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Pierre Goubert (Traducteur)
EAN : 9782070337569
128 pages
Éditeur : Gallimard (11/05/2006)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 888 notes)
Résumé :
Son ciel est un peu bas, un peu vide, mais quelle délicatesse dans la peinture des sentiments! Si nul démon majeur n'habite Jane Austen, en revanche une compréhension d'autrui jamais en défaut, jamais défaillante. La part de satire est excellente et des plus finement nuancées. Tout se joue en dialogues et ceux-ci sont aussi bons qu'il se puisse. Certains chapitres sont d'un art parfait...

Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (214) Voir plus Ajouter une critique
si-bemol
  12 janvier 2019
“Elle ne borne pas ses prétentions à cette sorte d'honnête coquetterie qui satisfait la plupart des gens, mais aspire à la satisfaction exquise de rendre une famille entière misérable.”
Susan veuve Vernon, dite "Lady Susan", est une véritable garce… et encore, je suis loin du compte ! Elle est menteuse, médisante, cruelle, injuste, ingrate, inconséquente, mère indigne, manipulatrice, séductrice, enjôleuse, intéressée, briseuse de cœurs et de couples, narcissique, cynique… et rien ne semble pouvoir venir à bout de ce parasite malveillant et dangereux, d'une redoutable lucidité.
Personnellement, j'aurais bien suggéré le recours au cyanure… hélas, nous ne sommes pas chez Agatha Christie mais dans l'univers très policé de Jane Austen. Elle n'avait que 18 ou 19 ans lorsqu'elle composa ce court roman épistolaire, ce qui explique certainement que l'écriture en soit moins fluide et moins maîtrisée et le dénouement moins soigné que dans les oeuvres ultérieures qui ont fait son succès et sa gloire.
Néanmoins, on ne s'ennuie pas une seconde à la lecture de ces échanges épistolaires d'où se dégage le portrait d'une femme totalement amorale et d'une étonnante modernité à qui Jane Austen offrit habilement l'intelligence et la beauté sans lesquelles elle n'aurait probablement pas pu atteindre ce niveau de malveillance et de perversité.
La finesse de l'analyse psychologique, qui sera la marque de Jane Austen dans son oeuvre future, est déjà ici bien présente, tout comme la peinture subtile des émotions et des sentiments, et l'auteur nous entraîne à sa suite dans une détestation jubilatoire à laquelle j'ai pleinement adhéré… Il faut croire que j'ai mauvais fond !
Un petit roman qui n'est peut-être pas tout à fait abouti, mais qui porte déjà en germe les qualités qui feront quelques années plus tard de Jane Austen un immense écrivain.
[Challenge MULTI-DÉFIS 2019]
[Challenge solidaire 2019 : des classiques contre l'illettrisme]
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LePamplemousse
  12 juillet 2013
Lady Susan est une jeune femme de 35 ans d'une grande beauté et réputée très intelligente. Mais Lady Susan est également perfide, hypocrite, manipulatrice, rancunière, machiavélique, menteuse, sournoise, cynique, égocentrique, tyrannique…bref, une personne qu'on n'a pas franchement plaisir à côtoyer « en vrai » mais qui est le personnage idéal dans un roman aussi drôle que subtil.
A travers un échange de lettres entre diverses personnes toutes liées à cette « charmante » lady, nous découvrons les travers de cette jeune veuve qui mène son monde à la baguette et horripile toutes ses connaissances, mais que la bienséance interdit de boycotter purement et simplement.
Ce très court roman épistolaire de Jane Austen est une merveille de finesse, de sarcasme et d'intelligence. C'est officiel : je déteste cette Lady Susan mais j'ai adoré passer la soirée avec elle !
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LoloKiLi
  27 décembre 2019
Une jolie fleur dans une peau d'vache, une jolie vache déguisée en fleur…
Brassens avait-il lu Austen ?
Car si époques et lieux diffèrent, Lady Susan et la jolie fleur ci-avant présentent pourtant plus d'un trait commun.
