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Rémy Lambrechts (Traducteur)
EAN : 9782264030771
124 pages
10-18 (06/06/2001)
2.82/5   37 notes
Résumé :

Dans sa Relation de mon emprisonnement, Russell Banks utilise la forme, hautement codée, du récit de captivité imaginaire tel qu'en rédigeaient les docteurs puritains du XVIIe siècle afin d'édifier leurs frères en la foi par leur lecture au cours de l'office. Il poursuit ainsi de l'intérieur, et en remontant à une figure archétypale, l'investigation du héros tel qu'il l'entend : obstiné, indiff&#... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique

Absurde, insolent, méditatif, déconcertant. Voici quelques adjectifs qui pourraient caractériser ce récit de captivité imaginaire dans une prison de l'Amérique profonde dans un temps révolu. le prisonnier est fabricant de cercueils et fait partie d'une communauté qui pratique le culte des morts en méditant dans le cercueil qui sera sa dernière demeure.

Un jour, le métier de fabricant de cercueils -et la philosophie qui l'accompagne- est interdit et les artisans deviennent des hérétiques. Ne voulant pas abjurer sa foi, notre homme est emprisonné. le récit ne donne aucun paramètre spatial, temporel ou nominal. le lecteur suit ses réflexions, ses pulsions, ses délires voire sa folie, privé de cercueil en prison pour pratiquer sa foi.

"La relation de mon emprisonnement" est un écrit troublant sciemment rédigé dans un style révolu, lourd et inhabituel dans la littérature contemporaine, ce qui est fait toute sa richesse. Les phrases sont très longues et pleines d'incises. L'auteur aborde des thèmes liés à l'univers carcéral: les relations avec les geôliers et entre détenus, la notion de la perte de la notion du temps, de la réalité de la vie à l'extérieur de la prison.

Le récit est captivant même si j'ai éprouvé quelques difficultés à entrer dans le sujet.

Un mot également pour le traducteur. D'une manière générale, les traducteurs/trices sont trop souvent les oublié/es de la littérature. Leur sensibilité et l'excellente connaissance de la langue d'origine en font les messagers des auteurs. C'est aussi grâce à leur talent de restitution des intentions d'un auteur qui n'écrit pas dans notre langue, que nous pouvons apprécier un texte.

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Un fabricant de cercueils raconte ses longues années d'incarcération, dans un pays et une époque qui rappellent étrangement les puritains de la Nouvelle-Angleterre. le plus étrange est que la communauté à laquelle appartient le narrateur (dont on ne connaîtra jamais le nom) pratique le "culte des morts", qui consiste à passer de longs moment à prier, tout au long de son existence, dans son propre cercueil. Ce culte étrange, basé sur de "saintes" écritures rédigées par une sorte de "prophète" prénommé Dirk, est brusquement voué aux gémonies et ses adeptes emprisonnés à vie, sans aucune possibilité de se défendre à moins de renier cette étrange religion. Roman fantastique ou philosophique ? Pamphlet antireligieux ou oeuvre de pure imagination ? Toutes les interprétations sont possibles, étant donnée l'absence totale de jugement sur les étranges faits portés à la connaissance du lecteur, dans un langage fleuri volontairement daté et admirablement rendu par le traducteur. Que l'on prenne fait et cause pour l'oppression subie par les adeptes du culte des morts ou que l'on y voie un juste retour de bâton pour une pensée peu porteuse de "progrès", on ressort assez troublé de la lecture de ce récit original et très bien écrit. Pour ma part j'y ai vu une oeuvre d'imagination remarquablement maîtrisée, le reste est affaire de ressenti...

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Un récit singulier et atypique qui se trouve au croisement de la dystopie religieuse et du roman romantique du 19ème. L'histoire commence comme une blague d'humour noir. Un constructeur de cercueil ne pouvant plus exercer son art mais contraint, poussé par ses valeurs (et hanté par sa destiné et ses aïeux) se retrouve en prison laissant femme et enfants (fort nombreux) dans la misère et le désarroi. Là dessus montées sensuelles et orgiaques, délires mystiques, hallucinations philosophiques et sentiment de paranoïa s'entremêlent dans une construction un peu trop confuse pour moi. C'est un peu Rousseau au pays de Sade et de Victor Hugo version 20ème siècle. Les initiés apprécieront. Moi j'ai calé à la page 81.

