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ISBN : 2352879965
Éditeur : Archipoche (12/04/2017)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.39/5 (sur 5594 notes)
Résumé :
Orgueil et préjugés est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen. Son histoire, sa question, est en apparence celle d'un mariage: l'héroïne, la vive et ironique Elizabeth Bennett qui n'est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux Darcy ?
Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l'épousera-t-elle ? Mais il apparaît clairement qu'il n'y a en fait qu'un héros qui est l'héroïne, et que c'est par elle, en elle et pour elle que tou... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (655) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
02 février 2014
Oh Jane ! Ma bien chère Jane ! Vous qui savez combien la littérature a ce pouvoir de faire battre les coeurs, par delà les siècles, par delà les mers, par delà les modes, par delà les classes sociales, par delà les sexes, bref, par delà tout ce qui peut empêcher les êtres de vibrer à l'unisson. Jane, à vous, un grand merci. Il y a tant d'années que vous êtes morte, probablement incomprise ou mal comprise durant l'essentiel de votre vie, vous pourtant qui avez ce pouvoir sublime d'émouvoir chaque jour de nouvelles gens, dont les trisaïeux de leurs arrière grands-parents n'étaient même pas à l'état de germe au temps où vous leur concoctiez ces moments de bonheur littéraire.
Orgueil Et Préjugés. En français, ce titre sonne déjà bien mais c'est sans comparaison avec la superbe allitération de la version originale. Jane Austen est d'ailleurs coutumière de pareilles recherches sonores comme on peut s'en rendre compte en examinant Sense And Sensitivity.
Il m'a rarement été donné de trouver un titre aussi bien choisi par rapport au contenu d'un ouvrage. Permettez-moi de m'attarder quelques instants là-dessus. Instinctivement, on aurait tendance à associer ces deux termes, presque comme deux nuances d'une même notion. Et ce n'est pas illégitime de le faire, l'orgueil, quel qu'il soit, provient manifestement du contraste qui existe entre la façon de se considérer soi-même par rapport à certains préjugés que l'on a sur la façon de considérer autrui. de même, derrière chaque préjugé, aussi minime soit-il, se cache, en embuscade, un petit relent d'orgueil qui nous invite, le plus souvent à nous penser meilleurs ou, à l'opposé, à nous penser très inférieurs, ce en quoi notre orgueil s'en trouve blessé.
Pourtant, à la lecture de l'ouvrage, force est de constater que les deux termes se dissocient de plus en plus, deviennent sexués. L'orgueil étant l'apanage du principal protagoniste masculin et les préjugés, la spécialité de l'héroïne féminine.
Ces termes ne font pas que prendre un sexe, ils prennent également une couleur d'étiquette sociale. L'orgueil étant plus à chercher parmi les représentants d'une certaine aristocratie, tandis que les préjugés seraient plus les fruits gâtés qu'on récolte chez les personnes de condition plus humble.
La force de ces deux mots, Pride & Prejudice, est incalculable. le mot anglais prejudice comporte également une notion non contenue dans sa traduction française, pourtant si proche, car le mot vient de l'ancien français : celle de préjudice subi, celle de conséquence.
Bon nombre de nos actes, de nos attitudes, pour neutres et anodines qu'elles nous apparaissent, peuvent être blessantes pour autrui. Une simple après-midi de jeux de société pourrait vous en persuader. Votre fierté à proposer une réponse exacte ou un peu meilleure que celle des autres participants, fierté qui se voit flattée par sa reconnaissance publique, provoque, dans le même temps, des revers à toutes les autres fiertés des participants. La susceptibilité humaine est ainsi faite que dès lors que quelqu'un réussit quelque chose, par un incoercible soucis de comparaison, d'autres s'en trouvent offusqués. Ainsi, l'orgueil, qui peut, par exemple vous pousser à proposer une réponse exacte à une question donnée, pourra, quoi que vous fassiez pour vous y opposer, être interprétée dans un autre cerveau comme : " Regarde comme elle cherche à nous en mettre plein la vue ! ", " Comme elle se la pète ! " ou tout autre réflexion dans ce genre, fruit, indubitablement, d'un préjugé.
