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Alzir Hella (Traducteur)
ISBN : 2253153532
Éditeur : Le Livre de Poche (15/10/2002)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 287 notes)
Résumé :
Comment le désir et la passion, enracinés au fond de chaque être, peuvent le révéler à lui-même et bouleverser son destin : tel est le secret que tentent de percer les quatre récits qui composent ce volume. L'éveil de la jalousie chez un garçon de douze ans, qui a innocemment rapproché sa mère et le jeune vacancier oisif dont l'amitié l'emplissait de fierté ; la dérive nocturne d'un homme qui découvre au contact des voyous et des prostituées une part inconnue de lui... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  07 juillet 2014
Afin de tromper son ennui, un jeune baron en villégiature dans un hôtel isolé des Alpes autrichiennes décide de séduire par jeu une femme accompagnée de son fils convalescent de douze ans, Edgar. Pour parvenir habilement et rapidement à ses fins, il se lie hypocritement d'amitié avec Edgar, flatté d'attirer l'intérêt d'un adulte.
Passée la phase d'approche, de l'amitié naissante, le séducteur tente d'éloigner l'enfant, qui trompé par son nouvel " ami ", va tout faire pour perturber les sorties du couple et leurs tentatives de rapprochement. Sa mère, progressivement charmée, hésite entre l'aventure amoureuse et la raison, périlleux dilemme.
Tout se joue donc - il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit au départ d'un jeu - entre un séducteur manipulateur, une mère indécise et un jeune garçon encore très innocent mais clairvoyant. le tout dans un milieu bourgeois d'une époque révolue...en apparence.
Les désirs de chacun s'entremêlent d'abord délicieusement, puis s'entrechoquent brutalement pour finir en feu d'artifice incontrôlable ! de la tension, du suspens, un rythme agréable de courts chapitres font de cette nouvelle un très bon moment de lecture.
Stefan Zweig excelle comme toujours à analyser avec finesse et précision la psychologie humaine et plus particulièrement ici celle d'un jeune adolescent imprévisible dont les sentiments exacerbés oscillent entre amour et haine. Car c'est bien Edgar le héros du récit, le détenteur du brûlant secret, que je vous laisse le plaisir de découvrir.
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ibon
  13 août 2013
Une centaine de pages, c'est le format du succès pour Zweig: "Le joueur d'échecs", " La confusion des sentiments", "La lettre d'une inconnue", "La peur", "24heures...
Effectivement, c'est aussi le cas avec les 100 pages de "Brûlant secret", pas de déception, le récit demeure toujours aussi prenant et rythmé. Ici, en de courts chapitres.
Au début, le personnage principal semble être un jeune baron célibataire, en vacances dans un hôtel de montagne autrichienne au Semmering; un séducteur à la recherche d'aventures féminines sans lendemain. Il jette son dévolu sur une femme d'une bonne trentaine d'années. Une femme distinguée accompagnée de son fils Edgar, 12 ans. Mais pour approcher la jolie dame, il use de perfides moyens en donnant l'illusion au garçon qu'il est son ami. Edgar pressent en effet que l'on abuse de sa naïveté et c'est ce garçon qui devient le personnage central intrigué par ce qu'on lui cache: un brûlant secret.
Quel brûlant secret peut-on lui cacher à ce garçon de 12 ans au point de lui mentir et de l'éloigner quand sa mère et ce baron veulent discuter ensemble?
Implicitement, Zweig dénonce l'hypocrisie des adultes, de l'école, de la famille et de la morale officielle quant à l'enseignement de la sexualité à la jeunesse.
L'auteur met en place un suspense magistral à la mesure des changements qui s'opèrent dans la tête de ce garçon trahi par les adultes. L'imprévisibilité de ses réactions est le moteur de cette intrigue.
Encore un bijou d'orfèvre.
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Allantvers
  04 mai 2017
Des quatre impeccables nouvelles de ce recueil, je retiens les deux plus lumineuses à mes yeux :
La première nous plonge dans les affres de la fin de l'enfance, autour du premier passage vers la maturité d'un jeune garçon de treize ans trahi par un « ami » adulte dont il comprend qu'il n'a cherché son amitié que pour mieux séduire sa mère, et n'a dès lors, ivre de haine, de cesse de comprendre ce brûlant secret qui pousse les adultes les uns vers les autres.
La seconde, « les deux jumelles », réinvention par Zweig de la fable morale, qui se lit comme on passe la main sur une soierie ourlée avec la plus grande finesse, voit dans un moyen-âge de contes deux soeurs magnifiquement belles et outrageusement orgueilleuses se disputer la première place, l'une à l'aide du vice, l'autre de la vertu.
