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EAN : 9782070421657
165 pages
Éditeur : Gallimard (31/01/2002)
3.22/5   745 notes
Résumé :
C’est le plus grand critique culinaire du monde, le Pape de la gastronomie, le Messie des agapes somptueuses. Demain, il va mourir. Il le sait et il n'en a cure : aux portes de la mort, il est en quête d'une saveur qui lui trotte dans le cœur, une saveur d'enfance ou d'adolescence, un mets originel et merveilleux dont il pressent qu'il vaut bien plus que tous ses festins de gourmet accompli.
Alors il se souvient. Silencieusement, parfois frénétiquement, il vo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (136) Voir plus Ajouter une critique
3,22

sur 745 notes

Cannetille
  07 février 2020
Le plus grand et le plus renommé des critiques gastronomiques est à l'article de la mort. Alors que la nouvelle se répand peu à peu, n'affligeant quasiment personne tant l'homme est détestable et redouté, le mourant remonte fébrilement le fil de sa mémoire, à la recherche quasi désespérée des moments authentiques les plus fondateurs de sa passion pour le goût, depuis longtemps effacés derrière une existence entièrement consacrée aux décevants artifices du pouvoir, du luxe et de la célébrité.

Alternant les points de vue par une succession de brefs chapitres où s'expriment tour à tour les différents narrateurs, le récit entremêle les réminiscences de cet homme qui fut si puissant et si féroce, et les amers, voire haineux, commentaires de ses proches. Car, avec la renommée et l'infinie course à l'inédit et au sensationnel, le maître a fini par perdre de vue l'essentiel : l'authenticité, l'émotion, l'amour, sans lesquels il n'est devenu qu'un être égoïste et misanthrope, aigri et revenu de tout.

L'introspection tardive du vieil ours aux griffes à peine usées est l'occasion de splendides pages sur le plaisir gustatif : une expérience charnelle qui ne s'épanouit totalement que dans la parfaite harmonie de tous les sens et des émotions, en de rares moments d'apothéose à jamais marquants, de vrais instants de félicité qui gravent en vous leurs sensations à la manière des madeleines de Proust.

