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EAN : 9782070141296
430 pages
Gallimard (19/04/2013)
4/5   20 notes
Résumé :
Un gentleman anglais et sa femme font naufrage, vers 1830, sur une plage des côtes australiennes. Les rescapés abordent sur une plage où ils sont massacrés par les indigènes. Seule Mrs Roxburgh est épargnée, mais c’est pour devenir l’esclave de la tribu. Elle partage pendant des mois la vie des sauvages, vêtue d’une ceinture de lianes où elle dissimule son alliance, avant d’être sauvée par un forçat évadé.
De toutes les figures féminines si vivantes qu’on ren... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
J'ai commis l'erreur de lire la quatrième de couverture et, conséquemment, je mattendais à l'histoire d'une jeune femme naufragée qui allait devoir survivre au milieu d'une tribu aborigène dans l'Australie du milieu du 19e siècle. C'est un peu ça, oui, mais le début est très lent et le naufrage n'a lieu qu'à la moitié du roman et la rencontre avec les « sauvages », une cinquantaine de pages plus loin. Une autre cinquantaine de pages et elle s'échappe. Rendu à ce point, il reste encore près d'un quart au roman. Disons que ce que j'ai lu ne se conformait pas tout à fait avec le résumé lu préalablement… Je n'ai pas détesté l'oeuvre mais mes attentes étaient toutes autres.

Avec son roman Une ceinture de feuilles, l'auteur Patrick White a plutôt tenté une critique de la société australienne du milieu du 19e siècle, très anglaise, voire victorienne. Les commérages hypocrites des femmes, la brutalité des hommes, c'était presque pire que la survie dans les recoins sauvages de ce monde nouveau. Ellen Roxburgh sortira transformée mais surtout traumatisée par son expérience. de basse extraction, la jeune dame ne sent pas à l'aise dans la haute société, constamment brimée par sa belle-mère et les autres bourgeoises, pleines de suffisance, de médisance, d'un dédain à peine camouflé. C'est tout un portrait de société que nous offre l'auteur. En autre, le rôle et la place des femmes. Et son mari vieux et faible n'est pas vraiment aidant. Même en plein milieu d'un naufrage, alors que tous s'emploient à pagayer pour faire avancer un canot de secours, ses préoccupations laissent à désirer. « Pour lui, la seule chose vraiment nécessaire, c'était le livre plutôt encombrant qu'il serrait contre sa poitrine, et dont le poids, les angles étaient devenus son unique consolation. Serait-il possible, sur une île déserte, de trouver assez d'ombre pour y savourer les plaisirs de Virgile ? » (p. 209)

M. Roxburgh est encore moins aidant devant son frère, Austin Roxburgh, qui séduit la pauvre Ellen et abuse d'elle. Au moins, il accepte d'abréger ce long séjour en Tasmanie et de rentrer en Australie. Mais, malheur ! le navire est perdu et, quand la troupe de naufragés accoste une ile qui semblait déserte, il est tué rapidement et presque accidentellement, laissant sa jeune épouse sans défense. Les aborigènes ne la maltraitent pas à proprement parler (quoique, les coutumes étant différentes, ce dût être une expérience troublante). On peut se demander ce qui est pire : les « sauvages » ou les Blancs ?

