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EAN : 9782070785841
192 pages
Éditeur : Gallimard (23/08/2007)

Note moyenne : 3.21/5 (sur 165 notes)
Résumé :
Mon père était photographe de plateau. Dans les années soixante, on le croisait aux studios de Boulogne en compagnie de jeunes gens qui s'exerçaient à vivre de leurs rêves. Il y avait là Nestor Kapoulos, Jean-Louis Huchet, Eric de Max, Mucir et bien sûr Gaby Noël, des noms connus des seuls amateurs de génériques. La caméra régnait alors en maître. Elle buvait tout du mouvement et mon père se faisait discret pour figer les artistes dans leur plus belle expressio... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
brigittelascombe
  10 novembre 2012
"Je savais que rien ne me conduirait sur les traces d'une étoile filante qui jouerait certains soirs le rôle improbable de ma mère" confie Gilles Hector, avocat quadragénaire divorcé fils d'un "photographe de plateau" professionnel de la "lumière" et d'une mère inconnue.
Ce sont ses souvenirs, suite à la mort de son père et à leur difficile compréhension réciproque qu'il relate dans Baisers de cinéma car sa propre naissance est liée à "un baiser de cinéma" dont il ne connait pas l'actrice, une actrice qu'il recherche (à la manière d'un enquêteur) dans tous les tournages auxquels son père a participé.
Mais c'est surtout sa lumineuse rencontre avec Maylis, femme mariée mère d'un petit garçon,Mayliss à l'insaisissable étrangeté, Mayliss "à la voix enfantine",Mayliss "très belle et très blessée", Mayliss traductrice d'arabe en français qui "rêve de changer de vie", Mayliss, fantasme qui l'obsède et le renvoie par ses côtés d'ombre et de lumière à cette mère "qui a filé comme une étoile".
On comprend aisément que Baisers de cinéma ait obtenu le Prix Fémina 2007.
Quel beau roman d'amour! Quel amour sublimé pour une mère inconnue porteuse de secret élevée au rang des stars.Pour un père disparu, distant car artiste fantaisiste et original, dont le seul legs à son fils amateur de détails (il se souvient de chaque réplique de films,de chaque détails des tenues de Mayliss) donc très cadré de caractère,est "la sensibilité à la lumière". Pour une comédienne faite femme qui tient tour à tour du Mister Jekyll et du Mister Hyde pour mieux asservir ce "toxicomane" en manque. Pour le septième art, dont les références aux dialogues de films, aux prises de vue,aux cinéastes, sont celles d'un cinéphile confirmé!
Quelle fine observation de l'amour,de la relation amoureuse passionnée,de l'adultère au risque de se perdre,du désir de l'autre cet inconnu que nous portons en nous depuis toujours!
Eric Fottorino, habitué des prix littéraires: Caresse de rouge a obtenu le prix François Mauriac, Korsakov le prix des libraires et le prix France télévisions.
Il évoque lui-même Falaises d'Olivier Adam qui a dit "Le sens caché de ma vie aura été de fuir un père présent et de chercher sans fin une mère disparue" pour expliquer que Mayliss, héroïne principale de Baisers de cinéma n'est peut-être qu'une "doublure".
J'évoquerai Mon très cher amour....de Françoise Giroud à lire, car complémentaire, avec un avocat (de la défense aussi) en recherche de mère et une amoureuse, ce coup ci jalouse (alors que dans Baisers de cinéma c'est Gilles qui se pose en rival du mari toujours amant et aimant).
De bien riches lectures!
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aaahhh
  07 avril 2013
Bel éloge à la lumière, à la filiation, au cinéma Nouvelle Vague et à l'amour dans tous ses états !
A la recherche tout à la fois de sa mère inconnue, de l'inspiration littéraire et de l'amour de sa maitresse, Gilles Hector erre dans ce roman tantôt comme une âme en peine, tantôt en amoureux transis, toujours avec passion, et il nous entraine dans son sillage...
