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EAN : 9782226442345
224 pages
Éditeur : Albin Michel (24/04/2019)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 73 notes)
Résumé :
C'est un avis de recherche collé sous un abribus qui va bouleverser la vie de Nathan. Gavril, le vieil homme disparu, a sauvé son enfance de l'ennui et de la solitude auprès d'une mère taciturne en l'entraînant dans les rues de Paris et en l'enchantant de poésie et de fantaisie. Trente ans plus tard, Nathan mène une vie fade et morose que ce soudain rappel à l'enfance et aux silences maternels fait éclater. Lui qui n'a jamais voyagé se rend en Roumanie dont il ignor... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
jeunejane
  17 janvier 2020
Nathan, 45 ans s'abrite sous un abribus par temps de pluie. Il y découvre des photos de personnes disparues et reconnaît parmi celles-ci Gavril Krantz, un personnage qui avait beaucoup compté pour lui dans son enfance.
Nathan a connu Gavril en 1980. Il était enfant à Paris, souvent livré à lui-même car il vivait seul avec sa mère qui devait travailler.
C'est dans ces moments de solitude qu'il a connu Gavril, un comédien de rue avec une personnalité très riche.
Ce sont pour moi, les plus beaux moments du livre : ceux où Gavril fait découvrir les giboulées de mots, les palindromes au petit garçon Nathan. Ensemble, ils parcourent les rues et s'arrêtent devant les plaques commémoratives. C'est ainsi que Nathan apprend une partie de l'histoire de France.
Cela me faisait penser aux multiples promenades de Patrick Modiano dans les rues de Paris mais dans un tout autre genre.
Gavril est un personnage plein de vie, comédien de rue mais aussi amené à faire de petits boulots. Il est plein de vie, débrouillard. Il sera vraiment un personnage fondateur dans la vie de Nathan.La vie les a séparés à l'adolescence. Sylvie Germain fait parler Gavril avec un langage poétique, fantaisiste, très beau à lire et à relire même pour de nombreux passages.
Après l'apparition de la photo de l'abribus, Nathan part à la recherche de Gavril, de sa vie passée en Roumanie.
J'ai pour ma part préféré la première partie pleine de vie même si je comprends la recherche que fait Nathan devenu un homme solitaire. Il semble aller à la recherche de ses racines.
Challenge plumes féminines
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sabine59
  18 février 2020
Quel bonheur de renouer avec Sylvie Germain, que je lisais beaucoup il y a une quinzaine d'années ! Ce dernier livre d'elle, prêté par une amie, est un coup de coeur, comme l'a été pour moi " Magnus" en son temps.
C'est d'abord l'écriture si poétique, évocatrice, inventive, que j'ai retrouvée avec plaisir. Poétique, oui, il sera d'ailleurs souvent question de poèmes , notamment roumains, mais aussi français , particulièrement d'Apollinaire et Rimbaud, dans cette histoire émouvante.
Le 6 septembre 2015, le hasard va bouleverser la vie de Nat(h)an, lorsqu'il aperçoit cet avis de disparus sur un abribus parisien: y figure la photo de celui qui a illuminé son enfance et son adolescence solitaires, en manque de tendresse maternelle.
L'homme-ibis si farfelu, au regard roux, avec qui il a déambulé dans Paris, qui lui a appris tant de poèmes qu'il déclamait aux passants, entrecoupés de sons étranges, et de musiques soufflées d'instruments improbables. Gavril , le roumain exilé, le tzigane dont toute la famille a été broyée par les nazis. Gavril qu'il croyait mort, par sa faute. On le lui avait dit. Mais il est toujours vivant!
S'en suit une enquête, une quête personnelle, des révélations bouleversantes, et une renaissance... Je préfère ne pas en dire plus, laissons la magie des mots, la source d'émotions toucher aussi d'autres lecteurs...
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Biblioroz
  15 juillet 2019
Une averse et Nathan s'en protège sous un abribus. Côtoyant quelques annonces, y sont placardés des avis de recherche, des portraits mal photocopiés de disparus. Parmi eux, celui d'un vieil homme, une tache noire sur la tempe gauche : Gavril, échappé d'un hôpital.
L'émotion submerge Nathan. Des flashs, des souvenirs le ramènent plus de vingt-cinq ans en arrière.
