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Bernard Lortholary (Traducteur)
ISBN : 2253141925
Éditeur : Le Livre de Poche (01/09/1997)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 108 notes)
Résumé :
Lorsque commence la partie d'échecs contre ce jeune inconnu arrogant qui déplace ses pièces sans réfléchir en roulant des cigarettes, le héros de Un combat, un vieux joueur expérimenté, comprend que sa carrière est finie... Et son public, pourtant fidèle, le croit aussi. L'issue de la partie dira ce qu'il faut penser de certaines « évidences».
N'importe quel artiste, un jour ou l'autre, a entendu parler de « profondeur ». Mais qu'est-ce que la profo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
  06 juillet 2012
« Un combat » est l'une des quatre nouvelles qui composent ce petit recueil. Quatre nouvelles dont trois , « L'exigence de profondeur »,« Un combat » et « le testament de Maître Mussard » ont en commun la description d'une obsession qui finira par ronger et détruire le personnage principal du récit.
Ainsi dans « L'exigence de profondeur », un critique provoquera le dessèchement de l'inspiration d'une jeune dessinatrice complimentée, mais manquant de profondeur… Une idiotie retrouvée le lendemain même dans tous les journaux et reprise dans toutes les conversations de salon ; jusqu'à l'obsession et la destruction…
Dans « Un combat », une partie d'échecs se terminera par la déchéance du vainqueur et son abandon du jeu pour avoir battu un jeune tellement intelligent que personne ne comprenait son jeu… incompréhensible…
« le testament de Maître Mussard » : nous sommes en 1753. Un buisson de rosiers chétif contraint Maître Mussard à des travaux de terrassement… Quelle ne fut pas sa surprise, à faible profondeur, de découvrir ce que nous appellerions aujourd'hui des fossiles de coquillages. Il en déduira la conchylisation de la terre et après de nombreuses recherches, finira par considérer que notre planète finira conchylisée comme… la lune. Il finira lui même minéralisé et devra être inhumé à angle droit pour éviter de la casser…
Trois nouvelles somme toute assez peu convaincantes… Si l'on fait abstraction de la description remarquable de la partie d ‘échecs de « Un combat ». On s'y croirait !
Un petit recueil qui pourrait être qualifié d'insignifiant, s'il n'y avait pour finir, « Amnésie littéraire » : un vieil homme à qui l'on a posé la question « quel livre vous a impressionné, marqué, fait changer » découvre abasourdi qu'il tout oublié de ses lectures passées…

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Myrinna
  21 février 2017
Un autre titre de Süskind qui ne vaut pas certes « le Parfum », son best-seller mais qui restera une lecture agréable dans l'ensemble. J'ai une préférence pour les deux premières. Même si la dernière a été intéressante par le sujet mais le style est d'une lourdeur suite aux répétitions certes voulues par l'auteur mais inutiles. On retrouve toute même la patte de Süskind avec des personnages glauques proches de la folie et monstrueux.
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Herve-Lionel
  06 mars 2014
N°717 – Janvier 2014.
Un combat et autres récitsPatrick SÜSKIND – FAYARD.(1996)
(Traduction de l'allemand par Bernard Lortholary).
Composer un recueil de nouvelles n'est pas une chose facile si on veut respecter un thème commun à tous les textes écrits le plus souvent à des périodes différentes et sous l'emprise d'une inspiration passagère mais suffisamment émouvante pour donner naissance à un récit qui va relater des faits réels ou évoquer sous couvert d'une fiction une obsession de l'auteur. L'écriture a ce pouvoir exceptionnel de transcender les désagréments petits ou grands de la vie, deuils, douleurs, bouleversements, visions furtives ou d'enjoliver un moment apparemment anodin. Des mots sur les maux mais aussi sur les émotions instantanées ou durables. Je préfère pour ma part cette explication à une littérature « alimentaire » qui suscite chez le lecteur davantage le négoce que l'intérêt émotionnel, le désir de durer, d'occuper le terrain médiatique... mais c'est là un autre débat.