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inhabituel ce roman, ou plutôt nouvelle de Banks;son écriture se transforme, et colle au sujet de ladite nouvelle, longue métaphore sur les conflits opposant nos pulsions et nos interdits, dans une Amérique puritaine, au sein de laquelle ce conflit est comme mis en abyme...Un Russell Banks toujours virtuose, mais très inhabituel.

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Ce livre m'est tombé des mains, à la cinquantième page, je n'aurais toujours pas pu dire de quoi il s'agissait! Pourtant, j'avais tant aimé Affliction et Sous le règne De Bone!

Je me vengerai sur Lointain souvenir de la peau.

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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
La force nécessaire à ce travail, en dépit des effets de la maladie, m'a été donnée par mon cercueil, qui m'a enfin été remis par les autorités carcérales, lorsqu'il leur sembla que j'allais bientôt mourir d'un mal dont la propagation s'effectuait principalement par le maniement d'une dépouille infectée.....
......si bien que lorsque la vague de fièvre eut reflué et que je fus revenu à moi, je me trouvais allongé dans mon cercueil. ..... Le jour même, je demandai une plume et du papier, ainsi qu'une planchette à poser contre le flanc de mon cercueil et, couché dans celui-ci, commençai à écrire.
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Je m’étends sur ceci et m’y attarde à seule fin que le lecteur sache que moi aussi j’ai affronté ces forces de la vie qui pourraient abâtardir et détruire notre foi, que moi aussi j’ai traversé le désert aride de ma propre faiblesse et suis parvenu aux montagnes de l’autre côté et ai enfin escaladé ces montagnes. J’ai enduré, comme tout homme peut endurer, pour peu seulement qu’il le veuille.
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Ma force devait me revenir plus tard, bien qu’en partie seulement, et pourtant elle vint subitement, comme une pièce qu’envahit l’obscurité quand on souffle la chandelle. Elle ne me revint avec toute sa puissance que beaucoup plus tard cependant, et le jour seulement où je retrouvai un cercueil, événement qui fut d’une importance capitale, survenant comme il le fit après une désolation aussi prolongée.
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Beaucoup ne prêtent nulle attention à ce désir, que l’on appelle parfois nostalgie, et ne lui concèdent que peu de signification morale ou légale. Mais il y a des gens qui vont jusqu’à cultiver cet appétit, à encourager la croissance de ces désirs qui plongent leurs racines dans le terreau d’un passé remémoré.
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Nous ne pouvons apporter de soulagement aux vivants, pas plus que nous ne pouvons nous venger sur les morts. La présence élude l’attention, l’absence l’invite et il n’y a pas de choix, car il n’existe que l’acceptation de ce qui est possible, ou le reniement.
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Videos de Russell Banks (41) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Russell Banks
https://www.laprocure.com/product/1064560/banks-russell-oh-canada
Oh, Canada Russell Banks Éditions Actes Sud
« Voici le nouveau roman très attendu Russell Banks : Oh, Canada, chez Actes Sud. Pour ceux qui ont lu : Karoo de Steve Resich, j'y ai vu un lien, parce que c'est vraiment le roman d'un anti-héros magnifique. Ici, nous avons un documentaliste très connu en fin de vie, qui est en train de mourir, à qui on demande un dernier entretien télévisé. Il accepte, mais à certaines conditions, d'abord d'être dans le noir, d'être dans le clair-obscure et afin que sa nouvelle femme — il en a eu plusieurs — soit présente », et pour cause. Il n'a pas du tout l'intention de parler de son métier, il a l'intention de faire découvrir à son épouse qui il est réellement, parce que cet homme a menti toute sa vie... »
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