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EAN : 9782253010234
363 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/05/1975)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 384 notes)
Résumé :
En Nouvelle-Guinée, une équipe de savants auxquels s'est joint le journaliste Douglas Templemore cherche le fameux « chaînon manquant » dans l'évolution du singe à l'homme. En fait de fossile, ils trouvent une colonie bien vivante. Une colonie de quadrumanes, donc de singes. Mais a-t-on jamais vu des singes troglodytes ? Enterrant leurs morts ?
Tandis que les hommes de science s'interrogent sur la nature de leurs « tropis », un homme d'affaires voit en eux un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
  27 août 2017
Une équipe de chercheurs, accompagnée du journaliste Douglas Templemore est à la recherche en Nouvelle-Guinée, du chaînon manquant dans l'évolution humaine. Ils découvriront, bien vivante, une espèce inconnue, les « tropis », sorte d'individus quadrumanes possédant des rites funéraires. Nous y voilà ! Déjà, des industriels sans scrupules lorgnent une main d'oeuvre à bon marché…
On l'aura compris, l'intrigue, pour originale qu'elle soit n'est qu'un prétexte à un questionnement bien plus profond : qui est l'homme, cet « animal dénaturé » ?
Bien sûr, ce bouquin quelque peu iconoclaste, aussi bien dans le ton que dans le propos, n'a pas la prétention d'apporter de réponse à la question ; d'autant que les problématiques induites sont nombreuses : esclavage, euthanasie, clonage…
On est bien loin du « Silence de la mer »… Qu'importe, voilà un bouquin qui, même s'il pose plus de questions qu'il n'apporte de réponses reste un de mes grands coups de cœur d'ado.
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Ziliz
  30 août 2013
Qu'est-ce qui distingue l'être humain de l'animal ? L'homme du singe, en l'occurrence ? La parole, l'art, les rites funéraires, l'organisation sociale, la fabrication d'outils, le rire, la capacité d'abstraction... ?
Voilà la question soumise à un tribunal anglais dans les années 50, à propos de Tropis - hominidés fictifs découverts en Nouvelle-Guinée - suite au meurtre de l'un d'eux.
Cette intrigue est prétexte à des débats foisonnants et passionnants. L'auteur retourne indéfiniment la question, à coups d'arguments religieux, philosophiques, scientifiques et juridiques. de quoi faire cogiter le lecteur sur les limites de chacune de ces disciplines (et sur leurs interactions, comme pour l'euthanasie, l'avortement, le clonage...). Et l'exercice est jubilatoire, surtout lorsque le débat se complique de considérations politico-économiques (esclavage, ici).
Bien que toutes ces questions m'aient intéressée, ce roman m'a semblé interminable, maladroit et lourd. Pas moyen de me persuader que l'intrigue se situait dans les années 50, tant les protagonistes, leurs dialogues, leurs idées - sur les ‘races' humaines notamment - semblent dater de l'époque victorienne.
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sevm57
  14 mars 2020
Dans ce court roman écrit en 1951, Vercors pose la question de ce qui définit l'homme. Même s'il la pose au sujet d'un peuple primitif découvert par une expédition scientifique, on ne peut pas s'empêcher d'y voir un lien avec les questions posées par la barbarie nazie, d'autant que Vercors y fait lui-même plusieurs allusions dans le livre.
Le premier chapitre s'ouvre par une formidable accroche: un homme, Doug Templemore, s'accuse du meurtre de son fils et demande à être jugé pour ce crime.
Puis on revient en arrière sur les débuts de la relation entre Doug et Frances, et ce qui a poussé Doug à s'engager dans l'expédition scientifique qui va le mener à la découverte des Tropis.
Ensuite, à travers des lettres de Doug à Frances, on suit la vie de l'expédition et on découvre avec lui le peuple tropi, qui pourrait bien être le chaînon manquant dans la chaîne de l'évolution.
Hommes ou singes? Telle est la question, pour des raisons scientifiques bien sûr, mais bien vite ce sont des préoccupations économiques qui font de cette question métaphysique un enjeu crucial.
La forme du procès permet alors à l'auteur de développer son argumentation et d'exposer clairement les différents points de vue sur le sujet.