Le livre refermé, ce que je retiens de ce recueil c'est la détresse ressentie par les différents personnages face à un événement de leur vie à une prise de conscience intérieure face à une agression extérieure bien souvent gratuite et volontairement blessante. Elle détruit celui qui en est l'objet et la rumeur, l'habitude délétère et grégaire se chargent de lui donner de l'ampleur en attendant les conséquences. Dans le premier texte, une jeune artiste pleine de talent et d'avenir est en butte à un critique qui lui reproche, l'air de rien son « manque de profondeur ». Je ne dirai jamais assez qu'il faut se méfier des critiques qui sont souvent des créateur ratés ou incapable de vraiment s'exprimer autrement qu'en stigmatisant les tentatives des autres. Et puis qu'est ce que la profondeur dans une oeuvre ? On peut en discuter à l'infini et le succès en matière artistique est une chose fluctuante et assez irrationnelle. Bref cette jeune femme qui aurait pu développer son art en laissant une trace derrière elle et sa marque en ce monde, se trouve confrontée à cette observation qui, prise en compte par le plus grand nombre finit par la détruire. le poison subtil de cette appréciation apparemment anodine se répand autour d'elle, lui colle à la peau, fait partie de sa vie au point qu'elle finit elle-même par se convaincre de sa pertinence. Après bien des années de lutte elle deviendra elle-même l'artisan de sa propre perte et il ne manquera pas de gens, ceux-là même qui s'en faisaient l'écho et l'ont laissé de débattre seule, pour le regretter... et passer à autre chose. On m'objectera que, de toutes façons les artistes vivent bien souvent hors du monde et passent leur temps à détruite leur vie, meurent bien souvent par suicide. Je ne peux pas ne pas voir là cette volonté de détruire ses semblables qui est inhérent à la race humaine.
Cette obsession est aussi présente dans le deuxième texte où un orfèvre du XVIII° siècle prend conscience par hasard de l'importance des coquillages dans sa vie, de leur faculté de se transformer en fossiles avec le temps et les éléments au point que la mort le saisit, transformé en statue de pierre. Ce qui au départ n'était qu'une simple constatation, la découverte d'un socle de pierre qui, dans son parc empêchait les roses de pousser, devient pour lui une hantise personnelle qui, pour cette fois, ne doit rien à ses contemporains. Il s'agit sans doute d'un fantasme longtemps refoulé qui trouve ici l'occasion de s'actualiser, d'une notion philosophique qui prend soudain une dimension théologique. Même si la fin n'est ici que fictive, la certitude reste évidente : les idées personnelles qui guident notre vie peuvent parfaitement la détruire et la mort est là aussi au bout du chemin.
Quoiqu'il en soit, cet homme est seul comme celui qui, dans le dernier texte prend soudain conscience que sa mémoire lui manque, qu'il se révèle de plus en plus incapable de fixer le passé dans son cerveau et d'en conserver la trace. Cette perte de mémoire est l'apanage de la vieillesse même si, pour lui elle est prématurée. Seuls aussi ces deux joueurs d'échec, l'un face à l'autre, Jean, le vieux matador, méthodique et prudent face à un plus jeune, impétueux et imprévisible, avec en toile de fond les spectateurs parfois circonspects mais surtout avides de sensations et peu avares de commentaires. L'un perdra et se retirera en montrant le dédain du vaincu, l'autre gagnera avec son habituelle facilité mais avec des regrets quand même de n'avoir pas été assez rapide, assez décisif dans ce jeu. Lui aussi vieillissait, perdait de sa superbe. Il aurait voulu trouver en ce jeune homme son maître, pour lui passer le flambeau de la victoire qui faisait depuis si longtemps partie de son personnage et qu'il avait de plus en plus de mal à porter. C'était raté et cette fois il avait vaincu sans vraiment mener de combat comme il les aime, cela l'écoeurait presque et son public aussi ressentait cela en l'abandonnant à son destin de champion. Sa décision était donc sans appel, il vaincrait à sa manière la solitude angoissante du joueur d'échec en se consacrant au jeu de boules qui au moins avait l'avantage d'être convivial et moins gourmand en états d'âme.
Ce sont donc des nouvelles angoissantes où la détresse se lit à chaque page. Une image de la vie finalement.



©Hervé GAUTIER – Janvier 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Prudence
  24 juin 2016
J'ai beaucoup apprécié ce petit livre, recueil de 4 nouvelles courtes. J'adore la manière d'écrire de Patrick Süskind, sa façon de décrire les personnages, leurs pensées, leurs ressentis, à chaque fois c'est l'immersion totale.
Les quatre nouvelles sont:
"L'exigence de profondeur": Comment une petite phrase banale peut dérégler une machine bien huilée. Un thème déjà retrouvé dans "Le pigeon": une toute petite chose entraine un grand bouleversement, une sorte de théorie du papillon.
"Un combat": un âpre combat qui n'est âpre que parce qu'il repose sur des préjugés.