Balade parisienne, ode au septième art, roman d'amour ou réflexion sur l'adultère et la passion amoureuse, "Baisers de cinéma" est un peu tout ça à la fois, et le flou des genres participe à la langueur et à la douceur du récit.
Quelques longueurs parfois, quelques répétitions, mais un ensemble dense et porteur. Quelque chose m'a manqué cependant, une certaine force peut-être, qui fait défaut... Je ne me suis pas non plus vraiment attachée aux personnages que je n'ai finalement pas complètement saisis. Pas le plus grand de mes coups de coeur donc, mais j'ai quand-même pris un trouble et langoureux plaisir à la lecture.
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MissSherlock
  21 août 2012
Passionnée de cinéma, le titre de ce livre m'avait mise en émoi ! Au final, j'ai été très déçue par ce bouquin encensé par la critique.
Baisers de cinéma est une succession de petites scènes sympathiques, pas désagréables à lire mais qui manquent de consistance. L'auteur raconte plusieurs histoires d'amour qui ne se rencontrent jamais et qui ne mènent nulle part. Les personnages se veulent énigmatiques alors qu'en réalité ils sont creux et dépourvus d'intérêt.
En outre, j'ai trouvé l'écriture d'Eric Fottorino pompeuse et certains passages m'ont franchement agacée. On pense à Truffaut pour certains dialogues mais chez Truffaut ils nous remuent les tripes alors que chez Fottorino ils prêtent à rire.
Après avoir fermé mon livre, je continue de me demander où l'écrivain voulait en venir !
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kouette_kouette
  11 août 2016
Gilles Hector, avocat, est le fils de Jean Hector, photographe de cinéma à l'époque "nouvelle vague". Il recherche sa mère inconnue dans les portraits d'actrices qu'a réalisé son défunt père, dans tous les films français des années 60, et dans les bras d'une passion amoureuse.
Baisers de cinéma se laisse lire... gentiment...
Mais comme je ne voue pas de passion pour le cinéma "nouvelle vague", et que je ne m'apitoie pas vraiment sur le sort amoureux de Gilles, je risque de très vite l'oublier...
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M_a_r_c
  03 novembre 2017
Eric Fottorino écrit bien. Diablement bien même. Non pas d'une écriture académique dont la pureté le disputerait à celle du diamant, mais avec une intense légèreté. Sa plume trace une constellation de petites choses, de détails, qui, se raccrochant les uns aux autres, forment un univers délicat, en même temps éthéré et cohérent.
Procédant en écriture comme le ferait un impressionniste en peinture, il crée point après point une atmosphère nimbée d'autant de douceur que de force. Une douceur dans laquelle il invite le lecteur à se perdre lentement. Une force qui, malgré un roman teinté d'onirisme, aux confins parfois d'une certaine forme de fantastique, lui confère une tension qui donne envie, page après page, d'en savoir plus.
D'un chapitre à l'autre, d'un moment à l'autre du récit, les pensées, les actes, les choses s'entrecroisent par d'aériennes allusions, de légers rappels, des réminiscences, tissant les fils d'une histoire d'apparence anodine mais intense.
Cette histoire est celle de Gilles Hector. Fils d'un photographe de cinéma passé maître dans l'art du noir et blanc, Gilles exerce la profession d'avocat pénaliste. Une profession aux antipodes de celle de son père, au quotidien teinté de gris, rien n'étant jamais, dans les affaires qu'il défend, ni tout noir, ni tout blanc.
S'il ne sait que peu de choses de son père, il n'a même pas connu sa mère. Il ne sait d'elle qu'une chose, que son père a bien voulu lui confier : elle est une femme avec laquelle il aurait échangé un baiser de cinéma dont Gilles serait le fruit.
La mort de son père cristallise son obsession de découvrir qui était sa mère, de réussir à l'identifier parmi toutes les actrices qu'a « éclairées » son père de films en films. Gilles est en effet persuadé que sa mère est une actrice célèbre.
