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Robert Dumont (Traducteur)
EAN : 9782234054646
154 pages
Éditeur : Stock (06/01/2002)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 52 notes)
Résumé :

Félix et Marie forment un jeune couple à qui la vie sourit ... jusqu'à ce qu'ils se retrouvent soudain confrontés à la mort. Félix apprend de la bouche d'un éminent spécialiste que ses jours sont comptés. Il va d'abord s'efforcer de faire bonne figure, se prétendre de taille à affronter en philosophe un destin cruel, tout en souhaitant le bonheur de sa compagne. Bientôt, pourtant, le masque sto&#... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
afriqueah
  12 avril 2020
Ayant lu un tentant commentaire sur « Mourir » d'Arthur Schnitzler, sans hésitation j'ai cherché le livre, et y vais de ma petite parlotte.
Vienne 1892. Freud le considère son double littéraire. Il connaît aussi Zweig. « Mourir » est sa première oeuvre considérée comme une nouvelle ; il s'agit des sentiments valsés racontés dans le détail d'un couple :
Lui ne parle pas, elle s'inquiète, il avoue : il lui reste un an à vivre. Elle proclame qu'elle ne lui survivra pas, elle ne vivra pas un jour sans lui, d'ailleurs il ne mourra pas, tellement elle l'aime. Sanglots, déni de part et d'autre, car le monde est beau et la mort n'y a pas sa place.
Ils semblent unis, heureux. Pas pour longtemps. Marie plonge tête la première dans la pitié et la surprotection, ce qui agace prodigieusement son amant. Elle essaie de l'aimer moins, ou tout au moins d'avoir l'air plus détaché, plus gai, elle lui cache son désespoir, puisque ce désespoir tape sur les nerfs de Felix. Après tout, c'est lui le malade, pas elle, alors, qu'elle la boucle.

Alors, ils se mentent, malgré leurs efforts réciproques ils se mentent ; elle se sent coupable, on se demande bien de quoi puisqu'elle le soigne amoureusement, elle essaie de ne plus vivre, elle l'entoure de toute son affection, elle se méprise d'admirer le ciel ou d'avoir du plaisir à ouvrir la fenêtre.
Schopenhauer, ainsi que Socrate, sont des menteurs, dit il , tout le monde a peur de la mort. Rageur, égoïste et haineux, il fait payer à cette douce femme prête à se sacrifier pour lui le fait d ‘être condamné.
Et puis il a bien vu comment les autres hommes la regardaient, et elle n'est pas si claire, peut être qu'elle le trompe (sûr qu'elle ferait mieux). Il la soupçonne -son sacrifice est il authentique ?- et puis d'ailleurs il ne l'aime plus. Elle se prépare à l'abandonner. Il la hait….Ben, bien fait, elle commence doucement elle aussi à en avoir marre de ce grand enfant.
Schnizler dans un face à face entre deux êtres séparés sans mots par la maladie, insinue que peut être il n'y a pas d'amour, si l'amour est volonté de rendre l'autre heureux, en restant soi même. L'une protège et se sacrifie, l'autre, indifférent aux attentions qu'il reçoit, en veut toujours plus, et exige qu'elle meure avec lui, et surtout de son plein gré, pareille aux saties hindoues livrées sur le bucher de leur défunt mari.
Les pensées de Marie, hésitante à sortir juste une heure prendre l'air, ses craintes devant le regard inquisiteur de Felix, et la balance qu'elle fait entre son amour pour lui et les dérisoires et périssables distractions du dehors, débouchent sur une impression d'euphorie : être elle même.
Merci à celui ou celle qui a parlé de ce petit bijou de psychologie pure, ces allers retours entre les sentiments de l'un et la réaction de l'autre, dans un vase clos-Vienne- avec échappées dans la montagne et vers la campagne italienne. Un petit bijou.
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Commenter  J’apprécie          114
feanora
  08 août 2014
Un roman très court mais très intense.
Il traite du problème d'un homme Félix qui sait qu'il va mourir et de l'évolution des relations au sein du couple qu'il forme avec Marie.
Il nous trace la dégradation physique et mentale de Félix qui ne conçoit accepter la mort que si Marie l'accompagne et montre le dévouement de celle-ci, face à la souffrance de son compagnon.
Une oeuvre superbe par l'étude des caractères mais difficile quant au sujet traité.
Commenter  J’apprécie          100
OphelieC
  21 février 2020
Félix et Marie forment donc un jeune couple à qui la vie sourit... Jusqu'à ce qu'ils se retrouvent soudain confrontés à la mort ! Félix apprend de la bouche d'un éminent spécialiste, que ses jours sont comptés. Marie, qui l'aime "à en mourir" - c'est là que nous réalisons l'impact des mots que nous employons -, accepte de partir avec lui, presque sans hésitation ! Mais au fur et à mesure, la jeune femme regrette sa décision, elle qui aime trop la vie pour se sacrifier, mais qui aime aussi trop Félix pour l'abandonner ! Déchirée par un cruel et impossible dilemme, entre l'amour d'un homme sans lequel elle ne peut vivre et sa propre mort qui lui fera tout perdre, alors qu'elle a toute la vie devant elle, la jeune femme devra choisir...
Avec son roman sobrement intitulé "Mourir", Arthur Schnitzler choisit d'aborder un sujet apparemment simple, mais en réalité complexe et intelligent. La notion d'amour absolu est mis sur le devant de la scène, avec tout ce qu'elle possède de merveilleux, de beau, de magique, mais aussi d'admirable... Jusqu'à quel point ? Un amour qui peut virer au drame, lorsqu'il se termine en sacrifice, au renoncement même de l'existence, au prix de l'amour de notre vie !

