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ISBN : 2081330857
Éditeur : Flammarion (27/08/2014)

Note moyenne : 3.19/5 (sur 67 notes)
Résumé :
Vienne, mars 1938. Sigmund Freud a convoqué la Société psychanalytique pour une session extraordinaire. Élèves et disciples sont réunis autour du maître qui s'exprime devant eux, peut-être pour la dernière fois. Il n'y a plus d'autre choix : il faut fuir l'Autriche. Mais lui, pourquoi reste-t-il, malgré l'invasion des nazis ? Quel secret renferme la lettre retrouvée par son fils ? Comment Marie Bonaparte parviendra-t-elle à le convaincre de partir ? Qui est le mysté... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  06 septembre 2014
Je viens d'achever avec moult émotion et enthousiasme ce roman fort bien documenté, qui met en scène les 2 dernières années de l'existence du Père de la Psychanalyse...
Vienne, mars 1938, Freud, convoque élèves , disciples, amis de la Société psychanalytique pour une cession exceptionnelle, afin de les exhorter à fuir l'Autriche, les nazis ayant commencé les persécutions antisémites.
On fait connaissance avec Anna, sa fille chérie, son épouse, Martha, ses amis, dont la très dévouée et chaleureuse analyste, Marie Bonaparte qui l'aidera à fuir Vienne… On entre dans l'intimité de Freud, dans sa maison, parmi ses livres, les objets d'art qui l'entourent depuis si longtemps… Un suspens quant au pourquoi de la fin de son amitié intense avec Fliess…dont il ne se remettra jamais vraiment...
« Freud fume, en fermant les yeux. Après sa rupture avec Fliess, il avait traversé une phase de grande noirceur. Il ne croyait plus en l'amitié. Autant dire ne plus croire dans le genre humain. Cette rupture l'avait atteint, au plus profond de lui-même. Elle avait touché les fondements de son être. Ce don de soi sans rien attendre en retour, cette possibilité qu'il y ait quelqu'un sur terre qui vous comprenne parfaitement et qui soit là pour vous, en toutes circonstances.
-J'ai perdu un ami cher à mon coeur, dit-il. Et c'est le monde qui s'en est retrouvé désolé, tant il est vrai que l'amitié suffit à vous changer la vie, à vous la rendre plus belle, plus grande, plus passionnante. Avec lui, tout était plus intense. J'avais l'impression que rien ne pouvait nous résister intellectuellement, et qu'ensemble, nous pouvions tout faire, tout dire, tout connaître. Ensemble, n'avons-nous pas changé le monde » ? (p.99)

Tant d'éléments à retenir dans ce roman fourmillant d'informations : le culte de l'amitié, de la famille, la passion vitale de Freud pour l'écriture, ainsi que pour ses correspondances multiples. L'une de ses préoccupations dans le récit d'Eliette Abécassis, est de récupérer les lettres écrites à Fliess, qui exprimaient tant d'intimité, de complicités intellectuelles et affectives, comprenant également ce « fameux secret » dont je ne vous dévoilerais rien !!!

Et… j'ai totalement découvert la figure très complexe et ambivalente du « nazi », Anton Sauerwald, qui devait détruire les livres, correspondances, objets, papiers de Freud…l'arrêter et le faire tuer. Cet homme, brillant chimiste, épousa les doctrines antisémites des nazis, et fut nommé responsable de dossiers juifs, dont celui de Freud. Cette rencontre avec le fondateur de la psychanalyse va transformer, ou du moins ébranler ses certitudes. Il aida Marie Bonaparte à sauver Freud, qu'il puisse partir pour Londres, protégea comme il put, les soeurs de Freud, âgées, qui ne voulaient pas quitter l'Autriche.
Il vint même lui rendre visite à Londres…Même si il resta convaincu des idées antisémites, il reconnut l'apport conséquent de Freud, à la Science et à l'humanité.
« -Vous, Sigmund Freud, répond Sauerwald après une hésitation, vous avez proposé à l'humanité une doctrine capable de l'ouvrir à ses motivations inconscientes et, d'un point de vue scientifique, je suis obligée de reconnaître que c'est une grande avancée. Lire vos ouvrages, vous rencontrer, a changé quelque chose en moi. Vous avez introduit une brèche dans l'édifice. Vous étiez ma proie, ma victime. Vous êtes devenu un guide. « (p.185)
Une lecture passionnante, bouleversante où on voit Freud se débattre envers la maladie, et son « monstre de métal » (multiples opérations de la mâchoire), la barbarie « nazie » se propageant, menaçant l'Autriche, ses amis, ses enfants, sa famille et d'autres intellectuels qu'il estimait…
Un récit très vivant, abondamment fouillé du point de vue « documentaire »… qui intéressera tous les curieux d'histoire, de psychanalyse, etc. Une fiction « réaliste » qui offre dans un style fluide, léger, un autre visage de Sigmund Freud…. Et de ses années noires entre 1938 et 1939…
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bilodoh
  18 octobre 2019
Un moment de la vie de Freud, un athée redevenu Juif dans la Vienne occupée par le nazisme.