La plume de Muriel Barbery est époustouflante de virtuosité et d'élégance, et l'on ne peut que s'incliner devant tant de brio et de talent. Pourtant, l'auteur tombe en quelque sorte dans le même travers que son principal protagoniste : intellectuellement et stylistiquement brillant, ce livre m'a semblé manquer de souffle et de vie, les esquisses de personnages restant abstraites, le récit sans allant, et le lecteur sans véritable émotion. Un ingrédient m'a fait défaut : la magie du conte, qui vous propulse dans son univers au lieu de vous en laisser le simple spectateur, aussi ébloui soit-il.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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missmolko1
  10 octobre 2012
Avant ma lecture, j'avais remarqué que beaucoup de critiques pour ce roman était plutôt mitigé ou mauvaise a cause du fait que beaucoup de lecteurs avaient lu ce roman après avoir aimé l'élégance du hérisson. J'ai donc voulu lire celui ci en premier pour me faire une idée.
J'aurai sans doute aimé un peu plus "d'intrigue" car au final en refermant ce livre j'ai l'impression d'en savoir peu sur ce critique culinaire qui se meurt. J'aurai aimé savoir des choses sur sa vie privée en dehors des restaurants ou il a pu se rendre...
Malgré cela j'ai beaucoup aimé ce roman, déjà par sa construction. On alterne les souvenir du narrateur, avec les personnages qui l'on connu durant sa vie.
Et puis l'écriture est magnifique, la description des plats et de la nourriture est fabuleuse. Pour un premier roman, je dis chapeau!
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mollymon
  15 septembre 2015
Miracle ! J'ai pour la première fois apprécié la prose de Muriel Barbery dont je n'ai aimé ni L'élégance d du hérisson et encore mois l'amphigourique Vie des elfes, refermé à peine commencé,. J'ose affirmer que trouve son style trop ampoulé et indigeste mais Une gourmandise, son premier roman, échappe à ce défaut ( à mon humble avis ). J'ai tout particulièrement goûté la construction en chapitres courts , l'intervention de différents personnages qui m'ont évité l'indigestion habituelle. Même si le Mâââître est comme Renée l'horrible concierge, absolument bouffi de prétention, il passe sans difficulté accompagné de la sauce délicieuse concoctée par l'auteur.
On pourrait croire qu'il est facile de séduire une gourmande comme moi, mais non. Je m'étais ruée sur les petits ouvrages de la collection Exquis d'écrivains des éditions Nil qui m'ont largement déçue. J'ai trouvé qu'ils fleurent trop la commande tandis que l'ouvrage de Mme Barbery , lui, sent l'amour de la bonne chère et la passion authentique pour les mots dont toute la saveur nous est ici révélée. Je pourrais dire que je l'ai dévoré, que je me suis régalée mais je ne le ferai pas, c'est à mon goût un peu trop facile.
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lecassin
  14 août 2014
Bon ! Autant prévenir d'entrée (pour un roman gastronomique, je ne pouvais pas ne pas la faire…), voilà un « roman » qui ne devrait pas rester bien longtemps dans ma mémoire.
D'ailleurs, je ne suis pas le seul, me semble-t-il…
Un critique gastronomique, que dis-je, le critique gastronomique, est à l'article de la mort. Alors, pour le plaisir, il soulève les couvercles des cocottes de l'enfance, celles qui contiennent les ragoûts de grand-mère ; et se remémore les bons et moins bons souvenirs d'une vie de gastronome...
Alléchant (celle là non plus, je n'ai pas pu m'en empêcher…) à première vue. Oui, mais décevant, finalement… une série de courts textes superficiels et jargonneux (souvent) aussi savoureux qu'une daube sans sel…A moins que je n'aie pas su entrer dans ce premier roman de Muriel Barbery, qui connaîtra quelques années plus tard un vif succès avec « L'élégance du hérisson », mais déçu quand même au point de remettre cette lecture aux calendes...
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saphoo
  02 décembre 2020
J'avais adoré l'élégance de l'hérisson, abandonné la vie des elfes et très peu aimé son dernier. Il me restait donc cette petite gourmandise qui m'attendait depuis sa sortie. J'en ai fait qu'une bouchée et je me suis délectée de sa poésie tant légère que sucrée. Si la construction peut dérouter certains lecteurs, elle est aussi originale d'avoir plusieurs points de vue, plusieurs couleurs à ce tableau.
Ma couleur préférée fut la scène sous le tilleul avec la tomate. Je me suis sentie propulsée au coeur de ce doux parfum de miel, bercée par le froufrou des feuilles à croquer dans la belle charnue et juteuse, gorgée de saveur estivale.
J'ai bien apprécié l'intervention de tout à chacun et même du chat.
C'est un roman original très poétique et un vrai voyage culinaire mais pas que.
Maintenant je me pose la question pourquoi ces deux premiers livres me plaisent autant alors que je ne sais apprécier les deux suivants ?
J'ai bien envie de relire l'élégance de l'hérisson pour le coup et je relirai certainement cette gourmandise.
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Citations et extraits (135) Voir plus Ajouter une citation
CannetilleCannetille   07 février 2020
Je n'avais à la bouche, sans en comprendre la signification, que le mot « terroir »- mais je sais aujourd'hui qu'il n'y a de « terroir» que par la mythologie qu'est notre enfance, et que si nous inventons ce monde de traditions enracinées dans la terre et l'identité d'une contrée, c'est parce que nous voulons solidifier, objectiver ces années magiques et à jamais révolues qui ont précédé l'horreur de devenir adulte. Seule la volonté forcenée qu'un monde disparu perdure malgré le temps qui passe peut expliquer cette croyance en l'existence d'un « terroir » - c'est toute une vie enfuie, agrégat de saveurs, d'odeurs, de senteurs éparses qui se sédimente dans les rites ancestraux, dans les mets locaux, creusets d'une mémoire illusoire qui veut faire de l'or avec du sable, de l'éternité avec le temps. Il n'y a pas de grande cuisine, tout au contraire, sans évolution, sans érosion ni oubli. C'est d'être sans cesse remise sur l'établi de l'élaboration, où passé et avenir, ici et ailleurs, cru et cuit, salé et sucré se mélangent, que la cuisine est devenue art et qu'elle peut continuer à vivre de n'être pas figée dans l'obsession de ceux qui ne veulent pas mourir.
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AproposdelivresAproposdelivres   04 juin 2010
« Il rinça soigneusement le riz thaïlandais dans une petite passoire argentée, l'égoutta, le versa dans une casserole, le recouvrit d'un volume et demi d'eau salée, couvrit, laissa cuire. Les crevettes gisaient dans un bol de faïence. Tout en conversant avec moi, essentiellement de mon article et de mes projets, il les décortiqua avec une méticulosité concentrée. Pas un instant il n'accéléra la cadence, pas un instant il ne la ralentit. La dernière petite arabesque dépouillée de la gangue protectrice, il se lava consciencieusement les mains, avec un savon qui sentait le lait. Avec la même uniformité sereine, il plaça une sauteuse en fonte sur le feu, y versa en pluie les crevettes dénudées. Adroitement, la spatule en bois les circonvenait, ne laissant aux menus croissants aucune échappatoire, les saisissant de tous côtés, les faisant valser sur le gril odorant. Puis du curry. Ni trop ni trop peu. Une poussière sensuelle embellissant de son or exotique le cuivre rosé des crustacés : l'Orient réinventé. Sel, poivre. Il égrena aux ciseaux une branche de coriandre au dessus de la poêlée. Enfin, rapidement, un bouchon de cognac, une allumette ; du récipient jaillit une longue flamme hargneuse, comme un appel ou un cri qu'on libère enfin, soupir déchaîné qui s'éteint aussi vite qu'il s'est élevé.

