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ISBN : 2246630215
Éditeur : Grasset (29/05/2002)

Note moyenne : 3.23/5 (sur 15 notes)
Résumé :
"Ce fut une Apocalypse...", cette première phrase de l'essai d'Alexandre Adler sur les attentats du 11 septembre donne le ton. Peut-être n'est-ce pas la fin du monde, mais au moins est-il temps de prendre acte que ces événements marquent la fin d'un monde. Ces faits dramatiques nous apprennent que l'hégémonie américaine est terminée et que désormais l'Amérique, géant solitaire, a besoin de soutiens pour défendre les valeurs de la liberté et de la démocratie. Adler,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
YvesParis
  21 juin 2012
Le 11 septembre a donné lieu à une imposante production éditoriale, relancée par la première commémoration du funeste événement et par la rentrée littéraire 2002. Géopoliticiens, politologues, philosophes, spécialistes de l'Islam, des Etats-Unis, de l'Afghanistan, du terrorisme se sont jetés dans la brèche, plus ou moins contraints et forcés. Jamais aucun « événement » historique (on renvoie à l'intelligente analyse de Michel Winock, L'histoire, septembre 2002) n'aura rencontré un tel écho, ni la révolution soviétique, ni la bombe A sur Hiroshima, ni la chute du Mur de Berlin. Et ce, alors même que la signification historique de « 9/11 » fait débat.
Pourquoi un complot terroriste, qui, tout compte fait, n'a guère fait « que » 5000 victimes (soit environ 30 fois moins que les bombardements sur Dresde dans la nuit du 13 au 14 février 1945… ou 100 fois moins - hypothèse basse - que le génocide rwandais entre avril et juin 1994) a-t-il atteint une telle notoriété ? Par son impact médiatique ? L'écroulement des tours jumelles de World Trade Center en direct sur CNN, digne des meilleurs (pires ?) films catastrophes, marquera plus durablement les esprits que le spectacle bon enfant de la chute du Mur. Par son contenu émotionnel ? Les témoignages, ressassés jusqu'à l'écoeurement, des survivants, des pompiers, des secouristes accentuent l'impact psychologique, le sensationnalisme de l'événement. Par ses conséquences ? On a dit qu'avec le 11 septembre commençait un monde nouveau, dix années après la fin de l'ère bipolaire, un monde dominé par la guerre contre le terrorisme, sinon contre l'Islam, et dont l'opération Enduring Freedom serait le premier épisode.
L'ouvrage d'Alexandre Adler offre des pistes de réponses à ce questionnement. Historien (ancien élève de l'ENS Ulm, agrégé d'histoire, enseignant à Paris VIII de 1978 à 1990), journaliste (directeur éditorial de la rédaction de « Courrier International », chroniqueur à l'Expansion), homme de médias (il présente chaque semaine sur Arte « Les mercredis de l'histoire »), Alexandre Adler est un touche-à-tout de génie, à l'érudition ébouriffante. du wahhabisme saoudien aux coulisses du Kremlin, du Xinjiang chinois et musulman à la doctrine Monroe, Adler se promène dans l'espace et dans le temps avec une communicative jubilation. L'intelligence aiguë de ce « nouveau penseur médiatique » (comme le surnomme méchamment le Figaro du 22 janvier 2002) excelle dans la chronique et l'éditorial. Elle se plie plus difficilement à la structure lourde d'un essai de 340 pages, d'ailleurs trop court, trop dense. Alexandre Adler, qui a d'ailleurs très peu publié, le reconnaît volontiers : son « petit » livre a été conçu « à sauts et à gambade » (p. 331) et, s'il foisonne d'idées, peine à formuler cette « pensée structurante de l'ensemble des phénomènes » (p. 9) que l'auteur appelle pourtant de ses voeux dans son introduction.
Alexandre Adler débute par la description d'une puissance américaine découvrant, éberluée, sa vulnérabilité territoriale. Les Etats-Unis sont à l'aube d'une Guerre de Cent Ans contre une mouvance terroriste, dépersonnalisée, déterritorialisée, insaisissable. Les Etats-Unis redécouvrent le conflit clausewitzien, radical que seule la mise hors de combat de l'ennemi peut conclure. Mais l'hégémonie, l'impérialisme américain ne sont pas pour autant à redouter. Si les Américains sont patriotes (ils aiment leur pays), ils ne sont pas pour autant nationalistes (ils ne détestent pas le pays des autres). Empreints d'une « bienveillance généralisée teintée d'ignorance », ils imposeront leur idéal au monde si celui-ci n'en veut pas. Dans ces conditions-là, l'anti-américanisme que l'on rencontre parfois en France est particulièrement mal venu. Alexandre Adler n'a pas de mots assez durs pour José Bové, « cette espèce d'avatar de Poujade…. allumé par une mystique pseudo-gandhienne » (p. 69).