En mauvaise santé, Freud hésite à quitter sa ville, sa vie quotidienne et ses soeurs, même lorsqu'on vient chez lui pour l'interroger. L'aide de ses amis sera bien nécessaire pour arriver à le convaincre d'abandonner ses précieux trésors.

Ses hésitations créent le prétexte pour un retour sur son histoire et en particulier sur ses grandes amitiés, sur ces échanges qui lui ont permis d'avancer dans ses théories, même si certains propagent aujourd'hui des idées racistes.

Freud est reconnaissant envers les femmes de sa vie, celles de son entourage, son épouse et sa belle-soeur, sa fille Anna, mais aussi celles qu'il a analysé qui lui ont permis d'apprendre et sont parfois même devenues des collègues.

Et l'introspection de Freud ne serait pas complète sans une analyse de ses propres secrets…

Un roman biographique à saveur psychanalytique qui présente un Freud sympathique.
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choupinette91
  13 janvier 2016
De Freud, nous connaissons les grandes théories psychanalytiques. Mais nous ne connaissons pas l'homme qu'Eliette Abécassis nous fait découvrir à travers une écriture simple, précise et chargée d'émotions.
On retrouve dans ce roman tous les éléments sur l'amitié et le culte de cette dernière qui aux yeux de Freud est essentielle à sa propre vie. La famille que Freud ne veut pas quitter et que cette dernière protège comme sa fille Anna qui se rendra à un interrogatoire au siège de la gestapo à sa place.
La passion vitale de Freud pour les écrits que se soit ses romans ou sa correspondance avec ses multiples ami(e)s.
Mais ce livre comme son titre nous l'indique porte sur "un secret du docteur Freud". Et ce n'est que dans les dernières pages que l'on sait pourquoi, il est devenu ce psychanalyste de renom, toujours en quête de vouloir expliquer tout ce qui se passe en l'être humain que nous sommes.
Il expliquera aussi à travers ces dernières pages le pourquoi de son amitié avec Fliess et le fait que cette amitié est pris fin. Ce qui a rendu Freud malade le faisant sombrer dans une sorte de dépression(noirceur terme employé par l'auteur du roman).
Freud n' qu'une obsession depuis qu'il connaît et sait que la condition des juifs est de plus en plus menacé, c'est de retrouver ses correspondances très intimes et révélatrices, qu'il a eu avec son ancien ami Fliess.
C'est Anton Saverwald, figure complexe et ambivalente de cet homme, chimiste de première profession, qui sera le personnage nazi qui aura pour mission de déloger Freud et de le tuer ainsi que de supprimer toutes ces oeuvres au nom des doctrines nazis, qui prendra finalement après une rencontre avec Freud, un tout autre chemin et que Freud par quelques mots le fera se remettre en question.
Freud après s'être exilé en Angleterre, le recevra et se sera Anton, qui le délivrera de ce poids, en lui remettant les fameuses missives.
Un livre vrai où se mêle psychanalyse, histoire et la vie personnelle d'un homme emblématique, père de la psychanalyse.
Mais Freud n'en reste pas moins un homme, avec sa force, sa dignité et son dévouement aux autres et avec des principes de vie à respecter.
Une partie de la vie de Freud que l'on ne connaît pas et qui nous ai raconté et ou l'on ne peut que comprendre son choix de métier.

