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EAN : 9782234056213
694 pages
Éditeur : Stock (17/09/2003)
4.2/5   107 notes
Résumé :
Dans le Harlem des années cinquante se nouent les destins de quatre adolescents : Julia, la jeune évangéliste qui enflamme les foules, Jimmy, son petit frère souffre-douleur, Arthur, qui manifeste déjà son talent de chanteur de gospel, et Hall, le frère aîné d'Arthur, qui s'apprête à partir pour la guerre en Corée.
Trente ans plus tard, la mort d'Arthur amène Hall à revenir sur leur jeunesse. Il tente alors de découvrir la folle logique qui a conduit la vie d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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DoubleMarge
  19 octobre 2020
"Il faut du courage pour affronter la vie dans l'Amérique des années 1960. le chanteur Arthur Montana est retrouvé mort dans les toilettes d'un pub londonien à l'âge de trente-neuf ans. Il était noir, homosexuel et chantait le gospel. Son frère, Hall, se souvient.
James Balwin a écrit ce roman comme une tragédie. Il nous convie à vivre au rythme de la communauté noire américaine où la famille, la congrégation, sont des refuges où l'on se sent au chaud, en sécurité. « le rire résonne, les bavardages abondent : ils oblitèrent pour l'instant la souffrance et le danger permanents. » Avec lui, on espère le meilleur pour les rêves de ces hommes et de ces femmes, et l'on pleure le destin brisé des plus vulnérables. Leur vie, c'est la musique, comme un cri.
(...)
" Les nègres peuvent chanter le gospel comme nul autre parce qu'ils ne chantent pas le gospel… (…) Quand un nègre cite L'Evangile, il ne cite pas : il vous raconte ce qui lui est arrivé le jour même et ce qui va certainement lui arriver demain… »
Leur univers, c'est celui de l'Amérique ségrégationniste et plus encore celle du Sud. « L'air était rempli d'une humiliation, d'une frustration, d'une haine, d'une peur à couper au couteau. » Malgré tout, reste l'espoir de pouvoir vivre un jour ensemble. « Notre histoire c'est l'autre, voilà notre seul guide. Une chose est absolument certaine : on ne peut renier ou mépriser l'histoire de quiconque sans renier ou mépriser la sienne propre. Peut-être est-ce cela que chante le chanteur de gospel. »
Il y a du sacré dans ce roman qui nous apostrophe, un peu à la manière des chants qui convoquent le Seigneur. Nous sommes invités à « mettre notre maison en ordre » pour y accueillir la vie."
Elisabeth Dong pour Double marge (Extrait) https://doublemarge.com/harlem-quartet-de-james-baldwin/
Lien : https://doublemarge.com/harl..
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jmb33320
  07 février 2021
« Je voyais combien tout cela paraissait d'une logique idyllique à Jimmy qui aurait ainsi de nouveau une famille, ou, peut-être, une famille pour la première fois. Il aurait Julia et moi et Arthur, chacun appartenant aux autres. Je comprenais aussi, au contraire d'Arthur qui ne le pouvait pas, que Jimmy avait probablement eu toute sa vie une passion pour Arthur. »
Deux fratries forment ce quatuor : Hall (qui est le narrateur) et Arthur Montana, ce dernier plus jeune que son frère. Ils se sont toujours épaulés et s'aiment vraiment. En face d'eux Julia et Jimmy Miller. Julia est l'aînée de Jimmy.
Si les Montana ont eu la chance d'avoir des parents attentifs et aimants, ce n'est pas le cas des Miller. Julia a été, enfant, une évangéliste célèbre, que ses parents semblaient aduler. Au point de maltraiter Arthur. Grâce à ses prêches, Julia faisait vivre toute la maisonnée sur un grand pied. Mais sa mère meurt d'un cancer non traité. Et son père abuse alors d'elle, ce qui couvait depuis longtemps tant cette relation fille-père était trouble. Elle n'aura de cesse de retrouver Jimmy, son jeune frère, parti vivre chez de vagues parents dans le sud des Etats-Unis.
Chez les Montana, l'amour de la musique a toujours été présent. Et Arthur devient un chanteur de gospel apprécié, qui deviendra une star de la musique soul. Il finira ses jours à Londres, d'une mort suspecte, alors qu'il avait presque 40 ans et que, momentanément brouillé avec Jimmy, son amour de toujours, il était seul dans un pub peu fréquenté. Cette mort, c'est ce qui pousse Hall à tenter de fixer par écrit tous ses souvenirs au sujet des amours et des brouilles de ce groupe de quatre.