Deuxième volet du livre : l'Islam et la mouvance Ben Laden. Alexandre Adler est trop intelligent pour sombrer dans les amalgames simplificateurs. D'un côté Ben Laden, un archaïsme religieux, d'ailleurs hétérodoxe, qui utilise toutes les ressources de la modernité (porosité des frontières, nébuleuse terroriste, failed states afghan ou yéménite, armes de destruction massive). Adler n'hésite pas à le comparer à Hitler. de l'autre, l'Islam, un ensemble immense et divisé (Arabes/non Arabes, Sunnites/Chiites, Etats nations à l'identité fragile) mai qui a en partage un faible niveau de développement en dépit de la manne pétrolière, une commune hostilité au « diable » américain, une médiocre perméabilité à l'idéal démocratique. Au risque d'y perdre le lecteur, Adler le promène du Pakistan où Mucharaf doit tenir en laisse ses propres services secrets minés par le fondamentalisme, à l'Arabie Saoudite dont la stabilité suppose, ainsi que le prône le prince Abdallah, un minimum d'ouverture, en passant par l'Egypte, l'Irak, la Turquie…
Au total, Alexandre Adler se veut optimiste. « La fin du long processus de démocratisation du monde se trouve bien à proximité de la plaine d'Armaggedon » (p. 336). A long terme la démocratie (occidentale et pas américaine) l'emportera. le monde musulman se modernisera, se développera à coup de « petits plans Marshall boucliers régionaux contre l'islamisme », s'unira même peut-être, comme l'avait souhaité paradoxalement Ben Laden. Mais d'ici la défaite des fondamentalistes et le rééquilibrage de la puissance américaine, la route est longue…
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lecassin
  25 mars 2013
Avec "J'ai vu finir le monde ancien", Alexandre Adler nous donne quelques clés inédites pour la compréhension des stratégies politiques des forces en présence sur l'échiquier mondial alors que les média accumulent des faits que nous recevons sans grille d'interprétation, et, avouons-le, sans toujours la culture géostratégique nécessaire à leur assimilation, notamment en ce qui concerne l'Islam et le Moyen-Orient.
Alexandre Adler nous présente sa propre grille d'interprétation du monde actuel. Avec le talent qu'on lui connaît, sa mémoire époustouflante et sa grande connaissance de l'histoire, il parvient à relier peu à peu les faits, et parfois, tout s'explique.
En résumé, quelques principes simples du « monde selon Adler » :
- la nature des guerres a changé : la dissuasion ne fonctionne plus - voir le 11 septembre 2001 - quand l'adversaire n'est pas clairement identifié.
- les USA choisiront de "traiter" un nombre limité de conflits vitaux pour leurs intérêts. L'Europe, l'Asie (dont la Corée, la Chine et le Japon) doivent trouver leurs solutions propres.
- deux couples clés de la géostratégie des "années guerre froide" sont en désintégration : la France-Allemagne et l'Angleterre-USA.
- les politiques "arabes" de la France et de l'Angleterre sont en voie de disparition.
A lire et méditer – même si certaines prises de position sont discutables – si l'on veut commencer à comprendre un tant soi peu la géopolitique du monde dans lequel nous vivons.
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JulyF
  05 janvier 2013
"Le monde ancien" qu'évoque le titre est celui dans lequel je suis née, mais que j'ai à peine connu. La couverture m'évoque des images qui datent du début de mon collège : le 11-septembre fait partie de mes premiers souvenirs de politique et de conflits.
Lire ce livre, dix ans après, m'a permis de mieux comprendre la diplomatie de ces années-là, le rôle trouble de l'Iran, le basculement des Etats-Unis de l'hyperpuissance à la peur.
Un essai instructif et éclairant sur un épisode-clé de l'histoire contemporaine.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
lecassinlecassin   22 décembre 2011
Nous avons été confrontés , le 11 septembre 2001 à un phénomène que nous ne connaissions pas encore : la vulnérabilité du territoire américain. Ce thème existe pourtant dans la pensée stratégique et militaire américaine depuis las années 1930. C'est en son nom qu'une poignée de chefs militaires plus lucides que d'autres a attiré l'attention du président Roosevelt sur le fait que le continent américain ne serait bientôt plus un île...
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Videos de Alexandre Adler (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alexandre Adler
Alexandre Adler apporte un regard intellectuel sur les montée de Daech, les actions militaires et attentats concomitants? et leurs conséquences pour l?Occident.
"Tout indique que nous entrons au Moyen-Orient dans une zone des tempêtes sans précédent où toutes les cartes menacent d'être bientôt redistribuées. le coup de force de Daech aura constitué un choc structurel qui est en train d'ébranler les fondements mêmes de l'assise des principaux Etats. Le Moyen-Orient semble se désagréger, d?un coup, dans la haine et la fermeture au monde. Est-ce l?Islam dans sa pire radicalité ? Est-ce la haine de l?Occident ? Est-ce l?anarchie totale d?une région en déséquilibre depuis longtemps ? Ou bien est-ce l?instant de la grande reconfiguration ? Cette grande menace ? incarnée par l?Etat islamique, transnational et d?une ambition illimitée - vient sans doute clore un cycle : tout semble détruit et angoissant, mais la fabrique de l?Histoire est à l??uvre : l?hésitation de l?Amérique ; la force de l?arc chiite ; le nouvel Iran et la nouvelle Egypte ; le jeu des grands voisins, Arabie saoudite, Turquie, Jordanie ; la prétendue guerre sans hommes..."
Né en 1950 à Paris, historien et journaliste français, spécialiste des relations internationales, Alexandre Adler a longtemps eté le directeur scientifique de la chaire de géopolitique de l'université Paris-Dauphine.
Sortie prévue le 17 février 2015.
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