AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070363635
Éditeur : Gallimard (05/04/1973)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 66 notes)
Résumé :
Quand il ouvrit la porte, tous les yeux se tournèrent vers lui ; * Que me voulez-vous ? Dit-il.

Laurent était assis à califourchon sur une chaise devant le feu. * Il faut que je sache si c'est décidé ou non pour demain matin, dit Laurent. Demain.

Il regarda autour de lui. La pièce sentait la lessive et la soupe aux choux. Madeleine fumait, les coudes sur la nappe.

Denise avait un livre devant elle. Ils étaient vivants.... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Nadou38
  01 août 2016
«Le sang des autres» est le premier roman que je lis de Simone de Beauvoir. Il m'a été recommandé par mon ami jeeves_wilt pour découvrir cette auteure de la littérature française. Et je le remercie pour ce choix car j'ai beaucoup aimé.
C'est un roman dans lequel j'ai pourtant eu du mal à rentrer au départ, un style particulier qui ne se donne pas facilement, mais qui, au fil des pages, devient de plus en plus appréciable, prenant et émouvant au point de ne plus pouvoir le lâcher avant la fin. C'est sans doute cela avoir un style...
L'histoire débute avec Jean (Blomart) et Hélène, le premier au chevet de la seconde qui est mourante, pendant la période de l'occupation. Jean nous raconte alors sa rencontre et son histoire avec Hélène qui commence quelques années avant la guerre.
Ce qui donne une dimension supplémentaire à son récit, c'est qu'il est ponctué par de nombreuses questions existentielles, à savoir sa place parmi les autres, les répercussions que peuvent avoir ses actes sur son entourage plus ou moins proche. Cela l'immobilise et l'isole d'une certaine manière dans sa relation avec son entourage, en particulier Hélène qui pourtant essaie de franchir cette barrière. Hélène... le personnage que j'ai préféré et qui est pour moi finalement la vraie héroïne de cette histoire. Si je ne l'appréciais pas beaucoup au départ, trop légère à mon goût, je la trouve ensuite beaucoup plus intéressante dans sa relation avec Jean et elle se révèle véritablement vers la fin.
Des questions sur notre Être par rapport à l'autre, par rapport à la société, qui prennent une ampleur particulière dans cette période sombre et troublée de la seconde guerre mondiale. On ne peut s'empêcher alors de se poser ces questions sur nous-même.
Une magnifique découverte de l'univers de Simone de Beauvoir, je lirai d'autres ouvrages de la dame, c'est certain !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          122
henrimesquida
  26 septembre 2018
C'est un livre magnifique et poignant, qui traite du sujets aussi varié que la résistance, l'amour non partagé, et d'autres encore que je ne vous spoilerais pas.
Ce livre m'a plongé dans une tempête d'émotions. A partir du moment ou j'ai été prise dans l'histoire je n'ai plus pu m'en décrocher, et j'ai alors passé chacune de mes minutes de libre à le dévorer. Les 2 personnages principaux sont magnifiquement développés, attachants aussi bien par leurs qualités que par leurs défauts, accrochés à leurs idées comme des moules à leurs rochers, forts et si fragiles tout à la foi. L'essence même de l'humanité en fait.
Et l'histoire, magnifiquement portée par ces personnages, est déroulée tranquillement, sans heurts, malgré la tempête d'événements qu'elle contient.
Le livre s'ouvre sur la scène finale de l'histoire. La première fois que j'ai tenté de livre cette oeuvre ça m'a un peu déstabilisé: tu te retrouves plongée au coeur d'un drame dont tu ne connais ni les protagonistes, ni les causes.il faut continuer car l'éclaircie est rapide et la suite s'est révélée aussi prenante et vivifiante que la scène d'ouverture était incompréhensible et étouffante. Et cette première scène, d'abord incomprise, a su prendre tout son sens une fois arrivée la fin de l'histoire.
