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Les déracinés tome 2 sur 4
EAN : 9782266300452
Pocket (16/04/2020)
3.79/5   643 notes
Résumé :
Alors que le pouls de New York bat au rythme des années 1960 et de la contre-culture, une jeune fille, Ruth, s'y installe pour y suivre ses études en rêvant de devenir journaliste. Elle y découvre l'amitié, le rock, l'amour... tout en se questionnant sur son identité. Pas évident d'avoir laissé derrière elle sa famille et sa terre natale, la République dominicaine... Septembre 1961. Depuis le pont du bateau sur lequel elle a embarqué, Ruth tourne le dos à son île na... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (101) Voir plus Ajouter une critique
3,79

sur 643 notes

Jeanfrancoislemoine
  15 mai 2019
Après avoir découvert avec beaucoup d'intérêt le très beau " les Déracinés " ,j 'ai eu le plaisir de rencontrer Catherine Bardon à " Lire à Limoges " et d'échanger avec elle pour , bien entendu , lui faire part de mon avis et lui demander de bien vouloir me dédicacer son deuxième roman , " l'Américaine "."L'Américaine", c'est la "suite " de "Les Déracinés " , un roman dans lequel on va retrouver nombre de personnages présents dans le précédent volume . On va y suivre plus particulièrement cinq années de la vie de Ruth , la fille de Wil et Alhma , les très beaux personnages dont nous avons pu suivre l'exil de l'Autriche de 1938 jusqu'en république dominicaine . Au moment où s'ouvre le roman , Ruth quitte son pays d'adoption pour rejoindre New - York afin d'exercer le même métier que son père , le métier de journaliste . A peine partie , sur le bateau, elle va faire la connaissance de " vous pleurez mademoiselle ?" un " gamin " aussi attachant que désopilant, voire irritant , le jeune Arturo qui ,lui , part pour entamer une carrière de musicien . Les deux jeunes héros vont occuper la plus grande partie de l'espace dans ce roman , une histoire touchante , émouvante , l'histoire d'une extraordinaire et indéfectible amitié capable de résister à toutes les épreuves de la vie . Et des épreuves , ils vont en connaître tout au long de ces cinq années de certitudes , d'interrogations , de doutes , d'inquiétudes , de rires et de larmes , cinq années d'initiation à la vie , leur vie , placés sous la protection tutélaire, discrète mais essentielle des personnages , héros du premier volume....C'est très humain , un beau plaidoyer sur le désir d'émancipation qui s'appuie sur les origines ,sur les bases familiales ou amicales qui ont forgé une conscience , une appartenance ,une authenticité. La jeunesse a toujours eu l'envie d'aller " voir ailleurs si l'herbe était plus verte " avant de souvent revenir là où se trouve sa place, sa vraie place ." Des racines ...et des ailes ".
L'histoire de Ruth et Arturio est magnifique , l'amour que leur portent ceux qui les entourent est magnifique . Madame Bardon sait raconter de belles histoires et on retrouve tout son talent pour faire passer des émotions , faire vivre ses personnages , nous les faire aimer , nous impliquer , bref , nous faire " tourner les pages " et retarder à l'extrême le moment où nos yeux épuisés se fermeront malgré notre résistance .
En parallèle , on retrouve des éléments historiques fort intéressants sur la république dominicaine et ses relations compliquées avec son peuple et les grandes puissances.Voici un deuxième roman qui confirme , pour moi , la grande réussite " des déracinés " , un essai transformé , en quelque sorte , qui laisse , à mon sens , la porte ouverte à un troisième volume , que j'appelle de tous mes voeux tant j'aimerais bien connaître le destin de tous ces gens qui sont entrés dans ma vie et avec qui j'ai encore envie de passer " un moment " , un bon moment , assurément.
J'ai lu que " les Déracinés " et " l'Américaine " pouvaient être lus indépendamment l'un de l'autre . Sans doute . Pourtant , à mon avis , ce serait dommage .Mais ce n'est que mon avis .
Encore merci , madame , pour ce roman très travaillé, documenté , fouillé et humain .J'ai adoré, mais , hélas , c'est fini......pour l'instant.
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dannso
  21 août 2022
Presque un an après "Les déracinés", j'attaque le deuxième volet de cette tétralogie. Et deux constatations en préambule :