Ellen Roxburgh ne dut son salut qu'à la présence opportune d'un Anglais parmi les aborigènes. Jack Chance, un prisonnier évadé, persona non grata dans la colonie, aide la jeune femme à s'enfuir, mais à quel prix ? Celui de sa raison ? Jusqu'au bout, Patrick White nous aura tenu en haleine. Une péripétie suit la précédente, de l'action, toujours de l'action. Tellement qu'il vient un point où on souhaite que le malheur cesse de suivre la pauvre femme ! Et, malgré cela, des descriptions psychologiques précises, des analyses de personnages minutieuses, des portraits de société très justes. Une ceinture de feuilles est décidément un roman à lire.
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Portrait de femme d'une finesse qu'Henry James n'aurait pas renié, posé dans un style majestueusement victorien mais dans le registre beaucoup plus contemporain, avec de subtiles connotations sexuelles, d'un cheminement personnel troublant vers l'émancipation : Ellen Roxburgh est un personnage à l'identité multiple qui ne laisse pas indifférent et qui irradie ce superbe roman du bout du monde, sur les terres australiennes encore ensauvagées d'indigènes et de forçats importés.
Portrait également d'une société cruelle et hypocrite, où les barbares sont du côte des robes à crinoline et des belles redingotes, et non pas dans la jungle de Tasmanie où Ellen se révélera à elle-même.
Découverte ravie pour moi de cet auteur nobellisé méconnu et de ce roman puissant et riche, bien mal sous-vendu par l'éditeur comme un simple roman d'aventure en quatrième de couverture!
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"Une ceinture de feuilles" est un roman d'aventures, écrit en 1976 par le prix Nobel de littérature 1973, Patrick White.

L'action se passe en Australie vers 1830. Dans la première moitié du livre, nous découvrons Mr & Mrs Roxburgh et le passé de chacun. Mrs Roxburgh a grandi dans la campagne anglaise et vient d'un milieu frustre et peu éduqué alors que son mari Mr Roxburgh est un intellectuel d'une grande sensibilité. L'auteur décrit admirablement bien le caractère de Mrs Roxburgh, ses désirs et ses pensées. Avant tout, elle cherche à progresser dans son éducation, y compris son langage et sa maîtrise d'elle-même, pour faire honneur à son mari et à sa belle-mère.

Mr & Mrs Roxburgh sont venus d'Angleterre pour rencontrer le frère de Mr Roxburgh, veuf, installé en Australie. La rencontre de son beau-frère éveille certains sentiments chez Mrs Roxburgh qu'elle réprime aussitôt.

A la moitié du livre, le bateau que le couple a pris pour son retour fait naufrage. Ces chapitres sur la tempête, le naufrage, la soif et la méfiance entre les différents survivants sont particulièrement bien écrits. Finalement, arrivés sur une bande de sable, Mr Roxburgh et tout l'équipage se font tuer par les indigènes tandis que Mrs Roxburgh est prise comme esclave par les femmes de la tribu.

La suite du livre raconte la survie de Mrs Roxburgh au sein de cette tribu. Dépouillée de ses habits, elle se ceint les reins d'une ceinture de lianes enchevêtrées, d'où le titre du livre. Lors d'une cérémonie secrète, elle découvre que les hommes de la tribu pratiquent le cannibalisme. Finalement, lors d'une rencontre avec d'autres tribus, Mrs Roxburgh va être sauvée par un forçat évadé avec qui elle va s'échapper et auquel elle s'attache. Il la ramènera à la civilisation mais lui-même ne la suivra pas, ayant trop peur d'être condamné.

En refermant le livre, on ne peut s'empêcher de penser avec tendresse à Mrs Roxburgh, si bien décrite par l'auteur, une femme simple et courageuse, pas toujours en accord avec elle-même, qui a essayé de faire face et de s'adapter, à son mari, à la perte de ses enfants morts nés, à sa vie d'esclave dans la tribu, et à son attraction pour son sauveur, le forçat évadé.
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Patrick White, écrivain australien et prix Nobel, trace dans son roman le portrait d'une femme anglaise d'origine paysanne du début du 19ème siècle, arrachée à sa classe sociale par un mariage inattendu à un homme de la bourgeoisie, plus âgé qu'elle et de santé fragile. Sa nature sensuelle se retrouve bridée par les nouvelles règles sociales qu'elle se voit forcée d'adopter pour faire honneur à son mari et s'intégrer à son nouveau milieu social. de retour de Tasmanie, où le couple s'est rendu pour rendre visite au frère du marié, le bateau fait naufrage. Seule rescapée, Mrs Roxburgh sera recueillie par une tribu d'aborigènes à qui elle servira d'esclave. C'est dans ces conditions extrêmes que l'héroïne découvrira sa nature profonde et plus particulièrement au cours de son évasion en compagnie d'un forçat en cavale qui s'engage à la ramener vers la civilisation. Grâce à lui, elle prendra conscience de son corps et de ses désirs. Beau portrait de femme qui acquiert toute sa puissance dans la seconde partie du livre, plus rythmée et plus intense.
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Nous suivons les pérégrinations d'Helen Roxburgh, jeune femme d'origine modeste, qui par son mariage a accédé à la partie huppée de la société. Son mari rend visite à son frère qui s'est installé en Tasmanie, le bateau qui doit ramener le couple en Angleterre fait naufrage, et un dangereux périple commence. Tous les hommes sont tués par les Aborigènes d'Australie, et Helen se retrouve esclave de la tribu. Elle arrivera à s'enfuir grâce à un bagnard évadé.

