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ISBN : 207034780X
Éditeur : Gallimard (15/11/2007)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Guy Vouine était mou de naissance.
Il avait coulé de sa mère, comme d'un pot de confiture renversé. L'accouchement n'avait requis aucun effort, aucune poussée. L'enfant faisait un petit tas sur les linges et le cri qu'il exhala pour manifester qu'il était vivant montait de lui avec la légèreté d'une vapeur. La sage-femme, qui en avait vu de toute qu'elle n'en avait encore jamais sorte, se dit seulement vu de si mou. Plus tard, il s'avéra que l'enfant physique... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Alzie
  12 septembre 2017
Au Bar des habitudes le carburant, presque exclusivement la bière à part le vin de Meuse et le café, ne serait rien sans le moteur du chaos des vies sans relief et sans gloire qui tourne ici en sur-régime (« Ma tournée » ; « Histoire molle » ; « Lili »). On change d'histoires assez vite tout en restant suspendu à la tasse ou aux vapeurs du bock d'avant, ainsi qu'à la métaphysique du plein et du creux propre à l'ivrognerie telle que développée par ledit Protone dans « Un mauvais joueur » et à laquelle l'humour noir de l'auteur règle bien son compte ; les nouvelles se poursuivent à toute vitesse sans être jamais les mêmes mais possèdent un petit air de famille issu d'une "province aimable", "ralentie", d'un "pays où il y a plus de néons que de lumière". La route n'est pas droite le regard décalé se porte sur les diverticules ou les bas côtés. Si vous êtes "champagne" passez votre tour, si vous êtes "Ardennes" rester s'impose. Tout dépend aussi de la manière dont vous envisagez l'ivresse en lecture. Si vous l'aimez lente et sinueuse avec de bonnes embardées et la promesse d'une montée en régime jusqu'à l'apothéose finale alors sautez sans crainte, toutes les autres cessantes, comme Targette passant d'Homère à San Antonio (« Un parcours sans fautes »), dans le train à vapeurs (de bière) de ces nouvelles corrosives, incorrectes, plutôt cruelles et toutes réussies, signées Franz Bartelt.
Seize histoires courtes très excitantes en vérité car très très bien écrites, avec un net crescendo vers la moitié du bouquin dans la déraillerie générale (pardon au professeur Belvaux du « Parcours sans fautes »), l'ultime récit étant peut-être le point d'acmé du livre (« Ta tête d'assassin »). Le premier de tous, tout à fait « soft » voire anodin, donne le ton et l'esprit de l'ensemble (un léger dérèglement dans un rituel de comptoir parfaitement rôdé) et son titre au recueil. Le deuxième est déjà nettement plus inquiétant («Mauvais rêve ») : un type a envie de tuer sa femme – rien d'anormal en soi n'est-ce pas – sauf qu'il lui annonce officiellement entre la poire et le fromage son désir irrépressible… Les accroches sont toujours incisives et changeantes et les chutes parfaites à chaque fois. Histoires de hautes et basses consommations ("Date limite ", ivresse à l'eau de glacier ; "La Tourte"), pleines de mauvaises odeurs et de remugles variés (« le souvenir de Fred » ; « Un voisin redoutable »), de fantasmes de maris jaloux (« le sixième commandement ») et d'hystérie masculine incontrôlable (« Testament d'un homme trop aimé", variation narcissique moderne à la testostérone), dans lesquelles on « monte » allègrement – grimpettes sexuelles vigoureuses et drôles c'est rare – sans jamais vouloir descendre au contraire du narrateur du train censé le ramener au pays natal (« Dans le train ») à trois stations de la fin. Génial. Ah, j'oubliais le "Tueur en série" à contre courant et quelques viscères et boyaux par ci par là juste pour la forme.
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Bellonzo
  19 janvier 2014
Je ne connaissais Franz Bartelt que de nom,et le savais très attaché à ses Ardennes.Mais les nouvelles du Bar des habitudes,si elles se passent dans une ville ardennaise,on ne peut pas ne pas penser à Charleville,tant honnie par Rimbaud,vont bien au delà de la vallée de la Meuse.Des petites gens,souvent un bistrot,des hommes et des femmes sans importance.Une petite musique parfois cocasse,parfois désespérante.Un peu de bière qui illumine,un peu trop de bière qui abrutit,des personnages au destin proche du vide et qui la plupart du temps finit par y sombrer.Un bel auteur loin de la scène mais qui conte des bouts de vie pas terribles,infiniment proches.Et la nôtre de vie,terrible?Et quel titre,Le bar des habitudes,si dérisoire,si peu engageant.Et pourtant la vie...
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absolu
  01 août 2012
Se prendre d'affection pour un tueur en série de femmes de notaires, qui pousse le crime à se considérer comme un artiste, qui aime à éveiller l'âme des foules, être considéré pour ses oeuvres et non plus des cadavres, être reconnu pour son talent. Et, le jour où il décide d'innover un peu, il n'est plus reconnu. C'est la grosse déprime, il lui faut remettre son ancienne technique au goût du jour.
Un couple aussi mou que le canapé dans lequel ils passeront mollement l'éternité, juste après que la télé a agonisé d'avoir éclairé 24/24h leurs pupilles et leurs paupières.
Une carrière de chanteuse, une vie brisée net par une simple couverture de magazine sur laquelle figure le nom de jeune fille de la star, nom qu'elle avait fui de tout son être
Un train qui n'en finit pas d'arriver à destination, encore faut-il en avoir une, de destination, tout du moins la fin de l'histoire
Que de destins d'inconnus, d'individus en apparence banals, au quotidien routinier, rouillé, voire triste, usé, et qui volent en éclat au moindre choc, au moindre mouvement inhabituel du temps, des éléments. Nouvelles aux allures de roman, elles se lisent sans discontinuer avec une facilité déconcertante. C'est surtout que, au fil des pages, l'on se demande si l'auteur va pouvoir faire encore mieux à la prochaine...
Encore un auteur à suivre, qui vous mène par le goût des mots et surtout par une imagination débordante, et contagieuse. Affreusement burlesque..