Le premier volet était encore très présent dans ma mémoire, et je n'ai jamais ressenti le besoin de le consulter à nouveau, signe que ma note de l'époque (4,5) était justifiée. Il a laissé sa trace, sans faire vraiment de vagues à l'époque, mais de façon durable.
Ce deuxième volet m'a laissé un peu sur ma faim, en comparaison. J'ai été un peu déçue par le personnage de Ruth, et ses errances en terre américaine.
Quand je parle d'errances, il s'agit surtout d'une vue de l'esprit de Ruth, Elle sera en effet accueillie, au sein de sa famille, par sa tante et le mari de celle-ci, architecte, qui vivent à New-York de façon très privilégiée. Elle n'aura jamais à errer au sens géographique du terme. En revanche, elle ne sait pas très bien ce qu'elle veut, et malgré tout le soutien qu'elle peut recevoir de sa famille, de son meilleur ami, Arturo, dominicain aussi, rencontré lors de son départ de l'ile, et de sa marraine, elle peine à se trouver.
Elle m'a parfois un peu exaspérée, me faisant penser à une gamine trop gâtée, qui se plaint un peu trop de son sort, même si la vie n'a pas toujours été tendre avec elle. Elle a du mal à se tourner vers l'avenir, se sentant de par le passé de sa famille, étrangère partout. Et son enfance, particulièrement heureuse et protégée ne l'a pas préparée à affronter toutes les questions qu'elle se pose hors de son cocon familial. La façon dont l'auteur relate son mal-être a contribué à cette lassitude de ma part: elle nous décrit longuement les sentiments de Ruth, au détriment parfois de ce qui lui arrive.
Cependant, les personnages secondaires m'ont séduite, d'abord ceux que l'on connaissait par le premier tome, Alhma, sa mère toujours aussi superbe et Svenja sa marraine, toujours aussi pétulante, les deux étant des femmes résolues, allant leur chemin sans se laisser intimider par quiconque.
Et la meilleure surprise de ce tome a été Arturo, rencontré par Ruth, sur le bateau qui les emporte loin de l'ile. Il est tour à tour attendrissant, drôle, émouvant, réconfortant et saura entourer Ruth de son amitié et la soutenir quoiqu'il arrive.
Ce qui m'a aussi intéressée, c'est de continuer à découvrir l'histoire de l'ile, que j'ignorais totalement. Et je me réjouis d'y retourner pour le troisième tome. L'auteur n'est jamais aussi inspirée que quand elle en décrit les paysages, les coutumes, la cuisine, les danses et surtout ses habitants.
J'essaierai de laisser passer un peu moins de temps avant de l'ouvrir.
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Eve-Yeshe
  07 juillet 2019
Nous retrouvons dans ce roman, les héros qui ont fait la joie des lecteurs qui ont aimé « Les déracinés ». le récit alterne toujours les faits et le journal des ressentis, émotions du héros principal, qui est Ruth, la fille de Wilhelm et Almah Rosenheck.
Un drame est survenu à la ferme, Wilhelm est décédé à la suite d'un accident de la route, idiot comme souvent : sa voiture a percuté une vache, dans la nuit, à peine quelques secondes d'inattention et c'est le grand voyage…
Ce drame traumatise tout le monde, on s'en doute, mais Ruth, « le premier bébé » de la colonie, dont le visage a été photographié, a même été utilisé pour des timbres-poste éprouve le besoin de quitter sa famille pour aller faire des études de journalisme à New-York. Nous sommes en 1961.
Elle part en bateau, refaisant à l'envers le voyage que ses parents ont fait des années plus tôt, comme un pèlerinage. Elle fait la connaissance d'Arturo sur le steamer, un jeune Dominicain qui part faire des études aussi.
Ruth découvre ainsi la sinistre Ellis Island qui depuis ne retient plus personne en quarantaine, et comprend ce que ses parents ont dû ressentir quand les US ont refusé de les accueillir.
Elle vient vivre chez sa tante Myriam, qui tient une école de danse, et dont le mari Aaron a bien réussi dans son métier d'architecte, et une relation forte se noue avec leur fils Nathan, épris de danse lui-aussi. Leur réussite est teintée de tristesse, car Myriam pense à son frère Wil et à Almah qui n'ont pas peu réaliser leur rêve.
« Je voulais vivre ma vie comme je l'entendais sans m'encombrer des bagages pesants de l'histoire familiale. J'allais écrire une page de la vie des Rosenheck en Amérique. Ma propre page. »