La construction du roman, et surtout son style original, arrivent à rendre passionnants et clairs un sujet ardu et une question métaphysique majeure. C'est un vrai tour de force que réalise l'auteur, et l'ouvrage reste toujours d'actualité.
J'ai particulièrement aimé le ton humoristique et décalé du narrateur omniscient, et j'ai donc pris beaucoup de plaisir à lire ce livre qui fait également réfléchir à des questions éthiques bien après l'avoir refermé.
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candlemas
  03 septembre 2017
J'aime beaucoup Vercors, et conserve un souvenir ému et puissant du Silence de la Mer. Mais ce roman fantastique et philosophique n'est pas à la même hauteur.
Les réflexions émaillant le récit, autour de la notion d'humanité, d'animalité, et des droits ou devoirs que le premier s'arroge vis à vis du second sont intéressantes, sans toutefois épuiser le débat.
Le récit fantastique lui-même semble très inspiré de Jules Verne dans le style, plus XIXème et victorien que XXème et Vercorien.
Ce n'est donc, en conclusion, pas désagréable à lire, plutôt bien construit, malgré des répétitions et lourdeurs, mais le thème passionnant, eût à mon goût mérité mieux.
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majero
  05 janvier 2020
Pour éviter que la tribu récemment découverte des tropis (genre d'homo érectus) ne soit exploitée comme animaux dans les filatures australiennes, le journaliste Doug conçoit un plan macabre, et espérer que la justice considère l'enfant comme un humain, quitte à être condamné à la pendaison.
Le procès fort bien mené avec l'intervention de paléontologues, zoologues, médecins, religieux, psychologues, métaphysiciens... ne m'a que modérément passionné.
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Citations et extraits (66) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   30 août 2013
[expériences de Wolfe]
Il avait offert à ses chimpanzés un distributeur de raisins secs, qui fonctionnait avec des jetons. Les singes eurent tôt fait de savoir s’en servir. Ensuite il leur a offert un distributeur de jetons. Les singes le firent marcher et portèrent aussitôt les jetons dans le premier appareil. Ensuite il ferma l’appareil. Alors ces animaux firent provision de jetons et les cachèrent en attendant qu’il vienne le rouvrir : ils avaient réinventé la monnaie, et même l’avarice !
(p. 217)
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sevm57sevm57   23 mars 2020
Et, en effet, ne voyons-nous pas souvent que ce qui est un crime pour les uns ne l'est pas pour leurs voisins ou leurs adversaires? Auxquels parfois apparaît au contraire, ainsi que l'on a pu voir pour les nazis, comme le devoir, sinon même l'honneur? Et ne fut-il pas bien inutile de créer un nouveau Droit à Nuremberg, dès lors que ce Droit n'était point, sur sa base même, également reconnu par tous? Puisque aujourd'hui les amis des condamnés, au nom des traditions allemandes, le ravalent du rang suprême de Droit des gens au rang fâcheux de Droit du plus fort, sans qu'on puisse les écraser sous l'évidence de leur abjecte erreur? Et c'est pourquoi nous voyons le Droit de Nuremberg, malgré les espérances qu'il portait en lui, peu à peu se dissoudre dans l'ombre, et dans cette ombre se préparer de nouveaux crimes.
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JulienDjeuksJulienDjeuks   10 septembre 2020
Qu’est-ce que l’homme ? p. 249-252 :
– En comparant l’intelligence de l’homme et de la bête, reprit Sir Arthur, le professeur Rampole nous a en somme moins parlé de quantité que de qualité. Il a même précisé qu’il en va toujours ainsi dans la nature : une petite différence de quantité peut provoquer une mutation brusque, un changement total de qualité. Par exemple, si l’on chauffe de l’eau, on peut lui ajouter des quantités de calories sans qu’elle change d’état. Et puis, à un certain moment, un seul degré suffit pour qu’elle passe de l’état liquide à l’état gazeux. N’est-ce pas ce qui s’est passé pour l’intelligence de nos ancêtres ? Un petit supplément de quantité dans les liaisons cérébrales – peut-être même insignifiant – lui a fait faire un de ces sauts qui a déterminé un changement total de qualité. De sorte…
– C’est une opinion subversive, dit le gentleman aux manchettes.
