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Jean-Claude Capèle (Traducteur)
EAN : 9782253095286
187 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/04/1995)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 205 notes)
Résumé :
Stefan Zweig Clarissa «Le monde entre 1902 et le début de la Seconde Guerre mondiale, vu à travers les yeux d'une femme» : ainsi Stefan Zweig résumait-il le thème de ce roman, entrepris dans les derniers temps de sa vie et retrouvé dans ses archives.

Clarissa, fille d'un militaire autrichien, est née en 1894. A l'aube du premier conflit mondial, elle rencontre à Lucerne, en Suisse, un jeune socialiste français, Léonard, qui n'est pas sans évoquer Roma... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
Ode
  02 décembre 2012
Manuscrit (inachevé) retrouvé dans les archives de Stefan Zweig et publié bien après sa mort, Clarissa est un délicat portrait de femme à l'aube du XXe siècle en Autriche, avec en toile de fond la montée des nationalismes qui va conduire à la première guerre mondiale.
« On sent à peine votre présence, et vous-même ne la sentez peut-être pas assez » : le vécu familial de Clarissa en a fait une jeune fille sérieuse et réservée, presque effacée. Après la mort de sa mère, son père - rigide officier statisticien dans l'armée autrichienne - la place en pension dans une institution religieuse jusqu'à ses dix-huit ans. Elle va ensuite s'essayer à diverses occupations et études dans le domaine de l'éducation et de la médecine. C'est en assistant le professeur Silberstein, qu'elle s'orientera vers la psychiatrie. Cette discipline lui permettra de s'affirmer et de découvrir l'amour avec Léonard, un professeur français rencontré lors d'un congrès en Suisse. Mais la guerre va vite les séparer et conduire Clarissa à faire des choix qu'elle regrettera amèrement...
Avec de longues phrases qui analysent avec acuité la psychologie de ses semblables, la remarquable écriture de Stefan Zweig a une saveur proustienne. le destin de Clarissa, gâché par l'absurdité de la guerre et celle, plus insidieuse, des conventions sociales, m'a laissé un terrible goût de désespoir. L'idéal humaniste de l'auteur, perceptible dans les convictions de Léonard et dans l'engagement du professeur Siberstein à l'encontre du nationalisme autrichien, s'en trouve aussi mis à mal. « Tout homme qui refuse de hurler avec les loups se retrouve tout seul », constate-t-il.
Heureusement qu'au cours de l'Histoire, certains se sont détachés avec courage de la meute. Sinon, où en serions-nous aujourd'hui ?
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Crazynath
  26 février 2018
Je reste toujours sous le charme de l'écriture de Stefan Zweig. Certes, je suis loin d'avoir lu toute son oeuvre, mais j'ai l'impression de le redécouvrir à chaque lecture. J'adore son style qui nous fait plonger dans une ambiance qui n'appartient qu'à cet auteur je trouve.
Ici,dans Clarissa, pas un mot de trop, mais une atmosphère asse sombre, il faut le dire.
Nous sommes au début du vingtième siècle et les prémices de la première guerre mondiale sont déjà bien présents. Dans ce livre, Zweig nous invite à faire connaissance de Clarissa, fille d'un officier autrichien, visionnaire ( le père, ) avant l'heure ( et non reconnu par les siens d'ailleurs ) du conflit mondial qui se prépare.
En 1914, la jeune femme va faire la connaissance d'un français en Suisse. C'est le début de la guerre qui les sépare, et peu de temps après Clarissa va découvrir qu'elle est enceinte. Histoire assez classique, me direz-vous...
Eh bien, non, pas avec Zweig. Même si cette histoire reste inachevée ( puisqu' écrite juste avant son suicide ), elle distille pendant toute la lecture un profond sentiment de tristesse qui reflète probablement l'état d'esprit dans lequel se trouvait Zweig à cette période.
Oui, Clarissa, bien qu'attachante, respire la tristesse, et son histoire aussi.
Bien sur, comme nous restons sur notre fin, on ne peut qu'imaginer la suite, mais je ne suis pas sure que Zweig avait vraiment envie qu'elle se termine bien...Bon ceci bien sur n'est que mon humble avis.

Challenge ABC 2017/2018
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sabine59
  14 avril 2016
C'était très troublant pour moi de lire cette oeuvre- testament inachevée, retrouvée dans les archives de l'auteur en 1981, à Vienne, la ville natale de Stefan Zweig ( mon mari y a fait le marathon, j'étais là comme supportrice et touriste !) ...Cela m'a rendue plus poignant, plus perceptible encore le désespoir final de l'auteur, si attaché à sa belle ville, et qu'il a dû quitter, face à la montée du nazisme.
L'évocation de la vie de Clarissa, son héroïne, est le reflet de son pessimisme et de ses angoisses." Vu à travers l'expérience d'une femme, le monde entre 1902 et le début de la guerre", écrivait-il.Fille d'un militaire qui ne sait pas exprimer ses sentiments et orpheline de mère,morte à sa naissance, Clarissa grandit en pension.Intelligente et réservée, elle devient l'assistante du professeur Silberstein, un neurologue.Lors d'un congrès, elle rencontre Léonard, un jeune socialiste engagé, en Suisse.De cette passion naîtra un enfant mais dans l'Europe qui se déchire, les amants sont séparés et Léonard ne saura jamais rien de cette naissance.Le mariage qu'elle fera ensuite ne sera que désillusion.