Ce n'est donc pas peu dire que le sujet est pertinent, hier comme aujourd'hui, aujourd'hui comme demain, car il fait appel à une tendance résolument humaine et qu'aucun progrès, même de la technologie numérique, ne semble être en mesure d'endiguer.
De plus, en choisissant ce titre percutant faisant ressortir ce qui est généralement considéré comme deux défauts de la personnalité, l'auteur nous invite forcément à réfléchir aux qualités humaines qui s'opposent exactement à ces deux travers. Et, comme par un fait exprès, j'ai précisément du mal à trouver les termes exacts qui ne soient pas de simples négations. Pour désigner le contraire d'orgueilleux, j'ai toujours tendance à utiliser " pas fier ". Pour désigner le contraire de préjugés, j'utilise le plus souvent " sans a priori ". Bien sûr, les notions d'humilité, de libéralité, d'impartialité recouvre pour partie les notions de " pas fier " et de " sans a priori ", mais très imparfaitement. Mon français peine à trouver deux mots qui soient les exacts antonymes d'Orgueil et Préjugés, or la morale du livre semble nous enjoindre de chercher à les trouver...
Jane Austen nous plonge donc dans la Gentry, la société des petits propriétaires terriens du sud de l'Angleterre au tournant du XVIIIè au XIXè siècle. C'est une société très codifiée, très patriarcale, d'apparence très distinguée, mais où, manifestement, les travers humains, de la bêtise, de l'envie, de la médisance, de la cupidité, que sais-je encore, sont aussi développés qu'ailleurs.
La famille qui nous occupe est celle des Bennet : un mari quelque peu cynique et misanthrope, une épouse bête comme ses pieds et agile en société comme un éléphant dans un magasin de porcelaine et cinq filles à marier. Pourquoi cinq filles me direz-vous ? Tout simplement parce que M. et Mme Bennet n'ont pas ménagé leurs efforts pour tenter d'avoir un fils, par la naissance duquel l'avenir du domaine familial aurait été assuré.
Mais les règles du hasard étant ce qu'elles sont et les règles d'héritage à l'époque étant ce qu'elles étaient (usage de la substitution), le domaine familial devait revenir au neveu de M. Bennet à la mort de celui-ci. L'avenir des cinq filles passe donc inévitablement par un mariage réussi.
Imaginez alors l'ébullition, l'effervescence au sein du clan Bennet lorsqu'un jeune gentleman célibataire, Bingley, fait son apparition dans le domaine voisin de Netherfield. Ajoutez à cela que le garçon est séduisant, fortuné et nanti d'excellentes manières, vous imaginerez sans peine qu'il est vite l'objet de toutes les discussions et de toutes les convoitises de ces dames...
À cette figure avenante et bienveillante de M. Bingley, il ne faut pas oublier d'ajouter un point de comparaison édifiant en la personne de son ami intime, M. Darcy, dont chacun a le loisir de souligner la mine sombre, le caractère abrupt, le visible mépris pour de telles demoiselles sans le sou et au port parfois peu digne de la belle société dont il se réclame.
Des cinq soeurs, deux essentiellement nous occuperont, plus une troisième à un moment décisif de l'ouvrage. Tout d'abord Jane, l'aînée, belle, timide, pondérée, sage, bienveillante autant que bienpensante et Elizabeth, sa cadette, sagace, rebelle et clairvoyante... (Ces deux personnages me semblent avoir été largement inspirés par ceux de Clarissa Harlowe et Anna Howe, dans cet ordre, issus du roman de Samuel Richardson dont la traduction française par l'Abbé Prévost a pour titre : Histoire de Clarisse Harlove. On retrouve parfaitement le caractère pétillant et un brin rebelle de Miss Howe dans Elizabeth Bennet.)
J'en aurais presque fini si j'avais pris le temps de vous parler du dernier personnage masculin important en la personne de Wickham. (Lui ressemble également beaucoup au Lovelace de Richardson.) Il s'agit d'un jeune militaire, à la figure accorte et à la tournure plaisante. Lui aussi a vite fait d'activer la circulation cardiaque des demoiselles Bennet.