– Pardon ?
– J’ai lu des choses pareilles dans… je ne sais plus. Mais enfin, c’est du pur matérialisme bolchevik. C’est une des trois lois de leur dialectique.
– Le professeur Rampole, dit Sir Kenneth, est le neveu de l’évêque de Crewe. Sa femme est la fille du recteur Clayton. La mère du recteur est un excellent chrétien.
Le gentleman tira ses manchettes et considéra les poutres du plafond avec affectation.
« Le professeur Rampole, continuait Sir Arthur, a précisé ce changement de qualité : la différence entre l’intelligence de l’homme de Néandertal et celle d’un grand singe ne devait pas être bien grande en quantité. Mais elle a dû être énorme dans leur rapport avec la nature : l’animal a continué de la subir. L’homme a brusquement commencé de l’interroger. […]
Or, pour l’interroger, il faut être deux : celui qui interroge, celui qu’on interroge. Confondu avec la nature, l’animal ne peut l’interroger. Voilà, il me semble, le point que nous cherchons. L’animal fait un avec la nature. L’homme fait deux. Pour passer de l’inconscience passive à la conscience interrogative, il a fallu ce schisme, ce divorce, il a fallu cet arrachement. N’est-ce pas la frontière justement ? Animal avant l’arrachement, homme après lui ? Des animaux dénaturés, voilà ce que nous sommes. […]
Ça explique, dit Sir Arthur, que l’animal n’ait pas besoin de fables ni d’amulettes : il ignore sa propre ignorance. Tandis que l’esprit de l’homme, arraché, isolé de la nature, comment ne serait-il pas à l’instant plongé dans la nuit et dans l’épouvante ? Il se voit seul, abandonné, mortel, ignorant tout – unique animal sur terre « qui ne sait qu’une chose, c’est qu’il ne sait rien » – pas même ce qu’il est. Comment n’inventerait-il pas aussitôt des mythes : des dieux ou des esprits en réponse à cette ignorance, des fétiches et des gris-gris en réponse à cette impuissance ? N’est-ce pas l’absence même, chez l’animal, de ces inventions aberrantes qui nous prouve aussi l’absence de ces interrogations terrifiantes ? »
On le regarda sans rien dire.
– Mais alors, si ce qui a fait la personne – la personne consciente, et son histoire – est bien cet arrachement, cette indépendance, cette lutte, cette dénature ; si, pour admettre une bête parmi les hommes, il faut qu’elle ait sauté ce pas douloureux ; à quoi, à quel signe enfin reconnaîtra-t-on qu’elle l’a fait ?
On ne répondit pas.
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MimimelieMimimelie   20 octobre 2013
Ça explique, dit Sir Arthur, que l’animal n’ait pas besoin de fables ni d’amulettes : il ignore sa propre ignorance. Tandis que l’esprit de l’homme, arraché, isolé de la nature, comment ne serait-il pas à l’instant plongé dans la nuit et dans l’épouvante ? Il se voit seul, abandonné, mortel, ignorant tout – unique animal sur terre “qui ne sait qu’une chose, c’est qu’il ne sait rien” – pas même ce qu’il est. Comment n’inventerait-il pas aussitôt des mythes : des dieux ou des esprits en réponse à cette ignorance, des fétiches et des gris-gris en réponse à cette impuissance ?
+ Lire la suite
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sevm57sevm57   18 mars 2020
Un peu plus tard, il dînait dans la froide salle à manger de Onslow Mansions. Lady Draper lui faisait face à l'autre bout de la longue table de sombre acajou verni. Ils étaient silencieux, comme de coutume: Sir Arthur aimait beaucoup sa femme, qui était affectueuse et dévouée, courageuse, fidèle, au demeurant d'excellente famille. Mais il la jugeait délicieusement sotte et inculte, comme il convient dans un ménage respectable. Elle ne posait donc point de questions incongrues sur sa vie de magistrat. Elle paraissait avoir peu à dire sur elle-même. Tout cela était excellent pour le repos de l'esprit.
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