Même si le livre est inachevé, on devine bien alors la désespérance dans la vie de Clarissa, personnage attachant et brisé par le destin. Tout comme son auteur.
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mumuboc
  16 avril 2018
Je continue à piocher sur mes étagères ce que j'appelle "les classiques" que ce soit des auteurs ou romans, pour approfondir ma connaissance des styles, des courants d'écriture et pour celui-ci qui m'avait été offert dans le cadre "d'un gratuit pour deux achetés", bonne pioche car je n'en avais jamais entendu parler (je parle du roman). Il s'agit d'un roman inachevé, retrouvé dans les archives de Stefan Zweig après son suicide en 1942.
Avoir 20 ans en 1914, être une jeune femme autrichienne, timide et effacée, élevée dans la rigueur auprès d'un père militaire, orpheline de mère donc sans peu de repère féminin, ayant été pensionnaire durant toute son enfance, et découvrir la vie, l'amour, la guerre, la maternité en quelques années, en quelques rencontres mais aussi les différents visages de l'humanité, le rêve de certains d'un monde uni, social, mais aussi la lâcheté, les combines en temps de guerre et le mensonge.
Beau portrait de femme : écriture délicate, sensible et raffinée, l'auteur s'est glissé dans la vie et les pensées de cette jeune fille qui va découvrir le monde et sa réalité, à la sortie de la pension où elle a été éduquée, confrontée à la guerre et aux hommes. 
Grâce à son travail près d'un neurologue, intelligent, qui lui permettra de développer ses aptitudes à observer, écouter et se libérer du carcan familial et lui ouvrira la voix de la psychologie  et d'une certaine liberté
Freud veut faire découvrir aux hommes la cause de leur déséquilibre psychique, et moi, je veux la leur faire oublier. (p65)
Aimer en temps de guerre et en plus un homme du camp ennemi...... Un homme aux idées humanistes, sociales si lointaines de l'univers paternel et de son enseignement mais dont elle sera très vite séparée par le conflit qui s'installe en Europe. Perpétuer cet amour à travers son fruit, qu'elle porte et défendra courageusement, prête à tout, un peu candide parfois, mais volontaire et lucide sur sa condition et celle de son enfant.
Mon seul regret  : le fait que ce récit est inachevé car on abandonne Clarissa sans savoir ce que son créateur envisageait pour elle..... mais cela laisse également la place à notre imaginaire : à nous d'imaginer ce que sera son avenir pour elle et son enfant, au sortir de la guerre. Continuera-t-elle à avancer ou disparaîtra-t-elle dans le désespoir et la misère ?
Quand on abandonne ses habitudes, on ne peut que se retrouver soi-même. (p75)
Il y a une certaine désillusion, langueur, tristesse dans la narrration : une sorte de fatalité sur un monde qui ne change pas, sur ses absurdités et sur ceux qui le mènent, souvent pour leur seul intérêt
Après 24 heures de la vie d'une femme que j'ai eu la chance de voir au théâtre, qui était déjà un très beau récit d'une femme amoureuse, follement amoureuse mais bafouée, abusée et désespérée, je trouve que Stefan Zweig est un écrivain qui sait se glisser dans le corps et l'esprit des femmes mais aussi nous relater leur condition dans le monde. C'est un écrivain aux idéaux sociaux et humains mais conscient du monde où il vivait et peut-être son désespoir de ne pas le voir changer.
Lien : http://mumudanslebocage.word..
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Allantvers
  12 août 2019
Quand on connait un peu le parcours de Stefan Zweig et son implication intellectuelle et émotionnelle dans son époque, de plus en plus douloureuse au fil des ans, ce roman inachevé résonne de manière extrêmement sensible à l'oreille du lecteur.
Ce n'est pas tant l'intrigue, peu rythmée, ni même la plume, dont on sent qu'elle n'a pas été comme dans tous ses écrits polie et travaillée cent fois avant la publication, mais le propos du livre qui touche : sa capacité à entrer en sympathie profonde avec la condition féminine, ses idéaux humanistes et son désespoir face à l'incapacité des hommes à construire une communauté de nations.
Enfermée dans l'univers étroit d'un couvent par un père obnubilé par la chose militaire et la préservation de l'empire autrichien, et bien en peine d'éduquer ses enfants, c'est en jeune fille du siècle nouveau que Clarissa découvre le monde en sortant : curieuse et prête au travail, émancipée et d'esprit ouvert, pas encore éclairée sur la direction dans laquelle conduire sa vie, Clarissa doit à ses remarquables capacités de synthèse de trouver un poste d'assistante auprès d'un neurologue, que l'on appelle pas encore psychiatre. Lors d'un congrès en Suisse, elle s'ouvre aux idées nouvelles et rencontre l'amour dans la personne de Leonard, jeune professeur français idéaliste déjà revenu du socialisme étatisé, qui appelle de ses voeux une révolution sociale à l'échelle de petites communautés humaines. Mais la guerre survient, séparant les amants, et il faudra faire des choix.