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Bigmammy
  26 novembre 2014
Eliette Abécassis nous entraîne dans l'ambiance angoissante et le décor ultra chargé des deux dernières années de vie du vieux Docteur Freud, au sein de sa famille à laquelle il tient tant, avec son épouse adorée et ses six enfants, et en particulier Anna, sa dernière fille qui sera sa continuatrice.
Nous voici transportés à Vienne en 1938, au lendemain de l'Anschluss, et les nazis ont naturellement déjà décidé d'éradiquer tous les Juifs en général et les psychanalystes en particulier. C'est la tâche à laquelle s'est attelé Anton Sauerwald, un chimiste renommé, récemment converti à la cause nazie par son épouse qui se fait un devoir d'éplucher les comptes du vieillard et de sa maison d'édition pour y découvrir un motif de condamnation à mort.
Mais rien n'est simple : la belle Princesse Marie Bonaparte, à la fois patiente et élève douée du docteur Freud, à laquelle rien ne résiste et qui dispose de moyens financiers incommensurables, va tout mettre en oeuvre pour permettre le départ de Sigmund Freud et de sa famille en Grande-Bretagne.
Lui ne veut pas quitter Vienne, il ne se résout pas à laisser derrière lui ses soeurs âgées et malades qui souhaitent rester et surtout surtout, il veut récupérer ses lettres écrites jadis à son collègue, confrère, alter ego Wilhelm Fliess, un oto-rhino-laryngologiste berlinois avec lequel il a échangé une correspondance très intime, très fructueuse – 284 missives 17 années durant – mais qu'il redoute de voir publiées.
Ce livre est un prétexte pour décrire les grands principes de la psychanalyse née de la réflexion non seulement de S. Freud mais aussi de sa confrontation avec ses disciples, des patients, des contradicteurs comme Carl Jung, ou avec un homme paradoxal et aux théories fantasques comme W. Fliess avec lequel Freud finit par se brouiller.
Le « secret » ? Un prétexte, pas vraiment une révélation. On reste un peu sur sa faim et je me languis des aptitudes de l'auteure à créer le suspens, avec quelques crimes bien sanglants, comme dans ses précédents ouvrages. Là, on connaît le dénouement dès le départ et la surprise est inexistante.
Il en reste une auto-analyse intéressante de Freud lui-même, de sa relation passionnée mais finalement trahie avec son confrère, et aussi de l'acte d'écrire. le vrai secret est là : « il grattait sur le papier ce qu'il voulait graver dans son coeur, et de son corps, ses mains refermées autour de la plume, il transcrivait ses pensées qui lui étaient révélées alors même qu'il les écrivait ; car ainsi naît l'idée. Ecrire lui permettait d'aimer réfléchir et d'aimer. »
Un ouvrage qui permet d'approcher les notions fondatrices de sexualité enfantine, de meurtre du père, de complexe d'Oedipe, d'inceste, d'hystérie. Mais qui signifie aussi que cette discipline, largement répandue en Europe à la suite des disciples de S. Freud et Marie Bonaparte, peut facilement aussi être mal interprêéée si elle est confiée à de mauvais praticiens ...
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janemar
  28 octobre 2014
Un roman (mi-fiction, mi-réalité) sur la vie de S. Freud, ou plutôt sur les deux dernières années de sa vie. Vienne mars 1938 la société de Psychanalystes se réunie une dernière fois sous la présidence de Freud et de sa fille et c'est l'occasion de formuler des adieux avant que la terre s'arrête de tourner pour bon nombre de gens, juifs et autres.
Eliette Abécassis nous dévoile donc non seulement ces derniers moments avant le départ, et celui d'une partie de la famille de Freud (sans ses soeurs) et de ses amis. Puisque c'est un roman, il y a une intrigue, "un secret" du Maître. Pour garder ce secret, FReud refusera de partir, Marie Bonaparte fidèle amie, riche et noble réussira à le convaincre de s'enfuir pour ne pas subir le sort de tous les autres juifs... Comme un roman, il y a les bons et les méchants, les bons qui peuvent parfois trahir et les méchants qui au contraire peuvent se "convertir"....
L'auteur est très bien documentée, j'ai fait à la lecture de ce petit livre, un rappel de mes souvenirs d'étude en psycho. Au delà de la théorie psychanalytique qu'elle développe dans ses aspects, théorie et pratiques diverses elle nous dévoile trop facilement le bienfondé de cette approche. Mais tout au long de son récit son style, sa façon de raconter, l'étalage de tous ces personnages ayant existé et faisant partie non seulement de la vie de Freud mais aussi de leur science, de leur travaux, tout cela m'a géné. C'est comme si on vulgarisé à l'extrême une science inaccessible. C'est comme si l'on mettait à nu la vie privée d'un Prix Nobel. En fait je n'ai pas aimé que Freud et ses proches soient mis à la sauce roman à succès... Pour clarifier mon impression de lecture, j'ai songé à le lisant, à la façon dont Eric Emmanuel Schmidt avait pu traiter d'un livre sur Hitler avec humour et humeur noire dans "La part de l'Autre" ou alors le livre de Roudisnesco "pourquoi tant de haine".... Là les choses sont claires, face à une théorie mise en cause elle sort des arguments. Mme Abécassis a semble t il voulu dorer et redorer l'image du grand homme en le dévoilant homme ordinaire, avec ses douleurs, ses faiblesses, mais ses énormes qualités, ses goûts et sa finesse intellectuelle. N'est ce pas un peu trop ?
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
bilodohbilodoh   18 octobre 2019
— J’ai perdu un ami cher à mon coeur, dit-il. Et c’est le monde qui s’en est trouvé désolé, tant il est vrai que l’amitié suffit à vous changer la vie, à vous la rendre plus belle, plus grande, plus passionnante.