Gavril est ce saltimbanque, perché sur des échasses, qui a su tromper la solitude de Nathan alors qu'il avait neuf ans et traînait son ennui dans un quartier de Paris. Gavril, l'inventeur d'instruments à vent et à mots, lui a ouvert un monde de fantaisies et de poésies et lui a insufflé confiance et énergie qui lui faisaient tant défaut.
Mais cette surprenante amitié intergénérationnelle a été rompue.
Nathan a continué sa vie, sans enthousiasme, sans saveur « …et sa vie, il l'a sirotée ainsi qu'une infusion tiède. »
Histoire toute en finesse, magnifiquement écrite, qui oscille entre mélancolie et joie de vivre choisie et défendue par Gavril. Il faut se laisser charmer par ces phrases si artistiquement composées. Elles déroulent, progressivement, un subtil chemin vers une compréhension de soi et des autres.
L'idée de Sylvie Germain est très belle. En revenant sur les images, mais aussi sur les blancs laissés par cette amitié, Nathan va trouver des réponses sur le passé de son ami, sur la froideur de sa mère, sur sa vie inaccomplie. de cette nostalgie qui l'étreint au souvenir des années illuminées par cette amitié, Nathan va s'éveiller.
L'auteure nous éclaire avec la lumière que Gavril a su tirer des ténèbres malgré l'oppression et la persécution subies dans son pays natal, la Roumanie. C'est tout un univers musical et poétique qui l'a porté vers la liberté et la vie.
Les pages sont habitées de nostalgie, de mélancolie, de regret, d'injustice historique et amoureuse mais aussi de joie, de poésie, de dynamisme et d'optimisme.
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zabeth55
  02 juin 2019
Un petit garçon et un musicien de rue qui joue aussi avec les mots se rencontrent.
« Une chimère homme-oiseau », c'est ainsi que l'homme apparaît à l'enfant.
Ensemble ils arpentent les rues de Paris.
L'homme raconte à l'enfant les plaques, les inscriptions, la vie de Paris.
Quelques années de bonheur pour l'un comme pour l'autre, suivies d'une séparation brutale.
L'enfant devenu adulte ne s'en remettra jamais.

Encore une belle histoire de Sylvie Germain, et surtout, de magnifiques personnages.
Avec son talent habituel, elle crée une ambiance subtile, des relations extraordinaires, des situations improbables.
Et comme à chaque fois, la magie opère.
On est sous le charme de l'écriture, de l'histoire, de ces êtres inventés.
Nathan, Gavril…… ils restent là, bien présents, longtemps après la dernière page tournée.
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Bazart
  03 juin 2019
Nathan découvre sur un avis de recherche le visage d'un homme qu'il croyait mort depuis vingt cinq ans, un saltimbanque roumain qu'il a croisé lors de son adolescence et qui avait totalement enjolivé sa triste vie de l'époque, lui, adolescent timoré.
Nathan décide alors de partir à la rencontre de cet ami perdu de vue, essayant de savoir pourquoi on lui a caché qu'il était toujours vivant et cette amitié vive entre un jeune enfant et un immigré tzigane est le sel de cette épopée sur les traces de son passé.
Le charme de Sylvie Germain dont on a souvent parlé sur baz'art continue de fonctionner à plein régime avec ce nouveau roman : la narration alterne les allers retours entre passé et présent et nous dit pas mal de choses passionnantes sur les lâchetés des hommages, la persécution des tziganes pendant la 2e guerre mondiale, les courages insoupçonnés qu'on a au fond de soi et sa faculté de réconciliation intérieure.
"Obtempérer à l'air du temps ne pas se faire remarquer plus que nécessaire. Toute cette inconsistance lui saute aux yeux, le prend à la gorge."
Grâce à la plume lumineuse et délicate de Sylvie Germain, ce conte s'avère avant tout comme une formidable ode aux poètes et aux traces que les grands hommes laissent derrière soi, ainsi qu'à la beauté des cultures ancestrales .
Oeuvre singulière, fable philosophique et poétique, ce "vent reprend ses tours" nous emporte très loin en littérature pour peu que l'on accepte le voyage.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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critiques presse (4)
Chatelaine   13 juin 2019
Parce que c’est une belle histoire, lumineuse, et sombre aussi. Sylvie Germain ose les bons sentiments tout en évitant le piège de la mièvrerie.
