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EAN : 9782350871912
379 pages
Éditeur : Editions Héloïse d'Ormesson (05/04/2012)
3.41/5   27 notes
Résumé :
Imaginez un monde où les femmes ont toujours eu le pouvoir. Deux représentants du sexe faible, les hommes, se heurtent à la domination féminine. Enfermés dans leur position d'objet de désir, ils enchaînent déboires et désillusions. Cette planète où les rapports sont inversés révèle avec plus d'éclat encore l'absurdité de nos conventions... Comédie désopilante, Roman à l'eau de bleu épingle les travers d'une société où les hommes d'extérieur veulent rentrer à la mais... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Apoapo
  07 février 2016

Parodie d'un typique « roman à l'eau de rose », cet ouvrage opère l'inversion des rapports de domination de genre et de discrimination sexiste en relatant, au fil de quatre saisons, les détresses et déboires amoureux et professionnels de trois hommes – deux amis post-adolescents et le père de l'un d'eux – dans une société « clitocratique ».
Une démarche féministe (facile ?) aurait sans doute conçu une utopie un tantinet plus réjouissante que l'image renversée de notre monde, auquel chaque circonstance, action ou description, chaque idée, vocable voire élément de syntaxe du livre nous renvoie. On aurait pu espérer qu'un univers dominé par les femmes eût été moins conflictuel, moins brutal, moins prédateur et pornographique…
De même que, contrairement à la très imprécise présentation en 4e de couverture, je n'ai pas trouvé qu'il s'agissait d'une « fable sentimentale » et encore moins « irrésistiblement drôle », surtout à partir de la scène de viol (par un gang de femmes), certains éléments empêchent cependant aussi sa caractérisation comme une utopie. En effet, la centralité de l'enfantement et de la maternité dans cette société est affirmée mais totalement insaisissable – d'ailleurs elle semble foncièrement incompatible avec le mode de vie des personnages féminins du roman ; et le rôle social des hommes, à part le jardinage domestique (forme de ségrégation économique intériorisée et gage de mansuétude), n'apparaît que dans un atavisme nomade (roulottes), forestier et floral, plutôt fantaisiste ou arbitraire. (L'auteure n'a-t-elle vraiment rien pu trouver d'autre, pour caractériser les hommes… ?).
Ni manifeste donc, ni utopie, c'est toutefois un ouvrage plutôt accompli dans genre de la satire, qui eut de glorieux parrains tels Erasme et Swift, faut-il le rappeler… Sa valeur réside dans la dénonciation, à l'instar du « rapport hoministe » auquel se consacre Kim, car il ne contient nulle exagération, et la condition de la femme dans la société actuelle qui nous entoure, telle qu'elle en ressort, n'a rien de reluisant.
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CelineCDI
  15 février 2013
Imaginez un monde où ce sont les femmes qui ont le pouvoir. Les hommes, relégués au statut de géniteurs, d'hommes d'extérieur (bons à s'occuper du bricolage et du jardin), voire d'objets sexuels, aimeraient bien un peu plus d'égalité mais que c'est difficile de faire entendre ce point de vue dans une société où même le vocabulaire subit la loi des femmes. Deux jeunes gens fraîchement diplômés vont le comprendre à leurs dépens...
Que d'imagination et d'inventivité dans ce roman ! S'il est assez compliqué au début de se faire à ces trouvailles de grammaire ou de vocabulaire qui favorisent le féminin, une fois plongée dans cette lecture, je n'ai pas réussi à en décrocher. Se mettre dans la peau des hommes dans une société férocement féministe est un exercice qui ne peut laisser indifférent. J'ai souvent souri en retrouvant, inversées, des situations auxquelles les femmes de notre société sont confrontées. Je me suis même dit parfois "Elle exagère" et puis non, pas tant que ça, finalement... C'est un exercice à la fois amusant, stimulant intellectuellement et effrayant parce qu'il permet de prendre conscience de certains aspects peu reluisants de notre condition de femme. J'ai adoré !
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PerdreUnePlume
  31 janvier 2013
Pas besoin de l'imaginer ce monde, Isabelle Alonso l'a fait pour nous et c'est plutôt réussi !