Ce roman évoque surtout le statut difficile des enfants de la deuxième génération : ses parents sont des êtres tellement exceptionnels pour Ruth, qu'elle se sent nulle, ne pouvant jamais leur arriver à la cheville. Comment faire son chemin quand les parents ont tant souffert, ont dû supporter tellement de désillusions, travailler la terre, construire leur colonie ?
« Qui étais-je, moi Ruth Rosenheck, née en république Dominicaine de parents juifs autrichiens, parachutée à New-York ? Juive, Autrichienne, Dominicaine, américaine ? Avais-je fait le bon choix ? Je me sentais perdue… »
Un autre élément entre en ligne de compte : ils n'ont jamais parler de leurs propres parents, de l'antisémitisme, de la Shoah pour préserver leurs enfants, car c'était trop lourd à porter, alors ils les ont élevés dans la liberté, l'insouciance : Ils étaient « les petits princes de la colonie » dit Ruth.
Alors dans ce cas, comment savoir qui l'on est et d'où l'on vient ? Comment se construire ? Ruth a choisi le journalisme comme son père, après avoir abandonné ses études d'infirmière, (dans la famille d'Almah, ils étaient médecins depuis des générations) et le virus était entré en elle lorsqu'elle avait couvert le procès d'Eichmann…
A l'université, elle se rend compte qu'il y a des clans, l'élite et les autres dont elle fait partie, ce qui ne facilite pas l'intégration… les US n'ont guère fait de progrès depuis l'arrivée de ses parents, la fermeture d'Ellis Island n'est qu'un symbole et encore…
Ruth a idéalisé aussi le couple formé par ses parents, en mettant la barre aussi haut, comment s'engager dans une histoire d'amour, construire un couple ou une famille ?
Elle se cherche, s'égare dans des amours sans lendemains, comme si elle voulait se perdre elle-même, seul Arturo son ami est fidèle au poste. Avec lui, elle va assister, à l'assassinat de JFK, le racisme, Johnson et la guerre au Vietnam, et la marche des droits civiques avec Martin Luther King, le plus jeune prix Nobel, ne l'oublions pas… en passant par les jeunes hippies, la drogue, l'amour libre, (où elle retrouvera Lizzie qui faisait partie de la bande des quatre copains autrefois.
Même si le récit qui s'étend jusqu'à 1966, allume un projecteur sur Ruth, on ne perd pas de vue les autres personnages, Almah, Marcus, Svenja, Frizzie entre autres, ni l'évolution de la situation politique et sociale de la République Dominicaine, ou la construction d'Israël.
J'ai aimé la manière d'aborder la recherche de l'histoire familiale pour savoir ce que l'on veut transmettre, le besoin de se connecter avec les grands-mères qu'elle n'a pas connues, pour continuer le chemin tout en partant à la quête de son identité. Mettre de la distance, géographiquement parlant, ne rend pas forcément plus autonome. Cette jeune femme est intéressante, même si l'on parfois envie de la « secouer un peu » pour qu'elle avance…
Catherine Bardon, nous fait parcourir les US par le biais de tous les évènements importants qui se sont déroulés sur cette période, et pointe le traitement des Noirs, le rejet dont ils sont victimes. Elle n'est pas tendre dans sa description et tout ce qu'elle évoque résonne tristement avec la période actuelle. En choisissant de faire participer Ruth et Arturo à la marche pour les droits civiques pour écouter le discours de Martin Luther King : « I have a dream », elle donne au lecteur la possibilité de « revivre » cette manifestation pacifique.
J'ai bien aimé ce roman, même s'il manque quelque chose de la magie du premier tome « Les déracinés », cela reste une belle histoire, qui étrille « l'Amérique » et sa société qui ne brille pas par sa tolérance, et se comporte comme le gendarme du monde, n'hésitant pas à envoyer des soldats pour maintenir à tout prix une dictature en République dominicaine par exemple…
Ce roman est dense, il ne s'étend que sur six années et pourtant il se passe tant de choses ! j'espère que l'auteure nous proposera une suite car il est difficile de se détacher des personnages…
Un grand merci à NetGalley et aux éditions Les Escales qui m'ont permis de découvrir ce roman et d'apprécier une nouvelle fois son auteure.
#Laméricaine #NetGalleyFrance

Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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michfred
  11 juillet 2020
Il ne faut pas prendre une saga à rebrousse poil et lire le tome 2 avant le tome 1. Non qu'on ne suive pas- on nous balise obligeamment la route- mais c'est comme prendre un film après quelques minutes:  on n'arrive pas à rentrer dedans, on regarde tout d'un oeil un peu détaché,  on entend les voisins tousser, on est agacé par l'odeur de pop corn de la rangée de devant.  Bref, on est mauvais public.
 Il ne faut pas essayer d'entrer en empathie avec la fille au prétexte qu'elle est l'héroïne du tome 2 alors qu'il est évident que la mère, héroïne du tome 1, passée ici au second plan,  avait (et a toujours) toutes les qualités romanesques requises pour polariser et pimenter la lecture . Seulement voilà,  la mère a eu son heure de gloire, et vous n'aurez que quelques miettes de la flamboyante Almah. Votre sandwich à  vous, c'est Ruth. La fille.
Il faut se méfier des suites. Souvent le soufflé retombe, le souffle,  lui, se fait court, l'inspiration se cherche. On ne sait plus bien où on va.
Exactement comme Ruth dite Ruthie.
Elle quitte Saint Domingue pour New York, cet Eldorado autrefois espéré par ses parents, Almah et Will, et qui ne les a pas admis. Ruth, elle, y va sans problème,  avec un passeport en bonne et due forme. Sa tante l'attend. Plan plan. Pépère. Ce n'est pas Exodus. Ni le Saint Louis.
Elle voudrait devenir journaliste. On est dans les années soixante. Elle pourrait suivre la cause de Martin Luther King, la naissance des contestations étudiantes, du mouvement hippie,  l'assassinat de Kennedy, l'émergence de la Factory et de l'Underground. Rien ne la motive vraiment si ce n'est Un concert des Beatles.... Et ces grands événements de la vie americaine cités plus haut prennent trois lignes  dans son récit. On doute de sa motivation...
C'est que  (comme son auteure m'a t il semblé ) Ruth hésite, se cherche,  en bonne fille de Déracinés elle va passer 450 pages (quand même ) à osciller entre trois terres: le Paradise lost de Saint Domingue,  le Paradise regained  de New York et...Israël,  la terre promise de ses aïeux.
Si Ruth avait un peu plus de couleurs, ou si les pays entre lesquels son coeur balance  avaient plus d'épaisseur, on s'attacherait, on se passionnerait même peut-être.  Mais c'est une persillade, rien de plus. Elle met en appétit mais le plat juste saupoudré, reste fade, les caractères effleurés.
Tout coule et rien ne reste, comme dirait mon pote Héraclite
Cela dit, j'ai lu sans déplaisir cette Américaine au titre si mal choisi .
A son actif, le livre a une ecriture fluide, facile, lisse. Où rien n'accroche. Où tout est prévisible, pressenti. 
Un roman tout confort pour lectrice fatiguée qui a besoin qu'on lui mâche un peu les choses. À ce titre, c'était le bon livre pour la bonne personne et au bon moment.
Je lirai sans doute le tome 1 au vu de ses excellentes critiques mais, pour moi, le voyage s'arrêtera là.  Pas de tome 3, c'est sûr. 
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hcdahlem
  01 juillet 2019
Ruth prend la route
Après «Les Déracinés», Catherine Bardon nous offre le second tome de sa saga. Dans «L'Américaine» elle explore les années 60 en suivant Ruth partie à New York pour étudier le journalisme. Passionnant!
Quel plaisir de retrouver les personnages des «Déracinés» et le plume alerte de Catherine Bardon. Pour ceux qui seraient passés à côté de ce beau roman, signalons qu'il est disponible en poche et retrace la saga d'une famille viennoise à partir des années trente. La belle histoire d'amour entre Wilhelm et Almah va résister à la fureur de la guerre, mais au prix de grands sacrifices et d'un exil en République dominicaine où le couple et leurs enfants vont essayer de se construire une nouvelle vie. Tout l'intérêt du roman, outre ce pan méconnu de l'histoire de la Seconde guerre mondiale, est de mêler intimement la grande Histoire avec les destins des personnages au fil des ans, comme avait si bien pu le faire Régine Deforges avec «La bicyclette bleue».
Je souhaite du reste à Catherine Bardon le même succès et j'imagine fort bien les prochains tomes qui nous conduiront jusqu'aux années 2000…
Mais n'anticipons pas et revenons-en à «L'Américaine». Nous sommes en septembre 1961, au moment où Ruth, la fille d'Almah choisit de quitter son île pour rejoindre sa tante, son oncle et son cousin Nathan à Brooklyn. Elle entend mettre ses pas dans ceux de son père disparu et devenir journaliste. Pour cela, elle a étudiera à l'Université de Columbia tout en effectuant un stage au Times.
Sur le paquebot qui va le mener jusqu'à la grande pomme, elle rencontre Arturo, un jeune homme qui rêve d'une carrière de musicien et avec lequel elle va se lier d'amitié.
Si Ruth est accueillie avec grand plaisir à New York, elle ne peut éviter de ressentir le mal du pays. Sa mère et son frère qui font face aux soubresauts politiques dans un état qui essaie de se débarrasser d'une dictature et, après une brève parenthèse de pouvoir plus démocratique, va finir par retrouver ses anciens démons avec l'aide des … États-Unis qui ne vont pas hésiter à intervenir militairement.
Bien décidé à prouver à tous qu'elle a fait le bon choix, Ruth va s'accrocher et avec l'aide d'Arturo, de Debbie, sa copine d'université et l'affection de son cousin Nathan, découvrir un pays qui se transforme lui aussi à grande vitesse. Après l'épisode de la baie des cochons, on voit la Guerre froide prendre un tour plus radical et en parallèle, la contre-culture se développer. On voit la beatlemania et les drogues débarquer. On voit émerger Martin Luther King et John F. Kennedy avant qu'ils ne finissent tous deux abattus. C'est dans ce contexte que Ruth va faire la connaissance de Chris, un beau jeune homme qui rêve de Prix Pulitzer,de se rendre sur les points chauds de la planète pour témoigner de cette histoire en mouvement. Une énergie qui séduit Ruth, même si elle se rend compte qu'elle ne viendra qu'en seconde position dans la liste des passions de celui qui se rêve en nouveau Capa.
Un tragique accident de voiture va mettre une fin abrupte à cet amour, quelques semaines après qu'un médecin ait confirmé à Ruth qu'elle était enceinte.
Un choc terrible qui va pousser la jeune fille à fuir. Car elle reste une déracinée, toujours à la recherche de ses racines. Ne pouvant se résoudre à rentrer en République dominicaine, elle choisit un Kibboutz en Israël.
Y trouvera-t-elle la paix intérieure? Je vous laisse le découvrir tout en soulignant le côté addictif de l'écriture de Catherine Bardon, ce que les américains nomment un page turner et que j'appellerai pour ma part un bonheur de lecture!