Allez-y, foncez, vous ne pourrez être que séduit.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
kastelanka
  24 février 2014
Alors la un coup de coeur total on aime on adore on s immerge. Simone de Beauvoir c est la Femme avec un grand F, l'écrivain par excellence. Chaque mot chaque situation de ce mot est pondéré étudié avec un but bien précis.
Commenter  J’apprécie          80
venividiosculavi
  30 août 2018
Simone de Beauvoir n'est pas encore le héraut du féminisme qu'elle deviendra dix ans plus tard. Ici, c'est le Castor qui écrit. On y retrouve tous les thèmes de prédilection de l'existentialisme : le destin, l'absurdité de la vie, la liberté, l'engagement social et politique. Mais c'est aussi une superbe histoire d'amour. le héros, Jean, est le type même de l'intellectuel peu sensible qui réfléchit à chacun de ses actes. Hélène quant à elle, a contrario, est naturelle et pleine de vie, proche de l'insouciance. Tous deux questionnent à leur manière le sens de leur existence. « Nous n'existons que si nous agissons » finiront-ils par conclure ensemble. Un roman certainement plus « populaire » que ceux de Sartre sur les mêmes thèmes.
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Nadou38Nadou38   29 juillet 2016
-Alors selon toi, dit Hélène, il y a des milliers de filles exactement pareilles à moi de par le monde ?
Paul rit placidement.
-Tu sais, on dit qu'il n'y a pas deux feuilles d'arbre exactement pareilles.
Hélène haussa les épaules avec impatience.
-Mais en gros, on peut les confondre ?
-En gros, oui, dit Paul qui riait toujours.
-Bon, dit Hélène ; elle se planta devant lui : Alors, pourquoi prétends-tu que tu m'aimes, moi, et pas une autre ?
-Il y a aussi des milliers de types comme moi sur terre, dit Paul. Et ça fait des milliers d'amours pareils au nôtre. Il prit Hélène aux épaules et la regarda gaiement : Chacun aime sa chacune.
-Mais, en somme, on pourrait échanger les chacuns et les chacunes, dit Hélène ; elle se dégagea : Il me semble que quand on aime vraiment quelqu'un, on n'a même pas l'idée qu'on pourrait aimer quelqu'un d'autre.
-Naturellement, dit Paul. Mais ça aussi, ça se rencontre dans tous les amours ; on n'en veut pas d'autres que celui qu'on a.
-Ah ! Tu m'embrouilles, dit Hélène ; elle fit un pas vers lui : Oui ou non, pourrais-tu aimer une autre fille que moi ?
Paul hésita une seconde ; ce qu'il y avait de terrible avec lui, c'est qu'il prenait tout tellement au sérieux ; elle ne lui demandait pas de répondre avec cette bonne foi.
-Maintenant, j'ai du mal à l'imaginer ; et pourtant, je sais bien que oui. Toi aussi, tu aurais pu aimer un autre type.
-Je n'ai jamais dit le contraire, dit Hélène. (P53/54)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
petopeto   08 avril 2010
- [...] sous prétexte d'éviter la guerre, ils vous font avaler n'importe quelle paix.
- Sous prétexte de révolution, vous nous jetteriez dans n'importe quelle guerre, dit Jardinet.
- Parce que nous, nous sommes des révolutionnaires, dit Masson. Vous avez peur de la révolution.
- Non, dis-je, mais ne voulons pas l'acheter par une guerre mondiale. Ce serait payer trop cher.
- On ne paiera jamais trop cher. Paul me regarda avec dédain. Vous n'arriverez jamais à rien, parce que vous ne voulez pas payer.
- C'est facile de payer avec le sang des autres.
- Le sang des autres et le nôtre, c'est le même, dit Paul.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Nadou38Nadou38   29 juillet 2016
-Peuh ! quoi qu'ils fassent, la vie ne vaudra jamais cher.