Le décor est posé de cette superbe, superbe histoire de sentiments et d'amour, du même calibre selon moi qu'une Anna Karénine. Je vous laisse y découvrir, au cas (improbable) où vous n'auriez jamais entendu parler de ce roman, la suite des événements, l'évolution et l'altération des sentiments de chacun à mesure que les masques tombent...
N'oublions pas de mentionner le plaisir que procure le ton du roman, une petite pointe caustique de temps en temps, un peu d'humour et d'ironie distillés dans les personnages secondaires tels que le pauvre cousin des demoiselles, M. Collins, aussi stupide qu'obséquieux, le père d'Elizabeth qui ne rate jamais une remarque pince-sans-rire très british et sa mère qui elle ne manque jamais une occasion de se taire, tandis que la grandiloquente tante de Darcy et elle aussi, du haut de son perchoir, tout à fait risible.
J'en ai terminé pour aujourd'hui, en vous souhaitant à vous comme à quelques millions de personnes qui nous ont précédé, de prendre beaucoup de plaisir à cette lecture, qui en vaut (est-il besoin de le préciser ?) vraiment la peine. N'oubliez pas que ceci n'est qu'un avis, un parmi tellement, tellement d'autres, c'est-à-dire, bien peu de chose.
P. S. : Voyez-vous dans les campagnes
Fleurir ces féroces liseuses ?
Elles viennent jusque dans nos bras,
Égorger nos kiosques et nos libraires !
Aux livres ! Citoyens !
Formez vos bibliothèques !
Marchons ! Marchons !
Que les liseuses impures,
Éclatent sous nos talons !
Amour sacré du Livre,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats Amazon avec tes défenseurs !
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belette2911
25 mai 2012
Voilà un livre qui a failli faire de moi une serial-killeuse ! Pourquoi ? Mais parce que j'ai eu très souvent eu envie de commettre des meurtres durant ma lecture, pardi !
Rassurez-vous, j'ai apprécié ce livre dont une connaissance m'avait recommandé la lecture. Mais bon, les Classiques et moi, cela fait deux... mes penchants naturels m'entraînant plutôt vers les polars, la bit-lit ou la fantasy.
Pourtant, n'écoutant que mon courage, j'ai entamé la lecture, plus sceptique que la fosse du même nom mais qui s'écrit pas pareil...
Conquise je fus, mais ce fut aussi la part belle pour les pulsions criminelles qui se sont réveillées lors de ma lecture.
La faute à qui ? A certains personnages... Je vous explique :
- Mrs Benner, la mère, souffrant des nerfs de manière imaginaire, mais sortant ce prétexte à tout bout de champs, futile, un peu bêbête, chiante, fofolle, bref, une mère qui me donnait envie de faire irruption dans le livre et de la dézinguer.
- Mr Collins, le pasteur chieur, qui, même avec tous les éléments sous son nez ne voit rien, confondant les "non" avec les "oui". Plus casse-pied que lui, tu meurs. Un monument de prétention ridicule, de courbettes et de léchage de bottes. Véritable plaie.
A chaque fois qu'il ouvrait la bouche, je l'aurais bien étranglé ou enfoncé un bâillon dans le fond de sa gorge.
- Lydia Bennet, une des soeurs plus jeune, totalement fofolle, prête à tout, écervelée au possible, devenant une véritable chienne en chaleur dès qu'un homme en uniforme passe à proximité...
"Lydia, reviens, stupide cruche, je ne viens pas de dire qu'il y avait un militaire qui passait dans ma critique !!".
Bref, une vraie petite dinde, comme je vous le disais plus haut et elle ne se rendra même pas compte de sa conduite détestable, ni du mal qu'elle aura fait à sa famille... Encore une que j'aurais bien baffé avec grand plaisir et sa mère avec, parce que ensuite, lors du retour de Lydia, elle se comportera encore plus de manière totalement irréfléchie.
- Lady Catherine de Brough est une pétasse pédante, se prenant pour le nombril du monde, donnant des leçons et des conseils à tous (des ordres, surtout, déguisés en conseils et avis éclairés) comme si elle avait la science infuse et la connaissance ultime. Mâdâme sait tout mieux que tout le monde...