Un livre très surprenant, dans lequel les péripéties sont nombreuses et l'action ne s'arrête pratiquement jamais. Sans pour autant sacrifier l'analyse des personnages, celui d'Helen tout particulièrement, d'une richesse et complexité étonnante. La société est aussi croquée de façon fine et impitoyable à la fois. Une certaine dose d'humour est toujours présente.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Je suis sortie pour prendre l'air et faire quelques pas. La lune était à son premier quartier ; la rivière, au loin, un vague ruban d'argent. Souvent, par une nuit pareille, à Z., un pays auquel j'appartenais (plus qu'à mes parents ou à ma famille), je souhaitais d'être unie à ce qui m'entourait, pas comme les morts, mais bien vivante. Ici aussi, malgré ma reconnaissance et mon amour pour un mari qui dépend autant de moi que je dépends de lui, je commence à me sentir plus proche du pays que d'aucun être humain. La raison, et le peu que j'ai appris dans les livres qu'on m'a donnés trop tard pour que je fasse plus que les parcourir, tout cela me dit que j'ai tort de penser ainsi, mais mon instinct désire quelque chose de plus profond, que je ne connaîtrai peut-être pas avant d'être morte.
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D'aucun prétendaient avoir entendu chanter des sirènes sur la côte au-dessus des Gluyas. Pa racontait des histoires de signes et de sorcières auxquelles il croyait à moitié, celle de la sorcière blanche de Plymouth, si complaisante. Si Ellen Gluyas y croyait tout à fait, c'est parce qu'elle menait une vie solitaire, à part les visites aux cousins, les conversations languissantes avec une mère souffrante et déçue, et la compagnie d'un père pas toujours en possession de lui-même. Elle était attirée par la nature comme elle ne l'aurait pas été dans des circonstances différentes ; elle dépendait d'elle pour sa subsistance, et des légendes pour espérer.
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"Oh, les gens peuvent être terribles! affirma Miss Scrimshaw sur un ton assez terne, mais d'une voix étonnamment forte. Je crois qu'on ne verra jamais le bout de l'atrocité humaine."
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"Est-ce qu'il y a jamais....", commença-t-elle, mais elle s'arrêta en se brûlant le palais. "Les prisonniers évadés reprit-elle à neuf, est-ce qu'ils survivent jamais pour jouir de leur liberté?
- Pas pour longtemps, répondit Garnet Roxburgh avec une satisfaction évidente. Ou bien ils sont abattus au moment où ils s'échappent, ou bien on les ramène peu après pour être punis comme ils méritent et subir une nouvelle peine. Certains des déserteurs deviennent des coureurs de bois pendant quelque temps, mais sont habituellement repris et pendus au bord de la grande route en manière d'exemple. "
C'était assez ce qu'elle avait imaginé, tout en espérant s'entendre dire que la liberté devient parfois, d'une abstraction, une réalité.
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- Pourquoi est-ce que les gens parlent? Le plus souvent pour combler les silences.
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