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   01 juillet 2019
— Vous pleurez mademoiselle?
Perdue dans mes pensées, je n’avais pas senti que des larmes ruisselaient sur mes joues. Ni que quelqu’un se tenait à mes côtés. J’étais prise en flagrant délit de sensiblerie. Je foudroyai du regard l’importun avant de me raviser. Il avait vingt ans tout au plus, un grand corps dégingandé poussé trop vite. Un air gentil et sincèrement préoccupé se lisait sur son visage poupin encadré de boucles brunes. S’il pensait que son costume et ses grosses lunettes en écaille lui donnaient un air viril et mature, il se trompait. Je pouvais être rassurée sur un point, je n’étais pas la victime d’un coureur de jupons. Ou alors très maladroit et vraiment pas sûr de lui. Je secouai la tête en essuyant mes joues d’un revers de la main et lui lançai un sourire crâne.
— Ce n’est rien! Juste l’émotion du départ!
Il approuva en hochant la tête avec conviction.
— Moi aussi, je suis bouleversé de quitter mon pays. C’est un endroit magnifique, vous savez!
Comme si je ne le savais pas ! Son pays était aussi le mien. Même si je n’avais pas l’air d’être ce que j’étais : une Dominicaine. À cause de mes cheveux blonds et de mes yeux clairs qui trahissaient mes origines européennes. Je décidai de lui clouer le bec et lui lançai avec mon meilleur accent du Cibao, histoire de mettre les choses au point :
— Claro, nuestro país es mágico!
Il répondit, la voix étonnée et l’air désarçonné :
— Vous êtes dominicaine? Ça alors, à vous voir on ne dirait pas!
Je me retins de répliquer vertement qu’il devait apprendre à se défier des apparences et à tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de s’exprimer. Je lui répondis par un haussement d’épaules désabusé comme s’il s’agissait d’une évidence, puis je tournai le dos à mon jeune compatriote, pour couper court à toute tentative de conversation.
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Eve-YesheEve-Yeshe   07 juillet 2019
A l’aube d’écrire page de ma vie, j’avais besoin de ce lent arrachement à ma terre natale, et surtout, je m’étais mis en tête de refaire à l’envers le voyage qui avait amené Wilhelm et Almah Rosenheck, mes parents, sur cette île, plus de vingt ans auparavant. Ils comptaient au nombre de cette poignée d’« immigrants involontaires », comme on avait cyniquement baptisé à l’époque ces laissés pour compte, qui avaient échoué là à cause des cahots de l’Histoire, faute d’Amérique ou d’une meilleure terre d’asile.
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armand7000armand7000   05 novembre 2020
— Vous pleurez mademoiselle?

