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ISBN : 2260052924
Éditeur : Editions Julliard (24/01/2019)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.17/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Cette année-là, j'avais vingt-deux ans et j'allais, au même moment, rencontrer l'insaisissable Paul Darrigrand et flirter dangereusement avec la mort, sans que ces deux événements aient de rapport entre eux. D'un côté, le plaisir et l'insouciance ; de l'autre, la souffrance et l'inquiétude. Le corps qui exulte et le corps meurtri. Aujourd'hui, je me demande si, au fond, tout n'était pas lié. Après Arrête avec tes mensonges, Philippe Besson poursuit son dialogue avec... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Sociolitte
  06 février 2019
Après Thomas Andrieu dans "Arrête avec tes mensonges", Philippe Besson continue d'explorer et d'exposer ses amours de jeunesse. "Un certain Paul Darrigrand". La fois de trop ?
« Sauver quelque chose du temps où l'on ne sera plus jamais » : cette citation en exergue issue des "Années" d'Annie Ernaux, semblait le présager, j'allais retrouver l'écriture sensible et passionnée de l'auteur d' "En l'absence des hommes" ou de "Vivre vite".
Après l'inutile "Un personnage de roman" sur la campagne présidentielle d'un certain Emmanuel M. (mais qui lui a tout de même valu la nomination a un des postes les plus convoités de la diplomatie française) il était temps que l'auteur de "L'Arrière saison" renoue avec son style si subtile et avec son public.
Ça commence par une photo retrouvée, des « souvenirs enfouis », des « épisodes occultés ». Une « résurgence imprévue ». C'est répétitif, je sais. Mais, préparez-vous, ça ne fait que commencer.
Car dans le nouveau Philippe Besson, deux adjectifs pour dire la même idée valent mieux qu'un. Écrits en gros caractères, si possible, comme ça on gagne de la place.
Donc il retrouve une photo cornée, passée, prise pour « conserver une trace », une réalité à l'existence de ce « nous ». Car ce sont des amoureux cachés, on s'en doutait.
Lourde, emphatique et brouillon :
« Je dis », « il dit », « je pense », « je le veux ». Puis, il explique : la vie c'est pas comme ça... Il explique tout, même la suite...
C'est construit comme une énigme dont on nous dit tout : « j'aurai dû me douter, il est comme ça »...
Le drame poind, mais poind lourdement.
Pour moi, il manque la magie Besson, sa séduction.
Déçu, donc, forcément.
Abandonné en janvier 2019.
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La_Bibliotheque_de_Juju
  13 février 2019
On peut dire que j'attendais ce nouveau roman de Philippe Besson.
Nos rendez-vous ne m'ont jamais déçu. Une plume qui me parle. Qui me bouleverse. Qui si souvent a raisonné en moi … Et j'attends chaque livre comme un battement de coeur. Un moment spécial. Une émotion toujours renouvelée.
J'ai dévoré UN CERTAIN PAUL DARRIGRAND.
On retrouve ici ce qui a fait le succès d'ARRETE AVEC TES MENSONGES. le récit débute quelques mois après son histoire avec Thomas Andrieu et Besson nous va nous raconter cette nouvelle histoire d'amour et son combat contre la maladie qui va venir bouleverser sa jeunesse.
Philippe Besson se livre ici plus que jamais et « avoue » les pirouettes qu'il a pu faire dans ses précédents ouvrages. Il évoque la part de vrai et de romanesque contenus par exemple dans SON FRERE ou dansUN GARCON D'ITALIE, confessions oh combien intéressantes pour qui a déjà lu Besson. Pour qui aime ses écrits.
On a donc ici une sorte de suite aux confessions entamées dans ARRETE AVEC TES MENSONGES avec cet incertain Paul Darrigrand en lieu et place de Thomas Andrieu.
Oui mais justement ce Paul Darrigrand là n'est pas Thomas Andrieu …
Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé. Besson offre une part de sa vérité et la partie consacrée à la maladie m'a plus emportée que l'histoire d'amour avec Paul.
Peut-être parce que j'avais cette sensation de redite, avec cet amour une nouvelle fois caché, dissimulé.
Peut-être parce que le précédent livre m'avait tellement bouleversé et je ne voulais pas savoir que quelqu'un était venu après Thomas Andrieu. Figure pour moi d'un immense amour. Où rien ne peut exister après.
Evidemment, la plume de Besson est sublime, intime et émouvante, ne vous méprenez pas. Qui aime l'auteur passera un excellent moment et se plaira dans ses lignes intimes et poétiques.
Même si le fantôme de Thomas risque de laisser un certain goût de nostalgie à certains d'entre nous.
Lien : https://labibliothequedejuju..
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ninachevalier
  02 février 2019

