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EAN : 9782266322997
464 pages
Pocket (07/04/2022)
4.17/5   211 notes
Résumé :
Depuis son retour à Sosua, en République dominicaine, Ruth se bat aux côtés d’Almah qui n’a rien perdu de son énergie, pour les siens, pour la mémoire de sa communauté, pour contribuer à faire de sa terre natale le pays dont elle rêve, alors que les touristes commencent à déferler sur l’île.
Gaya, sa fille, affirme son indépendance et part faire des études de biologie marine aux États-Unis, où Arturo et Nathan mènent leurs vies d’artistes. Comme sa mère, elle... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
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hcdahlem
  01 mai 2021
«On construit de mots la chair du passé» (Aragon)
Catherine Bardon met un terme à la saga des Déracinés avec cet invincible été qui couvre la période 1980-2013. L'occasion de retrouver avec plaisir et émotion les rescapés de cet exil forcé et leurs descendants. Et de faire gagner la vie sur l'adversité!
Quoi de mieux qu'une fête de famille pour ouvrir le dernier volet d'une saga entamée en 2018 avec Les Déracinés? À Sosúa, ce village de République dominicaine où une poignée d'hommes et de femmes persécutés par les nazis ont trouvé refuge et tenté de sa construire un avenir, on fête la Quinceañera, c'est-à-dire les quinze ans de Gaya, la fille de Ruth et de Gabriela, son amie d'enfance. Les deux adolescentes ressentent toutefois bien différemment ce rite de passage. La première a l'impression de participer à une mascarade à laquelle elle se soumet pour faire plaisir à ses parents et à sa grand-mère, soucieuse du respect des traditions, pour la seconde c'est l'occasion de fêter joyeusement cette étape qui la fait «devenir femme».
Pour Almah, la patriarche de cette tribu, c'est aussi l'occasion de voir le chemin parcouru. Pour sa fille Ruth tout semble aller pour le mieux. Elle a surmonté le chagrin de la perte de son amie Lizzie en mettant au monde Tomás, le fils conçu avec Domingo qui partage désormais sa vie. Un bonheur simple qu'elle aimerait voir partagé par Arturo, le musicien installé à New York, avec lequel elle aime tant correspondre. Mais quelques mois plus tard, c'est du côté de la tragédie qu'il va basculer. Victime d'un accident de moto, il est hospitalisé avec son passager, son ami Nathan, danseur à la carrière fulgurante, beaucoup plus gravement atteint que lui. À son chevet Ruth va découvrir que les deux hommes formaient un couple depuis longtemps et ne sait comment soulager leur peine. Car Nathan ne dansera plus jamais.
Il faudra un séjour à Sosúa pour qu'un coin de ciel bleu ne déchire son univers très noir et n'ouvre au couple un nouvel horizon.
Gaya, la fille de Ruth, a choisi de quitter la République dominicaine pour aller étudier les baleines à l'université de Wilmington en Caroline du nord. Elle ne sait pas encore que ce ne sera là qu'une première étape d'un exil qui passera notamment par les Galápagos.
Mais n'en dévoilons pas davantage, sinon pour évoquer un autre projet qui à lui seul témoigne du demi-siècle écoulé, l'ouverture du musée juif de Sosúa, voulu par Ruth avec le soutien d'Almah. L'occasion de nouvelles retrouvailles et d'un hommage à toutes ces vies qui, par «leur détermination, leur goût de l'effort, leur âpreté au travail, leurs renoncements, leur dignité magnifique devant l'ineffable, s'étaient faufilés dans les lézardes de l'histoire pour écrire ici une page essentielle, sans laquelle rien d'autre n'aurait pu advenir. Ils étaient des rocs, de la race des vainqueurs, et la présence de chacun ici, aujourd'hui, témoignait de ça: ils étaient victorieux et indestructibles.»
En parcourant le destin de cette communauté de 1980 à 2013 la romancière, comme elle en a désormais pris l'habitude, raconte les grands événements du monde. Elle va nous entraîner à Berlin au moment où s'écroule le mur ou encore à New York lorsque les deux tours du World Trade center s'effondrent. Sans oublier la mutation politique et économique de ce coin des Caraïbes menacé par les tremblements de terre – comme celui d'Haïti à l'ouest de l'île qui poussera Ruth, Domingo et Gaya sur la route en 2010 – et le réchauffement climatique.
