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Les enquêtes de Martin Beck tome 7 sur 10

Philippe Bouquet (Traducteur)
EAN : 9782743620271
279 pages
Payot et Rivages (04/11/2009)
3.96/5   84 notes
Résumé :
Martin Beck, tome 07

Le commissaire Nyman, superflic de l'ancienne école guère étouffé par les scrupules, est assassiné avec une incroyable sauvagerie. La personnalité de la victime oblige Martin Beck à envisager la piste d'une vengeance. Les mobiles ne manqueraient pas : violences et abus de pouvoir semblent avoir jalonné la carrière de ce triste sire, qui a toujours su se ménager une totale impunité dans une Suède pourtant démocratique et bien-pensa... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
joedi
  16 juin 2018
Je retrouve Martin Beck, Commissaire à la Criminelle, pour une 7ème enquête. Cette fois, il s'agit d'un meurtre particulièrement sauvage sur la personne d'un commissaire à la retraite, hospitalisé, à la carrière très controversée. le commissaire Nyman, arrogant et méprisant envers les citoyens de seconde classe, lors des arrestations n'a pas hésité à user de violences. Martin Beck et ses collaborateurs vont chercher qui, parmi les victimes de Nyman serait capable d'une telle vengeance.
Ce tome est préfacé par Jan Guillou et Jens Lapidus.
J'ai particulièrement apprécié la lecture de L'abominable homme de Säffle.
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Mimeko
  26 avril 2017
Nyman, un commissaire bien connu de Martin Beck, mais surtout de son collaborateur Kollberg, est retrouvé le torse transpercé et égorgé, gisant dans son sang au pied de son lit d'hôpital. L'homme, très malade, semblait sur le point de mourir, alors qui a bien pu accélérer le processus...L'enquête débute sur la personnalité de la victime, pour ses proches un super flic de la vieille école, peu de bavures, bon mari et bon père en apparence...Mais en grattant un peu et pas très loin, Kollberg évoque bien vite l'homme assassiné, un vrai pourri, un vrai de vrai, avec pour surnom L'abominable homme de Säffle ; Kollberg en a fait l'expérience personnellement lors de sa formation militaire quand Nyman était son instructeur, sadique, appuyant bien fort sur les points faibles afin de détruire l'ego des plus fragiles, cassant les moins solides mentalement. Il faut donc enquêter dans son passé pour essayer d'identifier d'éventuelles victimes dont la vengeance pourrait être un motif assez fort pour l'assassiner, et ils sont déjà nombreux...
Une plongée au coeur même de la police, dans une Suède sereine en apparence, mais qui se révèle plutôt aveugle quant au fonctionnement de l'institution chargée de protéger ses citoyens, une hiérarchie qui ferme les yeux, qui classe les plaintes sans suite, des exactions policières non sanctionnées, laissant les victimes dans la frustration et le sentiment d'injustice la plus totale.....Seules quelques plaintes déposées auprès de l'ombudsman (le médiateur), représentant une infime partie de l'iceberg, permettent de se faire une idée des nombreuses brimades policières dont le citoyen lambda a dû subir. Un état policier véreux et brutal, protégeant les canards boiteux.
C'est donc dans ce contexte lourd que l'enquête progresse et va s'accélérer précipitant l'ensemble de l'équipe de Martin Beck dans une dangereuse fusillade dont tous ne sortiront pas indemnes.
L'abominable homme de Säffle est une enquête sombre, au coeur d'un système policier largement dévoyé par des ripoux et dont Martin Beck va faire les frais...
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Tancrede50
  22 janvier 2023

Au premier contact, on est surpris par l'écriture très descriptive de Sjöwall et Wahlöö. Ainsi quand l'inspecteur Martin Beck pénètre dans la chambre d'hôpital où il va découvrir le commissaire Nyman, mort, il y a une page et demi pour décrire la chambre: murs, plafond, sol, fenêtres, lit, meubles, aliments, articles de toilettes, médicaments, vêtements, objets divers (« un stylo Waterman quadrichrome flambant neuf à pointe bille et quelques pièces de monnaie - très exactement huit de dix centimes , deux de vingt-cinq et six d'une couronne »). On imagine la scène au cinéma, avec un lent travelling circulaire, la caméra s'attardant sur chaque recoin de la pièce, et des zooms sur chaque objet présent dans la pièce pour enfin se fixer sur une tache rouge, d'un « rouge agressif » : le sang du mort, puis plus loin, son corps, sans vie, sur le sol. Quelle entrée en matière!

Ensuite on note l'amour que les auteurs éprouvent pour Stockholm. Quand ils décrivent la beauté d'un lever de soleil sur le Strömmen, endroit par lequel le lac Malar communique avec la Baltique. Ou quand ils regrettent de voir disparaître des quartiers historiques agréables et pleins d'animation au profit d'immeubles de bureau froids et d'espaces bétonnés. Et puis ils manient souvent l'humour, ce qui adoucit l'horreur des évènements relatés. Les aventures des agents Kristiansson et Kvant sont un exemple type de cet humour suédois.