Philippe Besson poursuit dans la veine autobiographique en relatant une autre tranche de vie : sa période estudiantine à Rouen puis à Bordeaux de 1988 à 1989.
Dès le début, l'auteur s'adresse à son lecteur ( « Que je vous dise »), l'impliquant dans une certaine proximité avant de se livrer de façon intime.
Si Michel Houellebecq dénigre la ville de Niort, de Bordeaux, à l'époque, il garde le souvenir des « façades couleur corbeau », « des eaux boueuses de la Garonne ».

Le déclic de ce roman ? Une photo retrouvée, sans date, mais qui remonte à décembre 1988.
Photo prise dans un de ses lieux de prédilection, l'île de Ré, île des jours heureux et des souvenirs qui rendent l'écrivain nostalgique. le romancier se remémore ces courtes vacances où est née sa liaison avec « un certain Paul Darrigrand » , « boucles brunes, peau claire, immaculée », vingt-quatre ans, son aîné de trois ans. Quelques minutes suffisent parfois à tout faire basculer, surtout quand « un regard insoutenable », « un sourire inoubliable » et charmeur vous foudroient.
Il revient sur leur première rencontre, un frôlement, un coup de foudre, tel un «  éblouissement ».
Il nous plonge au coeur de leurs retrouvailles épisodiques : étreintes fugitives, urgence des corps. Il nous confie toutes ses interrogations sur leur idylle. L'entomologiste des coeurs décrypte les moindres paroles, les moindres gestes de son amant, taraudé par l'incertitude. Il sonde la fiabilité du « sentiment », du désir de Paul. Vit-il «  un simple adultère ou une vraie histoire ? » Quant à lui, le voilà aimanté : «  Il y a des gens comme ça, on ne peut s'empêcher de penser à eux, de les désirer ».
Paul éprouve-t-il vraiment de l'amour, tout en étant marié à Isabelle ? La culpabilité va les ronger.
Philippe Besson s'épanche, faisant le constat qu'il tombe toujours sur un partenaire dont la situation les contraint à s'aimer en cachette, à «  faire gaffe ». Il n'avait pas réalisé que Paul était bisexuel, mais Paul l'informe de son «  ambivalence ». Désireux de savoir pourquoi il cherche à le revoir, il est stupéfait d'apprendre que Paul a été troublé par son intelligence et encore plus décontenancé quand il lui avoue que «  c'est irrésistible, l'intelligence ».
Et si on a en mémoire l'injonction de la mère du narrateur (1) qui espérait le voir cesser ses mensonges, force est de constater qu'ils ont perduré, dans la relation avec Isabelle, la femme de Paul. « Je peux facilement tromper mon monde », rappelle-t-il.