« Lady Susan possède une séduisante fourberie, en quantité non négligeable, qu'il doit être intéressant d'observer et de déceler ». Magie de la concision d'Austen qui en quelques mots emporte son lecteur dans le cynisme subtil d'un bref roman épistolaire.
Une quarantaine de lettres dont la diabolique Lady Susan est souvent l'auteure et toujours le principal sujet : une ravissante sournoise de salon, manipulatrice dénuée de scrupules, plus encline à ruiner l'existence de ses contemporains qu'à quêter pour des oeuvres caritatives après la messe du dimanche matin.
Pas folle la vache, toute britannique qu'elle soit, et bien qu'on ait envie moult fois de la passer par la fenêtre, je me suis régalée de ses manigances plus que discutables.
Deuxième tentative austenienne pour moi, essai transformé, un délicieux bonbon anglais pour (presque) terminer l'année.

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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Gwen21
  08 février 2013
Lady Susan est clairement un OVNI dans l'oeuvre par ailleurs homogène de cette très chère miss Austen. En tout cas, je ne vois pas comment l'appeler autrement. Dans nul autre roman de l'auteur, le personnage central est aussi noir et contraste autant avec les "bonnes moeurs" d'une société bourgeoise archi-structurée jusqu'à en paraître figée.
Lady Susan aurait pu être une simple peste, ce qui aurait donné à ce court roman un humour et un cynisme qui auraient fait de lui un bijou de nouvelle mais Jane Austen a choisi de faire de son héroïne l'incarnation de la mauvaise conduite en société, l'outrage d'une bienséance mondaine à laquelle tout Anglais, riche ou pauvre, est attaché et le symbole d'une corruption de moeurs tout à fait surprenante sous sa plume.
Pour commencer, Lady Susan est veuve. Voilà un état qui n'avait jamais été exploré par l'écrivain et pour cause ! Lady Susan étant l'un de ses premiers écrits (1793-1795), soit une oeuvre dite "de jeunesse". Sachant cela, on peut être abasourdi par sa maturité d'appréhension du personnage principal ! Tant de noirceur, tant de séduction coupable, tant d'outrages aux moeurs de la part d'une veuve qui se devait entre tous les êtres d'être le plus respectable et qui plus est se double d'une mère indigne, très en dessous du minimum syndical pour ce qui est de ses devoirs parentaux ; vous admettrez comme moi que de la part d'une jeune femme de 18 ans, fille de clergyman, le choix d'une telle héroïne a de quoi faire lever un sourcil d'étonnement.
Paradoxalement, la précocité de Jane Austen pèche dans le style moins abouti que dans ses oeuvres plus tardives, un phrasé moins fluide, une approche des personnages secondaires plus fade qu'à l'ordinaire avec l'emprisonnement de certains d'entre eux dans des clichés qui leur ôtent toute personnalité propre. Cependant, le choix d'une narration épistolaire donne un rythme soutenu qui, à mon sens, "sauve" l'ensemble du roman.
Mon impression tout au long de ma lecture (qui fut brève étant donné le nombre de pages !) a été que la brièveté du récit, son rythme, sa structure et ses rebondissements semblaient désigner cette oeuvre pour être adaptée au théâtre. D'ailleurs, les premières oeuvres adolescentes de miss Austen étaient des pièces de théâtre et l'auteur fut dramaturge avant d'être romancière.
Au final, Lady Susan est un roman plus intéressant à découvrir que captivant à lire mais il apporte sans conteste des clés de compréhension précieuses à qui veut approfondir sa connaissance de l'oeuvre austenienne.