Le genre de personne que nous avons tous connu dans notre vie et qui me donnait envie de passer à la guillotine, rien que ça ! Vieille folle, va, agrippée à ses principes comme une moule à son rocher.
Elle fera l'erreur de trop et... non, je ne l'ai pas éventrée, pour cette outrecuidance ultime, cette ingérence absolue, bien que l'envie ne m'ait pas manquée... mais cela aura eu une conséquence positive.
- Miss Bingley : petite vaniteuse, tournant autour de Darcy comme une mouche autour d'un pot de miel, se prenant elle aussi pour le centre du monde, moqueuse, une sale petite peste que j'aurais bien aimé pousser du haut des escaliers... le genre d'amie que l'on ne souhaite pas, hormis à sa pire ennemie.
- Whickam est quant à lui un opportuniste qui, telle la chanson de Dutronc, retourne sa veste et drague tout ce qui pourrait lui servir... Juste bon à pendre...
- Jane Bennet, la douce et gentille Jane... non, pas d'envie de meurtre sur elle, je l'aimais bien, même si elle est trop gentille. Incapable d'avoir une langue de vipère, de penser que les gens sont mauvais, même si on le lui met sous le nez, cherchant des excuses pour excuser le comportement de la personne. Cette fille aurait trouvé des excuses aux plus grands bouchers de l'Histoire. Malgré tout, je l'ai bien aimé.
Mes préférences iront à Elizabeth Bennet, à Fitzwilliam Darcy, à Mr Bingley et au pauvre Mr Bennet qui a épousé sa cruche de femme.
Pour ce qui est de ma critique de l'oeuvre, je dirais que même si c'est un livre où ne règne pas une action trépidante, sans suspense à proprement parler, je ne me suis embêtée en le lisant, tournant les pages en rythme.
La société de l'époque y est décrite avec une certaine férocité, une ironie mordante qui n'était pas pour me déplaire.
Et, malgré mes envies de passer certains personnages à la moulinette, sans eux, le livre aurait été moins bon. Ils en sont le sel, les épices, on réagit en les écoutant, bref, ils ont leurs raisons d'être.
Mon seul regret ? Oui, il y en a un et de taille : ne pas avoir lu ce livre plus tôt !!!
Lien : http://the-cannibal-lecteur...
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Gwen21
15 février 2013
La face de la littérature aurait été changée si miss Caroline Bingley s'était montrée un peu plus entreprenante et si, faisant fi de son éducation, elle s'était jetée au cou de Fitzwilliam Darcy, le compromettant et le contraignant à l'épouser.
Miss Caroline Bingley aurait ainsi pu acquérir une notoriété universelle et atemporelle au lieu de se contenter d'un rôle de second ordre, celui de la garce, de la Nelly Olson sauce Saison londonienne. Elle aurait alors été enviée, jalousée et haïe par les femmes de la terre entière mais bien sûr elle n'a rien fait de tout ça. Elle a préféré se prendre les pieds dans le tapis en « sympathisant » avec Jane Bennet avec l'idée d'en faire son faire-valoir local qui égaierait les heures à venir qu'elle devinait tristes et austères, terrée à Netherfield six mois de l'année ! Ah, l'orgueil, l'orgueil… on croit qu'il vient uniquement de Darcy alors que c'est GRÂCE à l'orgueil de miss Caroline Bingley que tout a été rendu possible !
Je récapitule : si la soeur de Bingley n'avait pas été aussi vaniteuse et imbue d'elle-même, si elle n'avait pas cherché aussi désespérément à attirer l'attention de Darcy sur sa jolie personne en s'agitant et en essayant de s'entourer de jeunes femmes moins sophistiquées qu'elle pour paraître à ses yeux un diamant encerclé de fange ALORS, elle n'aurait sans doute adressé la parole à aucune âme de Meryton et surtout, surtout, elle n'aurait pas invité Jane à déjeuner.