Le narrateur brosse un autoportrait sans complaisance du jeune homme qu'il était avec ses «  lunettes de myope, son absence de charme, peu mature, futile,farouche, mal dégrossi... ».
Par contre on note qu'il est toujours le fils obéissant, le bon élève exemplaire qui continue à réussir brillamment.( DESS de Droit du travail en poche à 22 ans.) Fan de Goldman qu'il écoute en boucle.
La lecture a comblé sa solitude, le quotidien morne des cours. Grand lecteur de Duras, d'Hervé Guibert, de littérature étrangère. Il rend un discret hommage aux librairies qu'il a fréquentées avant d'y revenir pour signer. ( Mollat de Bordeaux et L'Armentière de Rouen).
Pour rassurer sa mère, il consent à passer un check -up, c'est alors qu'une anomalie de sang est décelée. Pas facile de suivre en même temps les cours et le traitement nécessaire. Il va vivre un moment douloureux, mais bien entouré, il surmontera les contraintes.
Il nous émeut quand il nous fait partager les affres de l'attente de son premier résultat, puis du second, celui du test HIV. Et si lui aussi était atteint ? Comment en parler à Paul ?
Philippe Besson saisit l'occasion pour décliner sa gratitude envers le personnel médical.
Imagine-t-on cette époque où il n'y avait pas de portables pour écouter une voix aimante, réconfortante dans son lit d'hôpital? Dans cet épisode, l'écrivain explore la relation patient/soignant ainsi que celle du malade avec son entourage. Avec le recul, c'est avec poésie qu'il relate sa traversée au long cours comme sur «  un bateau ivre ». le lecteur quitte ce navire qui «  a tangué sur des eaux houleuses, dans un décor d'apocalypse », avec la nausée et secoué ! Soulagé d'apprendre sa guérison mais bouleversé par le poignant message qu'il glisse à sa mère .
Pendant la période de la maladie où il a tutoyé la mort, il se sent double. Celui qui est « insouciant, amoureux », et l'autre « soumis, anxieux ».
L' évocation de son ami disparu, Matthieu, renvoie à l'ouvrage « Patient zero » (2) , dans lequel Philippe Besson évoque «  cette saloperie » qui lui a ravi ses amis proches. «  Chaque annonce, le plus souvent au téléphone, est une crucifixion ». Matthieu, aux « yeux verts en amande » lui a inspiré son personnage Vincent de l'Étoile dans En l'absence des hommes.

Quand le travail de Paul le conduit à Paris, une question le taraude : l'éloignement va-t-il sonner le glas de leur relation ? L'évolution de leurs liens, au lecteur de la découvrir.
Chez Philippe Besson, on retrouve des thèmes récurrents : la dépendance, le manque, la morsure de l'absence, les amours malheureuses, secrètes et impossibles et la frustration qui en découle.
Pour insister sur certains mots, phrases, il les met en italique : « parade amoureuse », « veux ».
Il apporte un éclairage nouveau sur ses romans précédents et montre comment ce qu'il a vécu a irrigué ses fictions tout en transposant la réalité. « Un écrivain joue en permanence entre vérité et mensonge, sur une ligne de crête. Qu'on écrive des romans ou de l'autofiction, on emprunte toujours à sa vérité intime », répond-t-il dans une interview.
En toile de fond, le récit embrasse les évènements qui ont secoué le monde :en 1988 l'explosion de 'avion sur Lockerbie, «  l'affaire Judith Barsi ». En Juin 1989, la finale de Roland Garros «  entre dans l'histoire » tandis qu'à Pékin , sur la place Tiananmen, un jeune homme fait face aux chars.
La bibliothèque Mitterrand est en projet.

