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ISBN : 2226442340
Éditeur : Albin Michel (24/04/2019)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 25 notes)
Résumé :
C'est un avis de recherche collé sous un abribus qui va bouleverser la vie de Nathan. Gavril, le vieil homme disparu, a sauvé son enfance de l'ennui et de la solitude auprès d'une mère taciturne en l'entraînant dans les rues de Paris et en l'enchantant de poésie et de fantaisie. Trente ans plus tard, Nathan mène une vie fade et morose que ce soudain rappel à l'enfance et aux silences maternels fait éclater. Lui qui n'a jamais voyagé se rend en Roumanie dont il ignor... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
PetiteBalabolka
  18 mai 2019
Je pourrais lire Sylvie Germain rien que pour la beauté de son écriture. Des phrases qui me donnent envie de lire à voix haute, des mots choisis avec une telle justesse que j'en reste béate et me demande "mais c'est juste parfait ce passage, comment fait-elle pour trouver les mots qui conviennent exactement ?"
Ce n'est pas le premier roman que je lis d'elle, je n'ai jamais osé en chroniquer un seul car je me sens d'une maladresse terrible pour rendre compte non seulement de la finesse de son écriture mais aussi de l'intelligence de son propos.
Lire un livre de Sylvie Germain, c'est entrer en subtilité. Avec son écriture discrète, poétique qui par moment tutoie le fantastique, Sylvie Germain nous emmène sur les pas de Nathan et Gavril et sur un chemin réflexif des plus intéressants.
Gavril (forme populaire de "Gabriel") est un saltimbanque, un amoureux des mots et de la vie, marcheur et déambulateur, musicien-poète (il joue de "l'olifantastique" et du "poèmophone"), un merveilleux personnage de roman en tout cas. Nathan le rencontre par hasard, un jour de grand ennui, un jour ordinaire en fait pour ce garçon timide et bègue, à qui l'on s'adresse peu, même pas sa mère pour qui il est transparent et encombrant. Gavril, une figure fantasque et bienveillante qui extirpe Nathan de sa morosité, lui redonne l'assurance et l'affection dont il était privé. Mais Gavril a disparu et Nathan, devenu adulte, a repris sa vie mécanique et insipide.
A travers cette histoire d'amitié entre le poète et l'enfant, Sylvie Germain tisse des pistes de réflexion que chacun investira en fonction de sa sensibilité : de quoi se construit un individu ? quelle place la littérature, la poésie et plus généralement le langage ont-ils dans cette construction ? Comment être présent à soi-même quand on n'a pas été regardé ?
Un roman intelligent et fin servi par une écriture à la musicalité délicate, un très beau moment de lecture.
Lien : https://leschroniquesdepetit..
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Biblioroz
  15 juillet 2019
Une averse et Nathan s'en protège sous un abribus. Côtoyant quelques annonces, y sont placardés des avis de recherche, des portraits mal photocopiés de disparus. Parmi eux, celui d'un vieil homme, une tache noire sur la tempe gauche : Gavril, échappé d'un hôpital.
L'émotion submerge Nathan. Des flashs, des souvenirs le ramènent plus de vingt-cinq ans en arrière.
Gavril est ce saltimbanque, perché sur des échasses, qui a su tromper la solitude de Nathan alors qu'il avait neuf ans et traînait son ennui dans un quartier de Paris. Gavril, l'inventeur d'instruments à vent et à mots, lui a ouvert un monde de fantaisies et de poésies et lui a insufflé confiance et énergie qui lui faisaient tant défaut.
Mais cette surprenante amitié intergénérationnelle a été rompue.
Nathan a continué sa vie, sans enthousiasme, sans saveur « …et sa vie, il l'a sirotée ainsi qu'une infusion tiède. »
Histoire toute en finesse, magnifiquement écrite, qui oscille entre mélancolie et joie de vivre choisie et défendue par Gavril. Il faut se laisser charmer par ces phrases si artistiquement composées. Elles déroulent, progressivement, un subtil chemin vers une compréhension de soi et des autres.
L'idée de Sylvie Germain est très belle. En revenant sur les images, mais aussi sur les blancs laissés par cette amitié, Nathan va trouver des réponses sur le passé de son ami, sur la froideur de sa mère, sur sa vie inaccomplie. de cette nostalgie qui l'étreint au souvenir des années illuminées par cette amitié, Nathan va s'éveiller.