Elle pousse un peu le vice parfois, grossi le trait mais le tout avec assez d'humour qu'on n'y voit pas les crocs d'une chienne de garde.
Ce roman nous parle d'inégalité principalement au travers des normes qu'on trouve dans nos sociétés qui sans qu'on s'en rendent compte font ces inégalités, mais il nous parle aussi de la jeunesse et de ses aspirations, de rébellion, de la vie de couple et de la solidarité au sein d'un même sexe que ce soit fraternité ou sororité.
Alonso s'amuse donc, en inversant les rôles, à rendre perceptible ces petits riens qui ne choquent plus personne et qui sont la norme en commençant par le neutre masculin : je peux vous dire qu'en début de roman lire, je cite, "elle fait beau" c'est assez étrange. A dire vrai même une fois en fin de lecture je ne m'y étais pas habituée !
Pour autant Alonso ne fait pas l'éloge de la femme, elle est même loin d'être tendre et sa société gynocentrée fait souvent froid dans le dos.
Et c'est ce que j'ai le plus apprécié dans ce roman au final, il prône l'équilibre en démontrant que lorsque qu'un sexe quel qu'il soit prend le pas sur l'autre ça n'a pas de sens.
Au point même que bien souvent on plaint les hommes de ce monde inversé, Alonso prend plaisir à choquer ses lectrices sans aucun doute en abordant les violences sexuelles et autres maltraitances que subit le sexe dominé.
Alors on sourit souvent, devant la stupidité de certains clichés et inégalités, à imaginer aussi ces hommes considérés comme trop occupés à s'envoyer la baballe sur des terrains de foot pour s'intéresser à la politique !
Mais il faut reconnaître que si le concept, l'humour et le message sont présents la trame reste assez convenue. On ne lit pas ce livre pour sa romance que ce soit clair... Une fois le monde détaillé et passé cette découverte, le soufflé retombe un peu, l'intrigue peine un peu par moment. C'est bien écrit et c'est qui sauve Alonso.
Je suis amusée à lire ce roman, l'idée de ce monde de domination féminine sans être dans l'extrême féministe se révèle finalement assez saine pour ce qu'elle démontre et pousse à la réflexion.
La trame n'en fait pas un roman très original, on tourne un peu en rond à certains moments une fois le concept bien intégré et l'univers extrapolé mais la forme vaut clairement le détour. Pour ma part j'ai vraiment apprécié.
Lien : http://www.perdreuneplume.co..
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julienraynaud
  07 décembre 2015
Sur une idée de départ qu'il fallait trouver, un roman violent qui vous rentre dedans.
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dancingbrave
  19 janvier 2013
Roman d'amour sans grand intérêt si ce n'est la transposition d'une civilisation patriarcale vers une civilisation matriarcale.
La femme mène la société, le couple et la danse.
Ceci nous fait prendre conscience de l'inégalité comportementale des deux sexes dans nos civilisations actuelles.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
JeannepeJeannepe   18 septembre 2016
« … Comme ces messieurs sont étranges ! Voilà qu’après avoir glapi, gémi, réclamé haut et fort qu’on les traite comme les égaux des femmes, après avoir dénoncé les discriminations dont ils seraient l’objet, voilà qu’ils exigent un traitement spécifique ! Logique masculine sans doute… Rappelons ce qu’ils semblent ignorer : dans notre langue, qui ignore le neutre, e féminin est le genre non marqué, c’est-à-dire qu’il englobe la totalité de ce qui relève de l’un ou l’autre genre. Le masculin, genre marqué, ne représente qu’une catégorie à l’intérieur de l’ensemble. Il est de fait inclus dans le féminin, comme le fœtus, mâle ou femelle, est inclus dans le corps de sa mère ! La preuve : la forme masculine est parfaitement lisible dans le féminin ! Ainsi, le mot députée renferme le mot député, le contient, lui donne un cadre et une existence ! A-t-on conscience de ce qu’un députée, si on appliquait la masculinisation, deviendrait… un député ? […] Ne vous en déplaise, on continuera à dire Monsieur la Députée, Monsieur la Docteure, Monsieur la Présidente, Monsieur la Directrice, Monsieur la Rectrice… […] Dira-t-on assez la laideur de mots comme directeur, docteur président ? Et le grotesque de pompier, écrivain, entraîneur ? On pardonne tout à un homme, sauf qu’il renonce au premier de ses charmes, la beauté. Ces mots sont laids, et notre langue refuse la laideur, surtout quand elle est masculine. Demeurez donc féminins dans vos fonctions et masculins dans nos cœurs. Vous aurez droit à notre respect en tant que ministres et à nos hommages en tant qu’hommes. »