Si notre attention se tourne maintenant vers le cadre de l'intrigue, on découvre que ce roman - écrit en 1971 - est d'une étrange modernité : il traite en effet des violences policières. Plus particulièrement celles exercées par le commissaire Nyman. Et et de l'esprit de corps entre policiers pour nier ces violences et classer sans suite toute plainte déposée à leur propos. Alors oui, assez vite, on entrevoit un mobile qui a pu mener à l'assassinat de Nyman. La vengeance. Mais Martin Beck n'a que l'embarras du choix au milieu de toutes ces plaintes - contre Nyman - classées sans suite. Et si d'autres policiers risquaient eux-aussi d'être tués? Pour les mêmes raisons. le doute s'installe. Kolberg et Beck avancent rapidement dans leur recherche. La fin est un long suspense d'une noirceur totale. Peut-être le meilleur roman de Sjöwall et Wahlöö.
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Rodin_Marcel
  27 octobre 2015
Sjöwall Maj et Wahlöö Per – "L’abominable homme de Säffle" – rééd. Rivages/noir, 2009 (ISBN 978-2743620271) – original suédois publié en 1971
– Première édition française publiée en 1987 - Roman traduit directement du suédois par Philippe Bouquet.
– Deux préfaces, l’une de Jan Guillou (cop. 2009), l’autre de Jens Lapidus (cop. 2009).

Au fil des titres de cette série des dix enquêtes de Martin Beck (dont le présent volume est le septième), l’intrigue «policière» s’efface de plus en plus pour (ne plus) laisser place (qu’) à une thèse historico-sociologique consistant à «dénoncer» les méfaits et turpitudes de la «société» suédoise des années soixante et soixante-dix du vingtième siècle, à l’époque où ce pays passait pour un modèle de prospérité et d’égalité sociale. Les deux auteurs étaient en effet fortement pétris d’idéologie marxisante fort en vogue dans les années post-soixante-huitardes.

Contrairement à d’autres imbriquant plusieurs trames, le présent roman est centré sur une seule enquête, qui vise à «démasquer» (comme on disait à l’époque !) celui qui se fait assassiner dès le début du roman, un certain Nymann (en allemand, «niemand» signifie «personne», est-ce un hasard ?), qui s’avère rapidement être un de ces policiers de l’ancienne époque, venu des services secrets de type «barbouze» (encore un mot très en vogue à cette époque) et même des commandos spéciaux de l’armée, bref, un très méchant très vilain.
Evidemment, les auteurs en profitent pour mettre en scène toute une galerie de personnages qui furent de près ou de loin persécutés par ce grand méchant vilain ; bien sûr, il faut remonter loin dans le passé pour retrouver les causes de l’assassinat, mais ce n’est guère original dans un roman policier. Finalement, il est bien clair pour le lecteur que l’assassin n’a fait que rendre service à l’humanité entière en débarrassant «la société» de ce tortionnaire. Il n’a pour défenseur que son ancien disciple, un dénommé Hult, qui fournit un récapitulatif de l’évolution de la Suède (chapitre 13, pages 112-113). La fin est spectaculaire, mais somme toute assez peu crédible au regard du portrait du coupable qui nous a auparavant été dressé.

De fait, l’indication la plus intéressante provient de la préface de Jens Lapidus :
«On a beaucoup dit que la perspective radicale de Maj Sjöwall et Per Wahlöö avait posé les véritables fondations du genre policier suédois. Ils ont même repris le flambeau d’écrivains prolétariens suédois tels que Ivar Lo-Johansson et Per Anders Fogelström, et élevé la critique sociale au rang d’élément constitutif naturel de la narration.»

Le traducteur lui-même, Philippe Bouquet, s’est fait le promoteur tenace de cette littérature suédoise dite «prolétarienne» en traduisant nombre des romans produits par ce mouvement, en soutenant une thèse devant l’université Lille-3 (1980) et en publiant sur le Web un article de synthèse (voir : http://www.lekti-ecriture.com/contrefeux/Le-roman-proletarien-suedois.html).
On sait qu’en France, la tentative d’émergence d’une littérature «prolétarienne» (sous l’égide d’Henry Poulaille et de Marcel Martinet) fut finalement violemment décriée puis combattue par les caciques du PCF.
En Allemagne en revanche, le parti communiste officiel (KPD) s’empara durablement de ce moyen d’expression à travers le BPRS (Bund proletarisch-revolutionnärer Schriftsteller – 1928-1933), dont les auteurs connurent de confortables et solides carrières une fois installés en ex RDA-DDR (comme par exemple J.R. Becher, Willi Bredel ou Anna Seghers).