"Le testament de maître Mussard": Ha la conchylisation implacable, inéluctable... L'âge, la mort, tu es poussière et tu redeviendras poussière, la vie et les minéraux...
"L'amnésie littéraire": ça me rappelle quelque chose, une situation où... en fait, je ne sais plus, mais qu'importe c'est comme dans ce livre..., de..., enfin bref, l'important c'est le message, quel était-il déjà?
J'ai adoré ce livre et en le refermant je n'ai qu'un hâte: découvrir La contrebasse. Et si c'est du même acabit, alors aller chercher tous les livres de Patrick Süskind que je n'ai pas encore lu.
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isalune
  29 mai 2014
4 courts récits (que je m'amuse à renommer pour en éclairer, fugacement, l'intrigue)
- l'exigence de profondeur (où l'impact des mots prend des proportions inattendues)
- un combat (rude sur le champ de bataille qu'est l'échiquier)
- le testament de Maître Mussard (ou la menace de la conchylisation - quand on y croit)
- amnésie littéraire (titre suffisamment évocateur)
Bien sûr la nouvelle phare et éponyme du livre est 'un combat'.
Elle m'a plu : j'y ai ressenti que l'auteur était soit bien renseigné, soit, et je préfère cette version, amateur d'échecs :)))
C'est bon à apprendre, peut-être vais-je rencontrer sur chess.com un adversaire dont l'avatar cacherait Mr Süskind himself??
Comment le reconnaîtrais-je??
… son parfum? ;)
3/5
is@mai14
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
isaluneisalune   30 mai 2014
début :


Lors d'un début de soirée, au mois d'août, tandis que la plupart des gens avaient déjà quitté le Jardin du Luxembourg, deux hommes étaient encore assis face à face devant un échiquier, dans le pavillon de l'allée qui se trouve au nord-ouest, et leur partie était suivie par une bonne douzaine de spectateurs avec une attention si passionnée, que, bien qu'on fût déjà près de l'heure de l'apéritif, l'idée ne serait venue à personne de quitter la scène avant de connaître l'issue du combat.
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mandarine43mandarine43   08 août 2011
[ Incipit ]

Lors d'un début de soirée, au mois d'août, tandis que la plupart des gens avaient déjà quitté le Jardin du Luxembourg, deux hommes étaient encore assis face à face devant un échiquier, dans le pavillon de l'allée qui se trouve au nord-ouest, et leur partie était suivie par une bonne douzaine de spectateurs avec une attention si passionnée que, bien qu'on fût déjà près de l'heure de l'apéritif, l'idée ne serait venue à personne de quitter la scène avant de connaître l'issue du combat.
L'intérêt de ce petit attroupement se portait sur le challenger, homme assez jeune, aux cheveux noirs, au visage pâle et aux yeux bruns blasés. Il ne disait mot, restait impassible et se contentait de faire rouler de temps à autre entre ses doigts une cigarette qu'il n'allumait pas : en un mot, la désinvolture en personne. Nul ne connaissait cet homme, personne ne l'avait jamais vu jouer. Cependant, dès l'instant où il avait pris place devant l'échiquier pour ranger ses pièces, blasé, pâle et muet, il avait émané de lui un effet si puissant que tous ceux qui le regardaient eurent soudain la certitude inébranlable qu'on avait affaire à une personnalité tout à fait hors du commun, immensément douée, géniale. Peut-être était-ce seulement l'allure séduisante et en même temps lointaine de ce jeune homme, sa mise élégante, son physique avantageux ; peut-être étaient-ce le calme et la sûreté qu'avaient ses gestes ; peut-être était-ce l'aura d'étrangeté et d'originalité qui l'entourait : en tout cas l'assistance, avant même que le premier pion ne fût avancé, se vit déjà fermement convaincue que cet homme était un joueur d'échecs de premier ordre, qui allait accomplir un miracle que tous en secret appelaient de leurs voeux et qui consisterait à battre le champion local.
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lecassinlecassin   06 juillet 2012
Elle le mettrait à l’abri du respect paralysant qu’inspire toute grande œuvre littéraire, et lui ôterait tout complexe vis-à-vis du plagiat, sans lequel rien d’original ne saurait voir le jour.
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art-bsurdeart-bsurde   21 juillet 2014
Peut-être que la lecture est plutôt un acte d'imprégnation, au cours duquel la conscience absorbe tout à fond, mais par une osmose si imperceptible qu'elle n'est pas consciente du processus.
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lecassinlecassin   06 juillet 2012
L’ignorance n’a rien de honteux, la plupart des hommes voient en elle un bonheur.
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