Un autre quatuor, musical celui-là, a une grande importance dans ce roman. C'est celui que forment les jeunes Arthur, Crunch, Peanut et Red sous le nom de « Les trompettes de Sion », quatuor qui volera en éclat à cause de la guerre de Corée. Ces jeunes hommes connaîtront aussi une vie bien difficile.
Le roman avance par allées et venues entre les époques : début des années 1950, luttes pour les droits des noirs dans les années 1960, notamment dans le sud.
J'ai découvert l'écriture de James Baldwin avec ce très ample roman. Si je lui reconnais un ton bien particulier, une franchise certaine, j'ai tout de même été un peu perdu dans ce maelstrom de sexe, de sentiments et de souvenirs plus ou moins alcoolisés. Hall s'exprime pour tous les membres du quatuor et les voix ne sont pas toujours très distinctes. Et la fin décevante car expédiée avec facilité par le vieux procédé du rêve qui réunit une dernière fois les protagonistes. Mais le voyage en valait la peine.
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nico6358
  26 décembre 2017
Me voici donc devant une feuille blanche, après avoir refermé une découverte aussi marquante que certains des plus grands classiques que j'ai pu lire. Sauf que cette fois-ci il ne s'agit pas d'un monument multi-centenaire, ou dont tout un chacun a au moins entendu parler.
Non, il s'agit du livre d'un auteur que j'ai découvert par hasard, devant Arte un soir. Happé par la force du propos dont je devais apprendre qu'il était celui de James Baldwin. Méconnu dans une librairie, en rupture de stock dans une autre, j'ai finalement commandé Harlem Quartet pour le découvrir. Découvrir une pensée choc dans le texte. Pensée choc, mais pensée humaine, pensée de la réalité.
Harlem Quartet est à la frontiètre entre le manifeste et l'autobiographie. Il nous fait pénétrer dans les drames les plus durs, de plein pied. Probablement parce qu'une partie est vécue, probablement parce que Baldwin était un penseur irremplaçable. Il nous fait pénétrer dans l'ordinaire du racisme vécu aux Etats Unis dans les années 50, et prouve de manière éclatante que tous les hommes sont égaux. Dans leurs pensées, dans leur grandeur et dans leurs bassesses.
Au passage Baldwin nous décrit aussi un amour homosexuel (deux ou trois en fait). Là encore d'une manière qui ressort si juste, naturelle, que le lecteur se retrouve libéré du poids de ce qu'un regard extérieur lui avait appris depuis toujours.
Baldwin. Penseur, philisophe noir américain des années 50 à 70, homosexuel, n'avait rien pour que d'ici, aujourd'hui, je le comprenne. Et pourtant il semble qu'il ait compris mieux que quiconque qu'il suffisait d'expliquer. Il se livre même à un exercice probablement autobiographique de son arrivée à Paris, en se transposant en Arthur l'espace d'un chapitre durant lequel le narrateur s'efface pour nous décrire comment il a découvert cette ville, et un amant réel ou imaginaire.
Coup de grâce. Cette folie qu'il voit alors, cette liberté, c'est celle qu'aujourd'hui encore nous avons tous voulu voir, qui sommes venus à Paris pour travailler, et avons commencé par découvrir cette ville en profitant un peu de sa nuit.
Bref, si vous ne lisez pas ce livre vous raterez quelque chose d'important. Voilà.
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majolo
  15 octobre 2012
Hall Montana, homme noir ayant grandi à Harlem dans les années 1950, entreprend, deux ans après la mort de son jeune frère Arthur, de nous raconter ce que fut sa vie et celle d'Arthur, de Julia, et de Jimmy, le petit frère de celle-ci et l'amant d'Arthur.
C'est un hymne d'amour vibrant à ce frère, chanteur de gospel prodige et fragile, qu'il ne cessera de vouloir protéger, dont il se sentira responsable même après sa mort.
C'est aussi un témoignage sans concession sur le racisme et la violence inouïe de l'Amérique envers la communauté noire.
Leurs destins sont irrémédiablement liés à ceux de Julia et Jimmy Miller, victimes d'un père violent et désespérément paumé.
C'est un roman âpre, sombre, qui porte un jugement sans appel sur la haine raciale et la terreur règnant dans le sud de États Unis de cette époque.
Très beau roman, d'un grand écrivain.
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Lishbks
  28 novembre 2020
Le roman s'ouvre sur une mort subite. Arthur Montana célèbre chanteur et pianiste noir américain s'éteint brusquement à Londres laissant place au râle de douleur de son frère ainé, Hall.
Ce dernier nous permettra de reconstituer la partition de toute une vie. Les premières notes dans une famille aimantes, les trilles des passions naissantes, les soupirs du sud raciste... C'est un requiem pour Arthur mis en mots par Hall avec en choeur les voix de ceux qu'il a aimé, de ceux qui ont fait de lui l'homme qu'il était. Un chant d'amour et de deuil qu'il serait impossible de résumer mais qu'il sera aussi impossible d'oublier car Baldwin, en talentueux chef d'orchestre, sait faire résonner les mots avec maestria.