Cette obsession maternelle, Gilles va la projeter sur Mayliss, une jeune femme rencontrée fortuitement à l'enterrement de son père et dont il deviendra l'amant malgré qu'elle soit épouse et mère. Cet adultère dont Gilles se fera le complice conscient l'emmènera en pleine passion amoureuse, aux confins d'une nouvelle obsession féminine. Qui ne lui fera pourtant pas oublier sa quête originelle.
De ces deux obsessions, Gilles semblera réussir à se défaire progressivement. Comme à son habitude, Eric Fottorino ne lève que des coins du voile, sans dissiper tout le mystère, le flou qu'il a créé.
Si l'on n'accroche pas à son style, on referme le livre en faisant la moue, gagné par le sentiment d'avoir eu sous les yeux un récit décousu, sans véritable trame… En ce qui me concerne, malgré une histoire mêlée d'un onirisme qui généralement me convainc peu, j'ai une nouvelle fois apprécié l'écriture de Fottorino et me suis laissé conquérir, presque envoûter, comme ce fut le cas avec Caresse de Rouge.

Lien : https://livrelecteur.wordpre..
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
LaliLali   12 avril 2011
Elle n’appela pas de toute la semaine. Son parfum persistait à la surface de mon lit, et il y avait cette épingle à cheveux, ma pièce à conviction. Mayliss m’avait prévenu en partant : je marcherai dans tes rêves et ils seront très bleus. Elle m’avait récité la liste des bleus qu’elle connaissait, le bleu alcyon, le bleu de toluidine, le bleu azur, le bleu de coloriage, le bleu nuit. Il aurait fallu inventer le bleu Mayliss, un bleu tendre et douloureux à la fois. Mais je ne rêvais pas. Du moins mes rêves ne laissaient-ils aucune trace au réveil.
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brigittelascombebrigittelascombe   10 novembre 2012
Elle balaya d'un trait les motifs de son départ avec son mari,prononça une phrase un peu trop littéraire,sans doute lue dans un de ces vieux romans anglais qu'elle affectionnait,qui disait,je crois:"La distance est la protection dérisoire des êtres qui se déchirent en s'aimant".
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graalgraal   29 janvier 2016
Des paroles de mon père retentissaient en moi.Je l'entendais parler des femmes qui trichaient sur leur âge.C'était un casse-tête pour lui de se procurer des filtres assez puissants pour atténuer une lumière trop franche sur une peau flétrie.A son époque, les comédiennes ne connaissaient pas la chirurgie esthétique.Il devait accomplir des miracles avec l'éclairage des abat-jour qui adoucissaient, polissaient, mentaient par omission.
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Belair55Belair55   14 août 2019
Des passantes traversaient parfois ma solitude, des femmes pressées, toujours entre deux trains, entre deux hommes, entre deux âges aussi, des très jeunes, des presque vieilles. J’étais une aire de repos, l’ombre qui suit la lumière, ou qui la précède. Mais je n’étais pas la lumière.
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RhlRhl   17 décembre 2011
Mon père s'interdisait de raconter deux fois la même histoire. C'était pour lui une question de politesse : ne pas servir aux autres un récit déjà usé. Transformant la réalité selon ses hôtes de la banquette arrière, il fit ainsi de mensonge un art suprême, une manière de respirer, d'exister encore un peu, de se sauver.
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Videos de Éric Fottorino (88) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Éric Fottorino
L?impulsion autobiographique est la voie par laquelle Éric Fottorino est entré en littérature, il y a près de trente ans, et cette intimité, tantôt directement exposée, tantôt plus ou moins masquée par la fiction, a continué depuis lors de dicter à sa plume. Dans le corpus imposant de ses romans et récits, comment oublier notamment Korsakov, L?Homme qui m?aimait tout bas, Questions à mon père ou encore le récent Dix-sept Ans, tous livres dédiés à ses parents. Écrivain, Éric Fottorino est également journaliste, ancien directeur du Monde, et depuis son départ du quotidien créateur inspiré de l?hebdomadaire le 1, du trimestriel America, et cette année de la revue Zadig ? autant de succès qui, pariant sur l?exigence et la qualité, défient la crise de la presse.
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