C'est bien sûr frustrant de devoir abandonner Clarissa au sortir de la guerre, quand s'interromp le roman. M'est avis que l'avenir que Zweig lui avait imaginé est plutôt sombre, à l'image de sa propre fin de vie.
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Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
OdeOde   02 décembre 2012
Les caractères réfléchis détiennent le secret pouvoir de souligner, au moins pour de courts instants, le sérieux de ceux qui sont plus légers, de sonder leur tréfonds grâce à leur propre gravité, et Clarissa remarqua bientôt que Marion, qui n'avait pas, vis-à-vis d'elle, le même comportement qu'avec les autres, n'était pas du tout aussi insouciante et légère que son charme et sa sociabilité pouvaient le laisser supposer, voire que ce besoin incessant de sentir autour d'elle une sympathie et une affection tangibles correspondait chez cette enfant à une profonde inquiétude et même à une peur de la solitude ou de l'abandon qu'elle cherchait à masquer en parlant et en bavardant sans cesse. C'était comme si elle s'éveillait au moment où le train s'arrête et, se rendant compte qu'il n'y avait personne pour l'attendre, sentait à quel point elle était seule. De là son besoin de se faire aimer, de gagner l'affection des autres.
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OdeOde   28 décembre 2012
On ne peut pas s'enfermer dans son cocon, à l'heure qu'il est, comme si l'on vivait dans un autre siècle, au sein d'un autre peuple. On ne peut pas se neutraliser de force. Il n'y a qu'une seule possibilité de conserver une attitude normale et humaine face à la guerre : c'est d'aller la voir et de ne pas se contenter de la description qu'en donnent ces fauteurs de guerre qui ne mettent pas le pied au front. Tout autre comportement signifie tout simplement qu'on se laisse abuser et griser.
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OdeOde   29 novembre 2012
Freud veut faire découvrir aux hommes la cause de leur déséquilibre psychique, et moi, je veux la leur faire oublier. Je crois qu'il vaut mieux leur en inculquer une autre qui soit inoffensive. Je ne crois pas que la vérité puisse les aider. Au contraire, il faut leur donner une illusion, quelque chose dont ils ne pourront plus démordre, pour éviter qu'ils ne dévorent leur propre foie.
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AllantversAllantvers   10 août 2019
On donne ce que l'on possède en soi-même, sans demander pourquoi; celui qui pense à ce que cela va lui rapporter ne donne pas assez. Il n'y a qu'une chose qu'on ne peut donner, une chose essentielle: sa liberté. Car il n'existe pas de liberté humaine sans responsabilité : "Il n'y a qu'une chose, rester soy-même", dit Montaigne, mon ami dans toutes les circonstances de la vie. C'est cela qui importe. Non pas ce que l'on donne ni pourquoi on le donne, mais ce qui vous reste, ce que l'on reste soi-même.
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OdeOde   04 décembre 2012
Ce qui vous semble petit, à vous qui vivez dans une grande ville, prend des dimensions gigantesques pour d'autres ; pour beaucoup d'entre eux, c'est la première Suédoise, Allemande ou Italienne à qui ils ont parlé de leur vie. Vous n'avez pas idée de ce qu'est une petite ville française. Quand on y vit, c'est une mort lente.
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Videos de Stefan Zweig (43) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Stefan Zweig
1/10 Stefan Zweig : “Le Monde d'hier : Souvenirs d'un Européen”. 1er épisode : « Le monde de la sécurité » Diffusion sur France Culture du 19 au 30 octobre 2015. Pages choisies par Florence Le Corre. Traduction : Serge Niemetz. Réalisation : Etienne Vallès. Conseillère littéraire : Emmanuelle Chevrière. Écrivain, dramaturge, biographe, Stefan Zweig, né en 1881 à Vienne, aura vu glisser sa ville et sa vie de l'élévation spirituelle et culturelle la plus haute à la décadence morale et à l’échec. Zweig fuit le nazisme et s'exile à Londres dès 1934, puis au Brésil en 1941. Il commence alors la rédaction du “Monde d'Hier, souvenirs d'un Européen”, livre nostalgique, mais d'une nostalgie active, c'est un “cri de papier”. Livre-Testament d'un monde qui n'est plus, celui de la sécurité et du “Progrès” ; Livre-Témoignage sidéré d'un européen face à ce qu’il appelle “l'échec de la civilisation”. En 1942, Stefan Zweig se suicide, précisément au lendemain d'avoir posté le manuscrit du “Monde d’hier” à son éditeur. “Le Monde d'Hier” sera publié en 1944. Lecture Guy Chapellier. Prise de son : Stéphane Desmons, Assistance technique et montage : Emmanuel Armaing, Mixage : Claire Levasseur Assistante à la réalisation : Laure-Hélène Planchet « Le monde d'hier : Journal d'un européen » est publié aux éditions Belfond. Thèmes : Création Radiophonique| Littérature| Autriche| Art| Culture| Deuxième Guerre mondiale| Europe| Stefan Zweig
Source : France Culture
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