L’étude de ces tentatives de littérature «prolétarienne» et «prolétarienne-révolutionnaire» fut un temps très à la mode dans les milieux intellectuels post-soixante-huitards : je ne sais si ces deux auteurs suédois, se réclamant de la sainte trinité Marx-Lénine-Mao, participèrent à cette exhumation…
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Sharon
  25 février 2012
J'ai rarement lu un opus de Sjöwall et Wahlöö aussi noir. Martin Beck vient de passer une soirée paisible avec sa fille Ingrid, et il est appelé pour enquêter sur le meurtre de Nyman. Jamais les deux auteurs n'avaient décrit un cadavre avec autant de détails, jamais ils n'avaient montré aussi crûment l'horreur de la mort, même dans le policier qui rit. Si le corps du policier a subi les derniers outrages, il a, de son vivant, montré une cruauté et un sadisme sans faille envers les animaux et les êtres humains. Kollberg, qu'il a formé, peut en témoigner, et il ne s'en prive pas. Un sadique, conclut avec raison Martin Beck. Un homme qui avait tellement cloisonné sa vie qu'il passait aux yeux de sa femme pour le meilleur des maris et des pères.
Enquêter passe d'abord par la lecture des plaintes contre Nyman. Elles nous sont livrées in extenso et ont provoqué chez moi un profond sentiment de malaise. Nyman n'est pas seul, ses subordonnées s'en sont donnés à coeur joie sur les plus vulnérables et se sont mutuellement protégés. Pas d'espoir de justice : aucune plainte n'a eu de suite, ce qui semble incroyable mais vrai dans un état de droit. Il y a quelque chose de pourri dans la police de Suède. La police des polices n'existe pas ici.
Nos enquêteurs (ce livre est ma sixième enquête du commissaire Beck) sont pris au dépourvu. Même Martin Beck, qui ne se fit d'habitude qu'aux preuves et aux indices, se laisse submerger par la crainte diffuse d'une catastrophe imminente. Kollberg cauchemarde. Il n'est que Larsson pour être égal à lui-même, son courage n'est jamais pris en défaut - celui de Beck et Kollberg non plus. Nous retrouvons même les inénarrables hippopotames qui ont gâché le début de l'enquête du Policier qui rit.
Rien ne sera comme avant après cette enquête car pour un policier sadique et ses disciples, c'est toute la police de Stockholm qui paie. le prix est élevé. le comportement de Beck et Larsson en sera d'autant plus exemplaire.
Je ne quitterai pas ainsi l'univers de Sjöwall et Wahlöö. Je vais me procurer très rapidement La chambre close.
Lien : http://le.blog.de.sharon.ove..
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Tancrede50Tancrede50   21 janvier 2023
Kristiansson et Kvant avaient déjà arrêté Gros-derche onze fois auparavant - pas une de moins, mais ne l’avaient encore conduit que deux fois au commissariat : les deux premières, par manque d’expérience et de jugeote.
La première fois, il portait mille deux cent trente pièces d’un centime, deux mille sept cent quatre-vingts pièces de deux centimes, deux mille trente-sept pièces de cinq centimes et une pièce de dix centimes dans toutes ses poches, au nombre de quarante trois. La fouille avait pris trois heures et vingt minutes et, lors de son passage ultérieur devant le tribunal, il est vrai qu’il avait été condamné à une amende de dix couronnes pour outrages à agent et que la tête de porc qu’il avait déposée sur le radiateur de la voiture de police avait été confisquée au profit du ministère public. […]
La deuxième fois, les choses s’étaient moins bien passées. […] La fouille avait pris sept heures, pas une de moins et, comble de malheur, il avait été ensuite acquitté par un juge.
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Tancrede50Tancrede50   21 janvier 2023
- Lennart, je pense à une chose.
- Oui.
- Pourquoi l’appelait-on comme ça, Nyman? L’abominable homme de Säffle?
- C’est très simple. Il était originaire de Säffle et il ne manquait jamais une occasion de le rappeler. Les gens de Säffle, ce sont des durs, disait-il toujours. Des hommes, des vrais. Et quant à être abominable, je crois que c’est évident. C’est l’un des types les plus abominables que j’ai jamais rencontrés.
Martin Beck le regarda longuement.
- Tu as peut-être raison, dit-il.
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Tancrede50Tancrede50   21 janvier 2023
Le chauffeur de taxi semblait avoir à peu près l’âge de Mathusalem, il tremblait, il n’avait plus de dents et était apparemment sourd. Assis sur le siège avant, Martin Beck espéra qu’il y voyait encore.
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Tancrede50Tancrede50   21 janvier 2023
Quand j’étais jeune, j’avais des idées et je croyais que tout irait mieux. Maintenant je suis vieux, tout le monde se fiche pas mal de moi et tout marche de travers. Si j’avais su comment la société évoluerait, je n’aurais jamais eu d’enfants. On nous a roulé dans la farine.
- Qui ça? demanda Rönn.
- Les politiciens. Les grands chefs. Tous ceux qu’on croyait être des nôtres. Ce n’est rien qu’une bande de gangsters.
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joedijoedi   13 juin 2018
Si l'on veut vraiment être sûr d'aller en taule, il suffit de tuer un policier.
C'est une vérité qui vaut à peu près partout mais particulièrement en Suède. Il y a bien des crimes non élucidés dans l'histoire criminelle de ce pays mais pas un seul d'entre eux n'a eu un policier pour victime.
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