Un roman organique, traversé par une sombre violence mais illuminé par l'amour, accueillant, régénérant, dénué de toute possessivité, qui habite ces personnages inoubliables.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
SeirenSeiren   06 septembre 2012
Il chantait pour Crunch -pour protéger Crunch et le faire revenir, et il chantait pour moi, pour me protéger et me faire revenir : il chantait pour sauvegarder l'univers. Et dans sa voix pénétra alors une douceur solitaire d'une telle puissance d'émotion que les gens en demeuraient pétrifiés, métamorphosés : il chantait leur amour et leur inquiétude, il chantait leur espoir. Avec son chant, il se confessait au public au pied du trône de la miséricorde et, tandis que sa voix s'élevait, il se savait racheté, aux mains d'un pouvoir plus grand qu'aucun sur terre. Son amour fut sa confession, son témoignage, son cantique.
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LishbksLishbks   25 novembre 2020
C'était dimanche soir. Il sortirait - elle espérait qu'il sortirait, qu'il ramasserait une bonne femme et qu'il ne reviendrait jamais. Mais il reviendrait. Soûl. Il s'affalerait dans son lit à elle, la suffoquant de son haleine, lui brûlant le visage de ses larmes. Elle subirait les caressez qu'elle redoutait et auxquelles elle avait fini par s'abandonner avec le sentiment d'être une chose qui se débattait au fond de la mer. Ses jours et ses nuits étaient drogués. De tout son cœur elle souhaitait s'enfuir - elle ne pouvait pas bouger.
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Bruno_CmBruno_Cm   02 janvier 2019
Il contemple Guy. L'angoisse se transmet, elle voyage bien, elle possède autant de langages que de véhicules : mais le désir est parmi les principaux et si le désir n'est pas un aveu, il ne peut être qu'une malédiction. Jamais, dans la vie d'Arthur, personne ne s'est autant abandonné dans ses bras, personne n'a voulu ni exigé ni donné autant. Il se sent transformé : en une nuit il a beaucoup vieilli.
Il contemple Guy et souhaite le protéger. Il ne trouve pas ce souhait ridicule : ou bien, s'il l'est, il s'en moque. Il sait que Guy aussi souhaite le protéger - il ne trouve pas cela ridicule non plus. Il devient réel pour lui, pour la première fois que c'est ce que les amants font l'un pour l'autre - en osant se mettre à nu, en se donnant réciproquement la force de n'avoir rien à cacher.
Personne ne peut accomplir cela seul.
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DuluozDuluoz   20 juin 2021
Pour la première fois, je m'interrogeai sur l'amour et je me demandai si je trouverais en moi la force de donner l'amour et de le recevoir: d'accepter ma nudité comme sacré et de tenir comme sacré la nudité d'un autre. Car, sans amour, le plaisir se fane vite, se fait amer dans la bouche et à tôt fait d'épuiser ses inventions. Il faut qu'une âme existe à l'intérieur du corps que vous serrez, une âme que vous vous efforcez d'atteindre, une âme qui s'efforce d'atteindre la votre.
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Bruno_CmBruno_Cm   03 janvier 2019
Etre témoin du bonheur de quelqu'un que vous aimez c'est recevoir un grand cadeau : vous devenez l'invité privilégié d'une rare cérémonie. C'est la vérité : mon âme en est témoin. Après des jours ou des semaines de désespoir et d'inertie, vous retrouvez la force de sortir vous battre pour gagner l'argent du loyer ou pour aller rechercher votre montre au mont-de-piété. Le bonheur de quelqu'un que vous aimez prouve que la vie est possible.
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Videos de James Baldwin (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James Baldwin
Leslie Kaplan L'Aplatissement de la terre suivi de le Monde et son contraire - éditions P.O.L - : où Leslie Kaplan tente de dire de quoi et comment est composé son livre "L'Aplatissement de la terre suivi de le Monde et son contraire" : "L'Aplatissement de la terre", "Le Traité de l'ennui", "Le Monde et son contraire", "Un ennemi invisible'", "Temps troubles, temps troublés, temps confinés", "Une femme sort du cinéma", "L'Enfer est vert", « Encore une fois le monde » et où il est aussi question notamment de Désordre", de Charlie Chaplin, de Franz Kafka, de James Baldwin, de Bob Dylan, de Stan Getz et de Sigmund Freud, de monologue et d'autobiographie, à l'occasion de la parution du livre aux éditions P.O.L, le 9 février 2021 à Paris.
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