Je ne répondis pas ; je n'essayais jamais de discuter avec Madeleine ; plus les arguments qu'on lui opposait étaient convaincants, plus elle se méfiait de leurs artifices. D'ailleurs il était vrai que sa vie ne valait pas cher puisqu'elle la mettait elle-même à si bas prix ; son corps ne valait pas cher, elle le livrait avec indifférence à qui l'en sollicitait ; son temps ne valait pas cher, elle l'employait surtout à dormir ou à fumer, les yeux dans le vague ; elle n'aurait pas été dépourvue d'intelligence si elle n'eût estimé que ses pensées non plus ne valaient pas cher ; c'était rare qu'elle consentît à s'y arrêter. Ses plaisirs, ses intérêts, ses ennuis, ses sentiments même ne comptaient guère à ses yeux et personne ne pouvait les faire compter pour elle ; personne, sauf elle, ne pouvait faire qu'il fût important pour elle d'exister. (P85)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Nadou38Nadou38   30 juillet 2016
Tu m'as tendu la main et tu m'as dit, le nez baissé : "Au revoir, je vous demande pardon." Et j'ai senti dans mes bras un grand élan pour t'attirer à moi, pour te serrer contre mon coeur ; dans mes bras, le geste semblait si facile : facile à faire, et facile à défaire, un geste transparent et tout juste égal à lui-même. Mais j'ai gardé les bras collés le long de mon corps. Un geste, et Jacques est mort. Un geste, et quelque chose de neuf apparaît dans le monde, quelque chose que j'ai créé et qui se développe hors de moi, sans moi, entraînant après soi d'imprévisibles avalanches. "Il m'a serrée dans ses bras." Déjà je sentais sous tes yeux mon visage qui m'échappait ; que fût devenu dans ton coeur l'évènement opaque dont j'aurais chargé ton passé ? J'ai serré ta main avec indifférence ; je t'ai laissée partir seule par les rues en fête ; tu pleurais mais je ne le savais pas. Je suis parti de mon côté, me croyant encore seul moi aussi et caressant à ma guise un vague regret. Comme si tous ces baisers que je ne t'ai pas donnés ne nous avaient pas rivés l'un à l'autre aussi sûrement que les plus ardentes étreintes ; aussi sûrement que ces baisers que je ne te donnerai plus, que ces mots que je ne te dirai plus et qui me lient à toi à jamais, toi mon seul amour. (P99)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
walterver2terrewalterver2terre   27 juin 2015
- Je sais, moi je suis une petite bourgeoise, tu me le reproches assez. Et qu'est-ce que ça prouve? c'est marrant, cette manière d'expliquer toujours les gens par le dehors; on dirait que ce qu'on pense, ce qu'on est, ça ne dépend pas de nous.
- Ça, dépend beaucoup de notre condition dit Paul; il sourit : Et c'est justement parce que tu es une petite bougeoise que cette idée te révolte; tu as besoin de t'imaginer que ce qui t'arrive est unique, et que tu es unique toi-même.
- J'en suis bien persuadée, dit Hélène.
- Tous les petits bourgeois ont la manie de l'originalité, dit Paul. Ils ne se rendent pas compte que c'est encore une manière de se ressembler.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Simone de Beauvoir (78) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Simone de Beauvoir
George Sand, Joséphine de Beauharnais, Marguerite Duras, Simone de Beauvoir, Marie Curie, Colette, Édith Piaf, Sarah Bernhardt? Dans le dernier ouvrage de Jeanne Teisson, vingt femmes d?envergure et de talent sont réunies à travers les siècles par un point commun : les hommes qu?elles ont aimés étaient plus jeunes... Et ils les ont passionnément aimées.
Retrouvez l'ouvrage en magasin ou sur notre e-shop : https://bit.ly/2UqgZMa
#Sauramps #jeanneTeisson
autres livres classés : existentialismeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Simone de Beauvoir

Comme beaucoup de femmes des années 40, Simone de Beauvoir a adopté un accessoire (ou une coiffure) qu'on lui a vu sa vie entière. Lequel ?

Un chapeau à voilette
Un turban
Un canotier

10 questions
176 lecteurs ont répondu
Thème : Simone de BeauvoirCréer un quiz sur ce livre