Lire la critique sur le site : Chatelaine
LeSoir   27 mai 2019
La poésie habite les personnages de « Le vent reprend ses tours » autant qu’elle imprègne le texte.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LeMonde   17 mai 2019
Sylvie Germain a écrit ici, serrés, entrelacés, une fable poétique, un roman d’initiation, un grand livre des origines, un carnet de voyage, une anthologie de littératures sensibles.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaCroix   10 mai 2019
Sylvie Germain raconte l’amitié insolite d’un jeune garçon et d’un artiste de rue roumain, libre et fantaisiste. Un roman sur la naissance à soi.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
ouilapaixouilapaix   20 novembre 2020
Il aimait poser sa tête, après l'amour, sur le ventre des femmes, là où mugit le chant confus de la chair, où bat le sourd et lancinant fredon du sang, des entrailles, de la vie. La peau tendre du ventre, délicate, parfois moelleuse, si voluptueuse à caresser, et dessous les viscères, magma de matières visqueuses, spongieuses , de boue fécale et d'aquosités. L'endroit et l'envers, l'exhibition et l'enfouissement, le séduisant et le nauséabond, indissociables.
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jeunejanejeunejane   17 janvier 2020
Il ne méprisait aucun emploi, assumait correctement chacun de ceux qu'il trouvait, en changeait sans état d'âme. Il gagnait ce qui lui était nécessaire pour assumer sa survie, son indépendance, et organiser de temps en temps une fête à laquelle il conviait ses amis, un banquet de vins, de chants et de déclamations, de danses et de jeux,...Il qualifiait ces soirées de "coups de paradis"...
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PetiteBalabolkaPetiteBalabolka   28 avril 2019
Gavril était un grand marcheur et lecteur. Il déambulait dans la ville comme dans un livre, il la feuilletait dans tous les sens. Il considérait en effet les villes à l’égal de livres débrochés, aux pages éparses mais gravitant autour d’un axe invisible lentement dessiné par l’Histoire au fil des siècles. Certaines pages étaient sans intérêt, car non ou mal écrites, d’autres bruissaient de mémoire. Il disait qu’une ville, ça s’arpente et ça se lit, que marcher c’est lire, avec tout son corps, tous ses sens, et que lire c’est marcher, dans sa tête, dans le temps, jusqu’aux confins de soi, jusqu’aux lisières du monde.
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BibliorozBiblioroz   13 juillet 2019
Il aimait procurer du bonheur, de l'énergie, pas de la tristesse, il retournait très vite la gravité d'un propos en quelque chose de plus gai, plus vivace. Il avait le sens de la joie, qui m'a toujours fait défaut. Il disait que la joie, on peut en donner sans compter, même quand on n'en éprouve pas soi-même, parce que du seul fait d'en donner, on la crée. De la joie ex nihilo ! On crée quelque chose qui n'existait pas, à partir de rien, et on le fait exploser pour le multiplier et le distribuer !
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Pau_linePau_line   08 juin 2019
Chez beaucoup de vieilles gens les strates du temps se fissurent, basculent, se renversent, le passé prend le dessus sur le présent, la voix d'enfance depuis si longtemps tue croît peu à peu en volume, en ampleur, et plus elle a été réduite au secret, frappée d'oubli, plus elle remonte en force. Mais chez certains individus, même ainsi poussée, pressée par les remous et les bruissements qui pulsent des tréfonds de leur chair, la voix d'enfance ne trouve pas une issue assez large pour se libérer, elle ne sait que s'écorcher dans les méandres et les éboulis de leur mémoire, alors elle suinte comme un pus de larmes, une sueur de chagrin à travers leur respiration un peu rauque, elle s'échappe à travers leurs hésitations, leurs achoppements contre des mots qui se dérobent, leurs confusions de termes, de dates, ou encore à travers leurs regards perdus. Dans ces moments-là, au cœur même de leur confusion, quelque chose transparaît - des fractions de sens, des frôlements de mémoire, des appels. Quelque chose se dit, qu'il faut saisir à la volée, mais en douceur, et aider à se déployer, à se confier, pour le mettre en récit.
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