****SPOILER****
Si elle n'avait pas invité Jane à déjeuner, Jane ne serait pas tombée malade et si Jane n'était pas tombée malade, Lizzie n'aurait jamais rejoint la société de Netherfield, révélant ainsi à Darcy un caractère voué à le séduire… Vous m'avez suivi ? Donc, mesdames, mesdemoiselles (et messieurs, ne les oublions pas), au lieu de pester contre miss Caroline Bingley et de la vouer aux gémonies pour son attitude vis-à-vis de Lizzie et de Darcy, dites-lui un grand MERCI ! Moi, sincèrement, je la vénère.
Sur l'Oeuvre à proprement parler…
On vous dira "un classique de la littérature anglaise", ou encore "un incontournable parmi les classiques de la littérature mondiale". Tout cela est vrai mais cette oeuvre est bien plus que cela. Cette oeuvre ne mourra jamais, elle vise à l'éternité. Lue 10 fois, redécouverte 10 fois ; toujours la même et pourtant jamais de lassitude. Un style plus actuel que jamais, une intrigue d'une simplicité émouvante, une passion qui réconciliera toujours avec l'existence, un esprit et une âme uniques.
Jane Austen ! Un auteur, une femme, une célibataire spectatrice des sentiments des autres et metteur en scène de ses propres émotions, peint, dans un cadre d'universalité très humaine, des personnages qui ne sont en réalité que les ambassadeurs de nos propres aspirations.
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palamede
18 juin 2016
Les cinq filles de la famille Bennet, condamnées par leur statut de femmes à ne pas hériter les biens de leurs parents, revenant à un héritier de substitution en l'absence de fils, ont le devoir de trouver un mari, fortuné de préférence.
Rien des mœurs et de la psychologie des notables provinciaux n'échappe à la perspicacité de Jane Austen. C'est avec finesse, humour et ironie qu'elle analyse leur obsession et celle des membres de la gentry, la bonne société anglaise issue de la haute bourgeoisie et de la noblesse, pour le mariage et l'argent.
Dans ce roman, d'abord intitulé Premières impressions, puis Orgueil et préjugés, traduction de l'allitération Pride and Prejudice, celle dont Virginia Woolf a dit qu'elle a permis aux femmes d'accéder à la création littéraire démontre tous les inconvénients qu'il existe à se fier aux apparences.
Un combat contre les préjugés, nés d'un orgueil vain et d'une fierté injustifiée, débordant d'humour, de séduction et de charme qui expliquent le succès intemporel de ce chef-d'oeuvre de la littérature anglaise.
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glennherbertgould
01 mars 2017
C'est avec un plaisir indescriptible que je m'attaquais à Orgueil et Préjugés de Jane Austen (1775-1817). Jusqu'à là inconnue de moi, elle ne tarda pas à me charmer et rapidement à me conquérir.
Il faut dire que tout y est réuni : un style fluide d'une rare élégance sans pour autant être guidé avec à la clé de merveilleuses sonorités tout au long du récit (rien qu'à en juger au titre original : Pride and Prejudice). Les personnages sont contrastés, ayant chacun leur rôle à jouer. À chaque page, ils délivrent des scènes des plus jouissantes et pour le moins inattendues. Les intrigues développées peuvent paraître banales au premier abord mais prennent néanmoins tout leur sens sous la plume de l'écrivain et à aucun moment le récit ne s'enlise. Bref, J.A est orfèvre en la matière.
Orgueil et Préjugés est un roman paru en 1813 (bien qu'ayant été revu à trois reprises) mettant en scène deux amours dans la société anglaise, fin XVIIIe début XIXe.
Le premier concerne Jane Bennet une jeune fille de vingt deux ans, distinguée, pleine de charme et de talents, se montrant toujours indulgente à l'égard d'autrui même envers les moins louables et un jeune homme tout autant vertueux et respectable, Charles Bingley. Celui-ci s'étant récemment installé dans une propriété proche, ils se fréquentent souvent et ont l'occasion de faire plus ample connaissance. Naît alors une passion entre ces deux êtres, encouragée par tous (ou presque). Bien que forte et sincère, cette passion reste raisonnable.