Dans ce roman empreint de nostalgie et de gravité où Eros et Thanatos se côtoient, l'auteur convoque ses souvenirs de jeunesse et se livre sans filtre avec sincérité et sensibilité.
Un livre qui aurait pu s'intituler : « Et rester vivant » si ce titre n'avait pas déjà été pris par Jean-Philippe Blondel. Comme Annie Ernaux, Philippe Besson est soucieux de laisser une trace. Pour lui, « écrire témoigne qu'on n'oublie pas ». S'il trouve que les mots lui manquent pour traduire son ressenti, il réussit parfaitement à nous émouvoir, à susciter notre empathie et à nous donner envie de lire ou relire les romans mentionnés.
Une fois refermé, souvenez-vous , lecteur que « Tout est dans les livres. Tout » !
(1) Dans Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson, Prix du roman Psychologies 2017 - Julliard
(2) Patient zéro de Philippe Besson - Incipit ( 12€)
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manU17
  22 février 2019
"Non, nous ne parlons jamais de ce qui arrive. Éventuellement, nous évoquons notre passé intime, par petites touches, ce sont des conversations impressionnistes ; une peinture pointilliste de Seurat."
Tout commence par une rencontre au restaurant universitaire, l'aplomb d'un jeune homme, le trouble d'un autre. le sort en est jeté. Mais le jeune homme est marié. L'histoire s'annonce compliquée, assaisonnée du frisson de l'interdit. Après le triangle amoureux, la maladie du héros narrateur ajoute au romanesque de la situation.
Arrête avec tes mensonges m'avait bouleversé. L'écriture m'a séduit comme souvent. L'histoire surtout m'a parlé. L'universalité d'une histoire d'amour. Un amour qu'il faut taire a forcément plus de valeur aux yeux de ceux qui le vivent. La beauté du secret. Il est aussi souvent plus douloureux. Et puis l'identification, bien entendu. On se dit que ça aurait pu être soi. Les choix se font parfois. Parfois, ils s'imposent à vous. Ils vous frappent de plein fouet. Ensuite, ne reste plus qu'à faire avec.
Avec Un certain Paul Darrigrand, Philippe Besson renoue avec la veine autobiographique. Jamais loin non plus dans ses oeuvres plus fictionnelles comme il l'explique à plusieurs reprises dans ce roman.
La qualité d'écriture est toujours là, le style juste, acéré, pas un mot de trop. L'histoire se lit avec plaisir mais il m'a manqué quelque chose pour être totalement séduit. Peut-être ne l'ai-je pas autant aimé que le précédent.
Peut-être manque-t-il simplement d'un véritable d'enjeu dramatique. Que ce soit l'histoire d'amour ou la maladie du héros, Besson lui-même, on imagine facilement comment elles vont se terminer.
Si le plaisir de lecture est toujours là, l'émotion, elle, s'est un peu estompée…

Merci à Babelio et aux Éditions Julliard !

Lien : https://bouquins-de-poches-e..
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alexb27
  25 décembre 2018
Comme avec Jean Philippe Blondel, j'ai rendez-vous tous les ans avec Philippe Besson dont j'apprecie les textes et l'ecriture. Je ne manque jamais un de ces livres (et ma libraire préférée le sait, elle qui m'a prêté en avant-première son dernier ouvrage : encore merci). Parmi ses romans, J'ai particulièrement aimé « arrête avec tes mensonges » et j'ai retrouvé dans ce dernier roman la même introspection et la même pudeur. P. Besson continue à questionner le passé de son héros et dévoile une nouvelle partie de sa vie. On y retrouve ses amours tortueux (mais pas que...). Encore une belle lecture ! Vivement l'année Prochaine pour une nouvelle histoire...
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critiques presse (1)
LeSoir   11 février 2019
Philippe Besson révèle avec ce récit inspiré de sa vie la passion de ses vingt ans.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
abfabetcieabfabetcie   17 février 2019
À croire qu’on ne peut pas m’aimer au grand jour
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abfabetcieabfabetcie   17 février 2019
La fiction sert à prendre une revanche sur le réel.
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abfabetcieabfabetcie   17 février 2019
On écrit parfois pour embellir ses souvenirs.
Commenter  J’apprécie          00
manU17manU17   09 février 2019
Non, nous ne parlons jamais de ce qui arrive. Éventuellement, nous évoquons notre passé intime, par petites touches, ce sont des conversations impressionnistes ; une peinture pointilliste de Seurat.
Commenter  J’apprécie          90
DemainJeLisDemainJeLis   09 février 2019
Je le suis. Et quand il se retourne avant de se diriger vers la baie vitrée, il m’adresse un sourire, un sourire très bref mais inoubliable. Un sourire d’une seconde. Et moi, je fais tout entrer dans ce sourire : le souvenir de sa peau dans la nuit, les baisers affamés, les corps en lutte, et finalement repus, épuisés, l’apparition matinale, le froid qui pique sur la terrasse, les mots, on savait que ça arriverait, on fait gaffe, la connivence coupable, la collusion magnifique des salauds
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