En cela, ce roman psychologique fouille les sentiments, émotions et contradictions de l'esprit humain ; à l'instar de Stefan Zweig, camarade autrichien également doué dans cet exercice. Mais c'est aussi un roman philosophique, qui pousse le lecteur à se poser de réelles et brutales questions sur sa propre notion d'amour, de concessions et de sacrifice ; aussi bien que sur le poids et les conséquences de ces promesses qu'on ne peut pas toujours tenir... Un roman redoutablement intelligent, qui a le mérite d'être lu et de marquer les esprits !
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Thaddeus
  12 avril 2015
À chaque récit Schnitzler trouve le moyen d'élargir notre sensibilité. En quelques pages, il sait créer une intensité émotive tout à fait remarquable.
Avec Mourir, on voit une tragédie interne. L'égoïsme du moribond est féroce. C'est un roman réaliste mais foncièrement pessimiste. Cet homme mourant n'est pas celui qu'il était. Comme quoi la mort fait tomber les voiles superficiels de la vie quotidienne. La bonne santé tient secret bien des défauts. Son agonie permet de découvrir sa véritable personnalité et elle est tout sauf attirante.
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Vermeer
  26 juillet 2015
Pas très gai certes mais magnifique. Dans ce très court roman, Arthur Schnitzler se fait explorateur de l'âme humaine. Contemporain et ami de Freud (Viennois tous les deux), il est marqué par ses théories. Comme son jeune "confrère" de vingt ans son cadet, S Zweig, il dissèque l'intimité des êtres.La mort s'immisce dans le quotidien de Félix et Marie un jeune couple à qui tout souriait. Un médecin annonce à Félix (!) qu'il n'a plus qu'un an à vivre. Au départ, il veut affronter l'épreuve avec stoïcisme et sa compagne désespérée lui dit qu'elle ne saurait vivre sans lui et mourra avec lui. Mais peu à peu les masques tombent, la relation évolue. Félix ne peut supporter l'idée de la mort et encore moins l'idée qu'elle ne sera pas collective, que Marie et le monde continueront à vivre sans lui. Il est jaloux de la jeunesse et de la santé de sa compagne et lui rappelle sa promesse. Marie, quant à elle, soigne Félix jour et nuit mais peu à peu la pitié remplace l'amour, elle culpabilise de préférer la vie à Félix et bien sûr elle n'est plus prête à tenir sa promesse.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
ThaddeusThaddeus   31 mars 2015
Mépriser l'existence quand on jouit d'une santé du tonnerre, regarder calmement la mort en face quand on voyage pour son plaisir en Italie et qu'autour de vous la vie resplendit de toutes ses couleurs, j'appelle cela tout simplement de la pose. Qu'on enferme ce monsieur dans une chambre, qu'on le condamne à la fièvre, à la suffocation, et qu'on lui dise : «Vous serez enterré entre le 1er janvier et le 1er février de l'année prochaine», on verra alors quels discours philosophiques il vous tiendra...
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VermeerVermeer   02 octobre 2015
« Devant lui passait ce qu’il haïssait mortellement. Une partie de ce qui serait encore là quand lui n’y serait plus, des êtres qui seraient encore jeunes et vivants, qui riraient quand lui ne pourrait plus ni rire, ni pleurer. »
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ThaddeusThaddeus   31 mars 2015
As-tu voulu me laisser mourir chez moi? Voilà de la charité mal comprise. Qu'importe le lieu où l'on meurt? On est chez soi là où est la vie. Et je ne veux pas, je ne veux pas mourir sans lutter.
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ThaddeusThaddeus   31 mars 2015
En fait, sur cette terre, il ne circule que des condamnés à mort.
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ThaddeusThaddeus   31 mars 2015
Voilà le grand psychologue, dit Félix en souriant. Quand un médecin vous parle brutalement, on se sent sur-le-champ en parfaite santé.
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Vidéo de Arthur Schnitzler
Eyes Wide Shut (Best Scene)
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