Le second, invraisemblable, inimaginable voir presque inavouable (l'orgueil le permettra cependant) implique la charmante Elizabeth Bennet dont les yeux sont dits d'une grande profondeur. Elle est vive d'esprit, ce qui lui vaut l'admiration de son père et n'hésite pas à critiquer les autres, en laissant libre cours à ses préjugés (avec beaucoup d'aisance, il faut l'admettre). Fitzwilliam Darcy, riche mais présomptueux jeune homme, est épris d'elle mais il a des manières qui ne manquent pas de déplaire à celle-ci. Eliza. et sa famille ont peu d'estime pour lui et développent même une antipathie prononcée à son égard. C'est alors que l'on assiste tout le long du livre à un affrontement acharné où les convictions de ces deux personnages sont ébranlées et se voient irrémédiablement changées.

Le roman délivre une histoire séduisante tant par son intensité que par ses portraits divers et variés.
Tout d'abord celui d'une mère (Mrs Bennet) qui n'a pour seul désir de marier ses cinq filles, mettant un point d'honneur sur leur félicité. le père de famille, Mr Bennet, aime ses filles sans trop l'admettre. C'est un infatigable railleur qui n'hésite d'ailleurs pas à exprimer ses sentiments
concernant les facultés intellectuelles réduites de ses trois filles cadettes (« Elles sont sottes et ignorantes » Chap.1, Vol.1). Certaines scènes faisant intervenir le personnage de Mr Bennet sont des plus comiques donnant ainsi de la vitalité aux dialogues qui ne manquent déjà pourtant pas de vigueur.
Jane est une personne authentique et touchante. Ses émotions sont vraies et il est sincèrement plaisant de voir dans une société gangrenée par le vice, le mensonge, une personne ayant une âme si pur, dénuée de tout mauvais sentiments.
Mr Bingley est quant à lui une personne fort respectable, louable d'un point de vue morale. Ses manières plaisent à tous. Possédant de surcroît une "petite" fortune, Mrs Bennet est la première à se réjouir d'une union entre les deux jeunes gens (Bingley et Jane)
Elizabeth est l'héroïne de cette histoire et son caractère complexe donne une véritable consistance au roman. En matière d'amour, elle semble inflexible, presque sévère (deux demandes en mariage refusées) ce qui la rend d'autant plus inaccessible.
Mr Darcy reste à mon avis le personnage qui donne au roman sa plus grande part d'intensité. En effet, il devient rapidement le principal centre d'intérêt du lecteur qui guette ses moindres faits et gestes et l'attitude qu'il adopte face à sa bien-aimée. Ses prises de parole se font rares, du moins au début. Souvent tintés d'indifférence, il est très étonnant de les voir évoluer au cours de l'histoire.
Ce qui est incroyable avec Mr Darcy, c'est que malgré tous les défauts qui lui sont attribués, il devient un personnage attachant au fil des pages. Et pourtant, il partait de très bas...
Les échanges entre Elizabeth et Darcy sont la plupart de temps empreints de fausses politesses et d'un certain mépris fortement avivé par Elizabeth. Toutes les rencontres inopinées entre les deux personnages sont source de conflits, de gènes. Ce jeu peut apporter un plaisir certain au lecteur mais aussi lui bien paraître affreusement ennuyeux.
D'autres personnages, plus secondaires, sont tout de même développés. Il y a entre autre Mr Collins, un cousin des Bennet rendu ridicule par ses manières excessives, Caroline Bingley qui ne favorise en rien le mariage entre Jane et son frère, Lydia Bennet la jeune écervelée mettant à mal
l'honneur de sa famille ou encore Lady Catherine de Bourgh que l'on pourrait qualifier d'obstinée, de têtue, en un mot de détestable. Ces quelques personnages apportent chacun leur grain de sel et nourrissent en même temps les intrigues (pour ne pas dire les entravent).
Ce qui apparaît au début comme une lecture simplement agréable, s'avère être en fait un Chef d'oeuvre (incontesté) de la littérature anglaise et bien que le terme soit souvent galvaudé, il a ici une place méritée.
Certains passages, où l'intensité est à son comble, le lecteur peut être amené à éprouver des moments de jubilation face à tant de finesse dans la langue, de tension, de surprises, d'impertinence ou de justesse. Car c'est ici que le génie de Jane Austen s'exprime en force. Elle prépare en amont le terrain pour ensuite créer ces situations extraordinairement denses, et puissantes sur le plan émotionnel (ex : la lettre rédigée par Dracy, pour Elizabeth). le rythme s'accélère brutalement, une phrase suffit, et on savoure les quelques pages qui suivent.

