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ISBN : 2246788692
Éditeur : Grasset (03/09/2012)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Paris, début des années 80. Claude a vingt-cinq ans et il est amoureux. Dans l'appartement qu'il partage avec Jacques et Bernard, la vie est dense, joyeuse, électrique. On se lève à l'heure où les autres déjeunent, accueille jusqu'au milieu de la nuit les amis les plus étranges, parle jusqu'au tournis de littérature et de cinéma. L'été, ce sont de longues vacances à Tanger, port déliquescent aux garçons peu farouches.

Jacques cesse soudain d'aime Clau... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Tempuslegendae
  04 août 2013
Vous souvenez-vous de la rentrée littéraire 2010 où, parmi de nombreux spécialistes du genre, Claude ARNAUD publiait «Qu'as-tu fait de tes frères?», un roman intime et puissant qui remonte le cours des années 1980? Un poignant volume où le biographe de Chamfort et de Cocteau revenait sur sa famille tourmentée, sa jeunesse et sa traversée des années 1960 jusqu'à nos jours. Il y a tout juste un an, je découvrais en même temps que sa précédente publication ses «Brèves saisons au paradis». Un opus tout aussi intime qui le montre remontant le cours de la décennie eighties. Années où selon lui, le «Rien, indéfiniment», succédait au «Tout, tout de suite» incarnant la décennie précédente.
Claude, le héros d'Arnaud, est un jeune homme mince, tendu et osseux, presque fragile, fort en talent. Il s'apprête à rédiger une maitrise sur les «super- pouvoirs narratifs» du Vautrin de Balzac. En ce temps-là, il cohabite avec son amant Jacques, rue de Verneuil; son ami est un passionné du 7ème art et anime à ce titre une revue de cinéma. Il habitera aussi avec Bernard, fantasque hédoniste, qui était l'amant de Jacques avant que ne démarre leur histoire. le premier est un homme doté du pouvoir d'« alléger l'amour, ce sentiment si sérieux, si pesant parfois», qui finira par lui faire préférer un beau marocain, «Anécrivain» heureux, le second est un personnage dont l'esprit et la culture sont immenses et foisonnants.
Tiraillé par son envie d'écrire, Claude rêve de mener une vie «aussi dense et rythmée qu'un roman, avec son lot de rencontres fatales». le lecteur, avide, l'accompagne dans les rues de Paris, lorsqu'il lui arrive d'aller aux beaux jours bronzer, lire et nager à la piscine Deligny, ainsi qu'à Tanger ou à Rome.
L'auteur de «Qui dis-je en nous?» narre sa soif de plaisir, ses unions de passage, avant que n'entre en scène le syndrome de Kaposi qui va bouleverser le cours des évènements. Il se montre très doué pour les portraits. Comme lorsqu'il «croque» Fabrice, acteur qui sait si bien se mettre en valeur et se livre volontiers à une débauche d'imitations et de sketches. Ou Anne, brune comédienne qui sera d'abord son amoureuse puis sa petite soeur. Lumineux, enlevé, «Brèves saisons au paradis» saisit un petit monde à part et une époque d'un genre particulier. Souvenez-vous: l'auteur veut sûrement faire allusion à celle où on écoutait sans usure «C'est la ouate» et «Toi toi mon toit, toi mon tout mon roi». Vous y êtes?
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TRIEB
  08 janvier 2013
Pourquoi les années 70 nous apparaissent-elles a posteriori comme une parenthèse enchantée ? Celles de tous les possibles, de toutes les libérations, des expérimentations les plus audacieuses ?
Claude Renaud répond, en partie, à cette question dans son roman : « Brèves saisons au paradis » qui met une scène un trio d'hommes vivant au tournant des années 70 et 80 dans un vaste appartement sis rue de Verneuil, dans le septième arrondissement de Paris. Claude, âgé de vingt-cinq ans, y partage son existence avec Jacques et Bernard, avec lesquels il entretient une relation amoureuse triangulaire, tantôt exclusive, tantôt relâchée par les libéralités que ce trio s'autorise : la présence d'autres amants dans l'appartement, des voyages fréquents que Jacques effectue, en raison de ses activités dans le cinéma. le groupe côtoie Eric Rohmer, des intellectuels en vue à cette époque, il veut jouir de l'existence selon le slogan de 68 : « Vivre sans temps morts, jouir sans entraves » en l'interprétant le plus littéralement possible, et en essayant de construire les modalités d'une liberté amoureuse totale, exempte des contraintes habituelles.
Survient la pandémie du sida, qui vient, au début des années 80, remettre dramatiquement en cause les choix du milieu homosexuel, dans lequel évoluent quasi-exclusivement Claude, Bernard, Jacques, et tous les amis décrits dans le roman : Alain, jeune agrégé de philosophie, Ramon, peintre cubain en exil …
Ce changement de panorama, marqué par la victoire provisoire de la peur, peur d'être contaminé, de mourir à brève échéance après l'annonce fatal du résultat du test : la séropositivité, aboutit à une interrogation exprimée par l'auteur à propos de son personnage, Claude : « Sans doute n'étions-nous pas faits pour construire. Indemnes de tout esprit pionnier , nous préférions briser ces codes et ces convenances qui irritent tant l'esprit rebelle , mais qui rassurent tant ceux qui manquent d'audace et de singularité , au point de voir dans la normalité un idéal presque inatteignable .(…) Cette époque pourra faire figure de paradis perdu par sa grandiose insouciance (…) Je n'éprouve pas de nostalgie , au tournant des années 80 ; le passé paraît toujours plus insouciant et rieur qu'il ne fut : il n'angoisse plus pour avoir déjà été vécu. »
Ce qui frappe en effet à la lecture de ce roman, dont l'un des mérites est de reconstituer à merveille le décor de cette époque et le pouvoir de l'utopie sur les comportements humains, c'est l'impasse dans laquelle sont engagés les personnages, impasse amoureuse, sociétale, ne débouchant pas vraiment sur une promesse d'émancipation durable, car trop individuelle, trop ghettoïsée.