Bien plus qu'un hommage à cette communauté et à cette histoire qui aurait sans doute disparu dans les plis de l'Histoire, Catherine Bardon nous offre une formidable leçon de vie. Elle a en quelque sorte mis en scène la citation d'Henry Longfellow proposée en épilogue «… nous aussi pouvons rendre notre vie sublime, et laisser derrière nous, après la mort, des empreintes sur le sable du temps.»

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Verdure35
  21 avril 2021
"Ne cherchez pas à savoir où est la réalité et où est la fiction. Car dans cette histoire tout est vrai."
Ainsi se termine ce roman; il clôt la saga ou plutôt la fresque romanesque "Les déracinés", (4 tomes) qui raconte depuis 1930 les tribulations d'une famille juive bourgeoise autrichienne.
Fuyant l'Allemagne nazie, cette famille pense émigrer aux US, Ellis Island ne les verra débarquer que pour voguer vers la République dominicaine , émigrés involontaires "accueillis" par le dictateur de l'époque Trujillo.
Ils s'installent à Sesua sur la côte nord, relèvent les manches et reconstruisent leur vie.
Avec la mort d'Almah, la grand-mère, se termine l'épopée, et puis avec le temps la famille Rosenheck, disséminée un peu dans le monde se diluera doucement.Cet invincible été fait la part belle aux femmes de la famille ,toutes des femmes fortes, Almah, Ruth, sa fille, c'est elle qui raconte et Gaya la petite fille qui promet également.Les hommes , un peu en retrait sont des hommes bienveillants toujours prêts à aider jusqu'en Haïti, pays frontalier pauvre et toujours plus atteint par les calamités climatiques surtout. un roman bien agréable à lire.
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SebastienFritsch
  25 avril 2021
Il existe des lieux dont on ne veut pas partir ; des personnes que l'on ne veut pas quitter ; et des livres que l'on ne veut pas fermer.
C'est le cas notamment quand ces livres nous on fait vivre dans de tels lieux et auprès de telles personnes. Des livres qui deviennent des présences, surtout après deux années et quelque 1500 ou 2000 pages passées en leur compagnie.
Autriche, République dominicaine, États-Unis, Israël ; Almah, Wil, Ruth, Gaya, Arturo, Angel : voici quelques uns de ces noms de lieux et de personnages.
Exil, courage, reconstruction, amour, amitié, transmission : voici quelques noms communs à ajouter à ces noms propres pour savoir de quoi sont tissés les 4 volumes de cette saga des Déracinés.
Savoir, mais pas comprendre ; car pour cela, il faut les lire. Suivre, d'un tome à l'autre, ces jeunes expulsés de la ville qu'ils aiment, Vienne, ballottés, débarqués sur une île caraïbe, contraints de réinventer une vie, un métier, une histoire, tout en tentant de rester les mêmes : des juifs chassés par les nazis, des hommes et des femmes d'origines, de convictions, de milieux, de tempéraments très divers, mais tous nés sur une terre germanique et transplantés sous un soleil hispanique.
Ces mélanges, ces croisements, ces métissages sont un fil conducteur de toute la saga. Mais ils semblent prendre encore plus de valeur dans cet "Invincible été".
Alors, bien sûr, Catherine Bardon a rédigé un magnifique hommage aux fondateurs de ce kibboutz tropical, mais au moment où se clôt cette saga, je vois aussi une portée bien plus universelle à cette oeuvre. Juifs et chrétiens, cols blancs urbains et paysans, blancs bien blonds et dominicains mats de peaux, artistes et fermiers, première, deuxième, troisième, quatrième générations : toutes les figures qui peuplent ces 4 romans tracent une voie vers le respect, l'attention à l'autre, qui est là pour servir d'exemple. Et si ce dernier tome donne plus fortement ce sentiment, c'est sans doute parce qu'il couvre une plus longue période (4 décennies) ce qui multiplie les rencontres et les occasions de mesurer l'importance des personnes rencontrées. Sans oublier que le temps, qui impose des déchirures, offre aussi la chance de vieillir et de connaître et aimer de nouveaux arrivants sur la terre qui nous a accueillis.
Pourtant, quelles que soient la valeur de ces messages et l'élégance avec laquelle Catherine Bardon les suggère au fil des pages, ce ne sont pas les seuls points forts de ce roman. J'y ai retrouvé sa belle écriture, sans fioritures mais évocatrice, sensible et immersive, ainsi que son sens de la mise en scène. Événements, décors et dialogues sont délicats, parfois tendres, parfois durs, parfois joyeux, festifs ; toujours réalistes et humains.
