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ISBN : 2234056217
Éditeur : Stock (17/09/2003)

Note moyenne : 4.22/5 (sur 66 notes)
Résumé :
Dans le Harlem des années cinquante se nouent les destins de quatre adolescents : Julia, la jeune évangéliste qui enflamme les foules, Jimmy, son petit frère souffre-douleur, Arthur, qui manifeste déjà son talent de chanteur de gospel, et Hall, le frère aîné d'Arthur, qui s'apprête à partir pour la guerre en Corée.
Trente ans plus tard, la mort d'Arthur amène Hall à revenir sur leur jeunesse. Il tente alors de découvrir la folle logique qui a conduit la vie d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
nico6358
  26 décembre 2017
Me voici donc devant une feuille blanche, après avoir refermé une découverte aussi marquante que certains des plus grands classiques que j'ai pu lire. Sauf que cette fois-ci il ne s'agit pas d'un monument multi-centenaire, ou dont tout un chacun a au moins entendu parler.
Non, il s'agit du livre d'un auteur que j'ai découvert par hasard, devant Arte un soir. Happé par la force du propos dont je devais apprendre qu'il était celui de James Baldwin. Méconnu dans une librairie, en rupture de stock dans une autre, j'ai finalement commandé Harlem Quartet pour le découvrir. Découvrir une pensée choc dans le texte. Pensée choc, mais pensée humaine, pensée de la réalité.
Harlem Quartet est à la frontiètre entre le manifeste et l'autobiographie. Il nous fait pénétrer dans les drames les plus durs, de plein pied. Probablement parce qu'une partie est vécue, probablement parce que Baldwin était un penseur irremplaçable. Il nous fait pénétrer dans l'ordinaire du racisme vécu aux Etats Unis dans les années 50, et prouve de manière éclatante que tous les hommes sont égaux. Dans leurs pensées, dans leur grandeur et dans leurs bassesses.
Au passage Baldwin nous décrit aussi un amour homosexuel (deux ou trois en fait). Là encore d'une manière qui ressort si juste, naturelle, que le lecteur se retrouve libéré du poids de ce qu'un regard extérieur lui avait appris depuis toujours.
Baldwin. Penseur, philisophe noir américain des années 50 à 70, homosexuel, n'avait rien pour que d'ici, aujourd'hui, je le comprenne. Et pourtant il semble qu'il ait compris mieux que quiconque qu'il suffisait d'expliquer. Il se livre même à un exercice probablement autobiographique de son arrivée à Paris, en se transposant en Arthur l'espace d'un chapitre durant lequel le narrateur s'efface pour nous décrire comment il a découvert cette ville, et un amant réel ou imaginaire.
Coup de grâce. Cette folie qu'il voit alors, cette liberté, c'est celle qu'aujourd'hui encore nous avons tous voulu voir, qui sommes venus à Paris pour travailler, et avons commencé par découvrir cette ville en profitant un peu de sa nuit.
Bref, si vous ne lisez pas ce livre vous raterez quelque chose d'important. Voilà.
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majolo
  15 octobre 2012
Hall Montana, homme noir ayant grandi à Harlem dans les années 1950, entreprend, deux ans après la mort de son jeune frère Arthur, de nous raconter ce que fut sa vie et celle d'Arthur, de Julia, et de Jimmy, le petit frère de celle-ci et l'amant d'Arthur.
C'est un hymne d'amour vibrant à ce frère, chanteur de gospel prodige et fragile, qu'il ne cessera de vouloir protéger, dont il se sentira responsable même après sa mort.
C'est aussi un témoignage sans concession sur le racisme et la violence inouïe de l'Amérique envers la communauté noire.
Leurs destins sont irrémédiablement liés à ceux de Julia et Jimmy Miller, victimes d'un père violent et désespérément paumé.
C'est un roman âpre, sombre, qui porte un jugement sans appel sur la haine raciale et la terreur règnant dans le sud de États Unis de cette époque.
Très beau roman, d'un grand écrivain.
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Bruno_Cm
  03 janvier 2019
Une écriture directe sans fioritures, pour des thématiques abordées de la même façon, pourtant c'est tout aussi beau que tragique, l'amour quel qu'il soit, homosexuel, ou non ; les peaux n'ont pas de couleur quand elles en ont, les peaux ont de la couleur quand elles n'en ont pas... Fustiger la bêtise, la haine, le racisme, l'homophobie... Etre au-delà... Comme ces chants et cantiques qui poussent les protagonistes à s'élever. Ca chante. Beaucoup.
Plein de beaux "personnages", la piste autobiographique étant prégnante... Harlem, les Etats-Unis, le Sud, Paris, tout autant de contextes décrits à travers ces mêmes pris(m)es.