Le roman n'est pas qu'intensité et frénésie. J.A. ne s'attarde pas sur la contemplation des paysages et cependant, une majeure partie du roman a un rythme assez lent, ponctué bien sûr de nombreux événements. Mais plutôt que l'ennuie, le rythme permet à la narratrice de développer les caractères et sentiments de chacun, composant de ce fait une analyse psychologique complète sur les différentes personnes qui constituaient la vie provinciale anglaise de cette époque. Cela offre une fresque pittoresque disposant d'une vaste palette de couleurs.
Bien que je me garde de divulguer les événements relatifs à la fin, je peux seulement dire que le dénouement a été bien agréable. Cela fait tant plaisir de lire une histoire (surtout d'amour) qui se termine bien. Mais je laisse le plaisir à ceux qui ne l'ont pas lu de la découvrir.

Toutefois, ayant adoré ce livre, je ne peux que regretter amèrement la mort prématuré de cette fabuleuse Jane Austen, grande parmi les grand(e)s. (bien qu'il m'en reste un tas à lire)
Je finirai par citer Virgina Wolf : « L'artiste la plus parfaite parmi les femmes, l'écrivain dont les livres sont immortels, est morte au moment même où elle commençait à croire qu'elle réussirait. » (The Common Reader)
Ps : Si il y a beaucoup de fautes d'orthographe, veuillez m'en excuser. N'hésitez pas à me le dire car je suis exécrable en orthographe. Merci.
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Les critiques presse (1)
Bibliobs15 juillet 2013
Oubliez les émois des pucelles en robes anglaises. Le vrai sujet de Jane Austen, c’est le fric. Elle a la cruauté d’une expert-comptable. [...] Tandis que l’eurozone s’effondre, demandons-nous si nous aimons aussi gratuitement qu’on le dit.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations & extraits (394) Voir plus Ajouter une citation
JunoRJunoR14 juillet 2017
Allons, dit Charlotte, je fais de tout coeur des voeux pour le bonheur de Jane; mais je crois qu'elle aurait tout autant de chances d'être heureuse, si elle épousait Mr Bingley demain que si elle met à étudier son caractère pendant une année entière; car le bonheur en ménage est pure affaire de hasard. La félicité de deux époux ne m'apparaît pas devoir être plus grande du fait qu'ils se connaissaient à fond avant leur mariage; cela n'empêche pas les divergences de naître ensuite et e provoquer les inévitables déceptions. Mieux vaut, à mon avis, ignorer le plus possible les défauts de celui qui partagera votre existance!
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vertescollinesvertescollines13 juillet 2017
_ Vous êtes trop généreuse pour vous jouer de moi.Si vos sentiments sont encore ce qu'ils étaient en avril dernier,dites le moi tout de suite, Mes sentiments et mes voeux,eux,n'ont pas change,mais un mot de vous l'imposera silence pour toujours.
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OwlyOwly29 septembre 2010
« Vous êtes trop généreuse pour vous jouer de moi ; si vos sentiments sont encore ce qu’ils étaient au mois d’avril dernier, dites-le-moi franchement ; mes désirs, mes affections n’ont point changé, mais un mot de vous les forcera pour jamais au silence. »

Sentant tout ce qu’avait de pénible et d’embarrassant la position de Darcy, elle sut vaincre son émotion, et aussitôt, quoique avec hésitation, elle lui donna à entendre que depuis l’époque qu’il désignait, ses sentiments avaient éprouvé un changement suffisant, pour lui faire recevoir, avec reconnaissance et avec plaisir, les vœux qu’il lui adressait. Réponse délicieuse qui le combla d’une joie telle, que sans doute il n’en avait jamais éprouvé de pareille : aussi l’exprima-t-il avec une chaleur, une sensibilité qui ne sauraient être bien comprises que par celui-là seul qui a sincèrement aimé. Si Élisabeth avait pu lever ses regards sur les siens, elle aurait vu combien cette douce expression de bonheur, répandue dans tous ses traits, en tempérait agréablement la dignité ; mais si elle ne put le regarder, du moins elle savait l’écouter, et il l’entretenait de sentiments, qui, en prouvant combien elle lui était chère, rendaient à chaque instant son attachement plus précieux.
