tout contrôle, toute capacité de jugement, elle était une proie, une poupée de chiffon, une chose molle et sans volonté entièrement commandée par sa matrice, elle était cette femme qui capitulait sans avoir été torturée, violentée, elle se rendait, se soumettait avec une jubilation nouvelle, une excitation guerrière, elle était une machine à aimer, qui hurlait, haletait, et sa voix était un gémissement, un soupir qui gonflait, elle était cette femme résignée, égrotante, à genoux devant lui comme devant un prie-dieu, cherchant la protection, réclamant la servitude, inféodée au pouvoir d'un dieu étranger, cette femme qui se traînait à terre, nue, hirsute, échevelée - voilà pourquoi je déteste l'amour : les papillons redeviennent des larves.
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brigittelascombebrigittelascombe   27 novembre 2011
Elle était là, presqu'offerte,dans cet état d'abandon qui annonçait l'amour,elle était là,en manque de lui,de l'homme fantasmé,érotisé,déjà,elle eut aimé se laisser aller,le suivre,se donner alors qu'il s'était mentalement éloigné d'elle-Bonne nuit! A l'instant du refus,il l'avait possédée.
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brigittelascombebrigittelascombe   27 novembre 2011
La saga Kant..ça fait rêver dans les loges des concierges et au delà,ça sent le soufre,l'argent frais,le sang coagulé,les cendres,ça sent le sexe,les chemises amidonnées,les chambres closes,les parfums capiteux,ça sent la mort...
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Videos de Karine Tuil (36) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Karine Tuil
Dans Je me souviens, accompagné au piano par Richard Lornac, Karine Tuil se remémore le premier livre qui l'a marqué : "L'Étranger", d'Albert Camus et évoque ce qu'est pour elle la littérature. Sa littérature.
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