Bien sûr, ce réalisme tient aussi au fait que ce texte s'inscrit dans un territoire et une chronologie qui ont existé ou existent. Et c'est aussi une des grandes qualités de ce livre, comme des précédents : ces enseignements, historiques, géographiques, politiques, sociologiques, religieux, littéraires, gastronomiques, musicaux... que l'autrice nous apporte, en les mêlant aux destins de ses personnages.
C'est cette richesse qui fait que la découverte de cette saga est une vraie aventure. Et si j'ai ralenti ma lecture, vers le milieu de ce tome, parce que je refusais de quitter cet univers, je suis heureux d'avoir découvert le destin de la communauté juive de Sosùa, d'avoir appris tant d'autres choses et d'avoir connu Almah et ses proches.
Et maintenant que ce dernier livre est refermé, j'ai compris que l'histoire n'est pas finie : le prochain épisode consistera à poser le pied sur cette terre dominicaine.
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brinvilliers
  28 avril 2021
Tout commence mal dès le début du livre avec l 'accident de Nathan et Arturo.
Gaya qui a pris son indépendance ne fait pas forcément le bonheur de sa mère Ruth car elle part loin d'elle. Au fur et à mesure du temps Almah voit partir ceux qu'elle aime. Ruth décide qu'à 70 ans sa vie n'est pas finie et qu'elle peut toujours s'investir pour cette île qu'elle aime.
Ce livre est comme une carte postale d'une époque révolue et d'un fait de l'histoire méconnu.
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vratajczak257
  03 juin 2021
Avec un invincible été, Catherine Bardon achève le quatrième tome de cette fresque qui débuta à Vienne et qui finit à Sosua en République Dominicaine.. C'est une épopée humaine faite de bonheurs, de rires, de souffrances et de tristesse.
Almah, personnage principal du premier roman, est toujours là, témoin historique et jalon incontournable de cette belle aventure humaine, fidèle à ses valeurs et à son amour pour Will, mère de Ruth, grand mère de Gaia, elle est le socle de cette histoire. Avec elle, se referme le dernier pan de l'histoire.
Le talent de conteuse de Catherine Bardon n'est plus à démontrer après ces 4 années au service de l'histoire d'Almah et des siens.. On y retrouve les personnages auxquels nous sommes tant attachés et qui ont fait nos joies et nos peines du début du premier roman: les déracinés.
Toutefois, un peu comme un fait exprès, un soupçon de mélancolie, un goût d'histoire qui s'achève viennent se mêler à ses retrouvailles. La chaleur de Sosua ne sera pas assez forte pour nous faire oublier ce détail. A lire dans l'ordre : les déracinés, et la vie reprit son cours, l'Américaine et un invincible été. Merci à Catherine Bardon pour ce récit aux accents véridiques, écrit à la mémoire de ces premiers colons expatriés; le devoir de mémoire est une nécessité qui permet aux générations futures d'appréhender leur avenir. Merci aux éditions les Escales pour cette belle aventure !
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   01 mai 2021
Tant de choses étaient advenues, tant de vies s'étaient construites ici, des bonheurs, des drames aussi, cela donnait le vertige. J'oubliais les petites jalousies, les rancœurs, les mesquineries, pour ne garder que les sourires. Avec leur détermination, leur goût de l'effort, leur âpreté au travail, leurs renoncements, leur dignité magnifique devant l’ineffable, ils s'étaient faufilés dans les lézardes de l’histoire pour écrire ici une page de leur vie, la page essentielle, celle sans laquelle rien d'autre n'aurait pu advenir. Ils étaient des rocs, de la race des vainqueurs, et la présence de chacun ici, aujourd’hui, témoignait de ça: ils étaient victorieux et indestructibles.
La synagogue n'avait pu accueillir tout le monde pour le service religieux et les invités piétinaient sur la pelouse en une cohue compacte.
Il y eut des embrassades, des accolades, des rires, des congratulations, des confidences, des séances de photographie, des toasts, des libations, des agapes, des chants, des danses, des gueules de bois, et des larmes, beaucoup de larmes. p. 165-166
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hcdahlemhcdahlem   01 mai 2021
Première Partie
La force de la jeunesse
Quinceañera
Janvier 1980
Ce qui lui plaisait le plus, plus que son absurde robe longue froufrouteuse, plus que sa coiffure aux boucles sophistiquées raides de laque, plus que son diadème, plus que l’énorme pièce montée de choux à la crème commandée par sa mère, c’était que toutes ses amies étaient là. Sur leur trente et un, plus jolies les unes que les autres. Il y avait aussi les garçons, bien sûr, les indispensables cavaliers. Mais par-dessus tout, la présence de son aréopage d’amies, et surtout celle de Gabriela, mettait Gaya en joie.