Lien : http://www.listesratures.fr/..
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darcourt
  17 février 2013
Un style intelligent au service de la distance et de l'humour. Un très bon recueil de nouvelles.
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BABOUNET
  13 janvier 2013
16 nouvelles savoureuses et souvent colorées d'un humour triste ou, si l'on préfère, tendre. Quand l'imprévu vient modifier le cours d'une existence... On lit ces nouvelles avec jubilation.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
telbeltelbel   28 septembre 2012
Malone n'avait jamais songé qu'un jour il aurait envie de tuer sa femme. Il en était amoureux. Après vingt ans de mariage, comme au premier jour. Cet amour ne lui coûtait aucun effort. Il l'aimait spontanément, naturellement, parce qu'il ne pouvait faire autrement. Et puis, ce matin, il s'était réveillé avec l'idée de la tuer. C'était une idée qui ne reposait sur aucun grief. Judith lui donnait satisfaction à tout point de vue. Elle lui était fidèle. Aurait-elle eu quelques aventures, qu'il ne se serait pas senti le courage de le lui reprocher. Quand on aime une femme, on aime tout en elle. Sa fidélité aussi bien que ses infidélités. Dans l'une comme dans les autres, elle ne pouvait qu'être elle même. Il l'aimait autant qu'un homme peut aimer une femme. Cela ne l'empêchait pas que tout d'un coup il;avait envie de la tuer.
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AlzieAlzie   12 septembre 2017
Il aborda le problème de Dieu. Il fut souverain. Il prouvait des choses à l'aide du calcul différentiel. Il avait des notions en mécanique quantique, très pratiques pour démontrer que Dieu existe en même temps qu'il n'existe pas, mettant ainsi d'accord, par l'extrême complication des paradoxes, les croyants, les incroyants et les sans-opinions.

Date limite, p. 73.
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AlzieAlzie   11 septembre 2017
Mais depuis vingt ans, il allait au pain à dix heures du matin. Ce sont des habitudes qu'on ne change pas ou alors la province ne serait plus la province et le pain n'aurait plus besoin du quotidien.

Le souvenir de Fred, p. 100.
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PinceauPinceau   07 mai 2016
Jusqu'au moment où les Hautiers avaient acheté la maison voisine de la sienne, il ignorait tout à fait ce qu'était le fascisme, ce qu'étaient les fascistes, à quoi ressemblait un homme d'extrême droite et même si ça ressemblait encore à un homme.
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AlzieAlzie   13 septembre 2017
Il avait supprimé sa première épouse pour toucher la prime de l'assurance-vie. On ne peut pas imaginer mobile plus rationnel. A la limite ce serait presque être excusable. Ce genre de meurtre applique à la lettre la philosophie capitaliste. C'est moins un crime qu'une opération comptable. On sacrifie une femme, on sauve une entreprise.

Lili, p. 130 - 131
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Videos de Franz Bartelt (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Franz Bartelt
Cercle Polar : un été en rouge et noir .Et si vous passiez votre été au soleil du polar ? A l'ombre des vieilles mémoires de l'hôtel du Grand Cerf, noires, bien noires, en compagnie de Franz Bartelt ? Dans les éclats rouge sang du dernier thriller de Franck Thilliez ? Ou, entre deux eaux, dans la prose fluide de David Humbert qui fait couler en rose, puis en vert, les robinets de la ville de Rouen ? Noir, rouge, rose, le polar, cet été, vous en fait voir de toutes les couleurs.
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Les objets d'exception du brocanteur, héros du roman de franz Bartelt :

Attention vous n’êtes pas obligé d’avoir lu « Le fémur de Rimbaud » pour répondre à ces questions rigolotes.

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