L'auteure nous éclaire avec la lumière que Gavril a su tirer des ténèbres malgré l'oppression et la persécution subies dans son pays natal, la Roumanie. C'est tout un univers musical et poétique qui l'a porté vers la liberté et la vie.
Les pages sont habitées de nostalgie, de mélancolie, de regret, d'injustice historique et amoureuse mais aussi de joie, de poésie, de dynamisme et d'optimisme.
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zabeth55
  02 juin 2019
Un petit garçon et un musicien de rue qui joue aussi avec les mots se rencontrent.
« Une chimère homme-oiseau », c'est ainsi que l'homme apparaît à l'enfant.
Ensemble ils arpentent les rues de Paris.
L'homme raconte à l'enfant les plaques, les inscriptions, la vie de Paris.
Quelques années de bonheur pour l'un comme pour l'autre, suivies d'une séparation brutale.
L'enfant devenu adulte ne s'en remettra jamais.

Encore une belle histoire de Sylvie Germain, et surtout, de magnifiques personnages.
Avec son talent habituel, elle crée une ambiance subtile, des relations extraordinaires, des situations improbables.
Et comme à chaque fois, la magie opère.
On est sous le charme de l'écriture, de l'histoire, de ces êtres inventés.
Nathan, Gavril…… ils restent là, bien présents, longtemps après la dernière page tournée.
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Bazart
  03 juin 2019
Nathan découvre sur un avis de recherche le visage d'un homme qu'il croyait mort depuis vingt cinq ans, un saltimbanque roumain qu'il a croisé lors de son adolescence et qui avait totalement enjolivé sa triste vie de l'époque, lui, adolescent timoré.
Nathan décide alors de partir à la rencontre de cet ami perdu de vue, essayant de savoir pourquoi on lui a caché qu'il était toujours vivant et cette amitié vive entre un jeune enfant et un immigré tzigane est le sel de cette épopée sur les traces de son passé.
Le charme de Sylvie Germain dont on a souvent parlé sur baz'art continue de fonctionner à plein régime avec ce nouveau roman : la narration alterne les allers retours entre passé et présent et nous dit pas mal de choses passionnantes sur les lâchetés des hommages, la persécution des tziganes pendant la 2e guerre mondiale, les courages insoupçonnés qu'on a au fond de soi et sa faculté de réconciliation intérieure.
"Obtempérer à l'air du temps ne pas se faire remarquer plus que nécessaire. Toute cette inconsistance lui saute aux yeux, le prend à la gorge."
Grâce à la plume lumineuse et délicate de Sylvie Germain, ce conte s'avère avant tout comme une formidable ode aux poètes et aux traces que les grands hommes laissent derrière soi, ainsi qu'à la beauté des cultures ancestrales .
Oeuvre singulière, fable philosophique et poétique, ce "vent reprend ses tours" nous emporte très loin en littérature pour peu que l'on accepte le voyage.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Achillevi
  15 août 2019
Une histoire profondément émouvante toute en finesse et en poésie. Une structure narrative vive et entraînante. Des jeux avec les mots, la langue où l'humour, la tendresse et la tristesse affleurent pour cautériser la souffrance de destins meurtris, leur rendre la grâce de la beauté et en faire sourdre le sens. Un fils à la recherche de sa mère et de l'amour, une mère en manque du souffle de son fils, le tout uni par la grâce d'un saltimbanque féru de poésie. Un très beau livre assurément.
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critiques presse (4)
Chatelaine   13 juin 2019
Parce que c’est une belle histoire, lumineuse, et sombre aussi. Sylvie Germain ose les bons sentiments tout en évitant le piège de la mièvrerie.