Pour sa quinceañera, Gaya aurait préféré une fête intime. Sa mère était encombrée par un ventre plus volumineux de jour en jour, Svenja, sa marraine, ne pouvait quitter Israël où Eival luttait contre la tumeur qui colonisait son corps, Nathan qui répétait sans relâche son prochain ballet avait dû décliner l’invitation, Myriam et Aaron viendraient seuls de New York. Mais ses parents avaient tenu à respecter la tradition en faisant les choses en grand.
— Il n’y a qu’une fête des quinze ans, avait déclaré Ruth. Il y aura ça et ton mariage, ma chérie, sans doute les deux plus belles soirées de ta vie. Moi je n’en ai pas eu, à cette époque-là à Sosúa nous ne respections que les traditions juives et allemandes. Alors, fais-moi confiance, nous allons nous rattraper et donner une fête du tonnerre.
— C’est comme le premier bal d’une débutante à Vienne, un moment très spécial, avait ajouté Almah en souriant doucement, et Gaya ne savait pas résister à la fossette de sa grand-mère.
« Le plus bel hôtel de Puerto Plata », avait décidé sans ambages Domingo qui répétait ses pas de valse depuis des semaines et avait commandé un nouveau tuxedo sur mesure pour l’occasion. « J’ai un peu forci, s’excusait-il. Rien n’est trop beau pour ma fille. »
Ils s’y étaient tous mis, la persuadant qu’il n’y avait pas d’échappatoire, et voilà, elle allait devoir les affronter dans cette tenue qui ne lui allait pas du tout. Cette robe qu’elle avait pourtant choisie avec plaisir, une véritable robe de princesse comme dans les contes de fées de son enfance. Pourtant elle la portait maintenant avec résignation et même une pointe de rancune.
*
Gaya redoutait cette cérémonie. Quinze ans. Est-ce qu’on en faisait tout un plat pour les garçons ? On allait lui coller une étiquette sur le front : « Femme, prête à être courtisée, prête à être… consommée. » Absurde ! Elle avait été tentée à maintes reprises de se dérober. Si elle l’avait vraiment voulu, il n’y aurait pas eu de fête. Mais elle aimait trop les siens pour les décevoir. Et puis il fallait rendre les invitations aux fêtes de ses amies et elle ne pouvait être en reste avec Alicia et Elvira, ses cousines. Gaya entrerait dans sa vie de femme par la porte solennelle de la quinceañera. C’était ainsi dans son île. Une obligation familiale, sociale, culturelle, autant que mondaine.
*
Elle était là maintenant, abandonnée aux mains habiles de la maquilleuse qui transformait son visage d’adolescente rebelle en une frimousse de poupée de porcelaine. Gaya se regarda dans la glace. Cette magnifique jeune femme, éblouissante dans sa robe bustier bleu moiré, ces cheveux disciplinés en crans dociles par le fer à friser, ces yeux de biche étirés sur les tempes et ourlés de noir, ces lèvres rehaussées de rouge cerise, c’était elle aussi. Le résultat était tout à fait bluffant. Si on aimait ce genre-là. Elle eut soudain envie de rire. Puis elle ressentit une étrange morsure au creux de son ventre. Elle seule savait toute la duplicité de cette soirée.
Elle sortit de la chambre mise à sa disposition par l’hôtel, telle une actrice de sa loge. Domingo battait la semelle devant la porte, un rien emprunté dans son habit de soirée. C’était l’heure, la reine d’un soir allait faire son entrée en scène. La salle de réception foisonnait de fleurs blanches disposées dans des vases de cristal. Dans un angle, un trio jouait en sourdine. Les portes-fenêtres de la terrasse s’ouvraient sur un vaste jardin. La centaine d’invités était éclatée en petits groupes engagés dans des conversations animées. Les serveurs passaient de l’un à l’autre, les bras chargés de plateaux de coupes de champagne et d’appétissants canapés. Au bras de son père, Gaya s’avança, nerveuse, allure guindée, coups d’œil furtifs à droite et à gauche. Ses yeux croisèrent le regard attendri de sa mère. Quand elle repéra sa grand-mère qui lui adressa un clin d’œil complice, elle esquissa un sourire soulagé. Elle avait retrouvé son inconditionnelle alliée.