Le beau ça claque, et peut claquer juste. Baldwin a réussi.
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bdelhausse
  18 août 2013
Chronique des USA des années cinquante, le livre ne fait pas de concessions. Racisme, ségrégation, intolérance. le tout sur fond de jazz, d'homosexualité et de guerre de Corée. A rapprocher de Truman Capote (De Sang-Froid).
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Anne74
  08 mars 2018
Un roman qui soulève de nombreux thèmes notamment sur la difficulté d'être noir,homosexuel et pauvre durant les années 50-60 aux Etats-unis.
Mon bémol:j'ai trouvé que la traduction en français n'était pas toujours très compréhensible et j'ai eu des difficultés à apprécier la lecture des cantiques.
Un livre malgré tout poignant et nécessaire pour mieux comprendre l'histoire des noirs américains à cette époque. On imagine qu'i y a une part autobiographique de Mr Baldwin dans l'histoire...Ce devait être un grand Homme.
Pour compléter cette lecture, I'm not your Negro est à voir absolument et à ajouter au programme de l'Education nationale!
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
SeirenSeiren   06 septembre 2012
Il chantait pour Crunch -pour protéger Crunch et le faire revenir, et il chantait pour moi, pour me protéger et me faire revenir : il chantait pour sauvegarder l'univers. Et dans sa voix pénétra alors une douceur solitaire d'une telle puissance d'émotion que les gens en demeuraient pétrifiés, métamorphosés : il chantait leur amour et leur inquiétude, il chantait leur espoir. Avec son chant, il se confessait au public au pied du trône de la miséricorde et, tandis que sa voix s'élevait, il se savait racheté, aux mains d'un pouvoir plus grand qu'aucun sur terre. Son amour fut sa confession, son témoignage, son cantique.
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Bruno_CmBruno_Cm   02 janvier 2019
Il contemple Guy. L'angoisse se transmet, elle voyage bien, elle possède autant de langages que de véhicules : mais le désir est parmi les principaux et si le désir n'est pas un aveu, il ne peut être qu'une malédiction. Jamais, dans la vie d'Arthur, personne ne s'est autant abandonné dans ses bras, personne n'a voulu ni exigé ni donné autant. Il se sent transformé : en une nuit il a beaucoup vieilli.
Il contemple Guy et souhaite le protéger. Il ne trouve pas ce souhait ridicule : ou bien, s'il l'est, il s'en moque. Il sait que Guy aussi souhaite le protéger - il ne trouve pas cela ridicule non plus. Il devient réel pour lui, pour la première fois que c'est ce que les amants font l'un pour l'autre - en osant se mettre à nu, en se donnant réciproquement la force de n'avoir rien à cacher.
Personne ne peut accomplir cela seul.
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Bruno_CmBruno_Cm   03 janvier 2019
Etre témoin du bonheur de quelqu'un que vous aimez c'est recevoir un grand cadeau : vous devenez l'invité privilégié d'une rare cérémonie. C'est la vérité : mon âme en est témoin. Après des jours ou des semaines de désespoir et d'inertie, vous retrouvez la force de sortir vous battre pour gagner l'argent du loyer ou pour aller rechercher votre montre au mont-de-piété. Le bonheur de quelqu'un que vous aimez prouve que la vie est possible.
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Bruno_CmBruno_Cm   03 janvier 2019
Arthur est stupéfait par son bonheur. C'est comme si quelqu'un lui avait donné par erreur un portefeuille contenant une fortune, pensant lui rendre un service, persuadé de le lui avoir vu perdre. Le portefeuille ne lui appartient pas : mais il est entre ses mains, à présent, et l'amical inconnu a disparu au coin de la rue glaciale. Il n'y a plus personne à qui il puisse exposer son dilemme, personne à qui il puisse exposer son dilemme, personne à qui il puisse donner ce portefeuille : en fait, il ne peut guère demeurer plus longtemps ici, comme un imbécile, le portefeuille à la main. Il risque de devenir une occasion de péché pour les autres. Qu'il le mérite ou non, il est heureux et que faire de l'argent sinon le dépenser ?
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PilingPiling   09 août 2008
incipit :
Cette saloperie de sang jaillit d'abord à travers ses narines, puis fit vibrer les veines de son cou, explosa en torrent écarlate dans sa bouche, atteignit ses yeux, l'aveugla et le fit choir, choir, choir.
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Videos de James Baldwin (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James Baldwin
Le choix des libraires vous invite à la rencontre de Sylvie Labas, la propriétaire de la librairie « Folie d'Encre » à Saint-Denis. Avec elle, partagez ses coups de c?urs et ses auteurs favoris comme James Baldwin, Daniel Arsand ou encore Annie Dillard.
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