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francoisvaray
  11 mars 2013
Claude Arnaud poursuit sa narration autofictionnelle, en jonglant avec la nostalgie, le doute, la mélancolie qui habite l'homme qui ne sait pas très bien qui il est, qui il aime. Après 'Qu'as-tu fait de tes frères ?' - qu'il vaut mieux avoir lu auparavant - où le jeune homme rompait avec son père et le modèle que celui-ci lui avait inculqué, après avoir contemplé les gouffres dans lesquels sont tombés ses frères, le narrateur vit sa vie, entre les hommes qu'il aime et la possibilité d'une vie avec une femme qu'il ne sait pas apprivoiser. le doute sexuel qui l'habite autant que ses incertitudes artistique et littéraire trouvera son point culminant avec l'apartition de la pandémie sidéenne. Cette période est la plus puissante du livre, elle est supérieure aux invetigations littéraires, et il en résulte un ouvrge fort plaisant sur l'art d'aimer.
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critiques presse (1)
Telerama   15 novembre 2012
Un processus d'émancipation, de découverte et d'invention de soi donne son mouvement général au récit, qui s'attarde avec beaucoup d'acuité, de justesse, de sensualité aussi, sur des visages, des rencontres, des affections brèves ou durables.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
TRIEBTRIEB   08 janvier 2013
Sans doute n’étions-nous pas faits pour construire. Indemnes de tout esprit pionnier , nous préférions briser ces codes et ces convenances qui irritent tant l’esprit rebelle , mais qui rassurent tant ceux qui manquent d’audace et de singularité , au point de voir dans la normalité un idéal presque inatteignable .(…)

Cette époque pourra faire figure de paradis perdu par sa grandiose insouciance (…) Je n’éprouve pas de nostalgie , au tournant des années 80 ; le passé paraît toujours plus insouciant et rieur qu’il ne fut : il n’angoisse plus pour avoir déjà été vécu. »
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colimassoncolimasson   07 septembre 2012
L'appétit de pouvoir se cache sous le désir rimbaldien de changer la vie, et les slogans recyclés de Mai servent à promouvoir des objets inutiles.
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Vidéo de Claude Arnaud
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