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hcdahlemhcdahlem   01 mai 2021
Almah regardait l’assistance, pensive, un sourire énigmatique flottant sur ses lèvres. Comme les liens familiaux étaient surprenants. Comme ils les reliaient les uns aux autres subtilement et d’étrange façon, trouvant des voies inattendues. Comme chacun avait trouvé sa juste place dans l’échiquier. Comme sa magnifique famille l’émerveillait. Heinrich dansait avec Myriam. Almah laissa échapper un petit rire involontaire en se souvenant qu’autrefois Wil avait vainement essayé de les caser ensemble, pour se débarrasser de son rival. C’était loin, et pourtant c’était hier. Comme le temps a passé, songea-t-elle.
— Toi, je sais à quoi tu penses !
Markus venait de se matérialiser à son côté.
— Vraiment Markus? Dis-moi !
— Tu peux être fière, tu es l’âme de cette tribu, Almah, tu en es la racine première. Avais-tu imaginé cela en débarquant ici avec ta petite valise il y a presque quarante ans ?
— Eh bien… oui ! Dans mes rêves les plus fous, j’avais secrètement espéré quelque chose qui ressemblerait à ça…
— Eh bien, te voilà comblée ! Si tu savais à quel point cela me rend heureux.
Almah ne répondit pas, c’était inutile. La générosité, la bienveillance de Markus à son égard n’avait jamais, au grand jamais, été prise en défaut, et elle en remerciait le ciel chaque jour, avec un petit pincement au cœur en pensant que Markus n’avait pas eu sa chance.
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brinvilliersbrinvilliers   28 avril 2021
Sur les photographies, nos rides éventails au coin des yeux, nos rires entre parenthèses et nos temps aux fils d'argent.
Les indices du temps qui passe.
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hcdahlemhcdahlem   01 mai 2021
Prologue
Sans un mot, sans un signe, Lizzie s’était dissoute dans l’espace. Ne me restaient d’elle que nos photographies d’enfance, quelques objets fétiches, des souvenirs à la pelle, un lourd fardeau de regrets et une butte face à la mer sur laquelle un grand arbre du voyageur avait emprisonné un peu de son âme dans les plis de son éventail.
Ce fut le jour où je compris que j’étais enceinte que je finis par admettre qu’elle était définitivement partie.
Une disparition pour une nouvelle vie, un malheur pour un bonheur, un regret pour un espoir. Devant cette évidence qui étreignait mon corps, le chagrin relâcha peu à peu son étau.
Je n’avais pas été préparée à endurer l’échec, ni à affronter le malheur. Après la mort de mon père et celle de Christopher, le père de Gaya, c’était la troisième fois que la vie m’infligeait la perte d’un être aimé. J’avais échoué à protéger Lizzie d’elle-même, à me protéger de la souffrance.
J’étais à l’aube de mes quarante ans, la vie palpitait de nouveau en moi et c’était un vertige.
J’avais cru ma famille solidement arrimée et voilà que le destin en décidait autrement.
Je mis longtemps à cicatriser. Tous les miens, Almah, Markus, Heinrich, Arturo, Svenja, et les autres, si loin qu’ils aient été, m’y aidèrent. Domingo, dont j’avais parfois surpris l’œil mélancolique s’attardant à la dérobée sur la porte close, celle de la quatrième chambre qu’il avait voulue pour notre maison, était fou de bonheur.
Pendant ma grossesse, Lizzie occupa souvent mes pensées. Je m’en voulais de n’avoir pas réussi à l’arracher à ses démons, je lui en voulais d’avoir trahi les promesses de notre jeunesse, et, égoïstement, je lui en voulais de m’avoir abandonnée.
Un matin, le bébé me réveilla d’un furieux coup de pied. Mon ventre était distendu, curieusement bosselé, et cela me fit éclater de rire.
Un rire de pur bonheur.
La vie avait repris son cours.
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Videos de Catherine Bardon (39) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Catherine Bardon
Catherine Bardon vous présente son ouvrage "La fille de l'ogre". parution le 18 août aux éditions Les Escales. Rentrée littéraire 2022.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2639409/catherine-bardon-la-fille-de-l-ogre
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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