Je dois avouer qu'avec mes yeux de lectrice du XXIème siècle, Lady Susan n'a pas tout à fait réussi à se faire détester de moi ; j'ai même apprécié sa détermination à rester indépendante, à agir à sa guise, son habileté à parvenir à ses fins grâce à son don pour la conversation, son assurance face à ses propres actes condamnables par tous et sa volonté d'affirmer son libre-arbitre quitte à se jouer des hommes et des dames "accomplies et bien-pensantes". Son passé semble avoir été mouvementé et son éducation bâclée mais de toute évidence elle a appris toute seule à avancer dans une société cloisonnée et hostile aux parvenus. Après un mariage peu heureux, une maternité oppressante pour qui n'a pas l'instinct maternel et craint la future "concurrence" d'une fille distinguée par sa beauté et sa grâce comme c'est le cas de Lady Susan avec Frederica, elle parvient à tirer son épingle du jeu. Or il ne devait pas être simple pour une femme à cette époque de choisir sa destinée et de conserver son indépendance. Alors, j'ai presque envie de dire : "Chapeau bas, Lady Susan !"

Challenge ABC 2012 - 2013
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isabelleisapure
  30 décembre 2014

Que de bonheur dans ces 116 pages ! Que de plaisir !
Cette Lady Susan est irrésistible, elle a pourtant tous les défauts, égoïste, menteuse, manipulatrice, arriviste, coquette et j'en passe.
Alors pourquoi l'aimer ? Parce qu'elle est dépeinte par Jane Austen tout simplement. Dans ce roman épistolaire, l'auteure dresse une série de portraits plus raffinés les uns que les autres dominés bien sûr par Lady Susan.
On se prend vite à l'histoire et on enchaine les lettres de ce court roman en quelques heures.
Avec une bonne tasse de thé comme le suggère la couverture !
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Citations et extraits (90) Voir plus Ajouter une citation
NievaNieva   08 janvier 2014
Pour ma part, j'ai été si gâtée dans ma petite enfance qu'on ne m'a jamais obligée à m'appliquer à quelque étude que ce soit, et il s'ensuit que je n'ai pas ces talents de société qui sont considérés comme nécessaires aujourd'hui pour parfaire une jolie femme. Ce n'est pas que je me fasse le défenseur de la mode qui prévaut d'acquérir une connaissance sans défaut de tout ce qui est langues, beaux-arts et sciences. C'est du temps perdu. Posséder le français, l'italien, l'allemand, la musique, le chant, le dessin, etc. vaudra quelques applaudissements à une femme mais n'ajoutera pas un seul prétendant à sa liste. La grâce et les manières, après tout, sont ce qui compte le plus.
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melusine1701melusine1701   02 avril 2010
Lorsqu'on a envie de détester quelqu'un, on n'est jamais à court de raisons pour cela.
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Madame_litMadame_lit   23 août 2015
“ En ce moment, mes pensées vont tour à tour à divers projets. J’ai beaucoup de choses à accomplir. Il me faut punir Frederica, et assez sévèrement, pour s’être adressée à Reginald. Il me faut le punir lui-aussi pour avoir accueilli la requête de ma fille aussi favorablement, ainsi que pour le reste de sa conduite. Je dois tourmenter ma belle-sœur pour le triomphe insolent que font paraître son air et son attitude depuis le renvoi de Sir James- car en me réconciliant avec Reginald, je n’ai pas pu sauver cet infortuné jeune homme. Enfin, je me dois un dédommagement pour les humiliations auxquelles je me suis abaissée ces jours derniers (p. 86).”
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Zazette97Zazette97   02 janvier 2010
Certaines mères auraient insisté pour obtenir de leurs filles l'acceptation d'une offre aussi avantageuse dès les premières ouvertures.
Moi, je n'ai pu en conscience contraindre Frederica à un mariage auquel son coeur refusait de se soumettre et, au lieu d'avoir recours à des mesures aussi rigoureuses, je me propose seulement de l'incliner à ce choix en rendant sa vie parfaitement insupportable aussi longtemps qu'elle n'aura pas accepté ce parti.
Mais assez sur le chapitre de cette fille assommante. p.25
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MimekoMimeko   19 décembre 2016
Les intentions de Lady Susan sont évidemment celles d'une coquetterie sans bornes ou d'un désir d'admiration universelle. Je ne puis imaginer un seul instant qu'elle ait en vue quelque chose de plus sérieux. Mais je suis mortifiée de voir qu'un jeune homme possédant le bon sens de Réginald puisse être sa dupe en aucune façon.
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