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StemilouStemilou22 décembre 2010
Après un silence de plusieurs minutes, il s’avança vers elle et, d’un air agité, débuta ainsi :

– En vain ai-je lutté. Rien n’y fait. Je ne puis réprimer mes sentiments. Laissez-moi vous dire l’ardeur avec laquelle je vous admire et je vous aime.

Elizabeth stupéfaite le regarda, rougit, se demanda si elle avait bien entendu et garda le silence. Mr. Darcy crut y voir un encouragement et il s’engagea aussitôt dans l’aveu de l’inclination passionnée que depuis longtemps il ressentait pour elle.
Il parlait bien, mais il avait en dehors de son amour d’autres sentiments à exprimer et, sur ce chapitre, il ne se montra pas moins éloquent que sur celui de sa passion. La conviction de commettre une mésalliance, les obstacles de famille que son jugement avait toujours opposés à son inclination, tout cela fut détaillé avec une chaleur bien naturelle, si l’on songeait au sacrifice que faisait sa fierté, mais certainement peu propre à plaider sa cause.

En dépit de sa profonde antipathie, Elizabeth ne pouvait rester insensible à l’hommage que représentait l’amour d’un homme tel que Mr. Darcy. Sans que sa résolution en fût ébranlée un instant, elle commença par se sentir peinée du chagrin qu’elle allait lui causer, mais, irritée par la suite de son discours, sa colère supprima toute compassion, et elle essaya seulement de se dominer pour pouvoir lui répondre avec calme lorsqu’il aurait terminé. Il conclut en lui représentant la force d’un sentiment que tous ses efforts n’avaient pas réussi à vaincre et en exprimant l’espoir qu’elle voudrait bien y répondre en lui accordant sa main. Tandis qu’il prononçait ces paroles, il était facile de voir qu’il ne doutait pas de recevoir une réponse favorable. Il parlait bien de crainte, d’anxiété, mais sa contenance exprimait la sécurité. Rien n’était plus fait pour exaspérer Elizabeth, et, dès qu’il eut terminé, elle lui répondit, les joues en feu :

– En des circonstances comme celle-ci, je crois qu’il est d’usage d’exprimer de la reconnaissance pour les sentiments dont on vient d’entendre l’aveu. C’est chose naturelle, et si je pouvais éprouver de la gratitude, je vous remercierais. Mais je ne le puis pas. Je n’ai jamais recherché votre affection, et c’est certes très à contrecœur que vous me la donnez. Je regrette d’avoir pu causer de la peine à quelqu’un, mais je l’ai fait sans le vouloir, et cette peine, je l’espère, sera de courte durée. Les sentiments qui, me dites-vous, ont retardé jusqu’ici l’aveu de votre inclination, n’auront pas de peine à en triompher après cette explication.
+ Lire la suite
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IrisaIrisa16 juin 2009
- Arrivez ici, mademoiselle, lui cria son père dès qu'elle parut. Je vous ai envoyé chercher pour une affaire d'importance. Mr Collins, me dit-on, vous aurait demandée en mariage. Est-ce exact ?
- Très exact, répondit Elizabeth.
- Vous avez repoussé cette demande ?
- Oui, mon père.
- Fort bien. Votre mère insiste pour que vous l'acceptiez. C'est bien cela, Mrs Bennet ?
- Parfaitement ; si elle s'obstine dans son refus, je ne la reverrai de ma vie.
- Ma pauvre enfant, vous voilà dans une cruelle alternative. A partir de ce jour, vous allez devenir étrangère à l'un de nous deux. Votre mère refuse de vous revoir si vous n'épousez pas Mr Collins, et je vous défends de reparaître devant moi si vous l'épousez.
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Adaptation #44 : Orgueil et préjugés
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Elizabeth Bennet est immédiatement conquise par le charme et l'intelligence de Mr Darcy.

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