Perdue dans mes pensées, je n’avais pas senti que des larmes ruisselaient sur mes joues. Ni que quelqu’un se tenait à mes côtés. J’étais prise en flagrant délit de sensiblerie. Je foudroyai du regard l’importun avant de me raviser. Il avait vingt ans tout au plus, un grand corps dégingandé poussé trop vite. Un air gentil et sincèrement préoccupé se lisait sur son visage poupin encadré de boucles brunes. S’il pensait que son costume et ses grosses lunettes en écaille lui donnaient un air viril et mature, il se trompait. Je pouvais être rassurée sur un point, je n’étais pas la victime d’un coureur de jupons. Ou alors très maladroit et vraiment pas sûr de lui. Je secouai la tête en essuyant mes joues d’un revers de la main et lui lançai un sourire crâne.

— Ce n’est rien! Juste l’émotion du départ!

Il approuva en hochant la tête avec conviction.

— Moi aussi, je suis bouleversé de quitter mon pays. C’est un endroit magnifique, vous savez!

Comme si je ne le savais pas ! Son pays était aussi le mien. Même si je n’avais pas l’air d’être ce que j’étais : une Dominicaine. À cause de mes cheveux blonds et de mes yeux clairs qui trahissaient mes origines européennes. Je décidai de lui clouer le bec et lui lançai avec mon meilleur accent du Cibao, histoire de mettre les choses au point :

— Claro, nuestro país es mágico!

Il répondit, la voix étonnée et l’air désarçonné :

— Vous êtes dominicaine? Ça alors, à vous voir on ne dirait pas!

Je me retins de répliquer vertement qu’il devait apprendre à se défier des apparences et à tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de s’exprimer. Je lui répondis par un haussement d’épaules désabusé comme s’il s’agissait d’une évidence, puis je tournai le dos à mon jeune compatriote, pour couper court à toute tentative de conversation.
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brinvilliersbrinvilliers   19 avril 2021
- Il ne faut pas pleurer, ma chèrie, pas le jour de tes vingt et un ans. Ce cadeau, c'est un symbole, il te revient, il faut que tu l'acceptes avec joie. Tu ne peux rien changer à notre histoire, ma Ruthie. Tu vas devoir apprendre à vivre avec, comme moi, comme ta mère, comme nous tous. Dis-toi que tes grands-parents t'auraient adoré; ils auraient été fiers de toi. Dis-toi que ce que tu vis, ce bonheur que nous partageons, c'est en partie grâce à eux.
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VoiracVoirac   17 septembre 2020
Il y avait deux camps, celui des étudiants légitimes, issus des collèges new-yorkais huppés et celui des pièces rapportées, les étudiants venus d’autres états ou pire de pays étrangers comme Déborah et moi. Un esprit d’élitisme et une hiérarchie tacites régnaient qui distinguaient ces deux castes et régissaient les activités et les clubs. Impossible d’échapper à cette immuable étiquette qui réglait également le diapason des amitiés, des inimitiés, et des rivalités. On appartenait à l’un ou l’autre camp, mais il était inenvisageable d’en changer, et il devenait clair que ce ne seraient ni mes efforts de sociabilité ni mes résultats académiques qui me permettraient d’intégrer la caste des Wasp.
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