Encore un pur moment de plaisir admiratif que ce recueil construit autour des passions profondes et ravageuses ! Impossible de se lasser de l'immense talent de Stefan Zweig.
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Ambages
  23 décembre 2017
Un recueil de quatre nouvelles imaginatives et tellement bien écrites. C'est superbe. Stefan Zweig a le chic pour m'embarquer dans les méandres de la passion, de la folie, de décrire les sentiments avec un brio qui enchante. « Brûlant secret » qui donne son titre au livre est la première des nouvelles et raconte les charmes de l'enfance qui se veut déjà grande avant l'heure et est finalement heureuse de se retrouver câliner. Un déchaînement de jalousie réjouissant et une angoisse pour savoir ce qui va arriver pour le lecteur pris dans les feux des yeux du gamin mais comprenant plus que lui de ce qui se déroule. J'ai beaucoup apprécié « Les deux jumelles », une sorte de conte avec une rivalité fratricide. « La nuit fantastique » mélange des envies cruelles et intrigantes, avec un retour pour la passion enivrante du jeu et un fabuleux éveil à la vie d'un homme. Un très beau recueil.
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cmpf
  31 janvier 2018

Dans un hôtel, un jeune baron choisit pour proie une femme “à la veille de dépasser la maturité” accompagné d'un jeune garçon. Pour parvenir à ses fins, il se lie avec l'enfant qui accueille avec joie et reconnaissance ses attentions. Dans un premier temps il sert de prétexte aux deux adultes pour se rapprocher mais devient vite un obstacle. L'enfant du haut de ses 12 ans sent que l'on veut se débarrasser de lui pour une raison que son éducation protégée ne lui permet pas de deviner. Mais puisque le baron cherche à etre seul avec sa maman ce ne peut être que pour lui faire du mal. Et lorsqu'il en avertit sa mère celle-ci le renvoie une fois de plus à sa condition d'enfant qui lui pèse déjà tant.
L'été un château accueille de nombreux hommes et quelques femmes. Dans cette société un adolescent que commencent à tourmenter le désir. Un soir dans le parc, une jeune femme s'offre à lui à la faveur de la nuit. Laquelle est-ce ?
Le baron von R. a reçu à l'orée de sa vie d'adulte la fortune de ses parents le soulageant de l'obligation de se trouver une occupation. Il mène donc une vie oisive au milieu des gens de son monde. Il est apprécié pour sa conversation et passe pour un “heureux mortel”. Mais si sa vie est éminemment agréable il ne ressent aucune exaltation seulement un ennui de bon ton.
Un dimanche il se rend par hasard aux courses, joue au jeu de la séduction avec une femme qui lui répond avec le même détachement. Lorsque le mari de celle-ci perd tous ses tickets de paris, par malice il met le pied sur l'un d'eux. Il se trouve que c'est un ticket gagnant. Tout en retirant son gain il se sent d'abord mal à l'aise mais cet état d'âme est bientôt remplacé par d'autres qui l'étonnent mais le font se sentir enfin vivant.
De fil en aiguille il se rend au Prater lieu de plaisir pour les ouvriers. Et découvre à nouveau en lui des impressions qui lui étaient inconnues et un besoin de se fondre dans la masse.
J'ai été tout à fait envoutée par cette description d'une âme tout d'abord inanimée puis s'ouvrant à des sensations puissantes.
Deux jumelles, d'une beauté fabuleuse et bien éduquées malgré leur naissance chez une pauvre marchande, rivalisent depuis leur enfance, et lorsque l'une se fait courtisane l'autre devient nonne...
Ces nouvelles démontrent encore une fois le talent exceptionnel de Zweig pour autopsier l'âme humaine.
Un très grand.
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Citations et extraits (99) Voir plus Ajouter une citation
cmpfcmpf   31 janvier 2018

Mais, j’en suis bien certain, je n’ai jamais aimé la vie avec plus de passion et je sais à présent que tout homme commet un crime (le seul qui existe !) en se montrant indifférent devant n’importe laquelle de ses formes et de ses incarnations. Depuis que j’ai commencé à me comprendre moi-même, je comprends aussi une infinité d’autres choses : le regard d’un être plein de désir devant un étalage peut me bouleverser, les cabrioles d’un chien m’enthousiasmer. Désormais, je fais attention à tout, rien ne m’est indifférent. Je lis dans le journal (qu’autrefois je ne feuilletais que pour y chercher des distractions et des ventes aux enchères) mille faits quotidiens qui m’émeuvent ; des livres qui m’ennuyaient me révèlent soudain leur intérêt. Le plus remarquable, c’est que je peux à présent parler aux gens, même en dehors de ce qu’on appelle la conversation. Mon valet de chambre, que j’ai depuis sept années, m’intéresse ; je
m’entretiens souvent avec lui ; le concierge devant qui autrefois je passais sans faire attention, comme devant une sorte de pilier mobile, m’a raconté ces jours derniers la mort de sa petite fille et j’en ai été plus ému que par les tragédies de Shakespeare. Et cette métamorphose (bien que, pour ne pas me trahir, je continue extérieurement à vivre dans les milieux où règne un ennui de bon ton) semble peu à peu transparaître. Nombre d’êtres humains sont tout à coup devenus cordiaux avec moi ; pour la troisième fois cette semaine des chiens inconnus sont venus vers moi dans la rue. Des amis me disent, avec une certaine joie, comme à quelqu’un qui a triomphé d’une maladie, qu’ils me trouvent rajeuni.