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JeannepeJeannepe   22 octobre 2013
« … Comme ces messieurs sont étranges ! Voilà qu’après avoir glapi, gémi, réclamé haut et fort qu’on les traite comme les égaux des femmes, après avoir dénoncé les discriminations dont ils seraient l’objet, voilà qu’ils exigent un traitement spécifique ! Logique masculine sans doute… Rappelons ce qu’ils semblent ignorer : dans notre langue, qui ignore le neutre, e féminin est le genre non marqué, c’est-à-dire qu’il englobe la totalité de ce qui relève de l’un ou l’autre genre. Le masculin, genre marqué, ne représente qu’une catégorie à l’intérieur de l’ensemble. Il est de fait inclus dans le féminin, comme le fœtus, mâle ou femelle, est inclus dans le corps de sa mère ! La preuve : la forme masculine est parfaitement lisible dans le féminin ! Ainsi, le mot députée renferme le mot député, le contient, lui donne un cadre et une existence ! A-t-on conscience de ce qu’un députée, si on appliquait la masculinisation, deviendrait… un député ? […] Ne vous en déplaise, on continuera à dire Monsieur la Députée, Monsieur la Docteure, Monsieur la Présidente, Monsieur la Directrice, Monsieur la Rectrice… […] Dira-t-on assez la laideur de mots comme directeur, docteur président ? Et le grotesque de pompier, écrivain, entraîneur ? On pardonne tout à un homme, sauf qu’il renonce au premier de ses charmes, la beauté. Ces mots sont laids, et notre langue refuse la laideur, surtout quand elle est masculine. Demeurez donc féminins dans vos fonctions et masculins dans nos cœurs. Vous aurez droit à notre respect en tant que ministres et à nos hommages en tant qu’hommes. »
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dancingbravedancingbrave   19 janvier 2013
Les femmes lui apparaissaient comme la forme humaine la plus achevée. Toute la gloire, le triomphe de cette espèce démunie plus que toute autre, sans poils, sans crocs, sans griffes et sans ailes, tenait à sa capacité à faire tenir l'immensité de l'esprit dans la carcasse la moins équipée pour la survie. Adélaïde était l'humanité même. Son épure. Comme un parfum. Plus le flacon était réduit, plus la substance était précieuse. Essentielle. Un concentré de féminité. Jamais lui, lourd, poilu, musclé, animal, ne lui arriverait à la cheville. C'était comme ça. Le bonheur des hommes était de pouvoir s'élever en aimant les femmes. Les femmes, en
aimant les hommes, montraient leur seule vraie faiblesse: une espèce de bestialité latente, un brin perverse. Une chance. Pour lui. Qu'elle le regarde seulement, et il se sentait comblé. Qu'elle le regarde seulement. Longtemps. Mais elle ne le regarderait pas. Pas elle. Pas lui.
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dancingbravedancingbrave   19 janvier 2013
Reddition sans condition. Victoire écrasante du couple diabolique sofa-télé. Il s'enfonçait dans l'un et s'immergeait dans l'autre. Corps et âme. Les heures filaient à la queue leu leu, prévisibles, identiques et engourdies.
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dancingbravedancingbrave   19 janvier 2013
Un vague brouillard ouatait toute chose et rendait le silence presque consistant
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Vidéo de Isabelle Alonso
À l'occasion du Festival littéraire Franco-Irlandais 2019 de Dublin, rencontre avec Isabelle Alonso.
Notes de Musique : Bibliothèque Audio Youtube
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