Sur la table de marbre patientaient une assiette de porcelaine, un verre de cristal, une argenterie superbe et une serviette de lin brodé. Dans l'assiette, il disposa soigneusement, à la cuillère en bois, la moitié des crevettes, le riz auparavant tassé dans un minuscule bol et retourné en une petite coupole joufflue surmontée d'une feuille de menthe. Dans le verre, il se versa généreusement d'un liquide de blé transparent.»
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raynald66raynald66   28 décembre 2013
Surtout il y avait le tilleul. Immense et dévorant, il menaçait d'année en année de submerger la maison de ses ramages tentaculaires qu'elle se refusait obstinément à faire tailler et il était hors de question de discuter la chose.
Aux heures les plus chaudes de l'été, son ombrage importun offrait la plus odorante des tonnelles. Je m'asseyais sur le petit banc de bois vermoulu, contre le tronc, et j'aspirais à grandes goulées avides l'odeur de miel pur et velouté qui s'échappait de ses fleurs d'or pâle...
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NadaelNadael   05 février 2010
Sucre, eau, fruit, pulpe, liquide ou solide? La tomate crue, dévorée dans le jardin sitôt récoltée, c'est la corne d'abondance des sensations simples, une cascade qui essaime dans la bouche et en réunit tous les plaisirs. La résistance de la peau tendue, juste un peu, juste assez, le fondant des tissus, de cette liqueur pépineuse qui s'écoule au coin des lèvres et qu'on essuie sans crainte d'en tacher ses doigts, cette petite boule charnue qui déverse en nous des torrents de nature : voilà la tomate, voilà l'aventure.
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Odile17Odile17   21 janvier 2012
Le vrai sashimi ne se croque pas plus qu'il ne fond sur la langue. Il invite à une mastication lente et souple, qui n'a pas pour fin de faire changer l'aliment de nature mais seulement d'en savourer l'aérienne moellesse. Oui, la moellesse : ni mollesse, ni moelleux ; le sashimi, poussière de velours aux confins de la soie, emporte un peu des deux et, dans l'alchimie extraordinaire de son essence vaporeuse, conserve une densité laiteuse que les nuages n'ont pas.
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Videos de Muriel Barbery (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Muriel Barbery
Pendant la Comédie du Livre, nous avons eu le plaisir d'accueillir Muriel Barbery ! Nous avons profité de l'occasion pour l'interroger sur son oeuvre !
Découvrez cet échange entre Alain Derey et Muriel Barbery. Une rose seule (Actes Sud) est son cinquième roman, après Une gourmandise , L'Élégance du hérisson, La Vie des elfes et Un étrange pays parus aux éditions Gallimard
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