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AlexeinAlexein   02 juillet 2016
Ainsi que la conversation le montrait, Edgar était très intelligent, un peu précoce même, comme la plupart des enfants maladifs qui sont restés longtemps dans la société des adultes, et ses sympathies ou ses antipathies atteignaient un degré de passion extraordinaire. Il ne paraissait jamais garder la mesure ; il parlait de chaque personne ou de chaque objet soit avec enthousiasme, soit avec une haine si violente qu’elle tordait son visage et lui donnait presque un aspect méchant et hideux. Quelque chose de sauvage et de primesautier, qui provenait peut-être de la maladie qu’il venait de surmonter, mettait dans ses paroles une ardeur fanatique et il semblait que sa gaucherie n’était qu’une crainte, péniblement refrénée, de sa passion.
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PiatkaPiatka   10 juillet 2014
Il était conscient de sa totale incapacité à la solitude. Non désireux de faire plus intimement sa propre connaissance, il redoutait le face-à-face avec lui-même et évitait soigneusement pareil tête-à-tête. Il savait qu'il avait besoin de se frotter aux gens pour faire briller ses talents, sa nature chaleureuse et cordiale, et seul, il se sentait inutile et sans flamme comme une allumette dans sa boîte.
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AllantversAllantvers   02 mai 2017
Elle était à cette époque décisive de la vie où une femme commence à regretter d'être demeurée fidèle à un époux qui, en réalité, n'a jamais été aimé, et où le pourpre coucher du soleil lui laisse encore un dernier choix (pressant!) entre la maternité et la féminité. A cette minute la vie, qui paraissait depuis longtemps déjà avoir été réglée d'une façon définitive, est de nouveau remise en question; pour la dernière fois l'aiguille magnétique de la volonté oscille entre la passion et la résignation à jamais. Une femme a alors à prendre la dangereuse décision de vivre sa propre destinée ou celle de ses enfants, d'être femme ou mère.
(Brûlant secret)
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ElviraElvira   02 janvier 2012
C’était un de ces hommes qui doivent beaucoup de bonnes fortunes à leur joli visage et chez qui, à chaque moment, tout est prêt pour une nouvelle rencontre, une nouvelle expérience amoureuse ; un de ces hommes qui sont toujours au potentiel voulu se précipiter dans l’inconnu d’une aventure, que rien ne surprend, parce que, sans cesse à l’affût, ils ont tout calculé ; qui ne manquent aucune occasion parce que leur premier regard pénètre inquisiteur dans la sensualité charnelle de chaque femme, sans faire de différence entre l’épouse de leur ami et la servante qui leur ouvre la porte. Lorsque, avec un certain dédain superficiel, on donne à ces gens-là, en Autriche, le nom de « chasseurs de femmes », c’est sans savoir combien de vérité positive incarne ce mot, car, effectivement, tous les instincts passionnés de la chasse, le flair, l’excitation et la cruauté mentale, s’agitent dans l’attitude de ces hommes constamment sur le qui-vive. Ils sont toujours chargés de passion, une passion qui n’est pas celle de l’amant, mais du joueur, la passion froide, calculatrice et périlleuse.
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Vidéo de Stefan Zweig
Stefan Zweig, écrivain, journaliste et biographe autrichien, est né le 28 novembre 1881 à Vienne. Il assiste avec horreur à l’arrivée au pouvoir d’Hitler (1933). Sa judéité, jusque-là peu revendiquée, devient plus présente à son esprit et dans son œuvre. La persécution des juifs et le déchirement imminent de l’Europe le plongent dans une dépression dont il ne sortira plus. Il fuit l’Autriche en 1934, se réfugie en Angleterre puis aux États-Unis. En 1942, il se suicide avec sa femme à Petrópolis, au Brésil.
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Romans, contes, nouvelles (879)
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