(p. 99)
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fanfanouche24fanfanouche24   06 septembre 2014
Ici, (Paris) il a conçu ses premières lettres, dans cette ville qui a vu naître les plus grands romans épistolaires. Il y a tant appris, travaillé, réfléchi, et rêvé. Il était souvent seul, le soir, et l'écriture était sa compagne. Quand il n'y avait plus rien, quand il se sentait déprimé et atteint par la vie, quand il broyait du noir sans voir d'échappatoire, quand il perdait l'espoir, l'écriture était là. Quand il se sentait loin des siens, et qu'il aurait voulu trouver du réconfort dans les yeux de sa mère et les rires de ses soeurs, il pouvait les étreindre et les toucher du bout des doigts. Quand il avait froid, loin du feu, quand il avait faim, après un repas frugal, il prenait sa plume: cela, au moins, ne lui coûtait rien.Juste de l'encre, du papier et un timbre. Et, peu à peu, à travers l'écriture, sa vision du monde s'était forgée, ses idées étaient nées, son esprit avait mûri, il avait compris qui il était. (p.164)
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fanfanouche24fanfanouche24   04 septembre 2014
Tel l'archéologue, le psychanalyste creuse dans l'âme du patient pour y révéler toutes les strates de sa vie passée: psychanalyse et archéologie sont bien les deux faces d'une même discipline. (p.32)
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fanfanouche24fanfanouche24   05 septembre 2014
L'ultime fondement des religions était imputable, pour lui, à la détresse infantile de l'homme. Dieu était souvent le représentant du père ou de l'instance tutélaire. (p.44)
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rkhettaouirkhettaoui   15 septembre 2015
« Un rêve non interprété est comme une lettre qui n’aurait pas été ouverte. » Ces lettres sont vos rêves. Au moins en les écrivant, vous avez pu abolir la distance qu’il avait mise entre vous et lui. Elles ont eu une utilité, celle de vous ressaisir dans une relation indispensable à votre santé psychique. La signification d’une lettre, quelle qu’elle soit, change-t-elle si elle parvient au destinataire ? L’essentiel, n’est-ce pas qu’on puisse trouver l’opportunité de l’écrire pour y revenir et trouver les traces de notre expérience passée ? Et comprendre, à travers tout ce qu’on a oublié, l’ampleur du refoulement. Se redécouvrir soi-même, tel qu’on était, et tel que l’on ne s’est jamais vu… En ce sens, il n’y a rien de plus réel que les lettres. Et rien de plus vrai. Ce sont nos vestiges et les relire, c’est être l’archéologue de nos cœurs et de nos âmes.
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Videos de Eliette Abecassis (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eliette Abecassis
Soirée de lancement de l'ombre du Golem avec Benjamin Lacombe et Eliette Abécassis au Comptoir Général (Paris 10).
Lecture dessinée en musique.
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