Lire la critique sur le site : Chatelaine
LeSoir   27 mai 2019
La poésie habite les personnages de « Le vent reprend ses tours » autant qu’elle imprègne le texte.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LeMonde   17 mai 2019
Sylvie Germain a écrit ici, serrés, entrelacés, une fable poétique, un roman d’initiation, un grand livre des origines, un carnet de voyage, une anthologie de littératures sensibles.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaCroix   10 mai 2019
Sylvie Germain raconte l’amitié insolite d’un jeune garçon et d’un artiste de rue roumain, libre et fantaisiste. Un roman sur la naissance à soi.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
BibliorozBiblioroz   13 juillet 2019
Il aimait procurer du bonheur, de l'énergie, pas de la tristesse, il retournait très vite la gravité d'un propos en quelque chose de plus gai, plus vivace. Il avait le sens de la joie, qui m'a toujours fait défaut. Il disait que la joie, on peut en donner sans compter, même quand on n'en éprouve pas soi-même, parce que du seul fait d'en donner, on la crée. De la joie ex nihilo ! On crée quelque chose qui n'existait pas, à partir de rien, et on le fait exploser pour le multiplier et le distribuer !
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PetiteBalabolkaPetiteBalabolka   28 avril 2019
Gavril était un grand marcheur et lecteur. Il déambulait dans la ville comme dans un livre, il la feuilletait dans tous les sens. Il considérait en effet les villes à l’égal de livres débrochés, aux pages éparses mais gravitant autour d’un axe invisible lentement dessiné par l’Histoire au fil des siècles. Certaines pages étaient sans intérêt, car non ou mal écrites, d’autres bruissaient de mémoire. Il disait qu’une ville, ça s’arpente et ça se lit, que marcher c’est lire, avec tout son corps, tous ses sens, et que lire c’est marcher, dans sa tête, dans le temps, jusqu’aux confins de soi, jusqu’aux lisières du monde.
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Pau_linePau_line   08 juin 2019
Chez beaucoup de vieilles gens les strates du temps se fissurent, basculent, se renversent, le passé prend le dessus sur le présent, la voix d'enfance depuis si longtemps tue croît peu à peu en volume, en ampleur, et plus elle a été réduite au secret, frappée d'oubli, plus elle remonte en force. Mais chez certains individus, même ainsi poussée, pressée par les remous et les bruissements qui pulsent des tréfonds de leur chair, la voix d'enfance ne trouve pas une issue assez large pour se libérer, elle ne sait que s'écorcher dans les méandres et les éboulis de leur mémoire, alors elle suinte comme un pus de larmes, une sueur de chagrin à travers leur respiration un peu rauque, elle s'échappe à travers leurs hésitations, leurs achoppements contre des mots qui se dérobent, leurs confusions de termes, de dates, ou encore à travers leurs regards perdus. Dans ces moments-là, au cœur même de leur confusion, quelque chose transparaît - des fractions de sens, des frôlements de mémoire, des appels. Quelque chose se dit, qu'il faut saisir à la volée, mais en douceur, et aider à se déployer, à se confier, pour le mettre en récit.
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Pau_linePau_line   08 juin 2019
Gavril était un grand marcheur, et lecteur. Il déambulait dans la ville comme dans un livre, il la feuilletait dans tous les sens. Il considérait en effet les villes à l'égal de livres débrochés, aux pages éparses mais gravitant autour d'un axe invisible lentement dessiné par l'Histoire au fil des siècles. Certaines pages étaient sans intérêt, car non ou mal écrites, d'autres bruissaient de mémoire. Il disait qu'une ville, ça s'arpente et ça se lit, que marcher c'est lire, avec tout son corps, tous ses sens, et que lire c'est marcher, dans sa tête, dans le temps, jusqu'aux confins de soi, jusqu'aux lisières du monde. Leurs balades étaient scandées de nombreux arrêts, l'attention de Gavril étant toujours à l'affût de ce qu'ils qualifiait de mémentos et de stigmates.
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BazartBazart   03 juin 2019
En disant cela, Gavril avait esquissé quelques pirouettes avec la grâce d'un balai brosse, manié par un pochard.
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Videos de Sylvie Germain (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sylvie Germain
La peur de l'échec vous paralyse et vous empêche d'avancer ? Un peu de courage ! C'est dans "Le vent reprend ses tours" de Sylvie Germain que l'on en puise, comme nous le prouvent Héloïse Goy et Tatiana Lenté, autrices du livre "Bibliothérapie" paru aux éditions Hachette Pratique.
En savoir plus sur "Bibliothérapie : 500 livres qui réenchantent la vie" ? http://bit.ly/Bibliotherapie-500-livres
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